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Emeth – Aethyr

On ne donnait pas cher de la peau des Belges d’Emeth après les changements (ou devrais-je dire bouleversements ?) au niveau du line-up, mais c’était sans compter sans la persévérance et la ténacité du groupe qui aura donc su renaître de ses cendres avec un line-up solide et un talent intact. Telesis est aujourd’hui bien loin dans les mémoires, Aethyr vient rappeler Emeth à notre bon souvenir.

D’un point de vue purement musical, Emeth n’a pas changé de crémerie et officie toujours dans un Death très technique, mais l’impression générale par rapport à l’album précédent est un gain en puissance monstrueux. Telesis était une galette plus que recommandable, Aethyr défonce la gueule avec entrain dès son opener qui, malgré sa technicité, frappe surtout par son énergie. Est-ce l’arrivée d’un nouveau frontman (El Bastardo, ancien chanteur de Leng Tch’e) ou de nouveaux musiciens ? Aucune idée, mais Emeth ressort grandi de cette longue léthargie. Le groupe a su concilier une brutalité sans concession (surtout au niveau de la batterie et des guitares rythmiques) avec une technique de haute volée (les lignes de guitare lead, les soli et plusieurs lignes de basse à tomber par terre), et le résultat final est homogène.

Emeth fait partie des excellentes surprises de l’année. Après Archspire et Beyond Creation, voici un troisième album de Death technique hautement recommandable, certainement le plus brutal des trois. Je pensais le groupe mort et enterré, je me retrouve face à une formation qui a les crocs et qui fait parler la poudre de la plus belle des manières.

Mister Patate (8/10)

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Xtreem Music – MDD / 2014
Tracklist (45:14) 1. I Became Flesh and Dwelleth Amongst Thee 2. Exterminate the Vacillating 3. Aethyr 4. Der Einsam Wandler 5. Suffering Comes With Thy Name 6. Eidolons of Ash 7. The Hour of the Great Contempt 8. Wrath Upon the Cursed 9. Lama Sabachtani 10. Serpents Walk as if Human

Job For A Cowboy – Sun Eater

Haaa, Job For A Cowboy, le groupe qui a prouvé qu’il existe une vie après le Metalcore, qui a su, au fil des sorties, évoluer dans le “bon” sens (vous remarquerez les guillemets, pour certains, j’imagine que cette évolution est source de déception). J’avoue avoir été sévère avec leur dernier opus en date auquel il manquait un petit quelque chose pour vraiment se démarquer de la concurrence. Voici donc Sun Eater, nouvel opus de JFAC. Alors, nouvelle évolution ou stagnation à un niveau correct mais pas ébouriffant ?

Tout d’abord, une remarque s’impose quant à l’artwork, plutôt réussi dans son genre et qui n’est pas sans rappeler ces artworks de groupes de Death technique souvent aussi recherchés que leur musique. Bon, certes, il n’est peut-être pas aussi détaillé ou fin que ceux de Pathology, par exemple, mais il sort de l’ordinaire et attire le regard. Au niveau musical, Job For A Cowboy poursuit également sa mue de façon remarquable et nous livre un album de Death mélodico-technique de haute volée. Le propos a beau ne pas être vraiment brutal, on sent que JFAC vise plutôt la qualité des ambiances, et à ce petit jeu, le groupe a gagné en puissance et pris de l’envergure. C’est racé, complexe sans être touffu et la composante mélodique des morceaux s’équilibre parfaitement avec le volet plus technique. Les compos sont vraiment bien foutues, et les nombreuses cassures de rythme (on dit merci Danny Walker [Exhumed, Murder Construct, Intronaut, etc.] venu prêter main forte au groupe pour l’enregistrement de l’album) empêchent toute monotonie. Au niveau du chant, aussi, le frontman jongle avec les registres et, même s’il n’est pas aussi mémorable qu’un Trevor (The Black Dahlia Murder) ou qu’un Travis (Cattle Decapitation), il s’en sort avec les honneurs.

Tout aussi homogène que son prédécesseur sans pour autant sombrer dans la monotonie, Sun Eater fait partie des bonnes sorties de l’année. Il lui manque cependant toujours ce petit plus qui permettrait au groupe de rivaliser avec les plus grands… mais ne faisons pas la fine bouche, Job For A Cowboy propose ici une copie plus que convaincante, qui s’affranchit franchement des albums précédents… pourquoi faire la fine bouche ?

Mister Patate (8/10)

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Metal Blade Records / 2014
Tracklist (46:44) 1. Eating the Visions of God 2. Sun of Nihility 3. The Stone Cross 4. The Synthetic Sea 5. A Global Shift 6. The Celestial Antidote 7. Encircled by Mirrors 8. Buried Monuments 9. Worming Nightfall

Cavalera Conspiracy – Pandemonium

En l’espace de 6 ans, Max Cavalera aura donc sorti pas moins de huit albums avec trois projets différents (Soulfly, Cavalera Conspiracy et le petit nouveau, Killer Be Killed)… et en six ans, on ne peut pas dire que la discographie de l’ancien frontman de Sepultura se soit enrichie d’albums mémorables, loin de là. Pour tout vous dire, depuis Inflikted sorti en 2008, Max n’avait pas su me convaincre… mais ce Pandemonium vient remettre les pendules à l’heure de manière tout à fait inattendue.

Annoncé comme « l’album grindcore » de la discographie de Maxou, qui expliquait avoir notamment tiré son inspiration du dernier album d’Aborted , Pandemonium se démarque violemment de tout ce que Max Cavalera a pu sortir au cours des six dernières années et renoue avec un Metal bien plus direct, plus agressif. Dès l’opener « Babylonian Pandemonium », Cavalera Conspiracy se déchaîne avec une énergie qui fait plaisir à voir. Igor Cavalera, épaulé par le bassiste de Converge, cogne sans relâche, le tandem Rizzo-Cavalera opte pour le barrage de gratte qui fraise les esgourdes et Max n’a jamais sonné aussi énervé (à moins que ce ne soit de la retouche au niveau du chant en studio, mais même si c’est le cas, ça apporte clairement une dimension supplémentaire au groupe).

Exit les chichis, aucune place pour les chipotages ethno-hippie-mes couilles de Soulfly : Cavalera Conspiracy revient aux fondamentaux, au carrefour entre le thrash, le grind et le hardcore, à l’énergie brute difficilement canalisée, quitte à éclater les oreilles et à parfois tomber dans le travers des morceaux tirés en longueur. Si je dois faire un seul reproche à cette galette (et je l’ai aussi fait pour le dernier Exodus), c’est justement cette volonté de remplir la galette jusqu’à la gueule. Avec 10 ou 15 minutes de moins au compteur, Max Cavalera aurait racheté tous ses errements des six dernières années. Ici, avec Pandemonium, il prouve qu’il en a encore sous le coude. Un artiste qu’on avait enterré depuis des lustres et qui revient à la vie un jour d’Halloween, ça ne s’invente pas.

Mister Patate (7/10)

 

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Napalm Records / 2014
Tracklist (51:16) 1. Babylonian Pandemonium 2. Banzai Kamakazee 3. Scum 4. I, Barbarian 5. Carmunhao 6. Apex Predator 7. Insurrection 8. Not Losing The Edge 9. Father Of Hate 10. The Crucible 11. Deus Ex Machina 12. Porra