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oshy_24042016_Monst_TruEn 2014, les canadiens de MONSTER TRUCK avait su nous impressionner grade à leur premier album, Fusiosity (chronique ici). Ils reviennent nous voir cette année avec de nouvelles chansons sous le bras, toutes regroupés au sein de ce nouvel opus, Sittin’ Heavy chez Mascot Records dans nos contrées. Ils rencontrent une nouvelle fois un succès certain chez eux puisque ce disque parvient à atteindre la sixième place des charts canadiens à sa sortie. Le bouche à oreille fonctionne et les nombreux concerts donnés sur le vieux continent portent leurs fruits puisque ce disque se fait une jolie place au sein des classements de vente en Autriche, Allemagne et Suisse. L’âme germanique se voit séduite par les charmes canadiens…

Et il faut reconnaître que MONSTER TRUCK nous refait le même coup que sur Furiosity. Dès les premières notes de « Why Are You Not Rocking? », il se dégage une énergie folle de la musique du quatuor ontarien. Franchement, tout amateur de rock qui se respecte ne peut que taper du pied et secouer la tête en rythme à l’écoute de ces rythmes rapides et de ces riffs entêtants. Chaque chanson se veut hyper accrocheuse dans un registre rock sudiste, Blues et Hard Rock pourtant bien connu et déjà mille fois labourés. Les canadiens ne réinventent rien et ne font pas preuve d’une innovation particulière mais ils affichent pourtant une efficacité effrayante. Les compositions plus lentes regorgent de feeling et de groove, le son se fait chaud, épais et atteint le centre de la cible presque systématiquement. Ajoutez à cela un chanteur / bassiste hyper talentueux comme Jon Harvey et vous avez un cocktail gagnant. Ce dernier impressionne par son registre vocal assez grave, il parvient à transmettre une sacré émotion à chaque sortie. Côté technique rien à redire non plus, chaque musicien assure une très belle prestation, le guitariste Jeremy Widerman abat une tonne de boulot tout comme son compère Brandon Bliss aux claviers même s’il se fait plus discret que par le passé. La production est excellente, à la fois puissante et d’une belle limpidité.

MONSTER TRUCK est déjà un très bon groupe en studio mais ils sont encore bien meilleurs sur scène, au contact du public. Leur musique est calibrée pour faire un malheur en concert, vous ne mettrez pas longtemps à tomber sous le charmes de ces brûlots rock hyper accrocheurs. Très présents outre-Atlantique, ils n’oublient pas l’Europe et seront de retour chez nous pour les festivals d’été. A l’automne, les projecteurs seront braqués sur eux puisqu’ils assureront les premières parties de leurs compatriotes de NICKELBACK. Pas de chance pour nous, cette tournée évite consciencieusement la France mais la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne ou la Suisse vous accueilleront alors avec plaisir. Tout comme Furiosity, Sittin’ Heavy frappe fort pour notre plus grand plaisir.

Oshyrya (08/10)

 

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Mascot Records / 2016

Tracklist (45:32 mn) 01. Why Are You Not Rocking? 02. Don't Tell Me How to Live 03. She's A Witch 04. For The People 05. Black Forest 06. Another Man's Shoes 07. Things Get Better 08. The Enforcer 09. To The Flame 10. New Soul 11. Enjoy The Time

Haken – Affinity

oshy_24042016_HakeAvec The Mountain (chronique ici) en 2013, HAKEN avait su marquer les esprits et s’imposer en bonne position parmi les groupes de métal progressif à surveiller de très près. Au carrefour de très nombreux genres musicaux, les britanniques offrent une musique à la complexe et généreuse pour le plus grand plaisir des amateurs. Depuis 2013, les londoniens n’ont pas chômé, enregistrant un changement de bassiste avec l’arrivée de Conner Green, et en publiant un premier EP, Restoration, fin 2014. Afin d’intégrer au mieux Green et prolonger le plaisir en proposant des nouvelles versions de trois compositions extraites de leur démo de 2008, Enter the 5th Dimension. Après de longs mois de travail et de création, ils se rappellent à notre bon souvenir grâce à ce quatrième album, Affinity.

La pochette donne d’entrée le ton de ce nouvel opus à travers cette image old-school qui rappelle les débuts de l’informatique grand public. Mais ce clin d’œil n’est pas que visuel car des titres comme « 1985 » se plaisent à ramener du passé des sonorités électro typiques de l’époque. HAKEN propose une nouvelle fois plus d’une heure de musique organisée en neuf chansons dont trois s’avèrent beaucoup plus copieuses que les autres. Les britanniques n’hésitent à développer leur propos sur neuf ou quinze minutes si cela s’impose à eux pour aller au bout de leur démarche artistique. Après l’intro instrumentale traditionnelle, entre rock et électro, les débats débutent par un « Initiate » typique du style de cette nouvelle vague progressive. Vous penserez aux allemands de THE INTERSPHERE, aux australiens de KARNIVOOL ou encore aux américains de JOLLY. HAKEN mélange avec talent et grâce approche mélodique et virtuosité technique, passages doux et moments de grande intensité… Pas très facile à digérer à la première écoute, le charme agit par petites touches et toute la richesse du propos éclate alors.

Autre force et patte singulière d’HAKEN, un gros travail est fait au niveau des harmonies vocales. Ross Jennings mène les débats de sa voix enchanteresse, les montées dans les aigus ne lui font pas peur mais le propos reste toujours maîtrisé. Et puis tout le monde chante dans ce groupe ce qui offre aux britanniques un vaste champ des possibles. « The Architect » en surprendra plus d’un à travers les multiples atmosphères proposées, du plus calme au plus sombre. L’ombre d’un DREAM THEATER plane particulièrement sur ce titre grâce à la maestria technique affichée de bout en bout (signalons la présence d’Einar Solberg de LEPROUS sur ce titre). Rien à redire du côté du son, la production magnifie encore le travail de composition. Le mixage et le mastering ont été confiés aux bons soins de Jens Bogren, ceci expliquant cela…

Après un The Mountain déjà bluffant, HAKEN enfonce encore le clou et frappe très fort avec un album racé et touffu. Les britanniques nous offrent un numéro de funambule musical et virevoltent sous nos yeux ébahis. Les titres courts font mouches et les compositions plus longues séduisent par leur intelligence et leur richesse. Les clins d’œil nostalgiques et les sonorités du passé ne peuvent que faire plaisir au trentenaire que je suis. Bravo et respect tout simplement.

Oshyrya (09/10)

 

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InsideOut Music / 2016

Tracklist (61:27 mn) 01. affinity.exe 02. Initiate 03. 1985 04. Lapse 05. The Architect 06. Earthrise 07. Red Giant 08. The Endless Knot 09. Bound By Gravity

oshy_Itw_Atlanti_Chronicl_03Sans faire beaucoup de bruit les parisiens d’ATLANTIS CHRONICLES progressent et continuent d’avancer malgré l’adversité. Après un premier album, Ten Miles Underwater (chronique ici) signé chez les italiens de Coroner Records en 2013, les voici de retour, fiers comme Artaban, avec un nouveau disque, Barton’s Odyssey. Ils sont repassés de ce côté-ci des Alpes en publiant leur dernier né chez Apathia Records sous la forme, encore une fois, d’un magnifique digipak. L’orientation modern/death/prog n’a pas changé même si l’auditeur se rendra vite compte que le quintet a su parfaire son art, que ce soit au niveau technique ou des compositions elles-mêmes.

Au niveau thématique, Barton’s Odyssey s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur. Après William Beebe qui a été le fil conducteur du premier album, les parisiens se plaisent ici à travailler autour de la figure d’Otis Barton. Ces deux passionnés d'exploration des fonds marins travaillèrent ensemble à l'invention de la bathysphère. Et quel meilleur environnement que le fond des océans pour développer une musique kaléidoscopique, entre douceur, beauté et violence. ATLANTIS CHRONICLES déploie une musique très technique et complexe, les rythmes et les riffs sortent régulièrement des sentiers battus et ne sont pas sans évoquer la scène djent. Le côté extrême se cristallise dans le chant hurlé d’Antoine Bibent qui navigue avec naturel sur les courants mélodiques concoctés par ses camarades. La mayonnaise prend rapidement surtout parce que le groupe a su rester sobre et ne pas tenter les longues compositions stériles qui se transforment souvent en simple démonstration technique. Les chansons de Barton’s Odyssey oscillent entre trois et cinq minutes, ATALNTIS CHRONICLES a des choses à dire mais ils évitent les longues digressions pour concentrer au maximum l’impact de leur musique. Ils ne sont pas venus faire de la figuration, les titres s’enchaînent avec vélocité. La tempête s’abat dès les premières secondes sur l’auditeur et ces rafales ne vont pas le lâcher pendant plus de quarante minutes.

Les plus observateurs d’entre vous auront peut-être reconnu la patte graphique de Pär Olofsson (IMMORTAL, THE FACELESS, ABORTED…) pour la pochette de Barton’s Odyssey et de Ten Miles Underwater. Ce n’est sans pas doute l’essentiel mais ce dessin de grande qualité a de quoi séduire et donne envie d’en savoir plus sur le groupe et cet album. Dans la compétition acharnée que se livre actuellement les groupe pour se faire connaître et sortir du lot, cet aspect-là n’est pas à négliger. Comme Atlas sur la pochette, la musique d’ATLANTIS CHRONICLES s’avère à la fois séduisante et impitoyable. Mais, malgré les dangers, vous sortirez grandi toujours grandi de cette plongée.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Apathia Records / 2016

Tracklist (41:33 mn) 01 The Odysseus 02 Otis Barton 03 Back To Hadotopia 04 Within The Massive Stream 05 Upwelling, part I 06 Upwelling, part II 07 Lights And Motions 08 I, Atlas 09 50°S 100°W 10 Modern Sailor's Countless Stories