Author Archive

Les parisiens de CHANVRE n’aiment pas de dévoiler et nous offrent, en guise de carte de visite, cet EP cinq titres assez énigmatique et étrange. Sur la forme, pas grand-chose à tirer de ce disque tant la pochette laisse interrogateur tout comme les titres éclectiques voir exotiques des chansons proposées. Il semble que nous ayons ici affaire à un trio évoluant dans un registre rock alternatif voulant tout et (surtout) rien dire.

En quinze minutes, le groupe dévoile son univers artistique et sonore. La démarche se veut simple avec une basse, une batterie, une guitare qui distille un heavy rock assez simple mais qui pourtant ne manque ni d’attrait ni de charme. Les divers nappes de claviers aident à donner un peu d’épaisseur à la structure d’origine. Le chant porte un lourd tribut, il doit donner une consistance et une âme à ces titres rock. La voix porte la mélodie principale et CHANVRE se la joue intello et grandiloquent sur les paroles. Nous sommes loin des problèmes de la vie quotidienne ou d’une quelconque dénonciation de la société. Les parisiens planent bien au-dessus de ces considérations bassement terrestres et s’amurent à ciseler des paroles surprenantes et barrées. La tessiture de la voix et le ton employé, assez monocorde, s’adaptent bien à la musique et apporte une petite aura psychédélique à l’ensemble.

CHANVRE fait un peu figure d’OVNI avec cet EP qui risque d’en surprendre et d’un déboussoler plus d’un. Si vous aimez le rock sombre, lourd et assez intello, Valkyrie Mécanique possède un charme qui devrait vous plaire. Imaginez un MIOSSEC qui se mettrait au heavy rock…

Oshyrya (06/10)

 

Facebook Officiel

 

Autoproduction / 2016

Tracklist (15:20 mn) 01. Chaconne d'Inertia 02. Détritus Town 03. Mechanical Walkyroïd 04. Le Mothership 05. Sour Kryp

Llnn – Loss

Bon, on ne va pas se mentir, il est dimanche matin, vous vous êtes réveillé de bonne humeur, le soleil brille dehors et tout va bien ? Si c’est le cas, n’écoutez pas Loss, le premier album (enfin 30 mn de musique quoi) des danois de LLNN. Vous attendrez d’être au fond du trou, d’être en burn-out professionnel pour découvrir cette petite dose de noirceur à même d’alimenter la bande son de vos meilleurs moments de dépression à venir. Amis poètes guillerets, passez votre chemin, ici tout n’est que violence, ténèbres et cendres.

Après un premier EP autoproduit du nom de Marks, le groupe décide de remettre le couvert et de sortir cette fois-ci un album chez Pelagic Records. Et à part du sang et des larmes vous ne trouverez rien de bien sympathique pendant les trente minutes que dure Loss. Dans un registre parfois pas très loin d’un funeral doom, en un peu moins lent et pachydermique quand même, les danois créent devant nous un mur de son à coup de riff râpeux au possible, la batterie s’en donne à cœur joie au niveau des cymbales surtout. Ajoutez à cela les hurlements du chanteur et vous obtenez un paysage de ruines. Cela sonne au mieux bizarre au pire comme un gloubi-boulga sans queue ni tête. C’est bruyant, incontestablement, mais surtout extrêmement lassant. Difficile de conseiller LLNN à moins de s’en vouloir à soit même ou alors en vouloir à son prochain. Les misanthropes seront ravis, ils vont se faire détester de leurs voisins en deux temps, trois mouvements. La démarche artistique des danois est sans doute sincère mais ils m’ont perdu le long du chemin.

Il est souvent fascinant et même hypnotisant de contempler le néant et l’obscurité insondable mais dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, le soufflé retombe rapidement. LLNN ne ménage pas ses efforts pour nos remettre sans cesse la tête sous l’eau mais la lassitude l’emporte malgré tout. Loss est un « plaisir » à consommer avec modération à moins de faire preuve d’un masochisme poussé.

Oshyrya (05/10)

 

Facebook Officiel

 

Pelagic Records / 2016

Tracklist (30:17 mn) 01. Rapture 02. Monolith 03. Calamity 04. Loss 05. Depths 06. Voyager

Je vais commencer cette chronique en faisant ma tête de con. Je vais considérer cet album comme un EP car même si Our Own Democracy compte dix chansons, avec à peine vingt-huit minutes au compteur on ne peut décemment pas prendre cela pour un EP. Bla bla bla, Reign in Blood de SLAYER… rien à foutre. Quand un groupe frôle les quarante minutes, rien à redire mais là non.

Entre cette pochette assez étrange (spéciale dédicace au poulet ayant servi de modèle) et un nom de groupe tout aussi mystérieux mais si celui-ci sonne assez classe, l’auditeur ne sait pas vraiment à quoi s’attendre en découvrant cette galette. Pour notre culture commune, précisions que CANCEL THE APOCALYPSE s’apparente à un melting-pot assez original regroupant des musiciens aux univers bien différents puisque le groupe oscille et mélange des éléments métal / hardcore et des éléments classiques, l’union incestueuse entre artistes toulousains et bordelais. Certains résonneront aux oreilles des plus fins connaisseurs comme celui de Matthieu Miegeville (MY OWN PRIVATE ALASKA, PSYKUP) au micro ou encore la violoncelliste Audrey Paquet (TRIO MILONGA. QUATUOR EVEIL).

La biographie du groupe se plait à mettre en avant l’aspect chaotique de la démarche et l’écoute de ces dix compositions confirment ce propos. Il va falloir faire preuve d’ouverture d’esprit et d’éclectisme pour apprécier CANCEL THE APOCALYPSE à sa juste valeur. Le calme « Athens » ouvre les débats avant que la folie ne rentre via un titre éponyme plus représentatif de la tapisserie sonore tissée sous nos yeux. Prenez une base classique, dans un genre baroque, et ajoutez-y une batterie et un chant tourmenté et aigu pour avoir une petite idée du voyage qui se présente à vous. Musicalement le mélange s’avère intéressant, à la fois souvent dissonant et surprenant avant que le trip screamo ne vienne un peu gâcher la fête. Cela convient sans doute dans l’esprit à cette approche baroque un peu folle mais à l’écoute, il y a de quoi froncer les sourcils. Les compositions sont courtes, dépassant pour la majorité à peine les trois minutes. Les mélodies jouées majoritairement au violoncelle et la guitare classique font leur petit effet avant que Miegeville n’ajoute son grain de sel pour le meilleur et pour le pire. Et disons que ce dernier l’emporte souvent. Etre original c’est bien mais là, le mariage entre ces deux univers n’est pas vraiment très heureux. Une fois la surprise passée, l’ennui pointe rapidement le bout de son nez et surtout l’auditeur attend avec crainte les lignes de chants hurlées.

CANCEL THE APOCALYPSE offre sans aucun doute une démarche originale mais la mayonnaise peine à prendre. Les artistes ont toujours raison de vouloir assouvir leur démarche créatrice mais Our Own Democracy me fait le même effet que certaines pièces de théâtre modernes sans queue ni tête ou le propos abscons ne semble être destiné qu’à satisfaire l’ego de son auteur. Tentez votre chance en écoutant ce disque, vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise. Votre serviteur est resté au bord de la route.

Oshyrya (05/10)

 

Facebook Officiel

 

Get A Life! Records / 2016

Tracklist (28:33 mn) 01. Athens, 02. Cancel The Apocalypse, 03. Candlelight, 04. Planes And Bombs, 05. Children, 06. A Bunch Of Roses With Thorns, 07. he Things That Can Never Be Done, 08. Bad Boxer Part 1, 09. Bad Boxer Part 2, 10. We Where Young