Avec une jolie régularité, les hordes Vikings venues d’Islande viennent naviguer le long de nos côtes et n’hésitent pas ici ou là à prendre pied sur le terre ferme et à se livrer au pillage de nos territoires. Deux années après Með Vættum (chronique ici) voici le sextet de retour avec Vögguvísur Yggdrasils. Et le voyage annoncé ne concerne rien de moins que les neufs mondes, d’Asgard en haut à Helheim en bas. C’est n’est pas la première fois qu’un tel périple se présente à nous, THERION avait déjà tenté l’aventure avec Secret of the Runes en 2001.
En quatre albums, SKALMOLD a su faire son trou mais fait pourtant face à la critique à force de proposer encore et encore la même recette. Vous allez me dire que d’autres avant eux font de même (AMON AMARTH) pour ne pas le citer mais pourtant les islandais lassent plus vite que les suédois. Les bons gros riffs qui tâchent sont bien là ainsi que les rythmiques pachydermiques et le chant caverneux de Björgvin Sigurðsson. Oui c’est guerrier à souhait, blindé de testostérone mais il manque le souffle époque et la beauté brutale aperçue sur Börn Loka. Quand les islandais s’en donnent les moyens, ils deviennent rapidement bien meilleurs comme sur un « Niðavellir ». La finesse et violence se mêlent alors pour un résultat bien supérieur. Dans l’ensemble, SKALMOLD semble jouer la sécurité et continue de labourer un champ déjà bien connu de tous les amateurs de viking métal. La fraicheur et la vivacité des débuts semblent avoir disparues du paysage depuis deux albums maintenant.
Les chansons s’enchainent et une certaine lassitude s’installe, le sentiment d’avoir déjà entendu telle ou telle mélodie même si l’écrin s’avère tout neuf. L’ombre d’un ENSLAVED plane ici et là et rappelle à tous que SKALMOLD n’est pas issu d’une génération spontanée mais aussi le fruit de différentes influences. Peu de groupes viennent d’Islande mais ils partagent bien des éléments avec leurs camarades scandinaves. Il faut attendre « Ásgarður » pour l’oreille se tende à nouveau à l’écoute de passages en chant clair. Cette petite respiration nous prépare à la déferlante « Helheimur », furieuse et violente à souhait.
Entendons-nous bien, Vögguvísur Yggdrasils est loin d’être mauvais, il contient tous les ingrédients attendus mais la magie fédératrice et le petit plus salvateur sont aux abonnés absents. Le groupe joue la sécurité et rentre dans le rang. L’hiver arrive, voici de quoi vous réchauffer.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (50:32 mn) 01. Múspell 02. Niflheimur 03. Niðavellir 04. Miðgarður 05. Útgarður 06. Álfheimur 07. Ásgarður 08. Helheimur 09. Vanaheimur
Pas simple de savoir ce que les suisses de MONKEY3 fument ou boivent avoir de composer mais j’en voudrais une grosse quantité tant les effets semblent puissants. Leur précédent opus, The 5th Sun (chronique ici) nous avait déjà fait un effet bœuf et Astra Symmetry est bien parti pour donner le même résultat. Le quatuor de Lausanne a pu faire ses armes et encore aiguiser sa démarche dans les plus grands festivals comme les Roadburn, Hellfest et autres Desertfest. La livrée 2016 laisse présager du meilleur.
Forcément, l’amateur de krautrock, de mélodies électro et planantes ne peut se lécher les babines devant ce disque qui tente de synthétiser tout ce que l’on aime. Les guitares se mêlent à des envolées cosmiques et donne une gravité à l’ensemble. Chaque chanson ouvre un nouveau champ des possible, ce son cosmique vous envahit, vous prend par la main et va vous guider sur des années-lumière. « Moon » s’avère être une petite merveille, une mélodie hypnotique se déploie sous nos yeux et ne vous lâchera plus pendant longtemps. MONKEY3 possède le talent fou de composer une musique extrêmement visuelle, les images se multiplient dans l’esprit de l’auditeur que se voit entrainer vers l’immensité du ciel pour son plus grand bonheur. Il est rapidement ramené sur terre par ces passages très rock/stoner des années 70 mais les deux visages du groupe se marient à merveille. Cette approche finalement très prog dans l’esprit donne un charme fou à l’ensemble et chacune de ces chansons recèlent de petits trésors. Tous les titres s’enchainent sans temps mort, avec grâce. L’auditeur se trouve ainsi immergé pour plus d’une heure dans un rêve éveillé. Chaque chapitre laisse apparaître un autre prisme qui dévie la lumière d’une autre façon et laisse apparaître une autre réalité musicale. Quasiment totalement instrumental, Astra Symmetry nous caresse et nous protège dans un cocon rassurant.
Avec Astra Symmetry, MONKEY3 enfonce le clou et prouve à tous que The 5th Sun n’était pas qu’un accident heureux. Les suisses prennent leur temps mais à l’écoute du résultat, on leu pardonne aisément. Avec leur rock planant et psychédélique, ils réhabilitent un genre un peu tombé en désuétude et cela fait un bien fou. Astra Symmetry se savoure avec douceur et ne dévoile ses merveilles que progressivement. Quel pied !
Oshyrya (08/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (72:32 mn) 01. Abyss 02. Moon 03. Endless Ocean 04. The Water Bearer 05. Crossroad 06. Mirrors 07. Dead Planet's Eyes 08. Seeds 09. Astraea 10. Arch 11. The Guardian 12. Realms Of Lights
Ces dernières années, DELAIN a été une déception. Les hollandais l’ont joué trop facile et se sont un peu perdus en chemin. Ils sont rentrés dans le rang et ont perdu leur statut de challenger prometteur avec un The Human Contradiction (chronique ici) ratant la cible. Mais tout n’est pas perdu et les bataves peuvent retrouver de leur éclat avec ce cinquième album, Moonbathers.
Ce disque débute en douceur avec un « Hands Of Gold » assez classique selon les standards de DELAIN. Ils n’hésitent plus à en faire beaucoup et à multiplier les orchestrations à tout va. Cela donne bien sûr une emphase et une épaisseur appréciable à la chanson mais encore faut-il que cela tienne la route. Le refrain reste accrocheur mais pas non plus exceptionnel. Il n’y a pas de quoi hurler au loup, cette ouverture reste très correcte et finalement le seul élément vraiment énervant se niche dans la contribution d’Alissa White-Gluz. Il semble de bon ton désormais d’ajouter ici et là une touche plus extrême mais à force cela devient fatiguant. La canadienne multiplie les apparitions en dehors d’ARCH ENEMY et semble devenir la préposée au chant growlé pour les groupes symphoniques. KAMELOT en use et en abuse déjà largement et elle faisait déjà une pige sur The Human Contradiction. Et la valeur ajoutée de cette intervention extrême reste encore sujette à caution.
Les titres suivants sont et de DELAIN montre un visage bien plus positif sur les titres plus courts et directs comme « Suckerpunch » ou « Fire With Fire ». Les pseudo-ballades comme « Chrysalis – The Last Breath » apportent une respiration nécessaire mais ne casse quand même pas trois pattes à un canard. « Danse macabre » relève quand même le niveau avec une ligne mélodique plus affirmée et convaincante. Les minutes de Moonbathers s’égrènent sans déplaisir ni faute de goût mais on cherche encore des raisons de s’enthousiasmer devant telle ou telle chanson ou mélodie. La reprise « Scandal » de QUEEN tombe comme un cheveu sur la soupe. On se demande l’intérêt de cette reprise si ce n’est de donner un peu plus de consistance à l’album en lui permettant de frôler les cinquante minutes.
Moonbathers reste assez sage et livre la marchandise attendue, ni plus, ni moins. DELAIN a fait un boulot sérieux mais le potentiel des bataves ne trouve pas ici la latitude nécessaire pour s’exprimer au maximum. On nous parle de nom clinquant comme celui en charge du mastering qui a gagné un Grammy award mais un retour à une certaine simplicité serait salvateur. DELAIN bénéficie de bien plus de moyens pour s’exprimer mais semble ne pas savoir quoi en faire. Difficile de ne pas avoir l’impression qu’ils font du surplace.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (49:12 mn) 01. Hands Of Gold – Featuring Alissa White-Gluz 02. The Glory and the Scum 03. Suckerpunch 04. The Hurricane 05. Chrysalis – The Last Breath 06. Fire With Fire 07. Pendulum 08. Danse Macabre 09. Scandal 10. Turn the Lights Out 11. The Monarch