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Je me demande vraiment quelle mouche a bien pu piquer Lord Worm quand il s’est lancé dans l’aventure Rage Nucléaire, à plus forte raison quand on voit à quel point son chant est trafiqué. Pour le même prix, il suffisait de choper le premier clodo venu avec des cordes vocales cramées par des années de clopes sans filtre et de pinard premier prix, de lui faire gueuler sa haine du monde dans un micro et de tout passer à la moulinette des effets de distorsion. Enfin, les voies du Seigneur Ver sont impénétrables, et nous voici donc face au deuxième effort des Canadiens de Rage Nucléaire… Et c’est toujours aussi moyen.

Parce qu’en fait, le groupe a choisi une voie, s’y est engagé et n’en démord pas. Le riff se rapproche de la tronçonneuse, la batterie essaie de faire de l’ombre au conflit ukrainien et le chant inhumain est dégueulé sans arrêt à la face d’un auditeur qui ne sait pas vraiment comment réagir. Ce que je trouve dommage, c’est justement ce côté inhumain, artificiel. Ça manque de sang, de tripes, c’est stérile. Rage Nucléaire a beau vouloir véhiculer un message de haine, il n’atteint pas la même force de frappe que, par exemple, un Malevolent Creation. Rage Nucléaire, c’est un missile, tiré de loin, qui amène la mort en une pluie de feu. Il n’y a pas l’implication, la proximité. Malevolent Creation, c’est le malade qui t’égorge à la tronçonneuse dans un bus bondé de bonnes sœurs, qui trempe ses mains dans ton sang. C’est viscéral. Rage Nucléaire est trop clinique (et c’est un comble quand on entend cet album, ce son grésillant comme une tondeuse mal entretenue).

Rage Nucléaire trouvera son public, cela ne fait aucun doute. Personnellement, je suis plus que dubitatif. Si je veux vraiment un bol de haine, mon fournisseur officiel est anglais et répond au doux nom d’Anaal Nathrakh…

Mister Porn (4/10)

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Season Of Mist Records / 2014
Tracklist (46:22) 1. Annihilation Frenzy 2. A Sino-American Chainsaw War 3. The Deadfall Triptych 4. Goddess of Filth 5. Ritual Murder (And Its Attendant Blessings) 6. Le grand mal de vivre 7. Revel in Bones 8. Black Storm of Violence

 

Se pencher sur le cas de Nocternity sans avoir la moindre connaissance préalable du groupe est un exercice risqué, tant il semble que, pour certains, ce groupe jouit d’une réputation en béton. Avouons-le : les Grecs sont toujours parvenus, jusqu’à présent, à rester éloignés de mon radar (il faut dire que leur dernier effort remonte à un bon paquet d’années et que j’ai eu tendance, peut-être un peu trop longtemps, à privilégier les contrées du Nord quand il s’agissait d’écouter du Black Metal), et sans l’envoi d’une copie promo, je ne pense pas que j’aurais pris le temps de m’intéresser à cet album.

Et je ne sais toujours pas vous dire si j’aurais raté quelque chose ou pas.

Parce que Nocternity souffle le chaud et le froid. D’un côté, les Grecs sont passés maîtres dans l’art de tisser une ambiance, une atmosphère hypnotique, avec des riffs répétés encore et encore, comme autant de vagues venant s’écraser sur les rochers des côtes de Crète (oui, j’ai besoin de vacances), avec des patterns sur lesquels viennent se greffer quelques variations et une propension marquée à rester dans le mid-tempo. Harps Of The Ancient Temples invite presque à la contemplation…

… mais cette apparente simplicité, cette répétition peut aussi, chez certains, susciter aussi une certaine lassitude. Oui, c’est bien exécuté, oui, les idées sont bonnes et les sonorités hypnotiques, mais je pourrais aussi comprendre que certains se lassent vite. Personnellement, il m’est arrivé d’avoir des écoutes entières sans le moindre ennui et d’autres où l’envie de passer à quelque chose de plus varié pointait le bout de son nez après une dizaine de minutes.

Nocternity me convainc en moyenne une écoute sur deux. Quand je parviens à rentrer dans l’album, il fait mouche… mais achèteriez-vous un album qui vous laisse de marbre une fois sur deux ? Je ne peux pas expliquer ce qui rend cet album à la fois magique et chiant. Amateurs de Black hypnotique, cet album est fait pour vous. Quant à moi, je lui redonnerai sa chance, encore et encore, jusqu’à ce que j’arrive à mettre le doigt sur le nœud du problème… et qui sait, peut-être ne le trouverai-je jamais…

Mister Porn (6/10)

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Iron Bonehead Productions / Necroshrine Records / 2015
Tracklist (47:30) 1. The Black Gates 2. Harps of the Ancient Temples 3. Titans 4. River of Woe 5. B.O.D.D. 6. Blood Rite Tree 7. Opaline Eye of Death 8. Andromeda

 

Execration – Morbid Dimensions

Execration fait un peu figure d’énigme à mes yeux, tout simplement parce que Morbid Dimensions sonne comme un album d’il y a vingt ans. Voire même plus ancien. Que ce soit au niveau des compositions, du son, voire même de l’artwork un peu cheap, Execration dégage une impression de vieux, et la difficulté aujourd’hui sera de déterminer si c’est un compliment ou, au contraire, une critique.

Au niveau des compos, donc, Execration est à l’opposé de tous ces groupes de Death moderne pour qui la musique est devenue une course à la vitesse ou un concours de brutalité. Execration joue davantage la carte de l’ambiance et délivre un Death posé, majoritairement lent et porté par la guitare. Le riff ne tronçonne pas les tympans : au contraire, dans de nombreux passages, il s’avère presque mélodique, mais pas dans le sens « suédois, regardez comme je suis doué » du terme. On se rapproche plutôt du Black, un Black ambiancé, loin du radicalisme de certaines formations « tout au taquet ».

Et le son ? Le son est presque « fragile ». La prod’ de Morbid Dimensions ne donne pas l’impression d’un mur indestructible. Au contraire, la batterie sonne étonnamment naturelle, la guitare ne prend pas le dessus, la basse est en retrait (comme sur bon nombre d’albums, me direz-vous) et le chant s’intègre parfaitement au reste. Bien équilibré, donc, mais un poil faiblard. J’ai même l’impression que certaines formations étaient capables de sortir un son bien plus bourrin il y a plus de vingt ans.

Personnellement, je trouve pourtant que cet album a une saveur particulière. À une époque où le petit jeu de « qui aura la plus grosse prod’ » débouche parfois sur des galettes défigurées (je pense particulièrement à Fallujah et son dernier album presque inécoutable), Execration mise davantage sur le songwriting et livre un album bien équilibré et, paradoxalement, plus intéressant que bon nombre d’autres sorties parce qu’il a su sortir de cette course en avant, faire ce qu’il voulait et nous proposer quelque chose de différent, de plus posé, de plus recherché. Une bonne surprise.

Mister Porn (7/10)

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Duplicate Records / 2014
Tracklist (60:29) 1. Cosmic Mausoleum 2. Ritual Hypnosis 3. Doppelgangers 4. Morbid Dimensions 5. Tribulation Shackles 6. Vestiges 7. Ancient Tongue 8. Miasmal Sabbath 9. Funeral Procession