THE JELLY JAM Jam est un trio musical de rock progressif formé à la suite de la dissolution du groupe PLATYPUS. En effet, nous retrouvons depuis 2002 les trois quarts de ce dernier (manque Derek Sherinian) avec derrière les manettes, le guitariste Ty Tabor de KING'S X (guitare et vocal), le batteur Rod Morgenstein des DIXIE DREGS et le bassiste John Myung de DREAM THEATER. Très occupés par leurs groupes respectifs, les trois compères prennent à chaque fois leur temps puisque cinq années se sont écoulées depuis la publication de Shall We Descend en 2011.
On ne sait jamais trop à quoi s’attendre au niveau musical tant ces musiciens se plaisent à partir un peu dans tous les sens tout en restant dans un cadre rock / hard-rock progressif. Avec Profit, nos amis restent étonnamment sages et ne tombent pas dans les expérimentations hasardeuses. Bien sûr cela joue bien et l’expérience permet de rendre une copie propre. Mais pourtant une petite déception émerge car ces chansons s’avèrent sympathiques mais manque de magie et de fougue. Cela ronronne gentiment et difficile de vraiment s’attacher à l’une ou l’autre de ces nouvelles compositions. « Stain On The Sun » fait son petit effet tout comme « Stop ». Dans l’ensemble cela fait assez « mou du genou » et l’ennui fini par poindre le bout de son nez au bout de quelques titres. A deux exceptions près, les chansons sont courtes et directes, autour des trois minutes en général. Il manque quelques chansons fortes à même de titiller l’intérêt de l’auditeur sur la longueur. THE JELLY JAM semble avoir joué la sécurité et tourne en rond sans coup d’éclat.
Le trio magique du rock progressif ne démérite pas mais vu leur potentiel, la déception prend le pas sur le reste. Trop sage et convenu, Profit passe à côté de son sujet et peine à susciter le moindre enthousiasme. En fond sonore, ces chansons ne sont pas désagréable mais comme sujet principal, quel ennui. Attendons cinq ans pour voir si l’inspiration sera plus féconde la prochaine fois.
Oshyrya (5,5/10)
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Music Theories Recordings / 2016
Tracklist (46:05 mn) 01. Care 02. Stain On The Sun 03. Water 04. Stop 05. Perfect Lines (Flyin') 06. Mr. Man 07. Memphis 08. Ghost Town 09. Heaven 10. Permanent Hold 11. Fallen 12. Strong Belief
Il semble que les américains de GOV’T MULE fassent le ménage de printemps et exhument ainsi des archives de leur très très prolifique carrière. Ils distillent avec patience ces pépites du passé au plus grand plaisir de leurs fans. Ces Tel-Star Sessions réunissent des démos enregistrées en juin 1994 aux Tel-Star Studios de Bradenton en Floride. Ces compositions allaient ensuite servir de matrice pour le premier album du trio composé du guitariste chanteur Warren Haynes et du bassiste Allen Woody et du batteur Matt Abts. Tout un chacun pourra se rendre compte tous les éléments qui font la patte du groupe sont déjà présents et que dès leur début, le potentiel développé par la suite était déjà à l’œuvre.
C’est la toute première apparition publique de ces sessions, jamais entendues auparavant. Cette version 2016 a été remixée et remastérisée pour convenir aux standards actuels. Mais les prises de son originales s’avèrent excellentes et font toute de suite leur petit effet. Les fans seront heureux de découvrir ainsi les premières versions des chansons comme Blind Man in the Dark”, “Monkey Hill” et “World of Difference” ainsi qu’une reprise de ZZ TOP (“Just Got Paid”). A l’époque il ne s’agissait que d’un side-project pour Warren Haynes et Allen Woody qui avaient du temps du côté de THE ALLMAN BROTHERS BAND. L’idée était d’enregistrer un album à bas coût histoire de pouvoir décrocher ici et là quelques concerts. On sait ensuite l’importance qu’à pris ce projet puisque GOV’T MULE n’a cessé depuis de sortir de nouveaux albums et de tourner à un rythme effrayant. Sous la houlette de Bud Snyder, ingénieur du son de THE ALLMAN BROTHERS BAND et du producteur Tom Dowd, chaque chanson possède un charme évident. La décision d’enregistrer tous les instruments simultanément en studio apporte une fraicheur supplémentaire.
Ce disque n’intéressera surement que les fans des américains mais ces The Tel-Star Sessions constituent tout de même un beau témoignage. Les amateurs de rock burné et épais des années 70 ne pourront que succomber aux charmes de cette musique influencée par les plus grands comme CREAM ou ZZ TOP.
Oshyrya (6,5/10)
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Provogue / 2016
Tracklist (61:28 mn) 01. Blind Man In The Dark 02. Rocking Horse 03. Monkey Hill 04. Mr. Big 05. The Same Thing 06. Mother Earth 07. Just Got Paid 08. Left Coast Groovies 09. World Of Difference 10. Bonus Track: World Of Difference (Alternate Version/Original Mix)
Il y franchement de quoi être impressionné par le visuel ornant la pochette de ce nouvel album des italiens de BURN AFTER ME. Les plus malins auront sans doute deviné qu’il s’agit d’une représentation de l’enfer tel qu’imaginé par Dante Alighieri au sein de La Divina Commedia. C’est effet le voyage proposé par la transalpins, en douze titres, l’auditeur fera penitence et passera d’une zone à l’autre. L’espoir de tous est de pouvoir franchir les différents cercles et ainsi passer du Cocyte, l’un des fleuves des enfers, vers l’Empyrée, le lieu de séjour des dieux, la promesse d’un paradis éternel. Mais pour cela, il faudra franchir bien des obstacles et BURN AFTER ME n’a pas prévu de vous en faire grâce.
Après le succès honorable du premier album, Ascent (2013), les italiens reviennent avec un nouvel opus sous le bras. Ce dernier a été supervise par Simone Mularoni (DGM) au sein des Domination Studios. L’orientation metalcore n’a pas vraiment changé. Ils parlent de métal alternatif mais cette étiquette s’avère trompeuse. Le côté brutal, direct et syncopé est bien présent tout au long de l’album Aeon. C’est la plupart du temps extrêmement violent et bourrin, les touches mélodiques sont présentes mais discrètes avec des nappes de claviers ici et là histoire de donner un peu d’épaisseur aux ambiances tissées sous nos yeux. La maîtrise technique saute aux oreilles, les transalpins nje font pas dans la dentelles mais ils affichent un contrôle impressionnant. Les breaks sont légions et évitent de ressentir trop rapidement une certaine lassitude. Roberto Frigo jette un froid (oui je sais) avec son chant hurlé du début à la fin. Il démontre une belle conviction sans faiblir pendant plus de cinquante minutes. Les compositions s’enchainent rapidement sans temps mort. L’auditeur subit les assauts répétés des transalpins et poursuit contre vents & marées sont chemin vers l’Empyrée. Avec un peu de recul, Aeon apporte son lot de satisfaction aux fans de metalcore. La production est très propre, puissante et cristalline. Mularoni sait y faire et apparait en guest sur « Chaste Kiss ».
BURN AFTER ME surprend par les quelques touches de douceur dans ce monde de brutes. Les orchestrations finales de « Phlegethon » font mouche et montre une nouvelle facette du talent des italiens. S’attaquer à un album concept autour de La Divina Commedia n’est pas une mince affaire et le groupe s’en sort avec les honneurs. Le genre metalcore connait bien des limites mais BURN AFTER ME a su faire avec et sortir des sentiers battus. Un peu d’originalité dans ce genre est tellement rare qu’il faut saluer ici la démarche mise en œuvre sur ce Aeon.
Oshyrya (7,5/10)
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Nuvi Records / 2016
Tracklist (52:30 mn) 01. Cocytus 02. Chasm 03. Phlegethon 04. Lustful 05. Head Bowned 06. Sewn Shut Eyes 07. Right Fit 08. Chaste Kiss 09. Beatrix 10. Fixed Stars 11. Angels 12. Empyrean