Author:
Mister Patate
Mar
7
Quand on colle l’étiquette « Scandinavian Black Metal » à un album, que l’on parle des producteurs chargés du mix et du mastering (en l’occurrence Tomas Skogsberg et Devo, deux pointures qui ont travaillé avec les plus grands noms de la scène BM scandinave) et que l’on fait un petit namedropping en rappelant que le nouveau batteur a aussi joué dans Valkyrja, on sait déjà à quoi s’attendre. Et on se demande aussi, accessoirement, si le label n’essaie pas de jeter de la poudre aux yeux avec des infos qui, si elles sont intéressantes, ne nous donnent pas vraiment d’indication de la qualité du groupe. Bah ouais, ce ne sont pas les producteurs qui rendent un album digne d’intérêt, mais bien les compositeurs. Alors, pour cette première galette chez Osmose, Dødsfall vaut-il vraiment le détour ?
Un constat s’impose, et non des moindres : en comparaison avec quelques autres albums récemment sortis, le Black Metal de Dødsfall est bien moins emballant en termes d’originalité. Kaosmakt sonne presque convenu dans sa démarche « je fais du Black, je le fais bien, mais je reste dans les sentiers battus ». On est donc à des lieues de ce qu’un Acherontas ou un Ascension peut proposer. Si vous aimez votre Black Metal plus aventureux, vous resterez sur votre faim. Cependant, et il faut aussi le reconnaître, le propos a beau être moins recherché, il n’en reste pas moins très efficace, avec son lot de charges sans répit parsemées ici et là de passages plus mid-tempo, histoire d’éviter la surchauffe et l’ennui. Ajoutez à cela un son ni trop crade, ni trop propre et vous avez le genre d’album qui fait toujours son petit effet chez le fan de Black scandinave et qui compense son manque de personnalité par son efficacité à toute épreuve. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Dødsfall saura contenter son public.
Mister Porn (7/10)
Facebook officiel
Osmose Productions / 2015
Tracklist (39:18) 1. Merket i sjel og blod 2. Forakt for livet 3. Under fane av kosmisk hat 4. Kaosmakt 5. Heksenes natt 6. Ain 7. Fitte av Kristus
Author:
Mister Patate
Mar
7
Finalement, heureusement pour Orion qu’il a un job (espérons-le pour lui) bien payé chez Behemoth, parce que s’il devait compter sur son propre groupe, et plus particulièrement sur son dernier opus, je ne sais pas si l’on parlerait aussi souvent de notre brave ami polonais.
Parce que ce dernier Vesania est loin d’être convaincant, à des lieues de tous les espoirs que j’avais fondés dans ce groupe. Plus varié que Behemoth, avec cette petite pointe symphonique, le Black Metal de Vesania dévoilait une autre facette du personnage, celle de compositeur (et non de simple exécutant chez Behemoth). J’ai presque l’impression que le groupe a fait un pas en arrière, avec un album pas vraiment emballant, un genre de sous-Dimmu qui démarre sur « Halflight », un opener mollasson, et cette impression se poursuit tout au long de l’album : un groupe qui manque de mordant, un frontman à la hargne atténuée, et ce chant clair… pffff, on est loin de ce qu’un Dimmu Borgir nous proposait.
Deus Ex Machine date déjà de l’année passée, et c’est plutôt par obligation que je me le suis à nouveau refarci, et mes premières impressions datant de la sortie se confirment : après un Behemoth décevant, Orion s’avère aussi décevant avec son propre groupe. Mauvaise année pour les Polonais…
Mister Porn (3,5/10)
Facebook officiel
Metal Blade Records / 2014
Tracklist (51:02) 1. Halflight 2. Innocence 3. Disillusion 4. Vortex 5. Dismay 6. Glare 7. Notion 8. Disgrace 9. Fading 10. Scar
Author:
Mister Patate
Mar
7
« Nuns, Cunts And Darkness ». Vous ne rêvez pas. Quand vous trouvez ce genre de titres dans la tracklist d’un album, vous vous doutez que ça ne va pas parler de la quête d’un preux chevalier parti à la recherche d’une épée d’émeraude dans les forêts d’un royaume lointain. Non, on va parler de blasphèmes, on va parler de tous les trucs dégueulasses qu’on ferait bien à ces fiotasses de chrétiens, on va parler de Satan, de parties génitales et de plein d’autres trucs qui hérissent le poil des bonnes sœurs. Et quand le groupe en question est Archgoat, on se doute aussi que le propos ne sera pas très fin musicalement non plus. Bingo, The Apocalyptic Triumphator est un pavé de haine, radical dans sa force de frappe.
Et c’est à la fois sa force et sa faiblesse. Sa force parce qu’Archgoat va au fond des choses. À la manière d’un Hate Forest dans son genre, Archgoat ne fait pas la moindre concession. Vous vouliez du blasphème ? Vous allez en bouffer par paquets de 666. Et cette voix, bordel, ce chant presque Death, ce grondement de bête ! À quoi bon faire dans le criard si on peut être aussi menaçant avec ce growl ? Sa faiblesse parce qu’Archgoat use l’auditeur et effectue un travail de sape sur les tympans. C’est qu’il faut l’encaisser, cet album, ces 40 et quelques minutes de radicalisme musical…
Archgoat n’est pas fait pour tout le monde. Archgoat ne plaira pas à tout le monde. Et je pense qu’Archgoat s’en fout. Loin des effets de mode – comme tant de groupes de Black Metal –, Archgoat poursuit son chemin pavé de blasphèmes. Pas question de conquérir de nouvelles parts de marché avec The Apocalyptic Triumphator, ici, on se contente de faire mal, de frapper fort… Et ça fonctionne.
Mister Porn (7,5/10)
Facebook officiel
Debemur Morti Productions / 2015
Tracklist (41:17)
Side A 1. Intro (Left Hand Path) 2. Nuns, Cunts and Darkness 3. The Apocalyptic Triumphator 4. Phallic Desecrator of Sacred Gates 5. Grand Luciferian Theophany 6. Those Below (Who Dwell in Hell)
Side B 7. Intro (Right Hand Path) 8. Congregation of Circumcised 9. Sado-Magical Portal 10. Light of Phosphorus 11. Profanator of the 1st Commandment 12. Funeral Pyre of Trinity