Author Archive

Cowards – Rise To Infamy

Il fallait que ça arrive. Que je finisse par trouver encore plus haineux, encore plus méchant, encore plus en colère contre le monde. Je pensais cependant que le nouveau tenant du titre viendrait d’une sphère purement Black Metal, voire du Grind à tendance politique. Raté, la nouvelle déferlante de haine nous vient de France et officie sur plusieurs tableaux… Mais la déferlante est là, implacable.

Cowards, donc, a su puiser tout ce qu’il y a de plus haineux dans plusieurs genres. Imaginez le résultat d’un accouplement improbable entre Kickback (ce chant, putain), Amenra pour le côté monolithique et une formation de sludge à la Primitive Man pour la touche de crasse, de désespoir. Ton espoir, tu peux te le fourrer dans ta rondelle, Cowards n’est pas là pour te faire miroiter un avenir meilleur. Ton avenir, c’est ta gueule dans le caniveau, le nez en sang, les dents déchaussées par un habile coup de rangers. Les parties lentes ont la lourdeur d’une droite de boxeur poids lourd, les accélérations te scotchent à ton siège, l’air hébété, et cette haine continue, sans relâche, sans pitié.

Rise To Infamy se subit, un peu à l’instar d’un album de Celeste… Mais Cowards a un petit quelque chose en plus, et ce petit plus est, selon moi, ce chant « à la Stephen de Kickback », une déferlante H8000 éraillée qui ne plaira pas à tout le monde, qui racle le tympan avec misanthropie. Une louche d’acide dans un cocktail déjà mortel. Imparable.

Mister Porn (9/10)

Facebook officiel

Throatruiner Records / 2015
Tracklist (40:36) 1. Shame Along Shame 2. Never to Shine 3. Frustration (Is My Girl) 4. Beyond My Hands 5. Birth of the Sadistic Son 6. Low Esteem 7. Anything but the Highroad 8. Wish for Infamy 9. Bend the Knee 10. So Easy

Dans cette interview, Stéphane revient sur la tournée avec Death To All, les 30 ans du groupe, le remastering des anciens albums et bien d'autres choses.

LoudBlast_288929


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Igorrr – Hallelujah

Voilà un album qui n’avait pas « sa place » chez Metalchroniques, de par son style. Puis, nous avons eu le cas Pryapisme, l’album de remix de Morbid Angel et, au final, aborder ses albums a fait de nous une bande de connards qui ne comprennent rien à ce monde merveilleux de la musique électronique. Maintenant que je me suis penché sur son dernier EP, Maigre, je ne pouvais pas ignorer Hallelujah, dernier album d’Igorrr en date, sorti en 2012, le jour de la « fin du monde ». Parce que cet album est une réussite totale.

L’accouplement hors nature du breakcore et de la musique baroque (ou « baroque-core » comme disent certains) est un concept osé, mais ce qu’Igorrr a réalisé sur cet album est tout bonnement parfait. Prenez le premier morceau, « Tout Petit Moineau », sa ligne de piano, son chant lyrique, sa montée en puissance jusqu’à l’arrivée de la rythmique électro, des riffs de guitare qui rappellent presque le Black Metal, et ce chant, tantôt lyrique, tantôt hystérique… tout tombe en place parfaitement. C’est osé, c’est fou, mais c’est terriblement cohérent. Et cette cohérence est une constante dans cet album. Même les idées les plus dingues s’inscrivent dans l’album, comme l’intervention improbable d’une poule dans « Vegetable Soup ».

Avec Hallelujah, Igorrr abat des murs, et avec ces gravats, il construit des passerelles entre différents univers, il connecte des mondes tellement différents, il établit un empire fait d’alliances improbables. Chaque écoute distille son lot de surprises, de détails inattendus. S’il ne devait rester qu’un seul représentant de cette scène Nawak qui brasse les genres avec allégresse, ce serait bien Igorrr.


Mister Porn (9,5/10)

Facebook officiel

Ad Noiseam Records / 2012
Tracklist (38:38) 1.Tout Petit Moineau 2.Damaged Wig 3.Absolute Psalm 4.Cicadidae 5.Vegetable  Soup 6.Lullaby For A Fat Jellyfish 7.Grosse Barbe 8.Corpus Tristis 9.Scarlatti 2.0 10.Toothpaste 11.Infinite Loop