Chacun réagira différemment à la vue de ce visuel mais nous risquons d’être nombreux à être surpris la pochette de cet album à l’écoute de la musique qui va sortir de nos enceintes. BRAINSQUEEZED est un projet rock qui se veut être un vaste melting-pot, le point convergeant de diverses influences et courants, entre touches atmosphériques, progressives et pop. Sur le groupe lui-même difficile d’en apprendre beaucoup à part le nom de son géniteur, Sébastien. Ce dernier ayant accumulé année après année diverses compositions, il a décidé de toutes les rassemblées et de les proposer au public vie cet album, Emotions.
Ecoute après écoute, l’éclectisme de cet album sautera aux oreilles de tout un chacun. Selon ses envies, BRAINQUEEZED empruntera différents sentiers entre claviers old-school de « 80’s Overture » et longue balade acoustique sur « Tuesday Nights ». Un chant féminin illumine certaines compositions, les autres restant instrumentales. Cette muse se nomme Claire, par ailleurs chanteuse au sein du groupe OPAL SOUNDS. Sa performance reste respectable même si sa prestation souffre d’un accent très marqué et d’un certain manque de caractère. Mais dans l’ensemble, elle n’a pas à rougir du travail accompli.
Comme le nom le suggère, l’auditeur va passer par une vaste gamme d’émotions, tantôt séduit tantôt déboussolé. Cette oscillation entre rock, blues, et stoner pour ne citer que quelques genres effleurés ici constitue à la fois la force et la faiblesse de cet album. Force car l’auditeur curieux se surprendra à découvrir un nouveau monde avec quasiment chaque nouveau titre. Faiblesse car en étant si hétérogène et touffu, Emotions ne parvient à laisser traîner le moindre fil directeur. Cette confusion finit par dominer les débats et constitue l’impression finale après chaque écoute.
Chroniquer cet album s’avère être un beau défi, une belle gageure. Sur le papier concevoir un album aussi diversifié et éclectique avait tout du chausse-trappe. Reconnaissons que BRAINSQUEEZED ne s’en sort pas si mal et parvient à tirer les marrons du feu. Il faudra faire preuve d’une grande ouverture d’esprit pour s’immerger dans cet Emotions, mais les téméraires seront récompensés. Ce disque constitue une jolie découverte.
Tracklist (54:10 mn) 01. Stereo (intro) 02. Play 03. 80’s Overture 04. Painful Dream 05. Breakdown 06. I Will Walk 07. Second Awakening 08. In Our Life 09. My First Song For Him 10. Again 11. Tuesday Nights 12. Stereo (reprise)
Tous les goûts sont dans la nature mais RAPTOR KING semble tout faire pour ne pas mettre l’auditeur dans de bonnes dispositions. La pochette de cet EP dessert franchement le groupe et donne envie d’assez rapidement reposer le cd chez le disquaire. Nous vous encourageons cependant à ne pas céder à cette tentation et à donner sa chance au trio de Boulogne-Billancourt. La suite vous appartient mais il serait dommage de ne pas écouter ces chansons à cause de ce visuel.
Surprenant de lire qu’ils se qualifient eux-mêmes de groupe de sludge. Ce sont eux les spécialistes mais les cinq titres rapides et rentre-dedans présentés ici semblent difficilement rentrer dans cette catégorie. RAPTOR KING distille un heavy métal bourrin gavé de testostérone et enrichi de touches multiples entre punk, hardcore ou thrash. La musique reste assez accessible mais le power trio se démarque des autres par ses options au niveau du chant. Un chant clair, puissant et grave, est utilisé en alternance avec une voix beaucoup plus extrême, tantôt « growlée » tantôt hurlée et criarde. Cela peut avoir un certain charme mais le résultat laisse ici particulièrement dubitatif. RAPTOR KING se transforme en joli rouleau compresseur mais les titres s’enchaînent sans grâce ni charme. « Da Fuck Where I Just Lend » ouvre l’EP et laisse apparaître quelques jolies promesses avant que la suite ne se gâte. Au moins le trio semble faire preuve d’un bel humour et vit à fond son concept dinosaure.
Dinocracy reste bourrin du début à la fin et ne parvient pas à complètement convaincre. Quelques riffs pourront susciter un peu d’intérêt ici ou là mais sur la longueur, ces quelques éléments restent bien maigrelets. L’envie d’y retourner peine à émerger après chaque écoute. RAPTOR KING a raté sa cible.
Depuis dix-huit ans maintenant, les britanniques de SKINDRED poursuivent leur aventure et se plaisent à diffuser sur le monde leur musique libre et éclectique, un melting-pot d’influences variées et touffues. Moins de deux ans après Kill the Power, les voici déjà de retour avec un nouvel opus, Volume, sous le bras. Pour tous ceux qui ont déjà eu l’occasion de voir les gallois sur scène, difficile de résister au charisme et à l’énergie de son leader Benji Webbe. Une grande responsabilité repose sur ses épaules, avec l’aide de ses camarades, il insuffle une âme à ce groupe et possède le grain de folie qui marquera durablement les auditeurs.
Volume propose onze nouvelles chansons (complété de trois courts interludes) et s’inscrit dans la continuité d’albums marquant du passé du groupe comme Babylon (2002) ou Union Black (2011 – chronique ici). Ce brassage très large et sans frontière entre Metal, Rock, Reggae, Dancehall & Electronica constitue la patte du son des britanniques et ils font encore une fois feu de tout bois. Les compositions se veulent courtes et directes, en trois ou quatre minutes la messe est dite et on passe rapidement au titre suivant. Cela finit par donner une vraie couleur, un rythme, un groove assez jouissif à l’album au complet. « Under Attack » ouvre les hostilités avec ce riff lancinant et hypnotique digne d’un RAGE AGAINST THE MACHINE avant que Webbe n’y ajoute sa patte entre rock et reggae. Il s’avère difficile de résister et de ne pas rapidement taper du pied et secouer la tête en rythme. « Volume » poursuit sur la même lancée en durcissant un peu le ton mais en n’oubliant pas d’afficher une certaine excentricité sur le refrain. Cela étonne tout en ce manquant pas de charme. Tous n’adhéreront pas à ces excentricités mais cela fait partie de l’identité SKINDRED. Rien à redire du côté du son, la production est propre et met parfaitement en valeur le travail des musiciens.
Avec ce sixième opus, SKINDRED enfonce le clou et continue de battre le fer tant qu’il est chaud après Kill the Power. Encore plus que sur album, les britanniques offrent un spectacle très réjouissant, haut en couleur sur scène. En tournée ou en festival, vous auriez tort de vous en priver si l’occasion se présente. Volume reste en tout cas un disque tout à fait recommendable.
Tracklist (43:12 mn) 01. Under Attack 02. Volume 03. Hit The Ground 04. Shut Ya Mouth 05. I 06. The Healing 07. Sound The Siren 08. Saying It Now 09. II 10. Straight Jacket 11. III 12. No Justice 13. Stand Up 14. Three Words