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oshy_26082015_Purposefu_PorpoiGEP le label d’un des maîtres du mouvement néo-prog britannique, IQ, nous invite à un passionnant voyage en cet été 2015 en publiant le premier opus d’un nouveau groupe, que dis-je, d’un nouveau super groupe au nom improbable de PURPOSEFUL PORPOISE. Derrière ce nom se cache en réalité le grand projet du compositeur, guitariste et chanteur Alex Cora. Afin de mener à bien cette ambition, il a su être persuasif et rassembler autour de lui une belle brochette de professionnels aguerris. Tous les noms ne sont pas ronflants mais chacun d’eux possède une sacré expérience auprès de très grands artistes. Ce double album, The Water Games, été produit par le producteur à succès Gustavo Farias (Melissa Etheridge, Juan Gabriel, Rocio Durcal) sous la houlette de l’ingénieur du son Dan Moore. Aux côtés de Cora, apparaissent le batteur drummer Vinnie Colaiuta (Sting / Frank Zappa), le claviériste Derek Sherinian (ex-DREAM THEATER, MALMSTEEN), le bassiste Ric Fierabracci (Chick Corea / Dave Weckl) et la violoniste Ginny Luke (MEATLOAF / Dave Matthews). Cet album n’est pas destiné à n’être qu’un one-shot, il s’inscrit dans un schéma plus large avec trois albums/livres au programme narrant la saga de “Jeux D’eau”. Tout cela parle d’un monde aquatique futuriste appelé Nommos où bien des avantures entre le bien et le mal vont se dérouler.

En bon musicien de rock progressif, Alex Cora a mis les petits plats dans les grands et entame cette aventure sous la forme d’un double album. Tout commence sur les chapeaux de roues avec un « Crossing into the Unknown » qui dépasse allégrement les vingt minutes. Démarrer ainsi n’est pas très étonnant quand on découvre que cet album a été construit à partir de jams alors que tous les musiciens étaient réunis au même endroit pendant quelques jours. Ils se sont enfermés trois jours aux Ocean Studios Burbank pour accoucher de ces chansons. Cette méthode garantit une belle fraicheur et des mélodies virevoltantes mais en même temps cela pousse à une dilution parfois excessive du propos musical à travers de longues plages instrumentales et un peu stériles ou chacun se fait plaisir avec son solo. L’effet patchwork joue à plein et une certaine lassitude ne manquera se saisir rapidement l’auditeur. Les trois compositions du premier cd offrent de bons moments mais souffrent également de longueurs un peu inutiles. Les musiciens se font plaisir mais l’auditeur risque aussi de s’ennuyer.

Musicalement parlant, ce PURPOSEFUL PORPOISE a clairement un goût de rock progressif britannique des seventies. Le nom de GENESIS émerge rapidement ainsi que celui de Frank Zappa pour le côté jams débridées. Les différentes structures ou sonorités rappelle se glorieux passé, en particulier pour les claviers. Le deuxième cd, avec ses sept chansons plus courtes et ramassées, ne tombe pas dans le même piège et montre des compositions un peu plus homogènes même si le côté défouloir créatif reste bien présent. Cora montre la palette de son talent de compositeur et se frotte à différents styles, à mi-chemin parfois entre les BEATLES et PINK FLOYD. Vu le CV des participants, vous devinez que sur le plan technique la virtuosité est de mise et que chacun se fait un malin plaisir à prouver qu’il n’est pas là par hasard. Les interventions du violon ne sont cependant pas forcément toujours judicieuses et tombent souvent comme un cheveu sur la soupe.

Il vous faudra un certain temps, voir un temps certain pour digérer ce gros pavé progressif. L’impression générale reste positive même si le côté jam, touffu et foisonnant fini par lasser surtout sur le premier cd. Les longues digressions et démonstrations techniques de musiciens talentueux ont tendance à en fatiguer plus d’un. Cora aurait gagné à composer plus court et synthétique tout en conservant cette grande richesse de styles, d’ambiances et de rythmes. Seuls les plus courageux iront au bout de cette aventure et en perceront tous les mystères.

Oshyrya (6,5/10)

 

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GEP / 2015

Tracklist

CD1 (44:29 mn) 01. Crossing Into The Unknown 02. The Air Pirate 03. Cycles

CD2 (45:50 mn) 01. Unexplored 02. iPhone 03. Lost 04. Serena Song 05. Nowhere Bound 06. Which Way Is Up 07. Air Pirate Jam (Bonus Track)

oshy_25082015_Th_MorganatiLes parisiens de THE MORGANATICS se présentent à nous avec un deuxième album sous le bras, We Come From the Stars qui suit d’à peine un an et demi son prédécesseur, Never Be Part of Your World. Ce premier chapitre publié en octobre 2013 en avait déjà intrigué plus d’un ne serait-ce que par sa pochette, référence moderne et presque perverse à Hamlet. Pour être complet, un EP était également sorti en avril 2012.

Il n’y a pas que le visuel de ce deuxième album qui s’avère être énigmatique. Les détails fourmillent et certains clés sont fournies afin d’éclairer l’auditeur. Le groupe semble prendre un malin plaisir à jouer sur les étiquettes, ils qualifient eux-mêmes leur musique de Spleen Rock ce qui vous me l’accorderez ne veut pas dire grand-chose. La brève description publiée sur leur page Facebook s’avère plus savoureuse et surtout éclaire un peu plus la démarche artistique à l’œuvre ici : « quand la voix de LINKIN PARK rencontre l’atmosphère d’ARCHIVE et les guitares de PORCUPINE TREE ». L’écoute de We Come from the Stars leur donne raison sur ce point, ils brassent de nouvelles influences et se plaisent à brouiller les pistes.

Le disque débute sous les meilleurs auspices possibles avec un « I’m a Mess (but I’m Free) », un titre bourré d’énergie très accrocheur, immédiatement accessible et au refrain imparable. Les deux chanteurs Seb et Chris portent un lourd fardeau sur leurs épaules et s’en tirent très bien, la guitare se fait virevoltante et la batterie enchaine les coups pour notre plus grand plaisir. Difficile de se débarrasser de ce refrain une fois que vous l’avez dans la tête. Toutes les caractéristiques du THE MORGANATICS cuvée 2015 apparaissent dès ce premier morceau : des jeux entre les chants féminins et masculins, des refrains qui font mouche, un mariage intéressant entre guitares, souvent rapides et très tranchantes avec des nappes de claviers, des boucles électro… Dans l’ensemble, l’album est mené pied au plancher, sans temps mort. Il faut attendre « Cycy Stardust » pour reprendre son souffle et voguer sur une composition plus calme et atmosphérique. « Interstellar » est un court interlude dans lequel nous pouvons entendre Bruce Soord (THE PINEAPPLE THIEF) réciter les premiers vers de la villanelle de Dylan Thomas « Do not go gentle into that good night » (que les acteurs du film en question reprennent à plusieurs reprises).

Autre particularité, la chanson « As Blackbirds Say », une composition fleuve de plus de douze minutes. Exercice difficile dans lequel THE MORGANATICS est loin d’être ici ridicule. Très protéiforme, le groupe y tisse une trame complexe, liant tour à tour différentes émotions à travers de multiples rythmes et atmosphères. On passe ainsi de chansons facile d’accès à un plat de résistance bien plus épais et chargé de sens. Comme sur Never Be Part of Your World, les parisiens continuent d’aborder des sujets lourds et difficiles laissant transparaître une grande mélancolie en filigrane. Le terme se Spleen Rock s’éclaire alors… Le feu continue de couver mais l’apparence est plus douce et accessible, presque pop parfois. Ils font la preuve que l’on peut aborder les sujets les plus tragiques sans tomber dans une musique lugubre et dépressive.

Beaucoup avait été un peu déçu d’un manque de maturité et de caractère à travers un Never Be Part of Your World un peu trop lisse et convenu. Autant la pochette frappait l’imagination, autant la musique peinait à susciter l’enthousiasme. Tel n’est pas le cas ici, THE MORGANATICS impressionnent aussi bien dans le tube court et accrocheur que dans le long développement plus profond et posé. We Come From the Stars est un disque très riche et il faudra bien des écoutes pour en percer tous les mystères. Du beau travail !

Oshyrya (08/10)

 

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Autoproduction – Dooweet Records / 2015

Tracklist (63:40 mn) 01. I'm a Mess (but I'm Free) 02. We Come From the Stars 03. Even Terminators Can Cry 04. CyCy Stardust 05. Fucked Serendipity 06. Interstellar (Interlude) 07. My Uncomforter 08. I Just Want Something To Happen Tonight 09. As Blackbirds Say 10. Blue Diamond 11. What Remains

oshy_25082015_Th_Lon_EscapGrâce à cet album, notre rédaction découvre le groupe THE LONG ESCAPE, un quatuor parisien né en 2009 et qui navigue joyeusement sur les eaux toujours surprenantes et tumultueuses des océans rock/métal progressif. Ils n’en sans pourtant pas à leur premiers pas puisqu’un premier opus, The Triptych, a vu le jour en 2011. Ce disque était, à l’époque, passé sous nos radars. Cette omission coupable est en passe d’être réparée.

Petite aparté sans rapport direct avec notre affaire du jour, c’est peut-être le point de vue d’un vieux con de progueux mais il semble que désormais un nombre de groupe grandissant se parent de l’étiquette progressive, parfois dans des styles très variés et bien éloignés des modèles habituels. Cela devient tantôt synonyme de chansons à structure complexe, de morceaux à tiroirs, tantôt cela signifie une musique assez technique avec des parties de claviers. Bref chacun voit midi à sa porte et ces querelles de chapelle s’avèrent franchement stériles.

Si l’on revient à l’essentiel et donc à la musique, ce second opus, The Warning Signal, se présente sous la forme d’une courte intro et de onze nouvelles chansons calibrées autour d’une durée moyenne d’environ quatre minute. Les franches hostilités débutent ensuite par un « Seas of Wasted Men » et son riff d’accueil à la fois lourd et puissant qui évolue petit à petit à travers différentes intensités. Les guitares mènent assez logiquement les débats bien soutenues par un duo basse / batterie au diapason. Le chant de Kimo claque et insuffle un supplément d’âme à ces chansons. Les structures sont loin d’être homogène, toujours basé sur le même schéma. THE LONG ESCAPE n’hésite pas à multiplier les chemins de traverses et les arabesques rythmiques tout en conservant un propos concis et resserré. Les parisiens ne sont pas venus faire de la figuration et même si les refrains sont souvent presque pop et accessibles, le propos général se veut assez agressif. Plus d’un riff taillent nettement dans le vif. Une chanson comme « Million Screens » pourrait s’apparenter à un tube rock classique si ce tranchant ne durcissait pas un peu le propos. Ce constat s’applique à The Warning Escape dans sa globalité, le groupe montre un vrai talent pour manier et équilibrer ces deux dimensions, entre calme et violence, de son identité musicale.

On peut retourner The Warning Escape dans tous les sens, tant sur le fond que sur la forme, peu de défaut sont décelables. Un petit sentiment de répétition et de lassitude peut émerger sur la fin mais cela est peut-être autant dû à l’album qu’à l’auditeur même qui peine à maintenir un attention soutenue pendant plus de quarante minutes. THE LONG ESCAPE peut être fier du travail accompli et la qualité de son travail incitera, nous l’espérons, le plus grand nombre à découvrir leur univers.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (47:06 mn) 01. The Noise 02. Seas of Wasted Men 03. Awakened Ones 04. Million Screens 05. Digital Misery 06. Carnival of Deadly Sins 07. Crashdown 08. The Search 09. Homo Weirdiculus 10. Slave 11. World Going Down 12. The Last Crying Man