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Ce soir, le Ferrailleur, éminente salle nantaise, accueille deux des meilleurs représentants de la scène française : Phazm et Gorod. Deux styles différents, mais aussi deux groupes prêts à en découdre avec le public de Loire-Atlantique.

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Phazm débarque sur scène avec détermination. Fort d’un dernier album encensé dans nos colonnes, le désormais quatuor ne ménage pas ses efforts. La formation est en place et nous livre une convaincante prestation. Pierrick Valence, maître à penser de Phazm, nous donne sa version du black metal : une musique passionnante, profonde, païenne, loin des clichés peinturlurés que véhicule le genre. Les titres du nécessaire Scornful of icons passent bien le cap du live (« Ginnungagap », le titre éponyme…). Ils se fondent sans difficulté avec les morceaux plus anciens (« The worm on the hook »). C’est du bel ouvrage. Phazm a bien fait de renaître de ses cendres.

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Quand Gorod commence son set, nous comprenons rapidement que les gus ne sont pas là pour rigoler. Les Bordelais chopent le public par le paletot et ne le lâchent plus. Leur death technique et brutal laisse peu de temps pour souffler. L’assistance est bluffée par la dextérité des musiciens. Effectivement, Mathieu Pascal et ses compères n’ont rien à envier aux cadors du techno-death. Ce concert ultra-dynamique laisse le public sur les rotules.

Nico.

Opeth – Sorceress

opethsorceressfinalcdDepuis la sortie d'Heritage, le monde des fans d'Opeth s'est scindé en deux: certains ont accepté l'évolution du groupe de Mikael Åkerfeldt tandis que d'autres ont violement rejeté le virage prog seventies pris par les Suédois. Le suivant, Pale communion, n'a rien fait pour calmer le jeu et a continué à diviser. Surprise, et contre toute attente, Sorceress possède beaucoup d’atouts pour changer la donne.

Désormais chantre du prog-rock au groove seventies, Opeth nous offre avec Sorceress son album le plus abouti dans ce genre. Si ses deux prédécesseurs pouvaient souffrir de quelques carences de composition, il n’en est rien ici. Passé « Persephone » qui joue correctement son rôle d’intro, Sorceress attaque dans le vif du sujet. Le morceau éponyme se révèle comme l’une des meilleures réalisations d’Opeth. Amples et ambitieuses, les cinq minutes et quarante-neuf secondes remplissent amplement le contrat. Mikael Åkerfeldt s’est complètement retrouvé. Il propose un morceau qui est la parfaite synthèse du nouveau et de l’ancien Opeth. « The wilde flowers », taillé pour le live, est un tube imparable ; il possède cette vibration qui manquait tant aux deux précédentes productions. La suite est du même acabit : « Strange brew » nous rappelle les meilleurs moments de Yes ; « Era » clôt l’affaire de manière classique et convaincante. L’incroyable travail de production, poussant les compositions vers le haut, est aussi à retenir.

Sorceress est donc un album rassurant. Il démontre en onze morceaux qu’Opeth a bien fait d’oser, en 2011, ce changement radical de style musical. Opeth est un groupe libre. Il fait avec talent ce que bon lui semble sans demander son reste. L’apanage des grands.

Nico (9/10)

Site Officiel : http://www.opeth.com/

Nuclear Blast/ 2016

01. Persephone 02. Sorceress 03. The Wilde Flowers 04. Will O The Wisp 05. Chrysalis 06. Sorceress 2 07. The Seventh Sojourn 08. Strange Brew 09. A Fleeting Glance 10. Era 11. Persephone (Slight Return)

Depuis quinze ans, le Muscadeath est le festival death metal qui fait vibrer la ville de Vallet, capitale du Muscadet. Cette année, les organisateurs ont frappé un grand coup en plaçant les vénérables Napalm Death en haut de l’affiche.

Niveau organisation, il n’y a rien à redire. Tout est carré et maîtrisé. Le lieu, le Champilambart, offre une scène immense et la salle possède une acoustique parfaite. Les groupes enchaînent les sets. Hormis le début abrupt du concert de Necronation (où tout le monde n’est pas encore entré), tout se passe comme sur des roulettes. La programmation offre de belles découvertes. Elle donne aussi l’occasion de voir deux légendes du grindcore. Pas moyen de s’ennuyer pendant ces huit heures ininterrompues de death.

Autre bon point : la restauration. Elle est de qualité (sandwich vegan, bière artisanale et locale) et on ne poireaute pas des heures pour se nourrir. Tout est fait pour que le festivalier se sente bien. Mais maintenant, parlons musique.

Côté découvertes, Atrocia souffle son monde avec un son énorme et une belle maîtrise de jeu. Quant à Shaytan, il bluffe votre serviteur avec son death lourd et lugubre. Jé', le chanteur/bassiste, hurle à s’en déchirer les cordes vocales. Son charisme fait la différence.

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Si Necronation, Absurdity et Hideous divinity ne se démarquent pas de la masse, Carbonizer enthousiasme avec son thrash joyeux d’une efficacité redoutable. C’est une formation réjouissante à laquelle il est difficile de résister. On se rue sur le bandcamp de ce groupe nantais pour écouter leur E.P. éponyme.

Place aux vétérans. Putrid Offal et Napalm Death ne sont pas là pour faire de la figuration.

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Les grindeux de Putrid Offal sont en forme. Si les influences à la Carcass sont évidemment présentes, le quartet possède un son et un caractère affirmés. Ces maîtres du goregrind ont bien fait de se reformer. Notons une belle reprise du "Freddy Kruger" de S.O.D, preuve du bon goût de la formation.

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Napalm Death est un groupe qui n’a jamais déçu. Ce soir, Barney est plus en verve que jamais ; sa troupe est bien décidée à en découdre. John Cooke, remplaçant de Mitch Harris et sosie de Max Cavalera, mouline comme jamais sur sa guitare tandis que Shane Embury maltraite basse et micro. Les tubes sont joués ("Suffer the children", "Breed to breathe", "You suffer"…) et les traditionnelles reprises sont de la fête ("Conform" de Siege et le nécessaire "Nazi punks fuck off") pour le bonheur des petits et des grands. Napalm Death continue d’être impressionnant. Cette institution perdure depuis trente-quatre ans.

C’est épuisé, mais heureux, que nous sortons de la quinzième édition de ce petit festival qui creuse tranquillement son sillon. Il s’impose comme l’un des évènements « métalliques » de Loire Atlantique.

Nico.

Toutes les photos du Muscadeath se trouvent ici.