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Skunk Anansie – Anarchytecture

oshy_20032016_Skun_AnansLe succès est une arme à double tranchant. Un groupe se trouve sous les projecteurs des media et du public pour un moment parfois éphémère et ensuite il disparait. Si cette chance ne se reproduit pas pour l’album suivant, il reste dans l’ombre et se voit oublié du plus grand nombre. Pour beaucoup, et votre chroniqueur du jour s’inscrit dans cette catégorie, les britanniques de SKUNK ANANSIE ont émergé avec le deuxième album du groupe, Stoosh (1996) et des singles comme « Hedonism ». Il faut dire que la personnalité exubérante de sa chanteuse, Skin, n’avait laissé personne indifférent. Un troisième opus apparaît en 1999 puis, en 2001, le groupe décide de se séparer en bons termes, chacun poursuivant une carrière en solo ou au sein s’autres formations. Après presque une décennie loin les uns des autres, SKUNK ANANSIE annonce sa reformation fin 2008. Ils ne rencontrent alors pas le même succès au Royaume-Uni mais reste une solide référence en Europe.

Même s’il évolue désormais dans l’ombre, le quartet n’a rien perdu de sa flamme et de sa créativité. Ils restent de fiers représentants du mouvement rock alternatif britannique né au milieu des années 90. Leurs premiers albums détonnaient par un mélange d’influences très variées, son style musical mêlait punk, funk, folk, dub reggae ou drum and bass. Cet éclectisme reste la marque de fabrique des anglais et continue d’infuser la musique de ce sixième album, Anarchytecture. En onze nouvelles chansons, SKUNK ANANSIE rappelle à tous qu’il faut encore compter sur eux plus de vingt ans après leurs débuts. Les titres sont très courts et directs, parfaits pour passer en radio. En trois, quatre minutes maximum, le quartet démontre son talent indéniable pour pondre des mélodies surprenantes et des refrains imparables. « Love Someone Else », qui ouvre le disque, mélange classique et modernité, cette guitare hypnotisante se voit complétée de sonorités électro et d’un groove communicatif. Cerise sur le gâteau la voix de Skin n’a pas subi le passage du temps et donne toujours autant de frissons. Elle parvient à transmettre énormément de sentiments et d’émotions et joue vraiment avec les auditeurs. Pas autant que cette chanson constitue le premier single choisi et possède le potentiel pour faire un malheur sur les radios. Et tout au long de ces onze chapitres, l’auditeur passera par bien des hauts et des bas, une palette émotionnelle très étendue l’attend à coup sûr.

Avouons que nous ne savions pas trop à quoi nous attendre en recevant ce nouvel album des britanniques de SKUNK ANANSIE. Après une abstinence de vingt ans loin de nos oreilles, comment avait bien pu évoluer les britanniques ? Nous avons été vite rassurés, malgré le temps passé SKUNK ANANSIE reste tout à fait moderne et contemporain. Anarchytecture reste un très bel album de rock alternatif protéiforme, un joli condensé des influences touffues du groupe. La musique s’avère souvent forte, chargée d’émotions et constitue des retrouvailles avec une connaissance perdue de vue et que l’on est heureux de retrouver. Touchant…

Oshyrya (7,5/10)

 

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Verycords / 2016

Tracklist (50:28 mn) 01. Love Someone Else 02. Victim 03. Beauty Is Your Curse 04. Death to the Lovers 05. In the Back Room 06. Bullets 07. That Sinking Feeling 08. Without You 09. Suckers! 10. We Are the Flames 11. I'll Let You Down 

 

Sahona

oshy_20032016_SahonPetite surprise au moment de recevoir à la rédaction ce disque signé SAHONA. Ce nom est loin de nous être inconnus et résonnera chez tous les fans de métal rock français technique. Le guitariste et leader de VENTURIA ne faisait plus beaucoup parlé de lui ou de son groupe ces derniers mois. Et pour cause, le groupe n’avait plus de « muse » comme ils disent avec le départ de Lydie Lazulli fin 2014. En attendant, il a mis sa créativité à son propre service en montant un nouveau projet. Ce n’est pas le premier galop d’essai pour lui en solo puisqu’il avait déjà publié Naked Thoughts From a Silent Chaos (chronique ici) chez Lion Music en 2010. Entouré de trois nouveaux camarades, il continue de distiller un rock riche aux larges influences progressives.

Oui progressif, le mot est lâché même si la musique proposée ici s’avère difficile à étiqueter. C’est du rock sans aucun doute mais en rester là serait trop réducteur. A l’image de ce que propose Steven Wilson, et sans atteindre les sommets créatifs du britannique, Charly Sahona possède un vrai talent pour écrire de bonnes chansons, riches, foisonnantes et accrocheuses. Oui, tout cela à la fois. A travers ces onze nouvelles chansons, il démontre un feeling énorme et une belle sensibilité. N’attendez rien de spectaculaire, notre ami agit par petites touches et construit patiemment son propos. « Light of Day, Sense Of Life » devrait vous séduire dès la première écoute ainsi qu’un « Fires of Passion » enlevé et un « Little Jack » mené tambour battant. Le tempo général des chansons est plutôt rapide mais SAHONA sait aussi jouer dans le calme et le subtil comme sur « A Modern Sleeping Beauty » ou « On This Winter Night ». Pas manchot techniquement à la guitare ou aux claviers, Charly Sahona envoie sur ce disque quelques soli bien sentis qui raviront les guitar heroes en herbe. Il se charge également de toutes les lignes de chant et il n’a franchement pas à rougir du résultat. Malgré un petit accent assez évident, ses interventions passent toutes seules, il sonne souvent comme le chanteur d’un groupe de rock britannique populaire au milieu des années 90 comme OASIS. Rien à redire non plus au niveau de la production qui a été assurée par le guitariste le même.

Les fans de VENTURIA seront aux anges en ce début d’année 2016 car deux bonnes nouvelles tombent coup sur coup après une longue période de silence. Ils pourront avoir leur dose de musique avec ce disque très réussi et VENTURIA a annoncé il y a quelques mois de cela que leur nouvelle chanteuse avait été trouvée en la personne de Claire Pinochi. Ils reprennent les concerts et travaillent sur un quatrième album. Nous attendons cela avec impatience vu l’inspiration créatrice démontrée ici par Charly Sahona.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction – Dooweet / 2016

Tracklist (48:26 mn) 01. Light of Day, Sense Of Life 02. Fires of Passion 03. On This Winter Night 04. Under My Skin 05. Words of Wisdom 06. Little Jack 07. A Modern Sleeping Beauty 08. Caught in Heaven 09. Where’s The Path 10. I’m Alive 11. Book Of Life

Myrath – Legacy

itw_oshy_Myrat_03Cela faisait un petit moment que l’on n’avait plus entendu parler des tunisiens de MYRATH. Leur dernier opus, Tales of the Sands (XIII Bis Records) était sorti en 2011 et après plusieurs tournées, le quintet avait retrouvé l’anonymat. Ces dernières années n’ont pas été simples pour le groupe (cf l’interview ici) qui a dû affronter des difficultés et se reconstruire. A l’origine annoncé pour début 2014, le cinquième chapitre de leurs aventures, Legacy, ne voit finalement la lumière que deux ans plus tard.

Très sobre dans sa forme, une pochette blanche toute simple avec un motif de main de Fatima ouvragé, MYRATH prouve rapidement, une fois le disque lancé, qu’ils n’ont rien perdu de leurs ambitions. Après une courte intro instrumentale qui plongera immédiatement l’auditeur dans l’Orient riche et charmeur, les choses sérieuses débutent avec un « Believer » brillant de mille feux. Premier single extrait de cet album, titre ayant d’un bénéficié d’un superbe clip mis en boite en Serbie, « Believer » va immédiatement capter l’attention de tous les fans de métal symphonique / mélodique qui se respectent. La mélodie s’avère enchanteresse et hyper accrocheuse, mêlant puissance et délicatesse pour notre plus grand bonheur. Zaher Zorgati, derrière le micro, fait une nouvelle fois preuve de son talent et de sa maîtrise. Il assure avec classe, il parvient à nous charmer en un instant et assure avec un professionnalisme remarquable. Tous ses camarades sont au diapason avec un Malek Ben Arbia tout en feeling à la guitare, un Elyes Bouchoucha aérien avec ses claviers et une section rythmique d’une rare précision avec Anis Jouini (basse) et Morgan Berthet (batterie). Après une entrée aussi sucrée et savoureuse, les choses continuent sur le même ton avec un « Get Your Freedom Back » plus épicé tout en restant tout aussi enivrant.

Pas de très long monologue ou titre à rallonge ici, MYRATH fait le choix de la concision en proposant dix compositions, de quatre à cinq minutes, directes et sans longueur. Le groupe continue d’apprendre et de progresser sous la houlette de son producteur très expérimenté, Kevin Codfert (ADAGIO). Ben Arbia & Bouchoucha restent les piliers créatifs du groupe mais chacun a pu apporter sa sensibilité et composer. MYRATH a aussi pu faire appel à des aides extérieures avec les contributions de Codfert, Perez Fuentes ou Jouadi. Le tout donne naissance à un Legacy très homogène, riche et enthousiasmant à écouter. L’influence assumée d’un SYMPHONY X affleure ici et là sur les titres les plus agressifs comme un « The Needle » en forme de mandale. Ce visage plus dur cohabite harmonieusement avec un « Believer » qui synthétise la touche orientale à la ORPHANED LAND. Evoluant dans un registre à la fois proche et très différent, ces deux groupes se complètent à merveille comme l’a prouvé la tournée commune il y a quelques années de cela.

Avec Legacy, MYRATH frappe fort et répond aux espoirs inaugurés sur Tales of the Sands. Le son du disque est extrêmement bon, la production de Kevin Codfert et le mixage de Jens Bogren ont encore une fois fait des merveilles. Les tunisiens poursuivent leur ascension sur la scène métal symphonique et se positionnent désormais parmi les formations déjà confirmées à suivre de très près.

Oshyrya (8,5/10)

 

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Verycords / 2016

Tracklist (50:47 mn) 01. Jasmin 02. Believer 03. Get Your Freedom Back 04. Nobody's Lives 05. The Needle 06. Through Your Eyes 07. The Unburnt 08. I Want to Die 09. Duat 10. Endure the Silence 11. Storm of Lies