Author Archive

Nous vous parlions il y a peu de la scène croate (cf la chronique de (drama)), de son essor et de ses groupes émergents. Ashes You Leave, doyen de ce mouvement avec six albums, nous propose aujourd'hui son dernier travail : The Cure For Happiness. Œuvrant, au tout début de sa carrière dans le death/doom, AYL a progressivement changé de voie pour nous proposer maintenant une sorte de rock plus ou moins gothique.

Choix peu judicieux car AYL perd ce qui faisait son charme originel. The Cure For Happiness est impersonnel et maladroit. A force de vouloir caresser l'auditeur dans le sens du poil, le groupe se perd dans ses références. Certes, il est bien d'évoquer Paradise Lost ou My Dying Bride à travers ses compositions, mais il est plus important de s'affirmer. Ce que AYL oublie scrupuleusement de faire. Ne côtoyant qu'à de rares occasions le death/doom passé, AYL fonce dans le mur. La faute à une chanteuse qui passe la majorité de son temps à singer maladroitement Within Temptation. C'est pénible, surjoué et poussif. Et ce n'est pas le travail sur les cordes (superbes au demeurant) qui sauve l'album du naufrage.

The Cure For Happiness est un album inutile. Peu inspiré, il ne provoque que l'ennui. Passons à autre chose.

Nico (2/10)

Site Officiel: http://www.ashesyouleave.org/

Rock N Growl Records / 2012

1. Devil in Disguise 2. Only Ashes You Leave 3. For the Heart, Soul and Mind 4. The Ever-changing 5. Meant to Stray 6. Summer’s End 7. Reality Sad 8. The Cure

Son : Bien pour Nile et Morbid Angel, légèrement moyen pour Kreator.

Lumières : Nickel pour Nile & Morbid, exécrables pour la tête d'affiche.

Affluence : Correcte mais peu mieux faire.

Ambiance : Chaude.

Moment fort : « Sacrophagus » pour Nile, « God of Emptiness » pour Morbid, « Phobia » pour Kreator.

Est-ce que trois poids-lourds du metal peuvent encore drainer un public conséquent ? C'est la question que l'on peut se poser en entrant dans un Bataclan réduit à sa plus petite configuration (côté et balcon fermés). Kreator, Morbid Angel et Nile n'étant pas des inconnus, on ne peut qu'être surpris par cet état de fait. L'automne glacial et la crise ne faisant pas tout… J'arrive donc à la fin de Fueled by fire pour constater que les Californiens œuvrent dans un thrash metal fortement influencé par la « bay area ». Rien à redire, le public a plutôt l'air d'apprécier.

On enchaîne rapidement avec Nile qui, avec un temps de jeu correct, nous assène son death égypto-mésopotamien avec une fougue surprenante. Le groupe est au top. Karl Sanders, tout sourire, alterne solos complexes et vocaux d'outre tombe ; tandis que Dallas Toder-Wade mène la barque (et le public) vers ce que l’Égypte ancienne a de plus noir à nous offrir. N'oublions pas George Kollias qui nous démontre encore quel grand batteur il est. Original, violent et parfois progressif, Nile réussit à envoûter l'assistance avec ses morceaux épiques(« Sacrophagus »). Le tout se termine avec un « Black seed of vengeance » qui laisse plus d'un quidam sans voix. Nile est grand. Point barre.

C'est maintenant à Morbid Angel de prendre place et de nous atomiser les oreilles avec son death metal racé. Malin, le groupe avait annoncé ne jouer que des morceaux issus de ses deux premiers opus. Mensonge éhonté ! Le quartet floridien puise dans l'ensemble de son répertoire (période David Vincent) et se risque même à jouer quelques titres de son très décrié dernier album. La set-list reste tout de même bien équilibrée et les classiques se succèdent fébrilement. Techniquement, rien à redire, la formation est en forme et ne met pas une note à côté. Pendant que Evil D enchaîne les poses et s'impose, de fait, comme le Nikki Sixx du death. Intense malgré quelques baisses de régime, comme ce solo imbuvable de Trey, ce concert nous a prouvé qu'il faut encore compter sur l'ange morbide. N'en déplaise aux pisses vinaigre.

Au tour de Kreator prendre la direction des opérations. Le groupe de Mille Petrozza est une vraie machine de guerre. C'est indéniable. Tous ceux qui ont vu cette institution teutonne vous le confirmerons : Kreator est généreux et donne de sa personne. Énergique comme au premier jour, la bande de Petrozza est admirable et n'est pas prête de chuter du trône où elle s'est installée. Son public lui mangeant littéralement dans la main, Mille n'a pas trop de soucis à se faire. Pourtant, quelques bémols apparaissent. La set-list est ultra prévisible et les gimmicks de la bande sont toujours les mêmes depuis dix ans. Bien pour les nouveaux fans, cela aurait désormais tendance à légèrement ennuyer les anciens. Aussi, pourquoi ne pas jouer de titres de Renewal ? Pourquoi noyer la scène de lumières aveuglantes qui ne permettent de distinguer que les ombres des musiciens ? Pourquoi ne pas renouveler la structure de ces concerts qui commencent à devenir lassants ? Beaucoup de questions pour réclamer simplement un chouïa de renouvellement.

Nico.

(drama) – Zastor Tisine

Doucement mais sûrement, l'Europe du Sud commence à se faire connaître pour ses groupes de metal. Ça n'est certes pas encore un tsunami mais périodiquement les Balkans nous apportent quelques groupes déterminés à se faire une place sur l'échiquier musical mondial. Originaire de Zagreb (Croatie), (drama) est issu de cette jeune génération. Ce groupe nous dévoile son premier album : Zastor Tisine.

Après une introduction qui n'aurait pas dépareillé dans Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, (drama) passe aux choses sérieuses. Zastor Tisine est un pur album de doom/death qui remplit soigneusement le cahier des charges imposé par le genre. C'est pesant, lent, lourd, épais, même épique (« Olovo I Sjene »). Violent, le quintet croate sait aussi privilégier les atmosphères poisseuses. Idéal pour l'amateur de doom qui se respecte.

(drama) n'est pourtant pas qu'un élève appliqué. Il n'écrase pas son auditeur uniquement pour le plaisir… La force du groupe réside aussi dans sa capacité à le laisser respirer avec des voix claires et des breaks salvateurs. On échappe, pour quelques instants, au côté oppressant de cette musique épaisse « growlée » en croate. Autre bon point, les instruments à cordes sont judicieusement utilisés et rappellent My Dying Bride.

Zastor Tisine est donc une première carte de visite intéressante ; on ne demande qu'à en connaître la suite.

Nico (7,5/10)

Site Officiel: http://www.myspace.com/dramadoom

Altesphere / 2012

01. U Tugu Zagledan / 02. Novi Dan / 03. Olovo I Sjene / 04. Prolaznost / 05. Moje Meso / 06. Onako Kako Samo Ona Zna / 07. Pod Plamenom / 08. Pred Beskrajem / 09. Kiša / 10. Tinta / 11. Namjere / 12. Vakuum Duša