Nous pourrons passer notre vie à faire de longs débats ou d’infinies conjectures, la scène rock / hard rock des années 70 a posé toutes les bases de notre musique du 21ème siècle et il n’est finalement pas si étonnant de voir une foultitude de groupes revenir aux bases et à la musique telle qu’elle était pratiquée à cette époque-là. Les plus chagrins diront que ce n’est là du recyclage mais que voulez-vous, la vie est un éternel recommencement.
Non BERSERKERS ne fait dans le viking métal à la AMON AMARTH mais se plait plutôt à évoluer sur des rivages rock / hard-rock très très très inspiré des années 70 justement. Le groupe est fondé en Gironde en 2009 sous la forme d’un quintet. Malgré divers changements de line-up le groupe peaufine progressivement son identité musicale en publiant deux démos en 2008 et en 2012. Armé d’un nouveau claviériste, les bordelais franchissent le Rubicon et s’attaque à la composition d’un premier album éponyme qui sort en 2014. Réduit à un quartet, BERSERKERS continue malgré toutes les difficultés son chemin et se lance deux ans plus tard dans l’enregistrement, dans leur home studio, du deuxième chapitre de leurs aventures, Lock & Load.
A travers neuf nouvelles chansons et un peu moins de quarante minutes de musique originale, BERSERKERS souhaite prouver à tous qu’ils ont progressé et mûri musicalement parlant. Les concerts et la vie de groupe ont porté leurs fruits. Les bordelais affichent un son et une écriture plus maîtrisée, plus directe pour en maximiser l’impact sur l’auditeur. Dès les premières notes de ce disque, nos amis affichent leur motivation et une belle énergie. « Outlaw » claque et vous emporte par l’énergie positive qu’il dégage. La batterie est mixée en avant et impulse le tempo tandis que la guitare et les claviers drivent la mélodie le pied à fond sur l’accélérateur. BERSERKERS n’a pas cherché midi à quatorze heure et s’engouffre dans un rock simple mais diablement accrocheur. Le son d'orgue Hammond utilisé apporte cette patte seventies évoquée plus haut. Cerise sur le gâteau, Julien Logeais offre une belle prestation derrière le micro même si sa voix manque ici et là de puissance. Les titres s’enchaînent rapidement et n’espérer pas échapper au tourbillon Lock & Load. Tantôt rapide, tantôt mid-tempo, BERSERKERS impressionne par l’énergie déployée et le côté hyper mélodique de chacune de ces chansons. Difficile de résister et de ne pas taper du pied à l’écoute d’un « Blind Taste » ou d’un « Rock Save the World ». Les claviers virevoltent en permanence et apporte un vrai plus à l’ensemble.
Nous avons beau chercher, Lock & Load ne montre pas de faiblesse évidente. Saluons le travail effectué sur la production de ce disque, entre le visuel soigné et le son tout à fait au niveau des productions contemporaines. Finalement, l’auditeur regrettera presque que BERSERKERS ait été un peu chiche en proposant moins de quarante minutes de musique. Chapeau bas, voici un bien bel album.
Oshyrya (08/10)
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Autoproduction / 2016
Tracklist (38:54 mn) 01. Outlaw 02. Blind Taste 03. Vampire Lady 04. It’s up to you 05. The foolish man 06. Rock save the world 07. Heroes are back in town 08. Starlight City 09. Hangöverhead
Le rocker américain Gary Hoey a fait sa carrière sous le radar de l’immense majorité d’entre nous. Il a pu apparaitre à certains moments fugaces comme lors de son audition pour le poste de guitariste pour Ozzy Osbourne pour remplacer Jake E. Lee. Mais Zakk Wylde a été choisi. Comme quoi le destin peut jouer de drôle de tours. Une carrière ne tient souvent pas à grand-chose.
Né en 1960, près de Boston, la passion de Hoey pour la guitare date du plus jeune âge. Rapidement il abandonne le lycée pour se consacrer à son art. En 1987, après avoir surmonter le déception Osbourne, il se lance à corps perdu dans la carrière et multiplie les projets. Pensez que ce Dust & Bones et son vingtième album, il a accumulé vingt hits classés dans le top-20 Billboard et reste considéré outre-Manche comme l’un des tous meilleurs guitaristes. Malin, il a travaillé pour les grands média US comme Disney et ESPN et s’est spécialisé dans les cds de Noël. Oui ce n’est pas forcément hyper prestigieux mais cela lui a permis de mener sa carrière comme il l’entendait. Plus récemment, il a co-écrit des titres de l'album Living Like a Runaway (chronique ici) de Lita Ford sorti en 2012 et a fait quelques concerts à ses côtés.
Dans la foulée de Deja Blues sorti en 2013, Gary Hoey enfonce le clou avec ce Dust & Bones et poursuit son exploration du registre blues. Reconnaissons que son talent et sa maîtrise technique sont indéniables. Chacune de ces chansons possèdent un joli charme par sa douceur et son touché à la guitare. Il caresse plus qu’il n’agresse. Il démontre un vrai potentiel également derrière le micro avec une voix chaude et maîtrisée. N’attendez pas à être époustouflé par sa prise de risque ou son inventivité, notre ami reste gentiment dans les clous et évite de froisser son auditoire potentiel. Les titre sont assez courts, très mélodiques et peuvent faire mouche tout de suite. En fin connaisseurs des arcanes des media américain, Hoey maximise ainsi ses chances de passer en radio et donc de toucher un large public. Pas original pour un sou, Dust & Bones reste très propre sur le fond comme sur la forme. La production s’avère très professionnelle et offre un bel écrin pour ces onze chansons. Le duo avec Lita Ford ne casse pas non plus trois pattes à un canard. Mais retrouver ainsi le timbre de voix spécifique de la belle n’est jamais désagréable.
Doit-on recommander Dust & Bones ? Dans l’absolu pas vraiment tant les différents titres proposés ici peinent à susciter l’enthousiasme tant l’impression de déjà entendu reste prégnante tout au long de l’écoute. Mais les fans de rock gentil matiné de blues pourront trouver leur compte. Calibré pour le marché US, cet album n’est pas pour nous mais Hoey trouvera bien quelques centaines ou quelques milliers d’amateurs en Europe.
Oshyrya (06/10)
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Provogue / 2016
Tracklist (42:08 mn) 01. Boxcar Blues 02. Who's Your Daddy 03. Born To Love You 04. Dust & Bones 05. Steamroller (tribute to Johnny Winter) 06. Coming Home (featuring Lita Ford) 07. Ghost Of Yesterday 08. This Time Tomorrow 09. Back Up Against The Wall 10. Blind Faith 11. Soul Surfer
Nous avions déjà que l’est de la France était un bon territoire rock mais l’émergence de plus en plus de groupes dans le Grand Est (Alsace + Champagne-Ardennes + Lorraine) ne fait que confirmer cette fertilité musicale. La proximité de pays plus en pointe dans ce domaine comme la Belgique, l’Allemagne et de la Suisse aide certainement. Encore faut-il des artistes talentueux et motivés pour donner corps à cette aspiration. Les plus pointus d’entre vous ont sans doute déjà entendus parler des spinaliens de DOG’N’STYLE.
En trois ans d’existence, ils ont su profiter de toutes les opportunités possibles et ont multiplié les apparitions sur scène à travers toute la France en compagnie de la crème des formations rock / métal hexagonales. Mais l’étranger n’a pas non plus été oublié avec notamment des concerts en Russie, en Espagne et au Luxembourg. Mais afin de concrétiser tout ce travail il fallait des disques, d’abord un EP éponyme en janvier 2015 en collaboration avec Clément Decrock (Boss Hog Studio) et Guillaume Bideau (MNEMIC / ONE WAY MIRROR) puis enfin un premier LP que voici, Pub’s Calling.
Rien n’est caché, tout est affiché eu grand jour, rien que le titre de l’album vous confirme que nos amis sont là pour nous submerger d’un heavy rock couillu, tranchant et bourré d’énergie. Afin de rendre le cocktail encore plus savoureux, ajoutez ici et là des larmes de Stoner et vous aurez une idée assez précise du menu proposé. Les compositions se doivent d’être directes et sans compromis. Pas besoin de tortiller du c… pendant des heures, en trois ou quatre minutes la messe doit être dite. Sinon ce n’est pas la peine. Si en deux écoutes vous n’avez pas envie de taper du pied et de reprendre le chœur le refrain c’est que le groupe a raté sa cible. Et disons que DOG’N’STYLE ne remplit ici que la moitié du contrat initial. Pub’s Calling contient son lot de chansons rapides, accrocheuses comme « The Best of Me » (ou « Couple of Beers ») et de titres plus lents mais imparables comme « One Day ». Cependant, une certaine lassitude ne tarde pas à s’installer face à une série de titres moins convaincants comme « Night Losers » ou « Running Out » qui casse la bonne dynamique avec des refrains plus basiques et des riffs moins inspirés. Ces montagnes russes entre le bon et le très moyen finissent par exaspérer et gâche un peu le plaisir sur la longueur.
Après un EP de bon aloi, DOG’N’STYLE enfonce le clou et montre qu’il peut afficher de solide argument sur la longueur d’un album. Tout n’est pas parfait mais le groupe reste jeune et les nombreux concerts à venir leur permettront certainement de fourbir encore leurs armes. Ils vivent pleinement leur passion (il vous suffit de voir les vidéos sur Facebook pour s’en convaincre) et c’est bien là l’essentiel.
Oshyrya (6,5/10)
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Autoproduction – Dooweet Agency – Season of Mist / 2016
Tracklist (38:18 mn) 01. The Best of Me 02. Pretty Fly 03. I did something Bad 04. One Day 05. Mad Motorcycle 06. Night Losers 07. Running Out 08. Never Trust an Asshole 09. Pub's Calling 10. Couple of Beers