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Si on met de côté les premiers albums où le groupe se cherchait encore, on constate que Converge est devenu intéressant à partir du séminal Jane Doe. Album culte qui a défini la formule que le quintet allait suivre pendant de longues années. Avec son télescopage punk, metal, hardcore et grindcore, la bande de Jacob Bannon jetait un pavé dans la mare de la musique extrême. Bien peu s'en sont remis. Pourtant après plusieurs albums imparables, le groupe tirait un peu trop sur la corde. Un fait démontré par Axe to fall.

Bonne nouvelle, pour son huitième album, Converge prend quelques risques. Même s'il n'y a pas de grande révolution, on reste sans voix. Les structures musicales sont encore plus complexes qu'avant, mais leur fluidité et leur accessibilité sont sans précédent. Et la production de Kurt Ballou n'y est pas étrangère. Claire, limpide et sans défaut, elle sublime les quatorze brûlots de All We Love We Leave Behind. Autre surprise, le chant de Jacob Bannon. Alors qu'en général il aboie plus qu'il ne chante, le gus nous fait ici découvrir une voix claire plutôt surprenante (« Coral Blue »).

Mais ce qui fait tout le sel de ce dernier album est beaucoup plus insinueux. Converge, grand défricheur musical, innove en parsemant ici et là quelques surprenantes touches de musique prog'. C'est surprenant car invraisemblable il y a encore peu. Mais ne nous méprenons pas. Converge possède une puissance de feu de haut niveau et arrivera à satisfaire l'amateur de brutalité intelligente, car c'est bien de cela dont il s'agit.

All We Love We Leave Behind est la claque, le sursaut qui permet à Converge de se renouveler dans la continuité et de ne pas sombrer dans la routine. Cohérent, pertinent et presque parfait, on ne peut trouver d'autres adjectifs à cet opus, l'un des grands albums de 2012.

Nico (9/10)

Site Officiel: http://www.convergecult.com/

Epitaph / 2012

01. Aimless Arrow 02. Trespasses 03. Tender Abuse 04. Sadness Comes Home 05. Empty on the Inside 06. Sparrow’s Fall 07. Glacial Pace 08. Vicious Muse 09. Veins and Vails 10. Coral Blue 11. Shame in the Way 12. Precipice 13. All We Love We Leave Behind 14. Predatory Glow

Cracher sur tous les groupes de l'Hexagone qui sortent un premier album, ça n'est pas vraiment le genre de la maison. Pourtant, on ne peut être qu'exigeant avec les groupes issus de nos contrées. La Horde n'y échappe pas.

Musicalement solide et sans faille, La Horde nous propose une musique mélangeant hardcore et metal avec quelques touches de groove, que l'on doit au talentueux bassiste Etienne Richefort. Les zicos jouent bien et prouvent tout au long de En passant par le monde qu'ils ne sont pas des bras cassés. Avec ses allusions à Black Sabbath dans l'intro de « Spin », sa fusion décomplexée dans « Monochrome » et son metal basique, il y en a vraiment pour tous les goûts. L'influence de Lofofora renforce le plaisir de l'écoute.

Malgré ces aspects positifs, l'ensemble est nivelé par le bas. Le chant aurait mérité plus de testostérone et d’agressivité. Ici, il est juste pénible même si les textes évitent les clichés d'ado rebelle (« Condamné à vivre »). N'oublions pas la production, pas assez massive pour ce style de musique. Certains effets tombent à plat. C'est regrettable vu le niveau musical déployé.

En passant par le monde est donc un premier essai frustrant avec des qualités et, hélas, des défauts. Le groupe devra se roder pour confirmer son potentiel.

Nico (5/10)

Site Officiel: http://la-horde.fr/

Fantaizic / 2012

Tracklist : 01. La horde du contrevent 02. Nuclear mind 03. Les derniers hommes 04. Condamné à vivre 05. Monochrome 06. Spin 07. Deux pour un seul corps 08. Eden 09. Les damnés 10. Echec 11. J'ai vu 12. Extinction de masse

Tantara – Designed By Evil

N'y allons pas par quatre chemins. Tantara fait dans le retro-thrash. Un style très à la mode qui engendre une multitude de jeunes groupes singeant, avec plus ou moins de réussite, les cadors encore en place (Testament, Exodus…). Nostalgie facile pour certains, renouveau du genre pour les autres, deux catégories de groupes se distinguent : les bons faiseurs (Municipal Waste) et les médiocres opportunistes (Evile, Gama Bomb, etc.). Tantara se situe entre les deux.

« Designed by evil » ne respire pas l'originalité. Véritables copiés/collés de classiques reconnus (Metallica, Megadeth), ces huit morceaux font tout leur possible pour accrocher le client. Hélas, entre riffs entendus mille fois, breaks standards et chant « old school », l'ensemble est lourd à digérer. Les morceaux sont en plus interminables et poussifs. Seul point positif : le soliste. En effet, le jeune Fredrik Bjerkø réussit l'exploit d'apporter un second souffle à chaque titre. Techniquement parfait avec des solos irréprochables, ce jeune prodige réussit à nous sortir de notre torpeur. Mais c'est bien peu pour nous satisfaire.

Au final, Tantara n'est qu'un ersatz de Laaz Rockitt qui doit progresser pour remporter l'adhésion. Possédant malgré tout quelques atouts indéniables, les jeunes Norvégiens doivent maintenant se roder pour se détacher de leurs influences… et proposer un jour une musique qui évoque plus qu'elle ne copie.

Nico (4/10)

Site Officiel: http://www.facebook.com/TantaraThrash 

Indie Recording/ 2012

1. Based on Evil 2. Mass Murder 3. Negligible Souls 4. The Debate 5. Human Mutation 6. Trapped in Bodies 7. Prejudice of Violence 8. The Killing of Mother Earth