Le boulot de chroniqueur est un truc de dingue. On écoute des mp3 en avant première, on rentre dans les concerts par la porte de derrière pour relater, dans des webzines, impressions et avis…
Aussi, trois catégories de groupes se présentent à nous. Les groupes que l'on vénérera jusqu'à la mort, ceux qui nous laisseront dans une indifférence polie et les autres que nous conchierons au point d'en souhaiter une extermination immédiate. Hélas pour lui, Iwrestledabearonce fait partie de la troisième espèce décrite.
Iwabo (simplifions tout de suite ce nom impossible sorti de nulle part) est un cas d'école. Depuis 2007, le groupe pollue régulièrement nos oreilles avec un deathcore frelaté. Ne vous inquiétez pas, Iwabo continue sur sa lancée avec Late for nothing. Ayant l'excuse d'être prétendument « ultra fun », le groupe se permet de faire n'importe quoi avec une allégresse décourageante : intros électro, digressions pop, même un guest de Steve Vai qui cachetonne. Et le tout de se mélanger avec un math/deathcore de bas étage. C'est tragique. A l'image que peut véhiculer la troupe à travers ses vidéos.
Groupe de série Z, Iwabo a fait fort et tutoie les tréfonds de la médiocrité. Mais au moins, Late for nothing a pour lui de marquer l'histoire d'une pierre blanche. Ce dernier album est, à bien des niveaux, inégalable et assez incroyable… Sa plus grande qualité, s'il faut en trouver une, est qu'il est tout à fait indéfendable.
Nico (WTF ! /10)
Site Officiel: http://www.iwrestledabearonce.com/
Century Media / 2013
01. Thunder Chunky 02. Letters To Stallone 03. Snake Charmer 04. Boat Paddle 05. Firebees 06. Mind The Gap 07. Carnage Asada 08. The Map 09. That's a Horse of a Different Color 10. I'd Buy That for a Dollar 11. Inside Job 12. It Don't Make Me no Nevermind
Sortir un premier E.P « physique » est actuellement un acte considéré comme téméraire en musique. Tout est à prouver avec peu de matériel et il faut marquer les esprits. Sans quoi, on se retrouve noyé dans une multitude de groupes qui essayent avec difficulté de sortir du lot. A l'écoute de Witness to the collapse, on constate que Ataraxis (à ne pas confondre avec le groupe de doom-death Ataraxie) a bien fait de tenter sa chance.
D'obédience death metal, les Lorrains de Ataraxis sont dans l'obligation d'aller rapidement au charbon. Et en quatre titres, la messe est dite. Le quintet joue avec des ambiances lourdes, favorise la technique, mais n'oublie pas d'écrire de vraies chansons. Jamais redondants, les morceaux sont fluides et se réécoutent avec plaisir. C'est un plus. Il faut aussi noter que malicieusement le groupe joue la carte du crescendo qualitatif. Ataraxis ne joue pas ses meilleures cartouches d'entrée et conclue l'affaire avec brio : « Orion » est, en effet, le titre le plus abouti ; porte d'entrée vers un futur brillant.
Avec un packaging soigné et une musique qui ne l'est pas moins, Ataraxis fournit aux amateurs de musique extrême une première carte de visite solide, en plus de laisser une excellente première impression. Du travail a été fourni, c'est indéniable, et le résultat est plus qu'à la hauteur. Avec un album prévu en 2014, il ne nous reste maintenant plus qu'à attendre.
Nico (7,5/10)
Site Officiel: http://www.ataraxis-band.com/
Auto-Production / 2013
1. The factory 2. Plague N'Play 3. In a dadly river 4. Orion
Son : Clair et puissant.
Lumières : Des hauts et des bas.
Affluence : Bonne.
Ambiance : « Grindcoresque ».
Moment fort : Le set de Brutal Truth
Avec une affiche pareille, aucun doute n'était possible. Le Nouveau Casino accueillait en son sein l'affiche grindcore de l'année. Au programme : deux représentants du terroir chapeautés par le parrain du genre, Brutal Truth.
La soirée commence avec la musique abrupte de Nolentia. Puissante et sans concession, la (courte) prestation du groupe tente d'atomiser une assistance bien trop statique. Le trio toulousain ne démérite pas un seul instant. Il fait preuve d'un certain humour et exécute un grindcore efficace. Le boulot est bien fait. Rien à redire.
Les Parisiens de Department of correction débarquent à leur tour pour livrer un set intéressant. Ce trio guitare/batterie/voix provoque les premiers remous dans le public. Il faut dire que la voix de Greg est hallucinante ; il ne lui faut pas moins de deux micros pour dévaster l'auditoire. Brutale et impressionnante, deux adjectifs parfaits pour qualifier la musique de Department of correction.
C'est maintenant au tour des vétérans de Brutal Truth de clôturer la soirée. Un rapide échauffement et quelques blagues de Kevin Sharp et le quatuor est prêt. Le groupe chope l'audience par le col pour ne plus la lâcher… Et l’entraîne avec lui dans un gargantuesque maelstrom de musique extrême. En pas moins de vingt-cinq (!) titres, intelligemment piochés dans la foisonnante discographie du groupe, les New-Yorkais prouvent une fois de plus leur suprématie. Surhumain à plus d'un titre, Brutal Truth est capable d’enchaîner les morceaux de bravoures délirants. Impossible de résister à l'enchaînement, tiré de End Time, « Fuck Cancer »/« Celebratory gunfire »/« Small Talk »… Impossible de ne pas être bluffé par la dextérité et la folie de Rich Hoax… Impossible de se détacher de Kevin Sharp qui mène la barque avec fougue. On s'étonnera juste de la relative discrétion (cool attitude?) de Dan Lilker.
Brutal Truth reste donc maître en ses terres et ne risque pas, avec de tels concerts et une attitude irréprochable, de vaciller du trône sur lequel il est installé depuis une vingtaine d'années.
Nico.
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