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ACTS OF TRAGEDY est un groupe de de métal alternatif / metalcore originaire de Cagliari, capitale de l'île de Sardaigne. Né en 2012, le quintet prend le temps de fourbir ses armes et de se développer une identité artistique dans les années qui suivent. Cela passe par la sortie d’un premier EP, Cursed Words en juin 2013 en compagnie de Kevin Talley (DYING FETUS, SIX FEET UNDER, CHIMAIRA…) et surtout par la multiplication des apparitions scéniques aux côtés de la fine fleur du métal transalpin, HOUR OF PENANCE, FLESHGOD APOCALYPSE ou encore NECRODEATH. Fort de toutes ces expérience, ACTS OF TRAGEDY fait le grand saut en ce début 2017 en sortant son premier album, Left With Nothing, chez Memorial Records.

Dès les premières secondes de « Under the Stone » qui ouvre cet opus, la messe est dite est tout un chacun sentira bien que les italiens ne sont pas venus enfiler des perles. Ils attaquent bille en tête et tentent d’assommer l’auditeur à coup de riff tranchants, de rythmiques dantesques alors que le chanteur, Andrea Orrù, vocifère et l’égosille à qui mieux mieux. En trois, quatre minutes maximum en général, les cagliaritains tentent de renverser la table et de se positionner sur la scène alternative/metalcore européenne. Et reconnaissons qu’un certain talent émerge rapidement tout au long de cet album et ne peut qu’impressionner alors que le groupe fait ici ses grands débuts. La violence et l’agressivité se taillent la part du lion mais ACTS OF TRAGEDY n’oublie pas de jouer ici et là la carte de la subtilité en ralentissant les rythmes comme sur l’intro de « The Worst Has yet to Come » ou à afficher une joli maîtrise technique.

La paire de guitaristes se montre aussi bien à l’aide pour tronçonner du riff à la chaîne ou pour démontrer un touché et une douceur inattendus. Je vous rassure, cela ne dure jamais bien longtemps mais cet aménagement de petites séquences plus apaisées évite de trop rapidement se lasser. Left With Nothing se déploie sous nos yeux à toute allure et les amateurs ne verront pas le temps passer. ACTS OF TRAGEDY ne fait pas preuve d’une originalité folle mais assume ses choix et propose une exécution sans faille. Sur le fond comme sur la forme, difficile de trouver à redire à ce disque. L’enregistrement a été assuré aux V-Studios alors que Jay Maas (DEFEATER, BANE) s’est chargé de la production finale au Getaway Recording Studio.

La musique est bonne, le son aussi et cerise sur le gâteau, la pochette signée Mirkow Gatsow flatte la pupille. ACTS OF TRAGEDY signe un sans-faute pour ce premier album sérieux et maîtrisé. Maintenant, ils vont souffrir de la concurrence féroce qui règne dans leur segment et espérons qu’ils parviennent à toucher un public le plus large possible et à sortir plus régulièrement de leur ile.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Memorial Records / 2017

Tracklist (41:45 mn) 01. Under the Stone 02. Melting Wax 03. The Worst Has yet to Come 04. The Man of the Crowd, Pt. 1 05. Smoke Sculptures and Fog Canvas 06. The Man of the Crowd, Pt. 2 07. Incomplete 08. Nothing 09. Vice 10. Oaks

The Unguided – Brotherhood

Les suédois de THE UNGUIDED semblent avoir fait leur la maxime “il faut battre le fer tant qu’il est chaud” tant ils multiplient en permanence les sorties en bacs ou au format digital. Ils ne veulent sans doute pas être oubliés de leurs fans et se rappellent donc constamment à eux. Donc quelques mois après un Lust and Loathing franchement moyen (chronique ici) les voici de retour avec deux nouvelles chansons.

Cette fois-ci au moins ils semblent avoir une bonne raison de se rappeler à notre bon souvenir puisque le groupe a récemment subi un changement de line-up important. En effet, exit le chanteur et guitariste Roland Johannsson et bienvenue à Jonathan Thorpenberg derrière le micro. THE UNGUIDED propose donc deux nouvelles chansons histoire de présenter leur nouveau frontman. Pas de révolution à l’horizon mais toujours ce métal rapide et accrocheur qui mélangent toutes les modes actuelles. Vous trouverez ici une alternance chant clair et chant extrême, des claviers, des touches métalcores des mélodies ainsi que des refrains simples et accrocheurs. Le savoir-faire est évident, difficile de ne pas taper du pied et secouer la trête à la première écoute avant que petit à petit le soufflé ne retombe après chaque nouvelle écoute. C’est bien fait, très propre mais difficile de s’enthousiasmer outre mesure tant cela sonne déjà entendu. Reconnaissons cependant que Thorpenberg fait le boulot sans faiblesse et démontre un joli potentiel.

Les suédois annoncent déjà un nouvel album cette année, espérons qu’ils parviennent à un pue nous surprendre car sinon ils risquent de vite tomber dans l’oubli.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (07:34 mn) 01. Nighttaker 02. Daybreaker

Sirenia – Dim Days of Dolor

La vie de SIRENIA n’a jamais été un long fleuve tranquille et la relative stabilité des dernières années a volé en éclat à l’été 2016 quand le départ d’Ailyn Giménez García a été annoncé. Rappelons qu’avant Ailyn, SIRENIA avait systématiquement changé de chanteuse entre deux albums. La vie du groupe suit assez précisément la vie sentimentale du capitaine du navire Morten Veland. Ce dernier semble avoir la fâcheuse habitude de mêler vie privée et publique pour le meilleur et le pire. Alors que le groupe évoquait des raisons personnelles pour justifier du départ de la belle espagnole, elle a précisé sur les réseaux sociaux que la décision avait été prise pour elle et qu’elle n’avait pas eu son mot à dire.

Bref, voici donc le huitième album de SIRENIA avec une nouvelle chanteuse derrière le micro. Alors ce n’est pas tout à fait vrai car l’heureuse élue n’est autre qu’Emmanuelle Zoldan, une compatriote, qui officie dans l’ombre en chanteuse invitée sur chaque disque depuis 2004 au sein de la Sirenian Choir. C’est sa chance, voici l’occasion pour la chanteuse mezzo-soprano de formation classique de prendre toute la lumière et de se faire plus largement connaître. C’est la deuxième française à intervenir au chant au sein de SIRENIA après Fabienne Gondamin sur At Sixes And Sevens.

En 2015, nous nous étions passablement ennuyés à l’écoute d’un The Seventh Life Path (chronique ici) lassant au possible. Notre ami norvégien semblait être à court d’idées et nous resservait encore une fois le même plat mais en beaucoup moins bien. Peut-être conscient des limites de son album, il s’est rapidement remis au travail et revient déjà avec un nouvel opus sous le bras au bout d’un an. SIRENIA n’a jamais proposé un nouvel album dans un délai aussi court. Et reconnaissons que Dim Days of Dolor débute bien mieux que son prédécesseur. « Goddess of the Sea » et « Dim Days Of Dolor » placent d’entrée la barre haute et on retrouve un SIRENIA accrocheur et inspiré. Les marques de fabrique du groupe sont présentes et immédiatement identifiables, les chœurs omniprésents, une ambiance assez sombre et les multiples orchestrations. Les mélodies ne cherchent pas midi à quatorze heure et font bien souvent mouches. En tout cas, elles rentrent rapidement dans le crâne. « Dim Days Of Dolor » se veut même simplette et pourtant cela fonctionne.

Emmanuelle Zoldan était forcément attendue au tournant et elle offre une très belle prestation de bout en bout. Elle a su encore une fois se fondre dans le moule de SIRENIA et affiche une belle conviction en plus d’une technique sans tâche. Son timbre est plus grave que celui d’Ailyn mais l’intégration d’avère tout à fait naturelle. Dim Days of Dolor déploie progressivement ses ailes après un début en fanfare et chaque nouvelle chanson apporte son lot de bons moments. Les touches extrêmes se font extrêmes discrètes, il faut attendre « The 12th Hour » pour entre Veland growler. Il prend même parfois la part du lion en chant clair comme sur un « Veil of Winter » plus calme et posé. Cela apporte un peu de variété au sein de l’album ce qui n’est pas sans nous déplaire et évite ainsi de tomber dans les écueils du précédent opus.

Avec Dim Days of Dolor, SIRENIA remet les pendules à l’heure et nous rassure un peu après la mauvaise passé artistique constituée par The Seventh Life Path. Mettons cela sur le compte des relations peut-être alors déjà tendues entre Veland et Ailyn, qui sait ? La cuvée 2016 nous plait et permet à SIRENIA de ne pas rougir face à la concurrence frontale des espagnols de DIABULUS IN MUSICA qui font fort dans un registre très proche. Il va falloir compter en 2017 sur cette lutte ibérico-norvégienne. Pour terminer, souhaitons qu’Emmanuelle Zoldan s’installe de façon pérenne devant le micro de SIRENIA.

Oshyrya (8,5/10)

 

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Napalm Records / 2016

Tracklist (56:43 mn) 01. Goddess of the Sea 02. Dim Days Of Dolor 03. The 12th Hour 04. Treasure n’ Treason 05. Cloud Nine 06. Veil of Winter 07. Ashes to Ashes 08. Elusive Sun 09. Playing with Fire 10. Fifth Column 11. Aeon’s Embrace