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crippled-black-phoenix-bronzeSi la discographie de Crippled Black Phoenix alterne le chaud et le froid, force est de constater que le groupe affiche une forme éclatante. Son dernier E.P. New dark age en est la preuve. Justin Greaves et consorts peuvent s’attaquer à des montagnes sans sourciller ; reprendre « Echoes » de Pink Floyd sans se ridiculiser n’est pas donné à tout le monde. C’est donc sur cet état de fait que nous attendions la suite, la bave aux lèvres. Cela tombe bien car Bronze s’avère être le meilleur album de Crippled Black Phoenix.

Après une intro synth-wave évoquant le Vangelis de « Blade Runner », le collectif entre dans le vif du sujet. « Deviant burials » donne le ton. Ici, nous avons affaire à un metal progressif de qualité où toutes les compos s’avèrent passionnantes d’un bout à l’autre. « No fun », solide morceau, muscle le propos et évoque le Tool des grands jours. Si « Rotten memories » calme le jeu, Greaves enchaîne avec un des pics de l’album, « Champions Of Disturbance ». Ce long morceau épique propose un solide songwriting et finit sur quelques surprenantes touches electro. Autre sommet, ce « Turn to stone » hypnotique qui se révèle lourd et aérien à la fois. La suite est un chouïa en deçà, mais la qualité reste de haut niveau.

Crippled Black Phoenix entre définitivement au Panthéon de ces groupes inclassables qui offrent une vision inédite de la musique. En ne s’imposant aucune limite et possédant une qualité d’écriture ébouriffante (« Winning a losing battle ») le groupe devient, comme ce dernier opus, unique et précieux.

Nico (9/10)

Site Officiel: http://www.crippledblackphoenix.co.uk/

Season Of Mist/ 2016

01. Dead Imperial Bastard 02. Deviant Burials 03. No Fun 04. Rotten Memories 05. Champions Of Disturbance (Pt 1 & 2) 06. Goodbye Then 07. Turn To Stone 08. Scared And Alone 09. Winning A Losing Battle 10. We Are The Darkeners

Alors que le groupe Cauchemar vient de finir son périple européen et que leur album Chapelle ardente est sorti cette année, nous avons eu la chance de rencontrer leur charismatique chanteuse Annick Giroux… Entretien avec une passionnée.

1. Salut Annick. Dans un premier temps, peux-tu nous parler de ton groupe Cauchemar? De ses origines, de son histoire ?

Salut Nico! Cauchemar a commencé comme un projet musical entre moi-même et François Patry, le guitariste, en 2007. Au début, je n’étais que la bassiste et nous nous appellions Sorcellerie. Mais nous avons vite changé le nom à Cauchemar… Je faisais beaucoup de mauvais rêves dans ce temps-là et j’y puisais mon inspiration pour les paroles. Je rêvais souvent à la mort, à la fin, à l’Apocalypse. Nous voulions former un groupe de Doom ; mais nos influences heavy-metal ont un peu pris le dessus et nous avons mélangé tous les styles au final. Nous avons longtemps travaillé notre son et nos chansons avant d’arriver à quelque chose de satisfaisant. J’ai aussi décidé de chanter. Après quelques années de pratique avec des musiciens locaux, nous avons demandé à Patrick Pageau (l’ex-guitariste du groupe Bastardator) de se joindre à nous comme batteur et ça a cliqué ! Le E.P. La Vierge Noire a été enregistré avec ce line-up. Andres Arango s’est joint à nous comme bassiste pour les concerts ; il est dans le groupe depuis. Il est bien meilleur que moi, haha!

2. Je considère, comme tu as pu le lire, que Chapelle Ardente est votre travail le plus abouti. Comment avez-vous appréhendé la composition de ce deuxième album ?

Oui, merci… Ça me fait vraiment chaud au cœur que tu l’apprécies autant. Nous avons attaqué la composition d’une façon assez structurée – en sessions d’écriture dans une pièce de notre appartement. Nous composons des riffs et nous gardons les meilleurs… Je fredonne des mélodies de chant (souvent sur des poèmes d’Émile Nelligan !)… Les chansons se composent petit à petit de cette manière, et quand elles sont plus abouties, nous les présentons aux autres membres du groupe qui y ajoutent chacun leur touche magique.

3. Le changement de batteur a-t-il changé quelque chose dans votre façon d'écrire ?

La seule chose qui a changé c’est qu’on a eu une période sans batteur pour quelques mois. En fait, nous avons enregistré une démo avec Andres, le bassiste, sur la batterie ! Il a composé plusieurs parties de batterie sur l’album. Mais c’est celui qui a enregistré cette démo, Xavier, quiest finalement devenu notre batteur.

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4. La production de l'album est intéressante : le mix ne met pas forcément ta voix trop en avant ; l'ensemble forme un tout cohérent. De fait, vous sonnez plus massif qu'avant. C'est un choix de production ou un pur hasard ?

Nous avons changé de studio pour cet album, qui fut en fait enregistré par Xavier Berthiaume (Studio Tehom), notre batteur… Nous voulions un son un peu plus étoffé, sans perdre de sa chaleur et de ses racines 70’s. Nous avons suivi la production de près et nous estimons que Xav’ a fait un superbe travail d’enregistrement !

5. Votre tournée passe par la France (en novembre avec sept dates). Que représente notre pays pour votre groupe ? En terme d’audience et tout simplement en général.

Pour François et moi, la France est notre deuxième maison. Nous étions tous deux des fanatiques d’Astérix en grandissant et nous avons toujours eu une fascination pour ce pays, son histoire et sa bouffe (bien entendu). De plus, nos meilleurs concerts ont toujours été en France ; les métalleux français sont des maniaques d’une passion sans borne ! Nulle part ailleurs, les gens sont aussi fous lorsqu’on joue et connaissent autant les chansons !!!

6. D'où vient ta passion pour le metal ? J'ai cru comprendre que tu avais quitté ton travail pour partir sur cette tournée. Tu es une acharnée, non ?

Oui, j’ai quitté mon emploi pour venir en tournée. En fait, je n’ai pas eu le choix : c’était vraiment difficile d’obtenir une seule semaine de congés, alors imagine-toi demander presque deux mois de vacances ! De toute manière, j’en avais marre de bosser pour une compagnie aussi commerciale, alors je profite de ma situation pour refaire ma vie à ma façon. À mon retour, je vais être travailleuse autonome (je suis conceptrice graphique) et je vais me concentrer à faire des trucs que j’aime. Pour répondre à ta question sur la passion pour le métal, c’est quelque chose qui est avec moi depuis ma jeunesse ; il n’y a pas vraiment d’explication, c’est une partie importante de moi. C’est mon carburant, quoi !

7. Quel est ton premier album acheté ? Ton premier contact avec le genre ? Tes groupes favoris ?

J’ai été introduite au métal quand j’avais 11 ans – j’avais une correspondante belge qui m’a envoyé le premier album d’X-Japan (groupe japonais de Thrash) en cassette copiée. J’ai perdu contact avec elle, mais ma soif était intense et j’ai longtemps cherché un groupe qui leur ressemblait… Je lisais des magazines en quête d’un autre groupe du genre. Mon premier album métal acheté fut We Sold Our Souls For Rock’n’Roll, la compilation de Black Sabbath. Je l’ai acheté avec mes propres sous quand j’avais 12 ans.

8. Tu es hyperactive. Tu as écris un livre de recettes de cuisine « metal » (« Hellbent for Cooking : The Heavy Metal Cookbook »), tu fais la promotion de concerts (« Wings of metal » à Montréal), tu es journaliste pour Iron Fist (accessoirement le meilleur magazine du genre), tu as fondé le fanzine « Les templiers », tu es à la tête du groupe Cauchemar et tu as fais le tour du monde plusieurs fois… Comment fais tu pour tenir ce rythme ?

Haha ! Je fais des cauchemars et je dors moins que la plupart des gens ! Mais sans blague, c’est vraiment important pour moi d’être active avec des projets, car sinon je me sens vraiment mal, comme si je pourrissais. Je suis satisfaite quand je suis productive et je ne dors pas si je n’ai pas réussi à produire. Alors, c’est ça !! Ce n’est pas un rythme pour tout le monde.

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9. En amatrice de bonne cuisine que tu es, peux-tu nous dire quelle est ta recette préférée de « Hellbent for cooking » ? Et surtout, peut-on espérer une sortie de ton livre en français ?

C’est vraiment difficile donc j’en ai plusieurs… J’adore la recette de « Jalapeno Bacon Bombs » d’Autopsy, ainsi que le « Farikal » de Mayhem. Le « Gyudon » de Sigh était aussi vraiment excellent. Malheureusement, j’ai tout essayé mais le livre ne sortira pas en français. Le public visé n’est pas assez large pour intéresser les éditeurs, en France comme au Québec. Mais j’ai encore espoir !

10. Que peut-on vous souhaiter, à toi et à ton groupe ?

Une bonne tournée en Amérique du Sud et en Asie ! Ça serait vraiment très cool ! Nous avons vraiment beaucoup de fans au Chili, Pérou et Brésil et nous aimerions aller leur payer une petite visite, en s’évadant de l’hiver en même temps. Aussi, j’imagine que tu peux me souhaiter bonne chance avec mon travail autonome, ça va prendre beaucoup de temps pour que ça fonctionne… Mais ça va valoir tellement la peine !!!!

Merci pour tes réponses Annick !

Merci à toi pour ton soutien énorme !

Nico

Ce soir, c’est la première date du Suffering Divinity Tour ; une série de concerts réunissant les vétérans de Mercyless et Putrid Offal. La date rêvée pour les amateurs de death et de grind. Avec un bonus non négligeable : la présence des Francilianos-Finistériens de Psychobolia.

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Psychobolia est déterminé à faire parler la poudre. Le quatuor ne ménage pas ses efforts et balance un death-metal puissant. Les vocaux de Ginger tabassent, les musiciens sont inspirés. Cette demi-heure d’agression nous permet d’attendre avec impatience leur prochain album Chiaroscuro.

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Les Putrid Offal reviennent en Loire-Atlantique moins de deux mois après leur excellente prestation au Muscadeath. Même dans cette configuration plus réduite, le groupe se donne à fond. Le public répond présent aux sollicitations d’un Franck Peiffer (chant) remonté comme un coucou suisse. Putrid Offal est précis et incisif. C’est excellent et on ne rechignera pas à les revoir.

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C’est sur l’habituel et démoniaque « Ave Satani » de Jerry Goldsmith que Mercyless entre en scène. Max Otero et ses sbires viennent nous donner une belle leçon de death-metal à l’ancienne. Le groupe délivre une musique brutale qui ne rate jamais sa cible. Les incontournables sont joués avec ferveur (« Abject offering », la reprise « Evil dead ») et les morceaux de l’excellent Pathetic divinity se transforment en classiques instantanés. C’est donc heureux que Mercyless quitte la scène sous les hourras d’un public comblé.

Nico.