Quand on le veut, on peut. A défaut d’avoir une fortune personnelle, il faut, en France, avoir des idées et surtout du talent. C’est bien le cas de nos compatriotes de JESUS VOLT qui continue contre vents et marées leur bonhomme de chemin. Il n’est en effet pas donné à tout le monde de taper dans l’œil d’un producteur étranger de renom qui accepte de travailler avec vous. Cette carte maîtresse s’appelle ici Mark Opitz, producteur australien au CV long comme le bras (AC/DC, KISS, Alice Cooper, Lenny Kravitz…). Après s’est déjà penché sur le berceau des parisiens en 2013 pour leur album Vaya Con Dildo, voici que la collaboration renait pour ce cinquième opus éponyme. Rappelons enfin que le groupe de rock est né en 1998 à Paris et possède deux solides capitaines à la barre: Xavier Cottineau (aka Lord Tracy) au chant et Jacques Méhard-Beaudot à la guitare mènent solidement leur barque malgré les courants contraires.
Evoluant depuis ses débuts dans un registre Rock / Hard Rock fortement teinté de blues, JESUS VOLT n’a jamais hésité à mélanger les genres et à enrichir son propos de touches variées, entre funk, soul et influences rock sudiste made in USA. Ce nouveau chapitre ne fait pas exception à la règle. Il suffit d’écouter le feeling qui se dégage d’un « Bullseye » qui ouvre l’album pour se persuader que nous sommes entre de bonnes mains. La recette se veut pourtant simplissime avec un riff lent et lancinant, une basse particulièrement expressive et une batterie précise à souhait. Il s’agit là du terrain de jeu idéal pour Lord Tracy et son bel organe, une voix chaude et charmeuse, un vecteur d’émotion d’une rare intensité. Ce même constat s’impose à nous tout au long de l’album comme sur un « Blood On The Dancefloor » touché par la grâce funk ou et des pépites rock directes et sans fioritures comme « Money Man » ou « Burn with Me ». La palette proposée s’avère très variée, chacun trouve chaussure à son pied entre l’énergie communicative d’un « Party » qui porte bien son nom et le calme apaisant d’un « Sons of Rome » plus introspectif. On comprend alors aisément qu’à l’écoute des démos du groupe, Opitz accepte de remettre le couvert avec eux et de venir en France mettre en boite cet opus. Et cela en valait la peine car le son du disque est en harmonie avec la musique, assez brut pour laisser sentir les différentes aspérités tout en restant limpide.
Nous devons être nombreux à découvrir ce groupe grâce à ce nouvel album et la surprise est totale. JESUS VOLT maîtrise parfaitement son sujet et fait preuve d’un talent assez impressionnant. Ils sont bien parvenus à taper dans l’œil d’un producteur de renom australien, alors pourquoi pas vous ? Amateurs de rock et de blues, vous ne pouvez passer à côté de cette pépite en ce début 2016. Ce serait une vraie faute de goût.
Tracklist (37:04 mn) 01. Bullseye 02. Blood On The Dancefloor 03. Baby We’re On 04. I’m a Jerk 05. Party 06. Money Man 07. Sons of Rome 08. 666 Devil Woman 09. The Chant 10. Burn with Me
Derrière ce groupe se cache en réalité le nouveau projet du guitariste Victor Smolski (ex-RAGE) qui avait disparu de nos écrans radars depuis son départ avec fracas de RAGE en février 2015. Il n’aura pas mis longtemps à se ressaisir et à faire, à nouveau, parler sa créativité à travers cette nouvelle incarnation du nom d’ALMANAC. Ecrire de la musique c’est bien mais encore faut-il trouver des camarades de jeu pour incarner cette nouvelle entité. Pour se faire, Smolski fait appel à son copieux carnet d’adresse et parvient à convaincre des figures connues du petit landerneau métal de se joindre à lui. Sa triplette de chanteurs en particulier concentre quelques belles années d’expérience : David Readman (ex-ADAGIO, ex-PINK CREAM 69), Andy B. Franck (BRAINSTORM) et Jeannette Marchewka (LINGUA MORTIS ORCHESTRA) se sont mis au service de sa musique. Les autres participants sont des musiciens moins connus qui font ici, pour certains, leurs premiers pas.
Le concept de ce premier album plonge dans les pages de l’histoire et d’intéresse en particulier à de grandes figures russe. Originaire de Biélorussie, Smolski a été élevé au contact de ses personnages majeurs qui ont fait les grandes heures de la Fédération de Russie. Ces événements défilent sous nos yeux à grande vitesse, l’auditeur va ainsi passer des guerriers nomades des steppes à l’invasion mongole, du siège de Constantinople jusqu’à Ivan le Terrible ou aux impitoyables Cossacks. Cette trame prend, avec Tsar, la forme de huit titres racés de Power Metal Symphonique. Smolski n’a plus rien à prouver quant à son savoir-faire et propose de petits bijoux finement ciselées, un équilibre subtil entre force et subtilité. Les chansons restent finalement assez classiques dans leur construction mais ces bases power métal typiquement power métal, école allemande, se voit constamment enrichie d’orchestrations et de structures néo-classiques. Readman et Franck se taille la part du lion au niveau vocal, ils alternent souvent au sein d’une même chanson pour un résultat tout à fait satisfaisant. Ce sont deux grands professionnels et ils offrent une solide prestation.
Les chansons s’enchainent sans temps mort et l’album se déploie à vive allure. « Tsar » ouvre très efficacement le disque et annonce d’entrée la couleur. Dommage qu’il soit un chouia trop long. Suit immédiatement « Self-blinded eyes », premier single extrait de cet album et qui enfonce le clou. Après une intro aux sonorités slaves, l’offensive démarre grâce à une mélodie accrocheuse et le refrain efficace. Ces quelques touches folks rappellent ARKONA puisque Smolski utilise aussi des instruments à cordes traditionnels ici et là. Mais il reste avant tout un guitariste de talent et il ne se prive pas d’en faire la démonstration comme sur « Darkness » un interlude instrumental à la guitare que n’aurait pas renié Malmsteen. Sur la longueur, Tsar vous tiendra en haleine, ALMANAC reste professionnel su début à la fin et aucune faute de goût n’est à signaler. Rien non plus à redire au niveau de la production, la rigueur allemande dans ce domaine a déjà démontré son savoir-faire. Une seule critique pourrait être émise et concerne la longueur excessive de quelques chansons. Mais rien de rédhibitoire.
Dans un registre assez proche de ce qu’il avait pu proposer avec RAGE associé au LINGUA MORTIS ORCHESTRA, Victor Smolski rappelle à tous qu’il faut encore compter sur lui dans le paysage métal européen. Il a su bien s’entourer pour faire son come-back et confirmer qu’il y a une vie pour lui sans Peavy Wagner. Le conservatisme de ce dernier lui était devenu insupportable. Reste maintenant à voir si l’aventure ALMANAC pourra tenir sur la durée. Pas sûr vu l’esprit retors d’un Readman et les multiples occupations de Franck que l’on n’imagine pas lâcher BRAINSTORM. L’avenir nous le dira.
Tracklist (52:22 mn) 01. Tsar 02. Self-blinded Eyes 03. Darkness 04. Hands are Tied 05. Children of the Future 06. No more Shadows 07. Nevermore 08. Reign of Madness 09. Flames of Fate
Le groupe kawai japonais de J-métal/pop BABYMETAL a mis en ligne le clip vidéo du titre "Karate" extrait de son nouvel album Metal Resistance destiné sortir dans le monde entier le 1er avril prochain (jour du renard).