Drôle d’objet musical que ce Red Herring, œuvre du trio SUNSHADOWS. La pochette elle-même déjà laisse quelques questions en suspens et le mystère aurait plutôt tendance à s’épaissir à l’écoute de ce rock / métal alternatif parfois assez original et barré. Cela nous laisse au moins une certitude, vous adorerez ou vous détesterez ce disque, pas de demi-mesure. Originaire de Lyon, le trio roule sa bosse déjà depuis quelques années et écument régulièrement les scènes de France et de Navarre. Ils comptent déjà à leur actif un EP, Sunshine, en 2014.
Avant d’attaquer la découverte de Red Herring, aérez-vous bien la tête et ouvrez bien grand vos chakras car SUNSHADOWS ne s’embarrasse pas des étiquettes et n’en fait qu’à sa tête en mélengeant allégrement les genres et les influences. Pour vous donner un idée de la musique protéiforme ainsi distillée, le groupe lui-même cite un panorama large qui va de DEFTONES, LIMP BIZKIT à DEPECHE MODE. Joli grand écart non ? Mais heureusement, à posteriori, à l’écoute de ces onze chansons le puzzle prend forme et le fil directeur commence à apparaître. Dans des formats courts autour de quatre minutes par chanson, le trio déploie ses ailes et nous immerge dans son univers musical, indéniablement rock avec des guitares omniprésentes et des rythmes parfois épais mais ils affichent également un vrai sens de la mélodie et du refrain, de la mélodie qui accroche et capte l’attention de l’auditeur. Sur un « Fly Away » oscillant en divers intensité et le timbre aigu et râpeux de Régis Morin, votre serviteur a tout de suite pensé à THE SMASHING PUMPKINS. SUNSHADOWS démontre une capacité équivalente à mêler intelligemment violence et mélodie, agressivité et séduction. Afin de compléter et parfois d’adoucir ce côté rock direct et violent, les nappes de claviers et les sonorités électros viennent enrichir les guitares et approfondir les atmosphères. Le propos n’est pas vraiment orienté vers une franche rigolade avec des ambiances assez sombres et un petit côté cyber comme sur « Two Lives » et « Lied to Myself ». Dans l’ensemble, les titres s’avèrent assez accrocheurs et ils s’enchainent avec naturel, sans temps mort et surtout sans faute de gout. Côté production, rien à signaler, du travail bien fait.
SUNSHADOWS a au moins le mérite de sortir des carcans et des codes parfois un peu sclérosés. Ils interrogent, ils surprennent à travers une musique forte en caractère tout en restant mélodique, attractive. Pas sûr que tout le monde apprécie cette démarche et l’approche utilisée par les Lyonnais. Mais on ne peut pas leur reprocher de sortir des sentiers battus, ils sont si peu nombreux à le faire. Red Herring ne se laisse pas facilement apprivoiser mais la récompense est au bout de l’effort.
Oshyrya (7,5/10)
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Fromtape Records / 2015
Tracklist (40:35 mn) 01. Fly Away 02. Two Lives 03. Lied To Myself 04. Sunshine 05. Rich Man 06. Starlight 07. My Shooting Star 08. If I Die 09. U Want It 10. Soulmate 11. My Friend In Black
On ne le dit jamais assez mais une pochette soignée en dit long sur un album et le groupe qui lui a donné la vie. A la vue de ce visage sévère, de cet homme déterminé et sûr de lui, chacun comprendra que les français d’HARMORAGE ne sont pas venus amuser la galerie et se préparent à nous décocher mandales sur mandales afin de faire comprendre leur démarche et nous faire partager leurs revendications. L’aventure a commencé en 2004 sous l’impulsion de deux frères, Daniel et Nicolas Chalon. De cette association nait un premier album, Berserker en 2007. Ayant besoin de sang neuf et de camarades de jeu pour continuer à progresser et mettre en musique leurs ambitions, ils s’entourent progressivement d’une solide section rythmique basse / batterie en recrutant de nouveaux musiciens : Frédérick Fiaschi et Bertrand Minary. Le quatuor était alors à nouveau prêt à en découdre via un deuxième album, avec Psychico Corrosif.
En neuf nouvelles chansons, HARMORAGE déploie son idée d’un heavy métal rapide, fort et technique. Les Lyonnais cherchent l’efficacité et se moquent un peu des étiquettes. S’ils en ressentent le besoin ils vont joyeusement s’affranchir des étiquettes et des barrières stylistiques afin de mélanger riffs rock, thrash ou punk. L’essentiel est que la musique possède un caractère bien trempé et leur permette d’exprimer leur colère et leur rage. Et nos amis n’en manque pas, rien qu’à la lecture des paroles des chansons, vous comprendrez rapidement que les Lyonnais n’ont pas l’intention de vous parler des fleurs et des petits oiseaux ou des dragons et des nains du Seigneur des Anneaux. Ils ancrent leur propos dans le monde contemporain, dans le quotidien vécu par chacun de nous et prenne à cœur le devoir de révolte et de dénonciation si peu utilisé par les artistes. Les différentes compositions tournent autour des quatre minutes et évitent l’écueil de la dilution excessive du propos. HARMORAGE recherche avant l’impact et l’efficacité immédiate et ce format court et concis leur convient à merveille. Pas vraiment de temps mort tout au long de Psychico Corrosif, les salves s’enchainent les uns après les autres, les refrains claquent et les musiciens s’en donnent à cœur joie. La production est tout à fait correcte, rien à redire de ce côté-là.
HARMORAGE a mis tout son cœur et toutes ces tripes dans ce disque et cela s’entend. Leur hargne et leur motivation fait plaisir à entendre surtout que Psychico Corrosif tient franchement la route et n’a pas à rougir face à bien d’autres albums sortis ces dernières semaines. Les Lyonnais ne font pas dans l’esbroufe et le flamboyant mais agissent en professionnels. Un album très tout à fait recommandable.
Oshyrya (07/10)
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Autoproduction / 2015 Tracklist (40:37 mn) 01. Réveillons Nous ! 02. Psychico Corrosif 03. Le Fer Dans La Plaie 04. Scarifié 05. Je Condamne et J'accuse 06. Aurore Boréale 07. Images du Monde 08. Mon Anarchie 09. Droit et Fier
Oh quelle heureuse surprise de croiser ainsi la route de compatriotes. C’est vrai quoi, à force de chronique des groupes étrangers et ou des français de l’intérieur, mon Alsace adorée me manquait. Etant proche de l’Allemagne et de la Suisses, les métalleux alsaciens ont la chance de pouvoir profiter quasiment de toutes les belles tournées métal qui sillonnent l’Europe. Quelques groupes émergent de cette belle région et SMASH HIT COMBO est l’un d’eux. Originaires de Cernay, le sextet existe depuis 2004 et semble s’épanouir dans un crossover par définition très varié entre rap, métal, metalcore, djent… Ils comptent deux albums à leur tableau de chasse, No Life en 2009 et Reset en 2012. Voici la suite avec Playmore.
Il suffit de voir le titre des albums et des chansons pour comprendre que le groupe s’ancre dans la société contemporaine et joue avec les codes et les références populaires jeunes et geeks. Amateurs de mangas ou de jeux vidéo, vous risquez de sourire à plusieurs reprises devant l’invocation de tel ou tel titre (Dragon’s Lair pour les plus vieux). La recette de SMASH HIT COMBO reste à chaque fois assez similaire et a déjà fait preuve de son efficacité : des titres courts, rentre-dedans et bourrés d’énergies qui vous rentrent dans le crane rapidement pour ne plus vous lâcher. Le chant est majoritairement rapé, parfois hurlé, les riffs se font franchement incisifs parfois bourrins et les rythmes, boucles électro et les scratchs ne manquent pas. Tout cela pourrait donner un drôle de gloubi-boulga et pourtant la mayonnaise prend plutôt bien. Les allergiques au rap pourraient ne pas apprécier ainsi que ceux que la scène metalcore laisse de marbre. Ce dernier cas concerne votre serviteur et pourtant j’ai trouvé l’écoute de Playmore assez agréable. Au petit jeu des comparaisons, un LIMP BIZKIT vient à l’esprit même si la démarche n’est pas tout à fait la même. Le disque se tient bien même si une petite baisse de tension apparait lors des deux ou trois dernières chansons. Une petite lassitude apparaît alors et ces titres peinent à relancer la machine. Du côté du son et de la production en général, rien à redire, cela reste à la fois limpide et très dynamique.
Dans un genre, que certains qualifient de rapcore, finalement pas si courant que ça, les alsaciens de SMASH HIT COMBO font preuve d’un solide savoir-faire. La grande expérience scénique accumulée par le sextet en France, en Europe et même outre-Atlantique (au Québec) n’est sans doute pas étrangère à ce constat. Cette musique est faite pour être jouée en live où elle voit son impact décupler et génère beaucoup d’énergie. Avec Playmore, le groupe possède en tout cas de solides arguments à faire valoir.
Oshyrya (07/10)
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Slam Disques / 2015
Tracklist (42:23 mn) 01. In Game 02. Sous Pression 03. Baka 04. Quart de Siècle 05. Time Attack 06. B3t4 07. Animal Nocturne 08. Déphasé 09. Le Vrai du Faux 10. Irréversible 11. 48H (ft. NIJ)