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Igorrr & Ruby My Dear – Maigre

Avant de commencer cette chronique, remercions le label de Pryapisme, qui m’a récemment contacté pour que je me penche sur le cas de Futurologie, leur nouvel EP. Apparemment, deux articles ne suffisent pas pour leur faire comprendre que Pryapisme, à mes yeux, n’est qu’un projet sans queue ni tête, d’une incohérence crasse et tout à fait imbuvable. Non, je ne parlerai pas de Pryapisme. Je préfère me concentrer sur un autre groupe de « Nawak », cette appellation générique stupide, une formation qui en vaut la peine, j’ai nommé Igorrr.

Et en fait, le postulat de départ des deux groupes est le même, à mes yeux : abattre les frontières, repousser les limites des genres, expérimenter, oser. Mais là où Pryapisme se contente d’une déstructuration bête, Igorrr se construit un univers cohérent, son univers, à mi-chemin entre le baroque et l’électro, et cet univers déjà dévoilé sur le génialissime Hallelujah est ici encore magnifié sur cet EP réalisé en collaboration avec Ruby My Dear. Une fois de plus, les éléments symphoniques baroques côtoient le breakcore, les riffs de guitare acérés viennent danser une gigue improbable avec un accordéon franchouillard… Sur le papier, cela sonne tellement faux, tellement dingue (un peu comme Pryapisme, me direz-vous), mais Igorrr a su canaliser son pouvoir créatif. Igorrr ne part pas d’un point A sans savoir où il arrivera à la fin. Son chemin est tortueux mais précis.

Entre génie et folie, il n’y a qu’un pas, une mince frontière. Igorrr a su rester du « bon » côté, mettre à profit son talent pour nous prouver qu’un tel projet peut tenir la route et subjuguer son auditeur. Du grand art.

Mister Porn (9/10)

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Ad Noiseam Records / 2014
Tracklist (20:48) 1. Barbecue 2. Figue Folle 3. Cuisse 4. Alain 5. Biquette

 

Nasty – Shokka

Jusqu’à présent, mon seul contact avec Nasty avait été sous une des tentes du Hellfest en 2011, vite fait, bien fait, quelques morceaux (le temps de les shooter) qui ne m’avaient pas forcément laissé un souvenir impérissable. En même temps, au Hellfest, après 3 jours, trop de bières et 20 kilomètres parcourus entre les scènes pour shooter un max de groupes, les souvenirs sont souvent assez vagues. Et finalement, si nos chemins se recroisent, c’est un peu grâce au hasard et à un ancien confrère qui vantait les qualités du nouveau clip du groupe sur Facebook. Il n’en aura donc pas fallu plus pour attiser ma curiosité (ce jeune homme ayant bon goût en Metal) et me voilà donc avec un album qui, sur le papier, risque pourtant d’avoir du mal à me convaincre.

Et pourtant, Shokka est au final une bonne petite surprise comme je les aime. J’ai beau avoir souvent du mal avec le genre pratiqué (hardcore beatdown méchant), Nasty tire son épingle du jeu avec une hargne en béton armé. Chaque morceau est un uppercut en pleine gueule, les moshparts donnent une envie irrésistible de coller des pains à la ronde, et le tout dégage une énergie furieuse (mention spéciale à « Phönix » et « Politessenhass » et leur chant en allemand). Avec ses riffs de bûcheron et ses gangs vocals en furie, Shokka frise certes la caricature, mais le tout reste cohérent et efficace.  Et pour ceux qui auraient envie de réduire Nasty à une bande de brutes sans talent, qu’ils écoutent leur outro digne de ce que Heaven Shall Burn peut faire de mieux.

Shokka vaut clairement le détour, et rares sont les galettes de hardcore qui me plaisent autant, grâce à cette hargne constante. On regrettera peut-être juste que l’édition limitée propose trois titres live au son plutôt discutable, mais la partie studio se suffit à elle-même.

Mister Porn (8/10)

Facebook officiel
L'album peut être écouté ici

BDHW / 2015
Tracklist (xx:xx) 1. Shokka 2. No 3. Phönix 4. Lying When They Love Us 5. The Heat 6. Real Talk 7. Skit 8. Fantasia 9. Rebel With A Cause 10. Skit 11. Politessenhass 12. Interlude 13. Irreversible 14. Fire 15. Outro 16. Fire On The People (Bonus – Live) 17. Hell On Earth (Bonus – Live) 18. Slaves To The Rich (Bonus – Live)

 

The Monolith Deathcult – Bloodcvlts

Deux ans après la sortie d’un Tetragrammaton ravageur et après l’annonce du départ de deux membres du groupe dans deux communiqués de presse dans la plus pure tradition du groupe, The Monolith Deathcult revient sur le devant de la scène avec un nouvel « EP » (8 titres, 40 minutes, excusez du peu), histoire nous faire patienter avant la sortie du futur album. Alors, simple sortie « bouche-trou » ou galette à part entière méritant toute notre attention ?

Après une première écoute, je n’ai eu que deux critiques à formuler. Tout d’abord, la durée. 40 minutes, c’est trop peu pour un groupe comme The Monolith Deathcult. Il m’en faut plus, malgré la densité des morceaux et tous ces petits détails qui rendent le groupe si particulier. La deuxième critique, et elle est bien plus grave, est « Die Waffe Mensch RMX » en version électro « Too Extreme ». Le groupe est connu pour ne reculer devant aucune expérimentation, mais j’avoue ne pas voir la valeur ajoutée de ce remix d’un morceau excellent (« Todesnacht von Stammheim », pour les plus curieux d’entre vous), alors qu’il est suivi par une version acoustique bien plus réussie de « Den Ensomme Nordens Dronning ».

Et pour le reste ? Bloodcvlts rappelle Tetragrammaton, que ce soit dans sa base Metal en béton armé ou dans ses petits délires (les « excuses » à Gunnar dans leur dernière vidéo), ses orchestrations, ses samples et ses textes. Certains titres (qui au final, ne sont pas si neufs, mais plutôt une relecture à la sauce 2015)  auraient ainsi pu parfaitement figurer sur l’album précédent sans diminuer sa qualité. Il n’est donc pas question, à mes yeux, de face B ou de morceaux de qualité inférieure qui n’auraient pas été retenus par le groupe. TMDC est toujours aussi affûté, toujours aussi efficace. Mieux encore : en utilisant moins de samples que Tetragrammaton, il est plus « traditionnel » dans l’approche et pourrait séduire certains auditeurs qui auraient pu être refroidis par le côté parfois débridé du groupe.

Trop long pour un EP, mais en tout cas insuffisant pour apaiser ma faim, Bloodcvlts frôle la note parfaite. Je regrette juste « Die Waffe Mensch RMX » qui tombe comme un cheveu dans la soupe. Pour le reste, les Hollandais remettent une copie plus que convaincante qui assied encore un peu plus la réputation du groupe. Derrière cette facette facétieuse se dissimule un des groupes les plus efficaces des Pays-Bas, ni plus ni moins. Submit To The Deathcult !

Mister Porn (9/10)

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Season Of Mist Records / 2015
Tracklist (40:36) 1. Reign Of Hell 2. I Conquistador 3. Der Hexenhammer 4. Doom Of the Tawusê Melek 5. Hangmen Also Die 6. GeneSys 7. Die Waffe Mensch RMX 8. Den Ensomme Nordens Dronning