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Bad Brains CD package TogetherAffirmer que Into The Future est une grosse claque musicale n'est pas dû à une quelconque forme de nostalgie. Vétérans de la fin des seventies, les Bad Brains sont revenus de tout. Ils sont, à juste titre, considérés comme des légendes. Ce deuxième album, post-reformation, confirme tous les espoirs placés en son prédécesseur Build A Nation (l'album des retrouvailles avec HR). Oubliant le hardcore des débuts, le groupe de Darryl Jennifer délivre ici un pur album de fusion. Comme à l'habitude, rock et reggae/dub se côtoient avec limpidité. Uniques en  leur genre, les Bad Brains sont les seuls à pouvoir faire se heurter ces deux genres antagonistes. L’enchaînement « Rub a dub love » & « Yes I » est là pour convaincre les plus sceptiques.

La grande force de Into The Future réside en fait en trois éléments. Avec son attitude nonchalante, HR nous livre sa prestation la plus convaincante. Il ne beugle plus et en devient très classieux. Presque cool, et ce même dans les moments les plus frénétiques. Les Bad Brains sont aussi capables de nous pondre des riffs que n'aurait pas renié toute la vague fusion des Nineties, Faith No More en tête (« PopCorn »). Into The Future est bien un album solide, synthétisant avec talent plus de trente ans de carrière. HR and co. restent les patrons de ce mouvement.

Reparlons du reggae/dub. Les Bad Brains jouent dans la cour des grands. Ils arrivent sans mal à rivaliser avec les cadors du genre : LKJ et Lee Scratch Perry, pour ne citer qu'eux. Autant dire que le niveau est élevé. L'écoute de « MCA Dub » devrait persuader les plus retors. Les Bad Brains frappent donc très fort avec ce bien nommé Into The Future. En treize titres, la formation de Washington nous prouve qu'elle a encore un avenir. A ce rythme là, il risque d'être radieux.

Nico (08,75/10)

 

Site Officiel: http://badbrains.com

www.facebook.com/badbrains

Megaforce Records / 2012

Tracklist (40 minutes) : 1. Into the Future 2. Popcorn 3. We Belong Together 4. Youth of Today 5. Rub a Dub Love 6. Yes I 7. Suck Sess 8. Jah Love 9. Earnest Love 10. Come Down 11.Fun 12. Maybe a Joyful Noise 13. MCA Dub

Son : Excellent.

Lumières : Bonnes, mais trop intenses pour la tête d’affiche.

Affluence : Très bonne

Ambiance : Carrée

Moment fort : Meshuggah, Meshuggah, Meshuggah… (ad lib)

D’entrée un constat s’impose. Le public s’est déplacé en masse pour célébrer le metal alambiqué des Suédois de Meshuggah. Le Bataclan est plein comme un œuf. Aujourd’hui, pas de semi configuration, le balcon est ouvert au public.

Dans une ambiance bon enfant, Cb Murdoc entame sa demi-heure réglementaire d’amuse-gueule. Balançant sans vergogne un thrash/death décomplexé, Cb Murdoc se fait plaisir sans se ménager. A l’image de son bassiste, Thomas Hellgren, le groupe donne tout ce qu’il a. C’est efficace et cela reste dans les standards. Cette prestation donne envie de se pencher sur son premier album, The Green. Une entrée réussie.

Attendu comme le loup blanc, Decapitated n’est pas là pour vendre des t-shirts. Malgré les galères que le groupe a pu accumuler, la puissance et l’envie sont encore de mise. Vogg, seul membre de la formation d’origine, tricote des riffs complexes qui comblent de bonheur ses fans dévoués à la cause du death technique. Pendant ce temps là, Rafal Piotrowski, énième chanteur du groupe, malmène ses cordes vocales avec ferveur. Un bémol toutefois ; Decapitated est plus convaincant dans ses morceaux plus basiques. Pour un groupe prônant la complexité de ses compos, c’est un comble mais pas un déshonneur. Les Polonais reçoivent un accueil plus que chaleureux.

Le public est au taquet quand, noyé dans la lumière, Meshuggah entre en scène. Atomisant l’auditoire avec un saisissant « Demiurge », le groupe de Fredrik Thordendal met tout le monde d’accord en quelques secondes. Puissant, bluffant de technique, lourd et écrasant, Meshuggah lamine, le temps d’une quinzaine de chansons, un public consentant. La formation suédoise impressionne par sa vélocité et sa force.

Avec un Koloss bien représenté et des classiques (« Future Breed Machine », « New Millennium Cyanide Christ »), Meshuggah confirme son statut de titan indestructible. Ses prestations sont ce qui se fait de mieux en matière de metal technique.

Aller à un concert de Meshuggah reste une expérience ultime. Comme se prendre un parpaing en pleine figure et en redemander.

Nico

Soyons direct. Benji Webbe, chanteur de Skindred, n'a jamais eu la reconnaissance de ses pairs. Actif depuis 1993 avec Dub War, il n'a jamais cessé de proposer une musique riche mêlant metal et origines métissées. Même si, depuis, ses propos et sa musique se sont énormément simplifiés, son efficacité n'a jamais été oubliée. Principalement connu pour sa reprise explosive de « Electric Avenue » et son premier album Babylon, Skindred a toujours livré une fusion 2.0 entraînante. Union Black, cinquième offrande, ne déroge pas à la règle.

Il sort ici en réédition avec plusieurs titres supplémentaires. Melting-pot assumé, Union Black contentera les amateurs. L'ensemble donne dans la fusion à tous les étages, certes, mais l'originalité est absente. Le quartet britannique se repose sur ses lauriers ; il mixe inlassablement jungle, dubstep, ragga et metal. Le talent et la passion ont beau rester présents, pour l'innovation, on peut repasser.

Proposée avec des bonus que nous n'avons pas eu l'honneur d'écouter, cette réédition est donc l'occasion de redécouvrir cet opus. Union Black rehausse le niveau, donne un bon aperçu du groupe, contrairement aux médiocres Roots Rock Riot et Shark Bites & Dog Fights. Pour le meilleur, mieux vaut encore se pencher sur Babylon.

Nico (6/10)

Site Officiel: http://www.skindred.net/

Listenable / 2012

1. Union Black 2. Warning 3. Cut Dem 4. Doom Riff 5. Living a Lie 6. Guntalk 7. Own You 8. Make Your Mark 9. Get it Now 10. Bad Man Ah Bad Man 11. Death to All Spies 12. Game Over