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Megadeth – Megadeth

D’emblée, évacuons la polémique. Oui, Megadeth a sorti pléthore de versions de ce dernier album, mille et une couleurs pour le vinyle, des versions standard, lenticulaires, avec un bonus exclusif pour tel ou tel site marchand en ce qui concerne le CD. Et les fans ont dû mettre la main au porte monnaie pour tout avoir. C’est une pratique dégueulasse. Dave Mustaine avait déjà fait le coup avec Dystopia. Mais bon, cette fois, c’est pour consolider la retraite à venir. Soyez compréhensifs. Bref, parlons musique.

Sur disque, Megadeth n’a quasiment jamais déçu. Hormis quelques sorties de route (Risk, Super Collider), le groupe de Dave Mustaine a toujours été digne de sa légende, de son histoire, basée sur une rancœur tenace. Mais nous y reviendrons plus tard.

Sur ce dernier (?) opus, Megadeth tire sa révérence d’une belle manière, un condensé du meilleur de ce qu’a produit le groupe, où chaque morceau se fait l’écho du passé tout en n’étant pas une redite. C’est une célébration. C’est très fort.

« Tipping Point » déboule sur les chapeaux de roue. Tout est là : la voie hargneuse, des solos à tomber, une rapidité d’exécution bluffante. Du 100 % Megadeth. Ça tombe bien, c’est ce que nous attendions. On enchaîne avec « I don’t care ». Mustaine, les dents serrées, nous le fait savoir avec virulence. Il a la haine et il n’en a plus rien à foutre. C’est bon !

Les hits s’enchaînent. « Let there be shred », « Puppet parade », « I am war », ces classiques instantanés sont interprétés par un groupe à l’affût. Célébrons notre bon Dirk Verbeuren (batterie) et le fantastique Teemu Mäntysaari (guitares) qui livrent des prestations impeccables. James Lomenzo (basse) se fond dans le tout. Et toujours Mustaine bien vénère pour son dernier tour de piste (« Made to kill »).

Le dernier titre de l’album est une reprise de Metallica, « Ride the lightning ». Même si elle fait pâle figure par rapport à l’originale, elle est logique. C’est la raison d’être de Megadeth : la frustration. MegaDave ne s’est jamais remis de sa mise à l’écart du groupe d’Hetfield et Ulrich.

Sans cette haine et cette amertume, il n’aurait peut être jamais pu nous livrer les formidables albums de Megadeth tout au long de ces années.

Nico (9,5/10)

Site Officiel : https://www.megadeth.com/

Blkiiblk /2026

01. Tipping Point 02. I Don’t Care 03. Hey, God?! 04. Let There Be Shred 05. Puppet Parade 06. Another Bad Day 07.Made To Kill 08. Obey The Call 09. I Am War 10. The Last Note 11. Ride The Lightning (Bonus Track)

Soen – Reliance

Ça fait sept albums que nous tournons autour de Soen, soit quinze années où nous avons été charmés par le metal/prog des Suédois au potentiel énorme, mais jamais complètement subjugués. Le groupe a délivré des albums sympathiques (Lykaia, Imperial) mais, pour la bonne grosse raclée, masochistes que nous sommes, le groupe de Martin Lopez pointait aux abonnés absents. Et puis est arrivé Reliance.

Dès « Primal », l’ambiance est posée. La compo et la rythmique sont efficaces et solides. Les riffs sont lourds, une vraie usine à headbanger. La suite est du même tonneau. Moins progressif qu’auparavant, plus rock metal. Mais la grande force de Soen est cette capacité de passer d’une ambiance à l’autre tout en restant cohérent. Le tout oscille constamment entre le calme, une relative dissonance et des mélodies accrocheuses (« Mercenary », « Discordia »). Le summum de l’album reste le très beau « Indifferent », une balade pleine d’émotion où le groupe montre qu’il sait composer de belles chansons qui resterons dans les mémoires.

Soen nous enchante donc au fur et à mesure de l’écoute. Les musiciens sont aguerris et délivrent une prestation de haut niveau. Petit bémol concernant le chant de Cody Ford. S’il est très bon, nous aimerions qu’il soit plus affirmé sur les morceaux plus énergiques.

Soen se rapproche donc de l’excellence. Et de nous offrir avec Reliance son meilleur album à ce jour.

Nico (8.5/10)

Site Officiel : https://www.soenmusic.com/

Silver lining music /2026

01. Primal 02. Mercenary 03. Discordia 04. Axis 05. Huntress 06. Unbound 07. Indifferent 08. Drifter 09. Draconian 10. Vellichor

Le 14 décembre, au Ferrailleur, c’était LA soirée Black-Metal de fin d’année à pas rater.

Angstkrig ouvre le bal. Ce mystérieux trio danois capuchonné (sans bassiste), dont on ne sait strictement rien, délivre un joli black-metal aux accents punk. Ce metal noir entraînant est transfiguré par des solos incroyables délivrés par un second guitariste qui pourrait bien avoir fait ses gammes dans le heavy-metal. En peu de temps, Angstkrig se positionne dans la catégorie « espoirs » du genre. Une bien belle entrée en matière.

Mörk Gryning est un groupe qui se fait rare. Après une résurrection en 2020 et l’album Hinsides Vrede, le groupe nous offre un spectacle vigoureux. Les morceaux s’enchaînent sans mollir tandis que les spectres de Dissection et des grands anciens sont évoqués. La set-list est imparable et nous offre un beau panorama de l’œuvre du quintet. Mörk Gryning conclut son set avec l’imparable « Tusen år har gått » tiré de son premier opus.

Il incombe la lourde tâche à… And Oceans de finir cette soirée en beauté. Les Finlandais remportent la mise en deux/trois mouvements. La scène du Ferrailleur est trop petite pour le sextet. Mais même entassé de la sorte, le groupe arrive à sublimer un black symphonique dont l’originalité éclate encore et encore. … And Oceans s’autorise ainsi de belles digressions électro (« Tears have no name) bienvenues.

Niveau line-up, c’est la panacée : Mathias Lillmåns (chant) est un sacré showman qui amène ses troupes vers l’excellence tandis que le reste de la formation fait preuve de compétence.

… And Oceans prouve avec cette prestation qu’il a bien fait de remettre le pied à l’étrier il y a cinq ans avec le fabuleux Cosmic world mother. Et de terminer ce concert avec l’exceptionnel « Ambivalent god ». Classe.

Nico.

Les prochains concert de Black speech promotion sont ici