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oshy_07012016_PhantasAu petit jeu des ressemblances, quel est le point commun entre SERENITY, DELAIN et EVERON ? Sur le papier les approches présentent des similitudes puisque les uns et les autres évoluent dans une veine mélodique, progressive avec divers niveaux d’intensité (entre rock et métal). Mais désormais, ce nouveau projet appelé PHANTASMA unit les trois groupes. En effet, The Deviant Hearts associe le talent et la créativité de Georg Neuhauser (SERENITY), Oliver Philipps (EVERON) et Charlotte Wessels (DELAIN). Cette dernière s’est chargée de l’histoire, du concept de l’album, alors que les deux autres ont composé surtout la musique et les arrangements.

Comme bien souvent, un album concept implique une histoire fouillée avec de multiples personnages. Plusieurs invités de prestige ont donc prêté leur talent à ce projet en plus des trois géniteurs. Citons en quelques-uns comme Tom S. Englund (EVERGREY), Dennis Schunke (VAN CANTO) ou Chloe Lowery (TSO). La musique proposée se veut très mélodique et facilement accessible. Les orchestrations sont nombreuses, elles adoucissent le propos et le tranchant des guitares. Chaque titre se veut être accrocheur et tente de séduire l’auditeur dès la première écoute. Et reconnaissons que cela fonctionne plutôt bien dans l’ensemble. La chanson titre fera son petit effet et les fans de SERENITY ou de DELAIN retrouveront rapidement leurs petits. Les titres épiques (« Crimson Course » ou « Novaturient ») alternent avec les balades (« Try » et « The Lotus And The Willow ») dans un format assez court qui dépasse rarement les quatre minutes. PHANTASMA évite grâce à cela le piège des développements fastidieux qui tendent à gâcher le plaisir de certains de ces albums concepts qui n’n finissent pas. Les chansons les plus rapides restent les plus réussies, les balades tombant assez rapidement dans le mièvre. Au niveau du chant, Wessels et Neuhauser se taillent assez naturellement la part du lion mais ils offrent tous les deux une solide performance. Leur savoir-faire avec leur groupe n’est plus à démontrer.

Les trois têtes pensantes du projet PHANTASMA semblent avoir pris de plaisir lors de la conception de ce The Deviant Hearts. Ils se sont lancés un défi et ont su le relever haut la main. L’album s’avère riche et coloré, les fans des artistes et donc de leur groupe respectifs adhéreront sans problème. Séduire les autres sera plus ardu car malgré ses nombreuses qualités, PHANTASMA manque des quelques titres incontournables, des hits qui pourraient lui permettre de toucher un plus large public. Cette collaboration entre Neuhauser, Philipps et Wessels a su être fructueuse et pousse à espérer qu’elle se reproduira à l’avenir.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (60:33 mn) 01. Incomplete 02. The Deviant Hearts 03. Runaway Grey 04. Try 05. Enter Dreamscape 06. Miserable Me 07. The Lotus And The Willow 08. Crimson Course 09. Carry Me Home 10. The Sound Of Fear 11. Novaturient 12. Let It Die

oshy_07012016__Honeymo_DiseasSelon son label, HONEYMOON DISEASE appartient au mouvement « Modern Retro Rock » qui semble connaître une vigueur sans cesse renouvelée depuis quelques années désormais. Et la Scandinavie semble être un nid particulièrement actif. Quelque soit le talent des musiciens impliqués, il est un peu triste de constater ce recyclage souvent stérile des sons et gimmicks des années soixante-dix. On dit que la vie est un éternel recommencement mais cet adage se voit ici poussé dans ses derniers retranchements.

La spécificité des suédois est à chercher plus sur le forme que sur le fond. Beaucoup se plaisent à mettre en avant la présence de deux femmes, Jenna et Acid, aux commandes du navire HONEYMOON DISEASE. Les deux jouent de la guitare et la première assure en plus le chant. Et reconnaissons qu’elles assurent franchement, les guitares virevoltent, le feeling est évident. Côté chant rien d’extraordinaire, cela manque de caractère et de conviction, mais cela reste dans la moyenne et ne porte pas préjudice au groupe. En onze chansons directes et compactes le quatuor montre son savoir-faire, sa maîtrise technique et son talent de composition. The Transcendance s’avère être un disque sérieux, propre mais d’un intérêt discutable. Tout un chacun aura l’aura l’impression d’avoir déjà écouté ces chansons et leurs ersatz des dizaines de fois. Elles s’enchainent sans fausse note ni erreur évidente mais peinent à véritablement convaincre sur la longueur. La faute à un manque d’originalité et d’identité criante. Cette scène retro rock tourne en rond et se mord la queue.

Donc pour résumer, HONEYMOON DISEASE livre un premier album appliqué avec son lot de titres heavy rock accrocheurs. Les influences sont évidentes et si vous aimez DEEP PURPLE, THIN LIZZY ou encore RAINBOW vous serez comme un poisson dans l’eau. Les indécrottables nostalgiques trouveront peut-être leur bonheur, les autres resteront fidèles aux classiques.

Oshyrya (5,5/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (38:27 mn) 01. Higher 02. Stargazer 03. Imperial Mind 04. Gotta Move 05. You're Too Late 06. Break Up 07. Bellevue Groove 08. Fast Love 09. Rock N Roll Shock 10. Brand New Ending 11. Keep Me Spinning

Amberian Dawn – Innuendo

oshy_07012016_Amberi_DawDans la galaxie AMBERIAN DAWN, il seule vérité s’impose à tous. Tuomas Seppälä, le fondateur, compositeur, claviériste / guitariste mène les débats et reste le seul maître à bord. Autour de lui, tout change mais il tient fermement la barre, un peu à l’image d’Holopainen au sein de NIGHTWISH. Donc pour ce sixième opus, le groupe a perdu l’un de ses guitaristes avec le départ de Kimmo Korhonen et a changé de bassiste avec l’intégration de Jukka Hoffren. Ce dernier n’est pas un inconnu puisqu’il avait déjà assuré les lignes de basse en tant que musicien de session sur Magic Forest (chronique ici).

Dans les documents promos, le groupe/son label indique qu’AMBERIAN DAWN a encore une fois su innover et apporter de la nouveauté dans sa musique. Sans vouloir être mauvaise langue, nous avons beau chercher et écouter, cela ne saute pas immédiatement aux oreilles. Comme sur les cinq opus précédents, les finlandais déploient un métal symphonique canonique, très mélodique avec les ingrédients habituels: refrains accrocheurs, omniprésence des claviers, soli de guitares… Une certaine routine s’est installée et Seppälä peine à surprendre son auditoire. Les mêmes ficelles et les mêmes gimmicks apparaissent encore et encore et une certaine lassitude finira par s’installer. Ce n’est jamais désagréable à écouter, les titres restent courts et formatés autour des quatre minutes. Les musiciens sont tous très expérimentés et savent y faire. Sur la majorité des disques d’AMBERIAN DAWN quelques titres parvenaient à émerger du lot et frappaient l’auditeur par une mélodie, un refrain, un arbre masquant la forêt. Ce n’est malheureusement pas le cas de cet Innuendo prévisible du début à la fin et qui fleurte même parfois avec une évidente facilité (paresse ?). Une chanson comme « The Court Of Mirror Hall » s’avère être d’un cliché désarmant et d’une faiblesse coupable. Capri derrière le micro offre une nouvelle belle performance mais ne peut compenser l’intérêt limité de la majorité des titres mis à sa disposition.

Beaucoup considèrent AMBERIAN DAWN comme un groupe de seconde division et force est de constater que ce sixième album donne raison aux détracteurs du groupe. Chaque écoute d’Innuendo finit par provoquer un certain ennui et ne pousse pas vraiment à s’y remettre. Le label mentionné la référence de disque culte de QUEEN, il fallait oser. Un abîme sépare les deux groupes dans l’ambition et surtout le talent. Dans une veine assez proche, préférez largement le dernier STRATOVARIUS.

Oshyrya (05/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (45:13 mn) 01. Fame & Gloria 02. Ladyhawk 03. Innuendo 04. The Court Of Mirror Hall 05. Angelique 06. Rise Of The Evil 07. Chamber Of Dreadful Dreams 08. Knock Knock Who’s There 09. Symphony Nr 1, Part 1- The Witchcraft 10. Your Time – My Time