L’histoire de Life Of Agony n’est pas un long fleuve tranquille. Entre les allers/retours de leur vocaliste, de longs hiatus et quelques actes manqués, il y a matière à écrire un roman aussi passionnant que le The Dirt de Mötley Crüe. Si pas mal de choses ont changé en douze ans (Keith Caputo est devenu Mina, Alan Robert a failli rester paralysé), le quatuor ne nous a jamais déçus.
Avec A place where there's no more pain, Life Of Agony nous apparaît décomplexé et en pleine forme. Si « Make my maker » est une intro honorable, on entre dans le vif du sujet avec le lourd et mélodique « Right this wrong ». Life Of Agony garde cette superbe qui le place un poil au dessus des autres groupes. Les mélodies accrochent toujours autant (le titre éponyme) et les riffs font mouche. Les huit autres morceaux ne sont pas en reste et s’incrustent immédiatement dans le cortex. « Dead speak kindly », très influencé par Alice In Chains, est une vrai leçon de songwriting. Tout comme le très émotionnel « Bag of bones » où Mina Caputo se révèle et délivre l’une de ses plus belles performances toutes périodes confondues.
A place where there’s no more pain est une réussite. C’est un album passionnant qui se hisse au niveau des précédents efforts des New-yorkais, quelque part entre Soul searching sun et Broken Valley. Au final, l’attente en a valu la chandelle.
Nico (9/10)
Site Officiel : http://www.lifeofagony.com/
Napalm Records / 2017
1. Meet My Maker 2. Right This Wrong 3. A Place Where There’s No More Pain 4. Dead Speak Kindly 5. A New Low 6. World Gone Mad 7. Bag Of Bones 8. Walking Catastrophe 9. Song For The Abused 10. Little Spots Of You
Ce soir, le concert au Ferrailleur se la joue 100 % doom. True Widow et King Woman se sont donnés rendez-vous à Nantes pour défendre leurs derniers opus respectifs.
King Woman entame les hostilités avec un set d’une demi-heure. Si sur album la formation est convaincante, aujourd’hui le groupe ne fait pas vibrer grand monde. Les voix vaporeuses de Kristina Esfandiari sont noyées sous une tonne d’effets et de réverbération. Le public reste amorphe ; le silence entre les morceaux devient pesant, la faute au peu d’entrain déployé par la chanteuse. C’est d’autant plus dommage car leur album Created in the image of suffering réussit à distiller cette mélancolie musicale dépressive qui a tant manqué aujourd’hui.
Quand True Widow entre sur scène et que les premiers accords résonnent, un palier est franchi. D.H Phillips, Nicole Estill et Slim Tx ne sont pas là pour figurer et entament un set intense. Lent et métronomique, le trio joue principalement des morceaux de l’excellent Avvolgere. Un album très convaincant en live. Les Texans se font plaisir et décrochent la timbale en sublimant les morceaux de leur pièce maîtresse Circumambulation :« Creeper », « Numb Hand » et le formidable « Four teeth ». Ces petits hymnes doom indés remportent l’adhésion du public. Le groupe mélange de façon étonnante shoegaze et doom, deux genres à priori peu compatibles, et accouchent d’un style unique.
True Widow a assuré un show parfait de bout en bout. On ressort hypnotisé, presque groogy, par cette musique lancinante qui, une fois qu’on l’écoute, s’incruste définitivement dans le cortex.
Nico.
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Live Reports
Le death-metal est, depuis toujours, une musique connectée à l’adolescence. On éructe, on évacue ses frustrations, on crache à la gueule des institutions, on se libère et, surtout, on fait chier ses parents. Alors que cette scène née des années 80 n’en finit pas de se renouveler (avec de nombreux festivals et pléthore d’albums), certains vétérans gardent le cap. Les titans d’Obituary, après une période de ventre mou (soit de Xecutionner’s return à Darkest day), sont revenus aux affaires. Inked in blood nous le laissait deviner. Obituary en est la confirmation.
Ce douzième album est emballant. Dès « Brave », la machine se met en branle et ne s’arrête plus. Nous ne savons pas si l’approche de la cinquantaine a galvanisé les membres du groupe, mais ici, tout respire la fraîcheur. Les rythmiques groovent comme jamais, la voix de John Tardy possède toujours ce grain inimitable ; même les solos de Ken Andrews se fondent sans effort dans l’ensemble (« Sentence day »). Mieux encore, quasiment tous les morceaux comptent une référence musicale au glorieux passé des Floridiens. Résultat, un sourire vous barre le visage et une envie d’headbanger et de jouer de la air-guitare s’empare de vous. C’est imparable !
Sans renouveler une formule pourtant usée jusqu’à la corde, Obituray nous offre l’album le plus énergique depuis sa reformation de 2005. Du bon travail de la part de vieux briscards à qui on ne la fait plus. Nous avons affaire ici à un classique immédiat et à, sans aucun doute, l’album death-metal de l’année.
Nico. (9/10)
Site Officiel : http://www.obituary.cc/
Relapse / 2017
01. Brave 02. Sentence Day 03. Lesson In Vengeance 04. End It Now 05. Kneel Before Me 06. It Lives 07. Betrayed 08. Turned To Stone 09. Straight To Hell 10. Ten Thousand Ways To Die 11. No Hope