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Son : Très bon.

Lumières : Bonnes.

Affluence : Soutenue.

Ambiance : Bon enfant.

Moments forts : Dagoba, Kreator, Malevolent Creation.

 

Depuis 2007, le Motocultor est un festival qui ne cesse de grandir. Avec sa programmation audacieuse, éclectique et son ambiance décontractée, cette célébration du metal est devenue un rendez-vous incontournable. Pour votre site préféré, il était impossible de rater cet événement, tout comme les 17 000 personnes présentes lors de ces trois jours de fête métallique. Voici le résumé non exhaustif de cette 8e édition.

Huata_15.08 (1027)

Le site de Kerboulard nous accueille sous un torrent de pluie. Ce qui n’empêche personne d'assister au concert des doomsters de Huata. Le groupe rennais brave les éléments avec beaucoup de courage. Il nous sert sur un plateau un stoner/doom du plus bel acabit. Leur musique, raccord avec la météo, nous fait même oublier ces pénibles conditions. Ironie du sort, à la fin du concert, une bénévole commente avec justesse : « Doom fini, pluie partie ».

T.A.N.K_15.08 (49)

C'est au tour des Franciliens de T.A.N.K de nous asséner son death mélodique. Efficace, le quintet ne ménage pas son public. C'est rapide, puissant, dévastateur. Dommage qu'un incident écourte le set de quelques chansons. La formation, menée par Raf Pener (chant), ne se démonte pas et envoie tout ce qu'il lui reste d'énergie. Le public répond présent et fait honneur à ce groupe prometteur.

Copie de Havok (8)

Havok est un groupe dont la musique est ancrée dans le passé. Avec ses guitares affûtées, son chant aigu et bon nombre de mosh-part, plus aucun doute : Havok fait du thrash old-school. Le retour dans les années 80 est immédiat et le public adhère massivement. Les gars de Denver sont heureux d'être là et dispensent leur bonne humeur à qui le veut. Havok n'invente rien, mais produit un chouette concert qui fout la banane.

Mononc Serge (1099)

Changement de ton et d'ambiance avec l'arrivée sur les planches de la Dave Mustage de Mononc' Serge. Jovial et content d'être là, l'allègre Canadien nous propose ses meilleurs titres. Du cultissime « Les patates » à « L'âge de bière » en passant par « La maladie du préjugé », c'est un carton plein pour le chanteur qui, brièvement, se fait accompagner des trublions Andréas et Nicolas.

Dagoba (3)

Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, on ne peut nier que, sur scène, Dagoba est une véritable machine de guerre. Les Marseillais le prouvent encore. Les musiciens sont au taquet (Werther à la basse en particulier) et le public le leur rend bien. Entre un Wall Of Death démesuré et une suite ininterrompue de Circle pits, l'audience finit cet épique concert sur les rotules. La sécurité (sympathique au demeurant) n'a pas chômé. Dagoba impressionne et prouve qu'il faut toujours compter sur lui.

Andreas & Nicolas (15)

C'est au tour d'Andréas et Nicolas de prendre possession de la Supositor Stage. Les deux mutins n'y vont pas de main morte. Accompagnés du fameux singe batteur et d'un coq (!) repassant le linge, Andréas et Nicolas font découvrir à un public médusé (mais amusé) les titres de leur dernier méfait : Singes du futur. Le spectacle est vif, frais, amusant. Les tubes sont repris comme un seul homme par le public répondant à un Andréas déchaîné. C'est une vraie bouffée de fraîcheur dans un monde de brutes.

Ensiferum (48)

Pas question de rigoler avec Ensiferum. Désespérément sérieux, le groupe de Markus Toivonen peine à convaincre. Malgré les efforts du bassiste Sami Hinkka pour rendre l'ensemble dynamique, le set est poussif, plat et on s'ennuie. Dommage que le souffle épique du dernier album Unsung heroes ne soit pas ici présent.

Cancer (24)

Retour vers le passé : ce premier concert en France de Cancer, groupe récemment réactivé, est une réussite. Fer de lance du death metal britannique, le désormais trio nous sert sur un plateau divers hymnes tirés de leur deux indispensables : To the gory end et Death shall rise. C'est un véritable et réjouissant come-back. Le groupe a bonne mine et ne se fait pas prier pour maltraiter nos oreilles. Un retour gagnant donc, en attendant les rééditions des deux albums pré-cités, et pourquoi pas un nouvel album.

Entombed_A (01)

Attendu comme le loup blanc, Entombed A.D. n'a pas déçu. Lars Goran Petrov a fait son boulot ; il reste le Ozzy Osbourne du swedeath qu'il a toujours été. Le reste du groupe est plus dans la demi-teinte. On regrettera les interprétations mollassonnes de « Chief angel rebel » et « Eye for an eye » pour retenir les superbes versions de « Left hand path », « Serpent speech » et même « Kill to live », tiré de Back to the front. Bilan globalement positif, mais nous sommes encore loin du Entombed de la grande époque.

Kreator_15.08 (9)

Kreator, tête d'affiche du jour, est un groupe constant. Abrupte, direct et efficace, le panzer germain concasse tout sur son passage. Rythmiques bulldozers, vocaux abrasifs de Mille, tubes mythiques (« Pleasure to kill », « Enemy of god », « Phobia »…)… Tout y est. La quintessence du thrash allemand dans toute sa splendeur. Il serait pourtant apprécié que le quatuor varie un jour sa set-list. Kreator se repose sur ses lauriers. Rien de grave, tant que c'est efficace.

Malevolent Creation_15.08 (1006)

C'est à Malevolent Creation de clôturer la journée. Brett Hoffmann et ses boys s'en tirent à merveille. Leur death/thrash evil a toujours été de qualité. Les morceaux phares sont joués (« Eve of the apocalypse », « Multiple Stab Wounds ») avec force et enthousiasme. Malevolent Creation mérite donc d'être réévalué à la hausse. Et nous terminons ce premier jour avec un excellent concert.

Nico.

Toutes les photos du Motocultor 2014 sont ici .  

John Garcia – John Garcia

johngarciaJohn Garcia a toujours été un homme occupé. De Hermano à Unida (réédition de l'unique album à venir) en passant par Kyuss et d’innombrables autres projets, ce renard du désert a dévoué sa vie à une seule cause : le stoner-rock. Régulièrement annoncé puis reporté, cet album, véritable arlésienne du rock enfumé, nous arrive enfin dans les cages à miel.

Ce premier essai solo confirme le talent du bonhomme. Garcia est un solide artisan et ne déçoit pas. Encore une fois. On nage en terrain connu, c'est du désert-rock velu, frontal, qui va à l'essentiel. Du robuste « My mind » à l'hispanisant « Her bullets energy » (où l'on retrouve Robbie Krieger aux guitares), on ne s’ennuie pas. Riffs hypnotiques et paroles hallucinées donnent à l'ensemble une impression de flottement agréable. C'est une musique abrupte et cool à la fois, à l'image d'un des sommets de l'album : « Rolling Stoned », entêtante reprise des inconnus de Black Mastiff.

Le pari est gagné pour John Garcia. Mais un bémol subsiste. Le monsieur a laissé tomber l'excellent Vista Chino pour se consacrer à sa carrière solo. Un mal pour un bien ? L'avenir nous le dira…

Nico (8/10)

Site Officiel: https://www.facebook.com/JohnGarciaOfficial

Napalm Records / 2014

01. My Mind 02. Rolling Stoned 03. Flower 04. The Blvd 05. 5000 Miles 06. Confusion 07. His Bullets Energy 08. Argleben 09. Saddleback 10. All These Walls 11. Her Bullets Energy

Blues Pills – Blues Pills

bluespillsAprès deux brillants EP (Devil Man et Live At Rockpalast) nous ayant mis la puce à l'oreille, Blues Pills sort son premier album. Très attendu, il confirme, haut la main, tous les espoirs que l'on pouvait porter sur le groupe. On remonte ici aux sources d'un style dont on pensait avoir fait le tour. L'exploit n'est pas des moindres.

C'est pied au plancher que débute cet album éponyme. « High Class Woman » est un manifeste rageur, modèle de rock'n'roll comme on n'en fait plus. La suite est à l'avenant : les morceaux s'enchaînent avec une logique et une rigueur implacables. La section rythmique, impeccable, martèle le tout avec virilité. Le jeu de guitare, entre blues et heavy, de Dorian Sorriaux tourbillonne et s'entremêle avec la voix miraculeuse d'Elin Larsson. Une chanteuse comme on n'en fait plus, digne d'une Janis Joplin, d'une Billie Holliday… Le registre de la demoiselle, principalement rock, est saupoudré de soul. C'est un talent dont elle use, mais n'abuse pas : un bonheur pour les oreilles.

Blues Pills donne l'impression, rare et précieuse, d'écouter un best-of. Rien n'est à jeter ; et on se le repasse inlassablement. Ce premier essai met à l'amende la majorité de la production actuelle.

Blues Pills est tout simplement un classique immédiat.

Nico (10/10)

Site Officiel: http://www.bluespills.com

Nuclear Blast / 2014

01 – High Class Woman 02 – Ain't No Change 03 – Jupiter 04 – Black Smoke 05 – River 06 – No Hope Left For Me 07 – Devil Man 08 – Astralplane 09 – Gypsy 10 – Little Sun