En ce moment les groupes TANK ne manquent pas. Rien que du côté des ancêtres britanniques, membre du courant NWOBHM, deux entités (avec et sans Algy Ward) se concurrencent. Nos T.A.N.K. à nous sont bien français et cet acronyme signifie Think of A New Kind. Après 2007 (The Burden of Will) et 2012 (le très bon Spasms Of Upheaval dont vous retrouvez la chronique ici), les parisiens ont souhaité battre le faire tant qu’il est chaud et nous reviennent déjà avec un nouvel opus sous le bras, Symbiosis. Avant de parler du fond, intéresserons-nous à la forme et en particulier ces superbes artworks signés encore une fois Rusalkadesign. Le soin apporté à cet aspect des choses fait franchement plaisir et montre un souci et un professionnalisme remarquable. Le quintet affiche ainsi ses ambitions et rendre en concurrence directe avec les ténors du genre.
Au niveau musical, T.A.N.K. a joué la continuité et poursuit sur le même élan que sur Spasms Of Upheaval. Ils parviennent à déployer sous nos yeux, avec un joli talent, un death metal mélodique du meilleur tonneau. En dix nouvelles chansons, complétées de deux instrumentaux, les parisiens rappellent à tous qu’ils ont leur mot à dire sur la scène européenne aux côtés en particulier des scandinaves. On retrouve ce sens aigu du riff tranchant, du rythme syncopé, ce mélange entre agressivité et mélodie qui tabasse et séduit à la fois. Souvent le chant pêche mais ce n’est pas du tout le cas ici avec un Raf Pener qui n’a pas à rougir de sa prestation. Test ultime, il partage le micro sur « Blood Relation » avec Björn ‘Speed’ Strid (SOILWORK). Toute faiblesse s’entendrait alors immédiatement. Mais pas d’inquiétude, le chanteur et le groupe dans son ensemble passe haut la main ce test grandeur nature. Dans l’ensemble, les compositions font preuve d’une belle efficacité, elles rentrent dans le crâne au bout de quelques écoutes et peinent alors à en sortir. Bien calibrées autour des quatre/cinq minutes, ces titres évitent les longueurs inutiles et vont directement à l’essentiel. Et une fois de plus, T.A.N.K montre sa maîtrise technique avec des musiciens au top de leur forme et une production aux petits oignons. Les influences sont à chercher chez les maîtres suédois mais les parisiens ajoutent leur petite touche personnelle avec des compositions complexes aux structures sinueuses.
Le travail a payé et depuis la sortie de ce disque, T.A.N.K. a pu récolter les fruits de toute cette sueur. Ils ont ainsi très récemment pu tourner avec aux côtés de SOILWORK et HATESPHERE pour de nombreuses dates. Ils pouvaient difficilement être à meilleure école. Parions que cela fera encore progresser les parisiens qui nous reviendront encore plus fort sur le prochain opus.
Tracklist (45:51 mn) 01. Away? 02. Symbiosis 03. From the Straight and Narrow 04. Baneful Storm 05. Nihil 06. Blood Relation (feat. Björn ‘Speed’ Strid) 07. The Chrysalis 08. Troubled Days 09. Drawing Hope 10. Legacy 11. Like Vultures 12. The Edge of Time
Quel drôle d’objet musical que ce SONIC WINTER. Il s’agit d’un groupe franco/écossais originaire de Glasgow, né de la collaboration de deux français passionné de musique et ressentant l’envie irrésistible de mélanger leur savoir-faire et leurs influences respectives. Ce duo a pris forme en 2012 autour de Jean-Marc Millière, guitariste (ex de nombreux groupes comme LEMON SQUEEZER ou RIFF RAFF) et le claviériste Francis Girola. Difficile de mener tout le travail à deux et donc ils s’entourent selon leurs besoins de différents musiciens. Leur discographie digitale s’avère déjà assez fournie mais ce Magic Silver Bullets and Hell Birdsongs reste la seule sortie physique à ce jour.
Qualifier ou décrire la musique proposée par le duo reste un exercice particulièrement complexe tant le groupe se laisse porter par ses envies sans s’arrêter aux frontières traditionnelles des différents genres. Ils parlent eux-mêmes de « rock, rock progressif ou alternatif », nous en resterons là faute de mieux. Ce disque est un vaste melting-pot avec des compositions très variées. Rien qu’au niveau de la durée de chaque titre, cet opus oscille entre cinquante-huit secondes à un peu plus de cinq minutes. Chaque nouvelle piste ouvre un nouveau champs du possible, difficile de construire des certitudes à l’écoute de Magic Silver Bullets and Hell Birdsongs. « Miles Away » débute comme un vieux titre rock avant que les claviers ne colorent l’ensemble d’une lourde empreinte progressive. « No Guts No Glory » voit l’apparition du chant dans un trip 70s assumé. « Journey Man » évoque quant à lui plutôt Jeff Buckley et ainsi de suite. L’auditeur sera pris dans ce maelstrom de couleurs, d’ambiances et de rythmes qui ne cessera de leur surprendre, de le prendre par surprise. Cette démarche s’avère assez rafraîchissante, SONIC WINTER ne fait que ce qui lui plait en s’exonérant de toutes les contraintes. Cela change des disques calibrés qui sortent semaines après semaines pour plaire au plus grand nombre. Vous trouverez du bon et du moins bon mais l’impression générale restera très positive.
Pour paraphraser Tom Hanks dans Forrest Gump « Maman disait toujours, la vie, c'est comme une boîte de chocolats: on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » Et bien cette phrase s’applique parfaitement à cet album de SONIC WINTER qui surprend agréablement par son éclectisme et sa fraicheur salvatrice. Une belle découverte qui verra bientôt arriver un nouveau chapitre. En effet, le deuxième album, Party War on The Killing Floor, doit sortir en Janvier/Févirer 2016 chez PeachProd. Et cerise sur le gâteau, des concerts s’annoncent également cette année. Une affaire à suivre.
Tracklist (63:07 mn) 01. Miles Away (feat. Laurent Duval & Gary Gilmour) 02. No Guts No Glory (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 03. Journeyman (feat. Laurent Duval & Gary Gilmour) 04. 11 June 1963 (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 05. Where the Wolf Goes (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 06. Dark as Sin 07. Bad News from Badsville (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat & Zoé Løzninger) 08. The Fall of the White Panther (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 09. You Call Me a Man (feat. Laurent Duval & Gary Gilmour) 10. Over My Head 11. Who Do You Want to Be Today? (feat. Laurent Duval & Gary Gilmour) 12. Ringolevio (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 13. So Cold on Main Street (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 14. Running Wild Flower 15. Love in Your Hands (feat. Laurent Duval & Gary Gilmour) 16. Girls from Hell Anthem (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat & David Watson) 17. Sad Rain (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 18. Sonic Winter Theme 19. So Cold on Main Street (feat. James Neilsom & Mr Bigbeat) 20. Welcome
Quoi de neuf depuis Gravity (chronique ici), leur second opus, pour nos compatriotes de FLOWN ? En Novembre 2011, le groupe enregistre un DVD Live au Réservoir de Paris avant de marquer une pause de 3 ans. Il faudra attendre novembre 2014 pour la machine se remette en marche. FLOWN se retrouve alors en studio pour poser les bases de ce nouvel album, Make Believe. Ayant enfin trouvé une stabilité dans son line-up, les ex-petits nouveaux Alex et Loïs prennent cette fois-ci une part grandissante au processus de composition et apporte leur pierre à l’édifice FLOWN aux côtés de Flo et Jack, les gardiens du temple.
Comme Child In A Box (chronique ici) à son époque, Make Believe se veut être un album long avec douze titres et près de soixante-six minutes de musique au compteur. Saluons la présence de la troisième partie du titre « Child in a Box » inauguré en 2010. On ne change pas une recette gagnante qui a déjà fait à deux reprises ses preuves. FLOWN continue de distiller un rock riche, varié, entre touches mélodiques et atmosphériques. Le disque s’ouvre sur un « Out of my Soul » déjà bien copieux avec plus de huit minutes. Très touffu ce titre distille une sacrée énergie ainsi qu’une certaine agressivité. Les pendules sont d’entrée remises à l’heure, FLOWN n’est pas revenu pour amuser la galerie.
Les trois compositions suivantes sont déjà plus classiques même si les parisiens possèdent un vrai talent pour varier les rythmes, les atmosphères et l’intensité. L’auditeur passera par bien des émotions tout au long de ce disque. « The Sky Between Us » risque d’en marquer plus d’un par son riff accrocheur et la conviction de Flo derrière le micro. Cette chanson évoque les JOLLY et autres THE INTERSPHERE. On trouve ce même souci d’une l’horlogerie rock fine mais accrocheuse. L’atmosphère générale est assez sombre et mélancolique contrebalancé pour la grosse décharge d’adrénaline injectée à travers les chansons les plus rock. Make Believe se termine comme il a commencé, par un titre fleuve de plus de dix minutes, ce fameux « Child in a Box pt.3 ». Cette nouvelle pièce du puzzle vient parfaitement d’imbriquer aves les deux précédentes. Le quatuor se fait subtil, complétant par petite touche un paysage tout en nuances de gris.
Après plus d’une heure de musique, l’auditeur se réveille d’un songe étrange, il est passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, des montagnes russes émotionnelles surprenantes et mystérieuses. Dans la continuité de Child In A Box et Gravity, les parisiens de FLOWN offrent une nouvelle aventure intérieure à celui qui acceptera de s’immerger dans leur univers sonore. Ils ne sont pas si nombreux à réussir à tel exploit, saluons encore une fois la qualité du travail accompli ici.
Tracklist (66:45 mn) 01. Out of my Soul 02. Grace 03. Headlights 04. Passion Warface 05. The Sky Between Us 06. Ghosts 07. Embrace 08. Making Mirrors 09. Blackbird 10. Spring Break 11. Face Off 12. Child in a Box pt.3