Les musiciens semblent s’en étonner eux-mêmes mais malgré les difficultés et l’adversité, MASS HYSTERIA continue son bonhomme de chemin et affiche une belle santé malgré déjà plus de vingt ans de carrière. Voici le huitième chapitre de leur quête avec un Matière noire à la pochette magnifique. La version collector s'avère être particulièrement soignée au niveau de la présentation. Verycords a fait des efforts pour offrir aux fans un beau package et ceci sans augmentation de prix. Avant de rentrer dans le vif du sujet, signalons qu’il s'agit du premier album avec Frédéric Duquesne (BUKOWSKI) à la guitare, à la suite du départ de Nicolas Sarrouy.
L'Armée des ombres (chronique ici) avait impressionné par l’énergie et la force déployées par le groupe sur plus de quarante minutes. Matière noire reprend sur le même ton et ouvre les hostilités avec un « Chiens de la chasse » accrocheur et jouissif. Difficile de ne pas secouer la tête et taper du pied en rythme dès les premières écoutes. MASS HYSTERIA n’a rien perdu de son savoir-faire, de sa fougue et de ra rage. Mouss a su encore une fois ciseler des paroles percutantes et affiche une conviction rarement mis en défaut. Même chose pour un « Vae Soli » mené lui aussi à tambour battant. Ses camarades ne sont pas en reste. La section rythmique composée de Raphaël et Vincent Mercier abattent un énorme boulot. Les guitaristes Yann Heurtaux et Frédéric Duquesne font, eux-aussi de leur côté, feu de tout bois au niveau des rythmiques. Nos compatriotes parviennent à renouveler l’exploit de mélanger avec talent et grâce puissance et douceur, grosses guitares et touches mélodiques. Des lignes de claviers ou des samples intelligemment positionnés ici et là rendent le propos beaucoup plus digeste et accessible. Les chansons s’en trouvent d’autant plus magnifiées pour le plus grand plaisir de l’auditeur.
Matière noire s’inscrit dans la pleine continuité de son prédécesseur mais reconnaissons que MASS HYSTERIA parvient à se renouveler tout en conservant sa patte et cette identité si reconnaissables. Les fans seront aux anges et gageons que ce huitième opus saura augmenter encore la notoriété du groupe sur la scène française. En quatre / cinq minutes maximum à chaque fois, les parisiens déploient leur savoir-faire et imposent leur loi. Tout n’est pas génial, certains titres s’avèrent plus faibles (« Plus que du métal » ou encore « L'espérance et le refus ») mais cela ne nuit pas trop à Matière noire dans son ensemble. Une impression plus que positive prédomine largement.
Le quintet parisien revient cette année en grande forme et rappellent à tous qu’il faut compter sur eux en France et en Europe. Le concert à guichets fermés à l’Olympia le 5 avril 2013 n’a pas été qu’un épiphénomène et MASS HYSTERIA ambitionne de faire encore mieux dans les mois qui viennent. Ils le méritent vu la qualité du travail fourni ici.
Oshyrya (8,5/10)
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Verycords / 2015
Tracklist (49:21 mn) 01. Chiens de la casse 02. Vae soli ! 03. Vector equilibrium 04. Notre complot 05. L'espérance et le refus 06. Tout est poison 07. L'enfer des dieux 08. A bout de souffle 09. Matière noire 10. Plus que du métal 11. mère d'Iroise
Depuis leurs débuts en 2010 sous l’impulsion de Steven Rice, ancien guitariste d’IMAGIKA, les américains de KILL RITUAL ne chôment pas et multiplient les albums comme aurait fait autrefois un boulanger de Nazareth avec les pains. Après The Serpentine Ritual (2012 chronique ici) et The Eyes of Medusa (2014 chronique là), les voici déjà de retour avec un nouvel opus fièrement accroché à leur tableau de chasse: Karma Machine.
Malheureusement, l’enthousiasme n’était pas vraiment au rendez-vous et votre serviteur s’était ennuyé sec. Et dès la première écoute, on se dit que les minutes à venir ne vont pas constituer le moment le plus agréable de la semaine. Rien n’a véritablement changé quant à la démarche du groupe au niveau musical car Rice reste le seul maître à bord. Cela se confirme au niveau du line-up car autour de lui, tout le monde a changé. Exit le chanteur Josh Gibson et la batteur Gee Anzalone (ce dernier ayant rejoint DRAGONFORCE) et bienvenue à David Reed Watson (RAGE OF ANGELS, D.N.A., ELECTRIC MESSIAH) au chant, Koryun Bobikyan derrière les fûts et Bobby HQ Storm à la basse. Mais ces bouleversements sont inodores et sans saveur, KILL RITUAL continue de se complaire dans un heavy métal peu inspiré oscillant entre influences mélodiques et trash. Bonjour l’ennui devant cette succession de composition plates et sans aucune magie ni attractivité. Bien sûr les uns et les autres ne sont pas des manchots mais nous aimerions au moins faire face à un groupe de caractère qui n’enchaîne pas les gimmicks éculés et les plans déjà entendus des milliers de fois. Le constat s’avère sévère mais presque aucune chanson proposée ici n’a trouvé grâce à mes yeux. Quelques idées de riffs et quelques lignes vocales passent le test mais cela reste bien maigre dans l’ensemble.
Les Etats-Unis sont un pays immense et des groupes comme KILL RITUAL trouveront leur place et pourront parcourir le pays régulièrement, apportant la bonne parole métal d’un océan à l’autre. Il n’y a pourtant vraiment pas de quoi s’extasier. Oui le travail a été sérieusement mené mais Rice affiche un manque criant d’inspiration. Face à la concurrence toujours plus féroce, cela ne pardonne plus.
Oshyrya (05/10)
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Scarlet Records / 2015
Tracklist (48:07 mn) 01.Just a Cut 02. Rise 03. The Enemy Inside 04. The Key 05. Karma Machine 06. My Green Room 07. Kundalini 08. Land of the Dead 09. Camera's Eye
Etonnant de constater le nombre grandissant de musiciens très jeunes qui se lancent dans l’aventure artistique et montent un groupe évoluant dans une veine rock / hard rock old school. L’histoire est souvent faite de cycle mais ce mouvement revival semble prendre racine et s’installe pour durer. Nos cobayes du jour se nomment BLACK BONE et sont originaires des Pays-Bas. Ils se connaissent pour certains depuis l’école et possèdent déjà une solide expérience malgré leur jeune âge. Un premier album voit le jour en 2012 sous le titre Back to Mayhem et ouvre de belles opportunités aux bataves comme ces premières parties de DEEP PURPLE puis de MUSTASCH. Après trois années à écumer le maximum de clubs et à travailler sur de nouvelles chansons, les voici de retour avec un second opus, Blessing in Disguise.
Vous devinez bien que dans ce genre-là qui a vu ces dernières années se multiplier le nombre de groupes, il est presque impossible d’innover et d’apporter de la fraîcheur. Les grands anciens continuent de proposer une musique typique et facilement reconnaissable alors que les plus jeunes piochent allégrement dans ce vivier pour faire leur propre patchwork. Donc vous n’aurez aucune surprise à l’écoute de ces chansons qui s’enchainent sans fausse note mais sans créer non plus un enthousiasme fou. Ces mélodies et ces chansons vous paraitront en général bien familières et pourront apporter aux plus acharnés quelques bons moments. Le plus difficile pour ces groupes reste de réussir à retranscrire efficacement l’énergie et le feeling de la scène sur disque. Pour atteindre cet objectif, les bataves ont fait appel à Peter van Elderen pour assurer la production de ce Blessing in Disguise. Ce dernier est connu des plus connaisseurs d’entre vous en tant que guitariste et leader de PETER PAN SPEEDROCK. Reconnaissons qu’il a fait du bon travail, le son reste à la fois limpide et concentré en énergie.
Donc pour résumer, les hollandais de BLACK BONE propose un disque sérieux et appliqué, bourré de titres rock classiques mais loin d’être désagréables. Le choix ne manque pas avec toutes ces formations rock tantôt teintées plutôt blues ou stoner. Respectable sur disque, il faudra voir le trio sur scène pour s’assurer de leur véritable potentiel.
Oshyrya (06/10)
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Steamhammer – SPV / 2015
Tracklist (47:58 mn) 01. Nothing But History 02. Loaded – Weighted 03. Suïcide (ain't no way out) 04. Enemy 05. Wrong 06. Never Too Loud 07. Ashereah 08. You Gotta Nerve 09. Wasted Years 10. Save It For Tomorrow 11. Believe