Après une longue et douloureuse psychothérapie, les hollandaise de NEMESEA se sont petit à petit remis de la chronique au vitriol de leur album, The Quiet Resistance, (chronique ici) distillée par notre ami Nico et ont repris le chemin du studio. Là, ils ont accouché d’un nouvel opus, le quatrième, Uprise. Dans leur petit cœur tout mou, ils espèrent plaire à leur tortionnaire et enfin trouver la paix. Ils ne supporteraient pas un second choc et la lourde tâche de chroniquer ce disque a donc été transmise à un autre, malgré les cris et vociférations de notre camarade. La vie peut être injuste parfois. Moi au moins, je saurais être sensible à la plastique avantageuse de Manda Ophuis et par association à la qualité musicale des bataves.
Sur le premier point, je signe tout de suite, la chanteuse possède bien des atouts, largement mis en avant sur tous les visuels photos ou vidéos de NEMESEA. Elle ne manque pas non plus de capacités vocales même si les chansons proposées peinent à vraiment mettre en valeur son organe. Dans la foulée de The Quiet Resistance, le trio continue de distiller une musique très accessible, un rock aux relents électro facile à mémoriser et à digérer. Nous ne sommes mêmes pas loin du ridicule avec des titres gnan-gnan à la « Can’t Believe It » et ces ah ah ah digne de la final d’un radio crochet sur TF1. Enfin le premier single, « Forever » n’est pas vraiment mieux avec cette intro aux claviers pas vue depuis les années 80. Nous sommes effectivement en présence d’un erstaz des groupes hollandais à succès comme WITHIN TEMPTATIONS, DELAIN ou AFTER FOREVER. Enfin le talent en moins. Se rendant compte de cet état de fait, NEMESEA a bien changé d’orientation depuis 2007 avec In Control mais quand le talent manque à l’appel, difficile de s’en sortir.
Avec NEMESEA, nous sommes vraiment dans le fond du panier. Même en multipliant les écoutes et en étant compréhensif, la faiblesse des chansons proposées ne peut que sauter aux oreilles. Mieux vaut attendre le prochain DELAIN qui arrive bientôt que de perdre son temps avec Uprise. Aux dernières nouvelles, avenir du groupe lui-même est en danger puisque son seul argument, sa chanteuse Manda Ophuis, a décidé de quitter le navire. Pas sûr qu’il reste encore quelque chose à sauver de ce naufrage.
Oshyrya (03/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (36:58 mn) 01. Hear me 02. Twilight 03. Forever 04. Let it burn 05. Time to make it 06. Can't believe it 07. Light up the sky 08. Get out 09. Bones 10. Hold on
Comme le dit notre camarade Patate, dans le teuton, tout est bon. Le pays de Goethe ne manque pas de groupes rock/métal hyper talentueux tantôt hyper classiques, tantôt novateurs et originaux. Les Berlinois de SUNS OF THYME appartiennent plutôt à la seconde catégorie, évoluant dans un genre au nom étrange, le Krautgaze. Tout un programme en perspective. Après un premier album, Fortune, Shelter, Love and Cure, paru en 2013, voici le quintet de retour avec un nouvel opus, Cascades.
La musique des allemands sonne douce et agréable aux oreilles de votre serviteur amateurs de voluptés atmosphériques et de Krautrock en général. Mais cette description serait un peu trop restrictive pour SUNS OF THYME. Le côté rock, assez planant c’est vrai, reste bien présent, avec une touche seventies et psychédélique bien appuyée. SUNS OF THYME affiche deux visages complémentaires, de éléments de leur identité musicale : les interludes instrumentaux renvoient vers le shoegaze (« Prelude » ou « To Vanish » alors que les compositions chantées restent plus classiques même si parfois leur dimension étrange et arty n’échappera à personne. Le label se plait à mentionner THE VELVET UNDERGROUND au petit jeu des comparaisons. Sans être totalement évidente, cette évocation souligne le côté imprévisible et surprenant de la musique des berlinois. « Do or Die » ou « Intuition Unbound » possèdent un charme certain et risquent de vous rester en tête assez longtemps.
Drôle d’objet protéiforme que ce Cascades. Le charme finit par agir car les allemands font preuve d’un joli savoir-faire mais l’étude clinique de cet objet musical s’avère périlleuse. Si vous aimez le space rock et le shoegaze, si vous aimez le THE CURE période atmosphérique ou l’ANATHEMA des derniers albums, vous pourriez être intéressés. Cascades vaut le détour.
Oshyrya (7,5/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (54:53 mn) 01. Do Or Die 02. Intuition Unbound 03. Ich Träum Von Dir 04. To Vanish 05. Rush 06. Schweben 07. Deep Purple Rain 08. Val Verde 09. The Field 10. Aphelion 11. Prelude 12. In Dreams Awake 13. Kirwani 14. Kirwani II
Avec la subtilité d’un truck lance à pleine vitesse, les américains d’HAMMER FIGHT font leur entrée sur scène avec un premier album à paraître chez Napalm Records, Profound and Profane. Les petits protégés de Metal Sucks comptent bien renverser la table et foutre un peu partout le dawa. Le groupe est originaire d’Atlantic City dans le New Jersey et s’adonne à des plaisirs simples : un rock/métal épais, rugueux et facile d’accès. Ils vénèrent des groupes comme MOTÖRHEAD et cela s’entend.
La label range HAMMER FIGHT dans la catégorie thrash`n`roll ou hard rockin‘ heavy metal mais tout le monde a bien compris de quoi il s’agissait. Pas de prise de tête, pas de concepts fumeux ici, une approche directe et sans chichi. Les riffs de tronçonneuse s’enchaînent rapidement et la paire de guitaristes, Todd Stern et Dan Higgins, s’en donne à cœur joie. Justin Spaeth n’est pas en reste derrière sa batterie, il martyrise ses fûts avec application. Enfin, cerise sur la gâteau, Drew Murphy éructe derrière le micro et joue de la basse à l’unisson de ses petits camarades. Malgré son approche assez peu subtile, le quartet n’oublie par de faire la preuve d’une belle maîtrise technique avec des soli à la fois rapides, techniques et plutôt agréables. Les influences sont multiples au sein de ce rock sale et poisseux, vous trouverez ici et là des touches thrash, speed, punk hardcore et même classic rock. Le résultat de cette longue distillation s’appelle Profound and Profane et vous rappellera la liqueur familiale faite maison, un liquide goûteux mais diablement fort qui vous arrache la gorge à chaque lampée. Ce n’est pas original pour un sou, déjà écouté des dizaines de fois mais cela reste efficace ponctuellement.
HAMMER FIGHT ne vend pas du rêve, à l’image de la pochette, cet album ne fait pas dans la dentelle. Profound and Profane sera la bande son idéale de votre prochaine soirée beuverie ou du baptême de la petite dernière si vous souhaitez définitivement vous fâchez avec votre belle famille.
Oshyrya (06/10)
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Napalm Records / 2016
Tracklist (45:54 mn) 01. Picking Up Change 02. Target Acquired 03. Into the Dark 04. Good Times in Dark Ages 05. Gods of Rock n' Roll 06. Low & Broken 07. Private Stock 08. The Ulimate Sacrifice 09. Cell Mates 10. West Side Story 11. The Crate 12. Cult Of Conceit