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Benighted – Necrobreed

En vingt ans d’existence, Benighted a imposé son nom dans le milieu du metal extrême. Groupe en perpétuel mouvement, il est passé d’un black metal assez générique à un death-metal-grind de haute tenue. Respectée par ses pairs et par un public de plus en plus nombreux, la bande menée par Julien Truchan continue, avec ce nouvel opus, de scruter l’avenir, malgré des changements de line-up récurrents (exit l’excellent Kevin Folley et, plus récemment, Olivier Gabriel).

Comme à son habitude, Benighted ne fait pas dans le détail. avec Necrobreed. La fin de « Hush little baby » marque le début des hostilités. Le quintet nous entraîne dans un tourbillon de brutalité. Les riffs font mouche, la batterie cogne TRÈS dur et les vocaux laissent bouche bée. « Reptilian », tube de l’album, concasse l’auditeur consentant. La suite est à la hauteur de toutes ces promesses. « Forgive me father », « Leatherface », « Der doppelggenger » et son refrain imparable représentent bien ce que Benighted sait faire de mieux : un death/grind direct et sans fioriture. Les autres titres ne déméritent pas ; on ressort de Necrobreed essoufflé, mais heureux.

En douze titres, Benighted nous démontre qu’il est le meilleur représentant d’un genre toujours en pleine expansion. Necrobreed est le digne successeur de Carnivore Sublime. Benighted a accouché d’une galette sous haute tension qui marque déjà l’année 2017 au fer rouge.

Nico (8,5/10)

Site Officiel : https://www.facebook.com/brutalbenighted

Season Of Mist 2017

01. Hush Little Baby 02. Reptilian 03. Psychosilencer 04. Forgive Me Father 05. Leatherface 06. Der Doppelgaenger 07. Necrobreed 08. Monsters Make Monsters 09. Cum With Disgust 10. Versipellis 11. Reeks Of Darkened Zoopsia 12. Mass Grave

Pour la troisième date de son Magma Tour, Gojira pose ses valises à Nantes. Pour réchauffer un climat glacial, les Landais emmènent avec eux les grindeux de Nostromo pour une affiche d’anthologie.

Le Stereolux est bondé lorsque Nostromo déboule sur les planches de la salle nantaise. Il faut bien mesurer l’importance de la chose : cette reformation est inespérée et nous n’aurions pas misé un kopek dessus. C’est donc la bave aux lèvres que les Suisses assènent leur grindcore cru et violent. En quarante trop courtes minutes, Nostromo se révèle fidèle à sa légende. C’est un groupe sans concession qui revit sous nos yeux. Et même s’ils sont, selon leurs dires, plus vieux et plus gros, qu’importe, l’essentiel est préservé. Et ceux qui les découvrent grâce à cette tournée pourront se satisfaire de l’entière réédition de leur catalogue. Sur scène, il s’agit d’un retour gagnant. Désormais, nous attendons une suite sur album.

Depuis ses débuts, Gojira est un groupe généreux. Que ce soit dans une petite salle ou devant des foules immenses, l’attitude du groupe est restée la même : toujours en donner plus. Dès « Only pain », la messe est dite. Le son est massif et clair, le light show parfaitement en place : le public sait qu’il va passer un moment de qualité. La set-list contient six titres de leur excellent dernier album Magma (si vous n’êtes pas d’accord avec cet avis, je vous invite vivement à lire la chronique de mon ami Mister Patate) ; l’ensemble est d’une cohérence exemplaire : l’enchaînement « Stranded » / « Flying Whales » / « The cell » / « Backbone » en laisse plus d’un sans voix. Les quatre musiciens maîtrisent leur sujet et impressionnent au détour de riffs ou de break bien sentis. Si le solo de batterie est chiant (c’est bien simple, TOUS les solos de batterie sont chiants, qu’on s’appelle Mario Duplantier ou Bernard Minet, c’est le même tarif), on ne s’ennuie pas une seule seconde. Mieux encore : des années de concerts et de tournée ont transformé Joe Duplantier en un frontman affable et communicatif. C’est du tout bon.

Le public, rassasié, fait un triomphe mérité à Gojira, meilleur groupe français en activité et quitte la salle avec des étoiles dans les yeux.

Nico.

Les deux premiers albums de The Great Old Ones ont intrigué et séduit. On y entend un Metal noir invoquant les écrits de Howard Philip Lovecraft, grand écrivain de l’occulte. Après avoir retranscrit en musique l’histoire du Necronomicon (Al Azif) et des montagnes hallucinées (Tekeli-li), les Bordelais s’attaquent à un projet ambitieux : donner une suite au « Cauchemar d’Innsmouth », le meilleur écrit de l’écrivain américain.

Après une intro annonçant l’objectif de l’histoire (Qu’est-il arrivé à Robert Olmstead, narrateur de la nouvelle ?), le quintet entre dans le vif du sujet avec un « The shadow over Innsmouth » épique. La tension est à son comble et ne redescendra plus. Les riffs sont crus et le chant est déchiré. En s’engouffrant dans les profondeurs et les mystères de la ville portuaire du Massachussetts, le groupe livre ce qu’il sait faire le mieux : un Black Metal « cinématographique » qui n’a pas peur d’être ambitieux. « When the stars align » continue sur sa lancée et promet de beaux moments en concert. « The ritual » surprend avec ses percussions audacieuses tandis que « Wanderings » marque un temps de pause. L’enfer revient rapidement avec les deux derniers morceaux qui finissent d’achever l’auditeur consentant.

EOD (comprendre l’ordre ésotérique de Dagon – entité innommable de l’histoire): A tale of dark legacy s’impose comme l’aboutissement de huit ans de dur labeur. Il s’agit de l’album le plus massif de The Great Old Ones, synthétisant le meilleur de ce qu’a pu offrir le groupe jusqu’à présent. Pourvu, une fois de plus, d’une superbe peinture de Jeff Grimal, ce troisième effort possède tous les atouts pour que The Great Old Ones règne enfin sur l’échiquier obscur du Black Metal.

Nico (8.5/10)

Site Officiel: https://thegreatoldones.bandcamp.com/

Season Of Mist/ 2017

01. Searching For R. Olmstead (introduction) 02. The Shadow Over Innsmouth 03. When The Stars Align 04. The Ritual 05. Wanderings 06. In Screams And Flames 07. Mare Infinitum