Dans la vie, Michael Voss est peut-être un garçon charmant, mais musicalement parlant, ce n’est vraiment pas un ami. Aussi bien avec son groupe principal MAD MAX dont les derniers disques n’avaient de peu de valeur ajoutée (chronique ici et là) à mes yeux qu’à travers son projet WOLFPAKK, l’ennui n’est jamais loin. Oui MAD MAX a peut-être connu quelques années de gloire au début des années 80 mais depuis bien de l’eau a coulé sous les ponts. Cette nostalgie finira par lasser même les plus courageux. Histoire de maintenir l’illusion, les voici qui nous présente un album best-of proposant des versions réenregistrées de leurs titres les plus connus de l’époque 1984-87, des emprunts à trois disques : Rollin' Thunder, Stormchild et Night of Passion.
Les mots me manquent pour vous faire comprendre l’enthousiasme qui me saisit à l’écoute de ces chansons. Il s’agissait là peut-être de la crème de la crème trente ans passés (j’en doute) mais en 2015 ces compositions paraissent honnêtes mais franchement fades. C’est plutôt basique aussi bien au niveau des riffs que des mélodies. Si vous êtes fan et nostalgique de cette époque et de ce groupe en particulier vous apprécierez peut-être de retrouver ces chansons dans un nouvel écrin plus moderne au niveau du son et de la production mais les autres risquent de trouver la pilule difficile à avaler. Avec le recul ces chansons de MAD MAX sonne datée et sans grand intérêt. Nous ne sommes pas là en face d’une catastrophe mais difficile de rester concentré sur ces titres sans finir par trouver le temps vraiment long. Si les allemands ont sérieusement l’ambition de toucher un nouveau public et ainsi acquérir de nouveaux fans grâce à cet album, ils prennent vraiment leurs désirs pour des réalités.
La magie MAD MAX si un jour elle a bel et bien existé, a disparu depuis longtemps maintenant. Que ce soit pour leurs albums récents que pour ce best of réenregistré, seuls les plus fervents supporters des allemands pourront y trouver un véritable intérêt. Les autres déclineront poliment.
Oshyrya (05/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Steamhammer – SPV / 2015
Tracklist (53:10 mn) (Re-Recorded Classics) 01. Fly Fly Away 02. Losing You 03. Rollin`Thunder 04. Thoughts Of A Dying Man 05. Never Say Never 06. Lonely Is The Hunter 07. Stormchild 08. Heroes Die Lonely 09. Burning The Stage 10. Wait For The Night 11. Night Of Passion 12. Hearts On Fire
Les photos promos des israéliens d’HAMMERCULT sont croquignolets tant nos amis affichent une mine plus que patibulaire. Alors ok, il suffit d’écouter leurs albums pour comprendre que nous n’avons pas ici affaire à des enfants de chœurs mais cela continue à m’arracher un sourire à chaque fois. Avec la régularité d’un métronome, ils publient un album tous les dix-huit mois. Après Anthems of the Damned (2012) puis Steelcrusher en janvier 2014 (chronique ici), voici un troisième chapitre de leurs aventures, Built for Wars.
La philosophie du groupe n’a pas changé d’un iota, les israéliens poursuivent leur offensive avec treize nouvelles munitions à leur disposition. Pas de quartier ni de période d’observation, en quatre minute HAMMERCULT a frappé et ne laisse derrière lui que des ruines. Les brûlots s’enchaînent à haute intensité et haute vélocité dans un maelstrom laissant apparaître diverses influences allant du punk au hardcore en passant par le power et le speed métal. Mélangez bien le tout et vous obtiendrez un thrash acéré et sans concession. Les mandales s’enchaînent dans un déferlement de riffs, de rythmes diaboliques et de hurlements divers et variés. Les chœurs virils ne manquent pas non plus à l’appel et ajoutent une dimension guerrière aux différentes chansons présentées ici. Au petit jeu des comparaisons, HAMMERCULT m’évoque un MANOWAR ou en HAMMERFALL en plus agressif, rapide et bourrin. La figure du marteau reste à chaque fois centrale. Mais les israéliens semblent également être à fond dans leur truc et ne lâchent jamais rien. Pas grand-chose à redire sur le fond avec des titres courts et rendre-dedans. Le groupe sait ce qu’il fait et pond des riffs à la chaine. Comme pour Steelcrusher, à la longue, Built for Wars finit par lasser, l’auditeur pourra parfois l’impression de passer dans un long tunnel de plus de quarante minutes. Les compositions finissent par se ressembler et oscillent entre le très moyen et le plutôt bien. Sur la forme cela reste très soigné avec un mixage et un mastering confiés à Tue Madsen et une pochette signée Péter Sallai (SABATON, CIVIL WAR, KATAKLYSM).
Avec Built for Wars, HAMMERCULT enfonce le clou et confirme son statut de challenger sérieux dans la catégorie métal guerrier. Le nouveau guitariste, Yuval Kramer est loin d’être un manchot et la barre est fermement tenue par von Hammer et ben David. Beaucoup plus agressif et violent que MANOWAR ou SABATON, Ils lorgnent de plus en plus vers des groupes franchement extrême comme les britanniques de BOLT THROWER. Les israéliens ont su ainsi rassurer tout le monde sur leur capacité à rebondir le départ d’Aranovich. Sans atteindre des sommets, ce nouvel album remplit correctement son office. La marchandise attendue a été livrée.
Oshyrya (06/10)
Facebook Officiel
Steamhammer – SPV / 2015
Tracklist (40:49 mn). 01. From Parts Unknown (Intro) 02. Rise Of The Hammer 03. I Live For This Shit 04. Spoils Of War 05. Ready To Roll 06. Raise Some Hell 07. Blackened Blade 08. Let It Roar 09. Ode To Ares (Interlude) 10. Altar Of Pain 11. Blood And Fire 12. Saturday Night Circle Pit Fight 13. Road To Hell
Il n’aura pas fallu très longtemps pour que les allemands d’EAT THE GUN remettent le couvert. Moins de deux ans après Stripped to the Bone (chronique ici), ils reviennent nous voir avec un cinquième album sous le bras, Howlinwood. Avec le recul, la réorientation musicale entamée en 2013 vers une musique plus ancrée rock alternatif a fait du bien en permettant au trio de toucher un public plus large Après treize années de carrière et un beau tableau de chasse, EAT THE GUN semble avoir trouvé son épanouissement artistique.
C’est dingue le boucan que peuvent produire trois types doués et motivés. Dès les premières secondes de la chanson titre « Howlinwood » l’auditeur amateur retrouvera ses petits puisque la continuité avec le précédent s’avère pleinement assurée. Pas de fioritures inutiles ici, depuis le début les allemands développent une musique rafraichissante, un power trio qui distille un rock simple qui doit rapidement être efficace pour convaincre en quelques minutes. Le chant et la guitare d’Hendrik Wippermann mènent la danse et distillent de solides mélodies bien complétées et soutenues par la section rythmique basse / batterie de Peter Bergmüller et Gereon “Gerry” Homann. Les allemands n’ont pas cherché à compliquer leurs chansons, en quelques minutes, la messe est dite, aucune composition ne dépasse les quatre minutes. Chacune a le potentiel pour passer sur les radios rock ou généralistes et plaire au plus grand nombre. Un « How Does It Feel » pourrait faire quelques ravages. Sans être la neuvième merveille du monde, Howlinwood possède un charme certain et on se surprend naturellement à taper du pied en rythme à l’écoute de ces onze nouvelles chansons. Dommage cependant qu’EAT THE GUN semble constamment jouer la sécurité et finisse par perdre de son caractère. Et puis comme pour Stripped to the Bone, ce nouvel album s’avère beaucoup trop court. Le même producteur qu’en 2013 a été reconduit, Stephan ‘Gudze‘ Hinz (H-BLOCKX) a su encore une fois faire du bon travail.
EAT THE GUN offre des plaisirs rock simples et ne promet pas la lune. Son enthousiasme et son énergie fait plaisir à entendre et rechargera les batteries des plus blasés. Difficile d’en demander plus à un album de ce genre même si le groupe finit par perdre un peu de son identité pour mieux se fondre dans le moule. Il manque toujours un petit quelque chose pour passer de sympathique à enthousiasmant. L’expérience sera toujours plus convaincante sur scène, leur musique est taillée pour le live.
Oshyrya (07/10)
Site Officiel
Facebook Officiel
Steamhammer – SPV / 2015
Tracklist (36:13 mn). 01. Howlinwood 02. Falling 03. How Does It Feel 04. Blood On Your Hands 05. Old Friend 06. Take It Away 07. Electric Life (feat. John Konesky) 08. Unforgotten 09. Trouble Magnetic 10. The Drudge 11. Anger