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Le douze Octobre prochain aura lieu à Vallet la nouvelle édition du Muscadeath. Comme à l’habitude, nous avons pris quelques instants pour converser avec Ben, président de Carnage Asso et organisateur du festival.

Salut Ben, heureux de te retrouver pour notre traditionnelle interview annuelle. Première question : peux-tu faire un bilan du Muscadeath de l’année dernière ? Il y avait une sacrée concurrence avec Wardruna au château des ducs de Bretagne le même jour. Avez-vous rempli vos objectifs ?

Salut Nico, c’est toujours un plaisir de répondre à tes questions.
Un bilan plutôt positif avec des groupes au top qui ont mis le feu au Muscadeath et avec un public hyper réceptif comme d’habitude !
Comme tu l’évoques, effectivement la présence de Wadruna à Nantes, entre autres, ne nous a pas permis d’atteindre le nombre d’entrées suffisant pour rentrer dans nos frais.

Pourquoi l’édition 2019 a-t-elle lieu en Octobre ?

En effet, cette année nous avons été contraints de décaler la date. La commune effectue des travaux autour et dans la salle où a lieu le Muscadeath. Cette dernière était fermée à la location jusqu’ à fin septembre.

Vomitory est la tête d’affiche cette année. Avec Grave en 2017, tes connections avec la scène suédoise se multiplient. Je suppose que tu as quelques idées de groupes de Swedeath à faire venir à Vallet, non ?

Tu as raison, on affectionne cette scène tout simplement parce qu’elle fait partie des origines du Death-Metal. Nous avons bien sûr des vues sur d’autres groupes suédois, mais qui pour le moment dépassent nos budgets. En tout cas, il y a de quoi faire avec la scène européenne.

Nous avons brièvement abordé le sujet au cours de l’année, mais j’ai cru comprendre que les groupes américains avaient un tarif élevé. De fait, ils ne rentraient pas forcément dans le budget du Muscadeath. Que faudrait-il pour avoir un groupe ricain à l’affiche du Muscadeath ?

Les groupes américains en date unique sont hors budget, rien que le prix des vols serait trop élevé pour nous. L’idéal serait de les programmer lors d’une tournée.
En maintenant le Muscadeath le deuxième week-end d’octobre, période durant laquelle les groupes reprennent la route, un groupe US serait alors envisageable !

En 2016, tu avais évoqué le nom de Blockheads. Ces derniers ne sont toujours pas à l’affiche. Les planètes ne sont pas alignées ?

Tu vises dans le mille ! Nous avons échangé avec eux mais ils n’étaient pas disponibles le 12 octobre ! D’un côté, c’est peut-être pas plus mal car ils jouent une semaine avant au Loches en Grind.
On ne désespère pas …

Carnage Asso est un acteur actif sur la région nantaise. Entre assos (Fox Sound, Les acteurs de l’ombre), organisateurs (Garmonbozia) et salles de concerts (Ferrailleur, Scène Michelet), il y en a pour tout le monde et tant mieux. Quels sont vos rapports avec eux ?

Entre assos, et organisateurs le but est de ne pas se faire concurrence au niveau des dates de concerts et de la programmation des groupes. On échange régulièrement ensemble de nos prog’ respectives.
Quant aux salles de concerts, c’est leur job, donc leur gagne-pain. On n’est pas à l’abri d’un concert organisé à la même date que le Muscadeath. Ce qui est d’ailleurs le cas depuis 4 ou 5 ans.

Dernière question, et bizarrement, je ne te l’avais jamais posée : Comment es-tu arrivé à écouter du metal extrême ? Et quels sont tes groupes favoris ?

J’ai commencé à écouter du hard rock avec AC/DC, Metallica et IRON MAIDEN, vers 14 ans. Rapidement j’ai acheté des magazines et notamment Metallian qui parlait beaucoup de metal extrême. J’ai eu écho de pochettes censurées par un groupe : CANNIBAL CORPSE, et la descente aux enfers a commencé ahahah.
Mes groupes de prédilection (et il y en a pas mal) sont entre autres : CANNIBAL CORPSE, DYING FETUS, BENIGHTED, OBITUARY, BOLT THROWER, DEATH, AMON AMARTH, DEICIDE, ABORTED etc … J’arrête là sinon j’en ai pour la nuit !! Et sans parler des plus petits groupes que j’écoute et découvre chaque jour !

Un grand merci à Ben pour ses réponses, sa disponibilité et sa sympathie. Pour plus de renseignements concernant le Muscadeath 2019 vous pouvez cliquer ici et .

Nico.

 

Depuis 1999 et sa signature sur le label Roadrunner, Slipknot a enchaîné réussites sur réussites (Slipknot, Iowa, Volume 3 : The Subliminal Verses) pour devenir ce qu’il est aujourd’hui : une référence pour une génération entière de métalleux. Après une période compliquée, suite à la perte de leur bassiste Paul Gray, Slipknot a pris son temps. Il a fallu cinq années pour que Corey Taylor and co. accouchent de We Are Not Your Kind.

Bonne nouvelle, l’attente valait la chandelle. Après le cathartique, mais raté, .5 : The Gray Chapter, la troupe de Des Moines redresse la barre. Ce septième album commence avec un tube plaqué or. Deux, trois écoutes de « Unsainted » suffisent pour que son refrain reste en tête. Agressif et mélodique, le méchant « Birth of the cruel » est la pépite de cette nouvelle collection. Poursuivons avec « Nero forte », qui assomme l’auditeur, et « Spiders » qui surprend par sa subtilité. C’est en s’inspirant d’un passé personnel et professionnel perturbé (on parle ici de changement de line-up, de divorce, de poursuites judiciaires, etc.) que Slipknot se révèle le plus accrocheur (« Critical darling », « A liar’s funeral »).

Mais attention, We Are Not Your Kind n’est pas pour autant parfait. Les deux interludes (« Death because of death » et « What next ») cassent nettement le rythme et les quatre derniers morceaux en sont le ventre mou.

Le constat est malgré tout positif pour ce mastodonte du metal moderne. Sortir un album réussi aux deux-tiers est respectable. Pas mal de groupes devraient s’en inspirer.

Nico (7,5/10)

Site Officiel : https://slipknot1.com/

Roadrunner/2019

01. Insert Coin 02. Unsainted 03. Birth Of The Cruel 04. Death Because Of Death 05. Nero Forte 06. Critical Darling 07.A Liar’s Funeral 08. Red Flag 09. What’s Next 10. Spiders 11. Orphan 12. My Pain 13. Not Long For This World 14. Solway Firth

La dernière journée d’un festival est toujours éprouvante: fatigue, hectolitres de bières ingurgités, voisins de camping chantant du Gronibard à trois heures du matin, musique non-stop, etc. Le festivalier s’encanaille pour cette ultime journée du Hellfest 2019. A tort ou à raison ?

Retour sur les tops et les flops du 23 Juin.

Les tops:

Brutus :

Peu de temps après son entrée en scène, Brutus réussit à emballer la Warzone avec son post-hardcore générateur d’émotions. Brutus nous invite à une sorte de voyage intérieur. Il suffit de fermer les yeux un instant et de se laisser emporter. Le trio belge confirme tout le bien que nous pensions d’eux à l’écoute de Burst et Nest et emporte la partie en trois quarts d’heure.

Death Angel/Anthrax :

Le thrash-metal est à l’honneur sur la Mainstage 2.
Death Angel atomise la scène avec son thrash véloce. Les coups de boutoirs sont nombreux (« The pack », « Father of lies »…) et le public du Hellfest, consentant, courbe l’échine. Le groupe ne vole personne sur la marchandise : Osegueda est un grand vocaliste au charisme d’enfer ; ses acolytes sont rapides, précis, et n’en laissent pas passer une. Au point de se demander pourquoi ce solide artisan du thrash-metal n’a jamais intégré le fameux Big 4 ?

Anthrax sait y faire. Ce vieux briscard du thrash va droit au but. D’entrée, « Caught in a Mosh » met les pendules à l’heure. Et la suite est du même acabit : efficace ! On assiste à un concert « classique » d’Anthrax. Les hits (« Indians » et sa war dance, la reprise d’« Antisocial », le désormais classique « In the end ») sont au rendez-vous ; le groupe est sur-motivé, content d’être là. Bello saute partout, Ian fait trembler la scène et riffe à n’en plus pouvoir, Benante donne le tempo et Joey Belladona, tout en voix et sourires, prouve qu’il est LE chanteur « classique » du groupe. Rien de nouveau sous le soleil, mais bon Dieu, que c’est bon !

Stone Temple Pilots :

Mastodontes de la musique aux Etats-Unis, les Stone Temple Pilots ne sont pas grand-chose en Europe. Ces artisans de la cause grunge ont traversé bien des déboires et avec deux chanteurs morts (Scott Weiland et Chester Bennington) à son actif, nous pouvons penser, à juste titre, que le groupe est maudit. Pour son retour en Europe, le groupe des frères DeLeo mise sur ses acquis. Pas de prise de risque (comme pas mal de groupes ce week-end), mais le résultat est probant. Les morceaux phares sont présents (« Interstate love song », « Big empty », « Sex type thing »), le groupe est en place et Jeff Gutt se révèle digne de ses prédécesseurs. On n’en attendait pas plus.

The Young Gods :

Discrètement, à l’abri des regards et du grand public, les Young Gods donnent le MEILLEUR CONCERT de ce Hellfest 2019. Les Suisses ne font rien comme personne et le prouvent une fois de plus. Alors que tous les regards se posent sur le magnétique Franz Treichler, les musiques s’entrechoquent : rock, électro, metal et musique industrielle. « Kissing the sun », « Envoyé », « You gave me a name » ou autres « Figure sans nom » emballent une Valley où les fidèles sont légion. L’interprétation est sans faille et fait exploser le potentiomètre émotionnel. Franz Treichler, Cesare Pizzi et Bernard Trontin offrent une prestation sublime qui met à l’amende 99,99 % des groupes du festival.

Slayer :

Pour son dernier concert en France, Slayer choisit l’attaque frontale. Le groupe est en grande forme. King, Holt, Bostaph et Araya n’ont jamais aussi bien joué. Ils enchaînent torgnoles sur torgnoles et nous mettent sur les rotules. La set-list est intelligemment pensée ; elle balaye toutes les périodes et nous ressort même un « Gemini » rarement joué. Les tubes s’enchaînent (« Rainning blood », « Payback », « Angel of death », « Repentless », vous les connaissez tous…) jusqu’au final émouvant où Tom Araya fait ses adieux à la France. Feux d’artifice. Le rideau tombe. Bravo messieurs et merci pour tout.

Les flops:

Vltimas :

Si Vltimas a sorti un très bon album, ce all-star band est encore en rodage scénique. Si Blasphemer tape toujours juste, il faut se fader un David Vincent qui surjoue au-delà du possible. Certes, le bonhomme n’a jamais fait dans la dentelle, mais ici le ridicule atteint ses limites. On attend de les revoir en première partie de Abbath pour voir si le vocaliste va enfin mettre de l’eau dans son vin.

Emperor :

Le groupe de Ishan a donné un concert exceptionnel. Mais en deçà du concert dantesque de 2017. Oui, ok, on pinaille.

Tool :

Tool est un groupe formidable. Novatrice, la formation d’Adam Jones nous a prouvé qu’elle regardait constamment devant elle. Après de sporadiques concerts donnés aux Etats-Unis, le quatuor s’est enfin décidé à revenir visiter l’Europe, après une absence d’une dizaine d’années, à l’aube de la sortie de son nouvel album. Attendu comme le loup blanc, Tool a donc l’honneur de clôturer le Hellfest. Il est une heure du matin quand commencent les hostilités. Comme d’habitude, Keenan et ses boys jouent divinement bien. Pourtant un sentiment étrange se dilue au fur et à mesure de la prestation : Tool n’innove plus. Et de nous ressortir les sempiternelles vidéos, hélas datées, sur écran géant. Bref, la surprise n’est pas au rendez-vous. Pire, c’est cette constatation qui nous fera déposer, avec crainte, le futur album sur la platine.

Nico.

Un grand merci au Hellfest de nous avoir permis de faire ce compte-rendu, un grand merci aux équipes de sécurité ultra compétentes (surtout sur la Warzone) et, espérons-le, à l’année prochaine.