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Nachtmystium est un groupe à part. Respectant peu les codes du black metal traditionnel, les Américains ont constamment affirmé leurs différences : avant-gardistes, jusqu'au-boutistes, intellos, voire psychédéliques. La formation de l'Illinois ne fait rien comme tout le monde et l'a prouvé tout au long de sa carrière. Avec « Silencing machine », Nachtmystium surprend une fois de plus : c'est fourni, passionnant et ça ne laisse aucun répit à celui qui l'écoute.

Pourtant, ce nouvel opus commence de façon plutôt étrange. « Dawn over the ruins of Jerusalem » n'est pas le morceau le plus réussi, même si le titre est génial. Cette mise en bouche nous sert un black metal basique, quoique bien exécuté. C'est l'arbre qui cache la forêt.

C'est en proposant une palette de sonorités différentes quasiment à chaque morceau que Nachtmystium remporte la mise. C'est à la fois prog (« And I control you »), indus (« I wait in Hell), gothique (« Borrowed Hope and Broken Dreams »), black (« Reduced to ashes »), accessible et dantesque (« The lepers of destitution »). Aucune chance de s'ennuyer.

Nachtmystium mélange ainsi les genres et apporte de l'ampleur à sa musique. Se laisser embarquer par « Silencing machine », c'est accepter d'entrer dans cet univers unique qui ne respecte aucun code.

Le pari est réussi. Cet album fera sans doute partie des grandes réussites 2012.

Nico [8,5/10]

Site Officiel: http://www.facebook.com/OfficialNachtmystium

Century media / 2012

01. Dawn Over the Ruins of Jerusalem 02. Silencing Machine 03. And I Control You 04. The Lepers of Destitution 05. Borrowed Hope and Broken Dreams 06. I Wait In Hell 07. Decimation, Annihilation 08. Reduced to Ashes 09. Give Me the Grave 10. These Rooms In Which We Weep

Doro – Under My Skin

S'il y a bien une personne à qui on ne peut reprocher d'être endurante, c'est bien Doro. Présente depuis 1982 avec Warlock ou en solo, la belle teutonne œuvre pour un heavy metal de qualité. Une vraie, une dure, une tatouée. Et ce florilège, bien nommé, tombe à pic pour le rappeler.

Anthologie destinée aux néophytes, mais aussi aux fans, « Under my skin » ne déçoit pas. En trente-deux titres, nous avons le droit à un aperçu complet de la carrière de Melle Pesch. Il y en a pour tout les goûts : hymnes, hard rock fougueux, ballades sirupeuses (l'obligatoire « Fur Immer »), versions acoustiques et morceaux plus rares. C'est copieux, mais jamais ennuyeux.

Et l'on s’aperçoit, au fil de l'écoute, d'une progression étonnante. Au delà des hits quelques peu pompiers (« All we are », tube absolu), la miss a peu à peu privilégié le côté symphonique de sa musique. C'est un gros plus qui, sans être pesant, rend l'écoute passionnante. Pour preuve, cette formidable reprise de « Breaking the law » de Judas Priest. Avec beaucoup d'emphase et d'ampleur, Doro réussit l'exploit de se réapproprier ce classique intemporel. Ce qui n'est pas rien.

Maîtrisant le genre sous toutes ses coutures, Doro impose le respect. De par son dévouement et sa foi envers une musique qu'elle défendra, on l'espère, encore longtemps. Ce recueil est là pour en témoigner.

Nico [*/10]

Site Officiel: http://www.doropesch.com/

AFM/ 2012

01. All We Are (Version 2007) 02. You're My Family 03. I Rule The Ruins 04. Celebrate 05. The Night Of The Warlock 06. Strangers Yesterday 07. Walking With The Angels 08. Metal Tango 09. Thunderspell 10. Herzblut 11. Warrior Soul 12. My Majesty 13. Für Immer 14. Love Me In Black 15. Always Live To Win 16. Running From The Devil 17. Above The Ashes 18. Let Love Rain On Me 19. Celebrate (Full Metal Female Version) 20. Rescue Me 21. Rare Diamond (Acoustic Version) 22. Angel In The Dark 23. 1999 24. In Liebe Und Freundschaft 25. I Lay My Head Upon My Sword 26. Tausend Mal gelebt 27. Wildfire 28. Breaking The Law 29. She's Like Thunder (Version 2005) 30. The Queen 31. You Won My Love 32. Lonely Wolf

Son : Excellent.
Lumières : Parfaites
Affluence : Un Bataclan bien rempli.
Ambiance : Motivée puis dépitée.
Moment fort : Le concert de Djerv. "Lies Lies Lies" pour Ministry.

 

Aujourd'hui, c'est jour de fête. Ministry fait son grand retour dans une salle parisienne pour le bien nommé « Defibrilator Tour ». Occasion avouée par Al Jourgensen de retrouver son public et de célébrer la fin de ses addictions cocaïnées.

C'est dans un Bataclan bien rempli que nous entrons pour assister à la prestation vitaminée de Djerv (galerie photos ici). Et le moins qu'on puisse dire, c'est que les Norvégiens savent tenir une scène. Menés par la charismatique Agnete Kjolsrud, ce groupe envoie le bouzin. Ce mélange foutraque de rock, de metal, parsemé de quelques touches black (certains riffs ne trompent pas) fait la joie du public. Cette bonne surprise scénique nous donne envie de réécouter leur éponyme premier album.

Avec Ministry, il n'y a, normalement, pas de demi-mesure. Soit c'est réussi, soit c'est une catastrophe. Et aujourd'hui, nous assistons au grand retour de la grande escroquerie du rock'n'roll.

Commençons par le positif : la formation 2012, exception faite de son leader. Régulièrement composé de mercenaires interchangeables, Ministry a connu son apogée lors de la tournée 2006. Rappelez-vous cette mouture composée de Tommy Victor, Paul Raven, Joey Jordisson… Du rêve sur scène. Eh bien, l'équipe de cette tournée ne démérite pas face à cette Dream Team. Mike Scaccia, Casey Orr (Gwar), Sin Quirin, Aaron Rossi et le fidèle John Bechdel sont de grands pros. Œuvrant pour la grande cause industrielle qui est la leur, ils jouent avec force et conviction le répertoire de Ministry. « Lies Lies Lies », « No W », « 99% », « Senor Peligro » et « Rio Grande Blood » sont sublimés par cet orchestre indus. Rien à redire, c'est parfait… Exception faite de… Al Jourgensen !

 

Cela fait quelques années que l'on se pose des questions à propos du père Al. Entre albums de remix inutiles, le pathétique split et un « Relapse » mitigé, une conclusion s'impose : quelque chose ne tourne pas rond.

C'est complètement hagard que Jourgensen débarque sur scène (galerie photos ici) où il n'est que l'ombre de lui même. Irrespectueux d'un public qui était pourtant prêt à lui manger dans la main, Al se trouve dans une autre dimension. Perdu dans ses addictions, ivre d'alcool et de drogues. Oublié ce charisme dantesque… Oubliée cette urgence qui le caractérisait… Al Jourgensen n'est plus qu'un triste clown qui, sacrilège, chante en play-back ! Son regard n'est plus que douleur et abandon…

Au bout de 45 minutes, l'affaire tourne court. Le bonhomme n'a pas tenu le coup, il est parti en coulisse pour probablement s'écrouler. Le reste du groupe reste digne et termine le morceau. Le lendemain, on apprendra qu'Al a été hospitalisé pour une déshydratation… Espérons juste qu'il aille mieux.

Résultat des courses : les fans sont frustrés et en colère. Beaucoup de rancœurs sont exprimées au sortir du Bataclan. Ce soir, nous sommes amers et tristes. Pour Ministry, pour Al.

Rideau.

Nico.