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Stone Sour – Hydrograd

Stone Sour a pour une fois pris son temps. Le groupe de Corey Taylor (Slipknot) a mis quatre ans pour accoucher de son sixième album. Un temps nécessaire pour se reconstruire suite au départ de James Root. L’écoute d’Hydrograd rassure : la machine semble repartie pour surfer sur le succès.

Pourtant, Hydrograd n’est pas une révolution. La surprise n’est pas au menu mais le savoir-faire est toujours au rendez-vous. Le trio Taylor/Mayorga/Rand arrive encore à nous concocter de solides chansons. Si on excepte l’inutile intro « Ysif », il n’y a pas grand-chose à jeter sur cet album. Façonné pour plaire au plus grand nombre, Hydrograd touche sa cible quasiment à chaque fois. L’ultra dynamique « Knievel has landed » et ses « oh oh » putassiers fait bien le boulot ; par contre, « Song#3 » est LA fausse balade obligatoire. Quant à « Taipei person / Allah tea », c’est l’accroche parfaite pour un début de concert. Toutes les figures imposées sont respectées, on n’en demande pas plus. L’enthousiasme des zicos se fait sentir et promet de belles prestations live.

Corey Taylor et son groupe se sont refait une santé. Le gus n’a jamais aussi bien chanté et ses acolytes (nouveaux et anciens) sont toujours aussi compétents. Le metal (très) mainstream du groupe a encore de beaux jours devant lui.

Nico (7,5/10)

Site Officiel : http://www.stonesour.com/

Roadrunner / 2017

01. Ysif 02. Taipei Person/Allah Tea 03. Knievel Has Landed 04. Hydrograd 05. Song #3 06. Fabuless 07. The Witness Trees 08. Rose Red Violent Blue (This Song Is Dumb & So Am I) 09. Thanks God It’s Over 10. St. Marie 11. Mercy 12. Whiplash Pants 13. Friday Knights 14. Somebody Stole My Eyes 15. When The Fever Broke

Corbeaux – Kind Words

La scène noise-rock française se porte bien. Si Pneu, Brume Retina, Marvin, Papier Tigre ou encore les vétérans de Kill the thrill ont donné leurs lettres de noblesse au genre, une nouvelle génération de groupes débarque pour inscrire son nom au tableau. Avec Kind words, les Quimpérois de Corbeaux incarnent le renouveau.

Kind words est un album exigeant ; qui demande beaucoup d’investissement de la part de l’auditeur.Quelques écoutes sont nécessaires pour en saisir toutes les nuances. Si les influences sont évidentes (Refused, Neurosis, Cult of Luna), Corbeaux se fiche des genres ; metal, noise, hardcore et post-rock s’entre-choquent avec bonheur. Il est difficile de qualifier cette musique abrasive. Pourtant, ce troisième album est un bloc qui s’enfile d’une traite. Corbeaux nous entraîne dans un maelström musical infernal. Des digressions post-metal de « The light has voice » à la furie tellurique du diptyque « Old tired horse/Old dying horse » en passant par les grands espaces du final « Twig », impossible de stopper l’écoute.

Les sept titres de Kind words placent Corbeaux en pôle position de cette scène post-hardcore-noise hexagonale. Bluffant, Kind words est un brûlot incandescent qui ne mérite qu’une chose : qu’on le porte au pinacle en se le passant en boucle. Album de l’année ?

Nico (9/10)

Site Officiel : https://corbeauxrock.bandcamp.com/

Blue Wave / 2017

01. Corpse pose 02. Old tired horse 03. Old dying horse 04. The light has voice 05. Helena Markos 06. Mouth shut 07. Twig

Toutes les photos cliquer ici.

Prong monte sur scène, il fait chaud, le soleil est à son zénith. Les premiers accords raisonnent, la fosse bouillonne. Tommy Victor est tout sourire ; ses acolytes tabassent un thrash/indus sans concession. « Unconditional » retourne les agités des premiers rangs et les tubes s’enchaînent jusqu’à la doublette « Snap your fingers, snap your neck/Whose this fist is anyway ? ». Bon boulot.

Regarde les hommes tomber se produit dans une Temple remplie à ras bord. Mine de rien, la notoriété du quintet devient de plus en plus énorme. A l’instar d’un Svart Crown, les Français donnent tout lors de leurs prestations apocalyptiques (cf. Netherland Deathfest 2017). Le groupe se porte garant d’un black metal pur. Il le démontre encore lors de ce concert impeccable.

C’est au tour de Crippled Black Phoenix d’investir la Valley. Fort d’un album (Bronze) encensé dans nos colonnes, le collectif nous délivre une prestation intense. Rien n’est laissé au hasard ; le niveau musical est élevé, les musiciens concernés. Les morceaux s’enchaînent, on se laisse emporter par la mélancolie émanant de ces délicieuses mélodies. C’est un doux moment de flottement dans ce torrent de décibel qu’est le Hellfest. Presque magique.

Pentagram débarque en trio sur la scène de la Valley ; dans une configuration inédite car Bobby Liebling (chant) séjourne actuellement en prison. Mené par Victor Griffin, le groupe monte au créneau et délivre une prestation époustouflante. Riffs d’acier, batterie plombante et basse qui cogne sont au rendez-vous. C’est un vrai tour de force : les trois hommes nous font oublier l’absence et le côté décalé de Liebling. Pentagram nous offre un show surprenant. L’occasion de repartir sur de nouvelles bases ?

On enchaîne avec les Canadiens de Alter Bridge. La foule devant la Mainstage est considérable. Elle accueille avec ferveur le rock/metal alternatif de Myles Kennedy and co. La prestation est carrée, rien ne déborde, c’est maîtrisé. C’est indéniablement bon, mais facilement oubliable.

La Valley est bondée. Quand Blue Öyster Cult arrive sur scène, c’est l’ovation. Le groupe de Eric Bloom et de Buck Dharma est en grande forme. Ravis d’être là, les New-Yorkais déroulent une ribambelle de tubes (« The red and the black », « ME 262 », « Tattoo vampire »…) et font encore parler la poudre, avec le gigantesque « Godzilla ». Des frissons parcourent l’échine pendant le merveilleux « (Don’t fear) The reaper ». L’affaire se finit sur « Cities on flame with rock and roll ».

La chaleur ne baisse pas, les peaux crament, la fatigue pointe le bout de son nez ; pourtant l’affluence, devant la Mainstage, atteint des records. Prophets of rage est attendu au tournant. La patience est récompensé ; le super groupe explose tout. Au programme, que des tubes : si Public Enemy et Cypress Hill sont rapidement évoqués, la majorité du set se compose de reprises de R.A.T.M. Morceaux indispensables (« Guerilla radio », « Bulls on parade »…) qui rappellent l’époque rebelle de l’adolescence. Soutenus par B-Real et Chuck D, Morello, Wilk et Commerford n’ont rien perdu de leur pertinence musicale. Ils retrouvent l’urgence de leurs plus belles années. L’affaire se termine avec le séminal « Killing in the name ». Hymne de la journée.

Linkin Park est un groupe courageux ; se mesurer au public du Hellfest n’est pas chose facile (cf l’affaire Slipknot). Si la production est impressionnante (son puissant, lumières parfaites), le groupe foire son entrée : commencer son concert avec un titre faible (« Talking to myself ») est un choix peu judicieux. Il faut attendre QUATRE longs morceaux avant que Bennington et Shinoda lâchent la bride avec « One step closer ». Mais l’affaire semble pliée avec « Lost in the echo ». Chester Bennington semble souffrir… Direction la Temple pour oublier ce douloureux moment.

Emperor a déjà bien entamé son set, mais la magie opère. Samoth, Ihshan et Trym subliment le genre en quelques riffs. Le trio sonne juste. Emperor, cador du genre, offre la version parfaite du black-metal. Le public se laisse emporter, ivre de fatigue et de soleil, par cette musique noire sans concession. Pour finir le concert, Ihshan dégaine de sa besace une triplette de morceaux sublimes (« Curse you all men ! », « I am the black wizards », « Inno a Satana »). Emperor fait partie des plus grands groupes de black-metal. Il l’a prouvé encore ce soir.

Le Hellfest est un des meilleurs festivals du moment. Ambiance, organisation, infrastructures : tout y est imparable. C’est un sacerdoce à faire au moins une fois dans sa vie de metalleux…

Le moment de s’en aller est venu, avec pour fond musical les volutes psychédéliques de Hawkwind…

A l’année prochaine…

Nico.

Ps : Je tiens à remercier chaleureusement Anita et à Julien sans qui ce report n’aurait pas été possible. MERCI à vous deux ! On se voit en 2018.