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Womit Angel – Holy Goatse

Et voilà, encore une de ces galettes dont j’ai repoussé la chronique de semaine en semaine, persuadé que je trouverais enfin la formulation qui tue, le sens caché de l’album, voire tout simplement un petit quelque chose à dire sur cet effort de Womit Angel. Là, je baisse les armes. Parce que j’ai beau écouter cet album, le retourner dans tous les sens, il parvient tout au mieux à m’ennuyer. C’est basique, cliché, bas du front… il fut un temps où Womit Angel m’aurait fait courir en rond comme une petite pucelle. Je vais finir par croire qu’avec le temps, je m’assagis. Ou je deviens plus exigeant, qui sait. En tout cas, Holy Goatse ne finira certainement pas sur ma liste d’achats.

Au programme, du Black pas vraiment bien branlé, desservi par une production pauvrette. Bon, d’accord, la prod’ pauvrette, c’est parfois ce qui fait le charme d’un album, mais ici, il n’y a pas grand-chose à sauver : même avec la meilleure prod’ au monde, ces compos resteraient faiblardes… et ce n’est pas le chant « Black Metal Duck » nasillard qui risque de sauver les meubles. On dirait un Gaahl qui force sur ses cordes vocales à s’en faire sauter les hémorroïdes, accompagné par un Carpathian Forest du pauvre.

À moins d’être particulièrement indulgent, je vois mal ce qui pourrait sauver Holy Goatse. Chiant comme la pluie, con comme une table, Womit Angel pourra au mieux vous débarrasser des souris qui peuplent votre grenier.

Mister Porn (2/10)

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Inverse Records / 2014
Tracklist (23:32) 1. Serpent Cauda 2. Skin 'n' Fuck 3. Necrofilian Kutsu 4. Nailgun Crucified 5. Summoning the Spirits of Agony (Through Self-Fatality) 6. I Come With a Murder 7. Witchhammer 8. Holy Goatse

 

Manes – Be All End All

J’avoue avoir des difficultés à parler de cet album. Et la raison est simple : bordel, c’est du Ulver ! Bon, vous me direz que dire que c’est du Ulver n’est pas une description très utile, tant la bande à Garm a su varier les plaisirs au fil des sorties, mais Be All End All partage, à mes yeux, tellement de points communs que j’ai du mal à juger cet album de Manes sans le comparer à Ulver.

Tout d’abord, il y a le chant clair, particulièrement bien maîtrisé… un peu comme celui de Garm. Cependant, la comparaison avec Garm s’arrête là. Ici, le chant est globalement moins grave, moins chaud, mais la maîtrise est là, écœurante. Ce chant vient ensuite se greffer à neuf plages que l’on pourrait presque qualifier d’atmosphériques. Il n’est pas question ici de Metal, et c’est à peine si on verra l’ombre de la corde d’une guitare tout au long de Be All End All. Les rythmiques sont épaulées par quelques bidouillages électro, les sonorités sont apaisantes… Comme Ulver, Manes explore, expérimente, ne s’impose ni ne respecte aucune limite. Et comme avec Ulver, le résultat final est très satisfaisant : Be All End All s’apparente presque à un voyage.

Comment noter un tel album, à la fois tellement atypique et pourtant si « évident » lorsqu’on l’écoute… à plus forte raison quand on fait le lien avec Ulver, que l’on compare les deux formations ? Après mûre réflexion, j’aurais envie d’être généreux avec Be All End All. Étant un grand fan d’Ulver, j’aurais tendance à être encore plus sévère envers les groupes qui seraient tentés de faire « du Ulver », à rechercher la petite bête, à multiplier les écoutes pour prendre Manes en défaut… Et au final, cet album me touche autant que ceux d’Ulver dans le même registre. C’est beau, c’est épuré, c’est efficace. Le nom sur la pochette, au final, importe peu, du moment que l’émotion est au rendez-vous, et c’est le cas ici. Brillant.

Mister Porn (9/10)

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Debemur Morti Productions / 2014
Tracklist (38:57) 1. A Deathpact Most Imminent 2. Ars Moriendi (The Lower Crown) 3. A Safe Place in the Unsafe 4. Blanket of Ashes 5. Broken Fire 6. Free as in Free to Leave 7. Name the Serpent 8. The Nature and Function of Sacrifice 9. Turn the Streams

 

Ascension – The Dead Of The World

Voilà donc le groupe que j’aurais dû découvrir au Metal Méan 2014 si la météo avait été moins mauvaise, si les retards ne s’étaient pas accumulés, si j’avais été plus persévérant. Beaucoup de « si », donc, et il aura fallu la sortie du nouvel opus du groupe pour que je me familiarise avec la musique de ces Allemands. Mes quelques rares contacts avec la scène BM allemande étant très bons, j’étais plutôt curieux de voir ce que donnerait donc The Dead Of The World

La première prise de contact n’est pourtant pas des plus heureuses, avec des MP3 de qualité douteuse : du 192 kbps. Je ne demande pas forcément du WAV ou du FLAC pour juger de la qualité d’une galette, mais un petit 320 kbps (la « norme » en MP3 pour la plupart des groupes), ça aurait été appréciable. Ceci dit (et je ne sais pas si je dois m’en réjouir ou m’en inquiéter), le rendu total est plutôt bon. Les mauvaises langues diront que c’est du Black Metal et que, par définition, on s’en fout de la qualité du son, mais The Dead Of The World n’est pas un album typique de Black Metal. Au contraire, comme un Acherontas, Ascension joue davantage sur les ambiances, quitte à proposer des morceaux très longs. Ascension prend le temps de bien faire les choses, sans s’égarer, sans tomber dans l’ennui ou la redite. The Dead Of The World est captivant : majoritairement mid-tempo – sans oublier l’une ou l’autre accélération –, cet album vient prouver à tous les détracteurs du genre que ce genre n’est pas une simple course de vitesse ou de concours d’evilitude. Ascension a beau se la jouer occulte, en privilégiant l’ambiance, il ne tombe pas pour autant dans la caricature et livre un album équilibré et réussi. Il a beau frôler la barre de l’heure, il n’aura suscité, à aucun moment, le moindre ennui.

Après Acherontas, Ascension. Après la Grèce, l’Allemagne. On finira par croire que la Norvège a du souci à se faire…

Mister Porn (8,5/10)

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World Terror Committee / 2015
Tracklist (55:59) 1. The Silence of Abel 2. Death's Golden Temple 3. Black Ember 4. Unlocking Tiamat 5. Deathless Light 6. The Dark Tomb Shines 7. Mortui Mundi