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U.D.O. – Navy Metal Night

oshy_21082105_UDConstatant le rythme intense de parutions assurées par son label AFM Records, il y a de quoi légitimement se demander si U.D.O. ne serait pas devenu la vache à lait de sa maison de disque. Cette dernière semble prendre un malin plaisir à le traire au maximum dès qu’une nouvelle occasion se présente. Vu de France, nous n’imaginons peut-être pas la célébrité et le succès rencontré par le chanteur allemand en pays germaniques et en Europe Centrale et Orientale. Entre les albums studios et les disques live, c’est une voir deux sorties par an qui concerne de près ou de loin Dirkschneider. Et la suite arrive avec une tournée consacrée (pour la dernière) fois aux chansons d’ACCEPT qui a été récemment annoncée. Ne doutons pas que nous aurons là aussi droit à un témoignage en en son et en image d'ici quelques mois.

La suspect du jour se nomme Navy Metal Night et présente à tous, pour la postérité, le concert exceptionnel donné par les allemands en février 2014 en compagnie de l’orchestre de la marine allemande (Marinemusikkorps Nordsee). Comme bien d’autres avant lui, l’idée était de mêler heavy métal, chœurs et arrangements symphoniques. Sur le papier, le pari n’était pas gagné tant U.D.O. symbolise le heavy métal teuton le plus traditionnel. La cohabitation pouvait être assez sulfureuse voir totalement artificielle.

A l’écoute de cet album live on se dit que l’idée n’était finalement pas si idiote et que cela apporte un côté plus accessible et beaucoup plus mélodique aux chansons souvent assez basiques et ennuyeuses d’UDO. En effet, au bout de quinze albums, les allemands peinent à se renouveler. Donc pour ce concert, les allemands jouent le morceau comme prévu mais l’orchestre apporte sa touche tout au long des chansons, apportant orchestrations et fioritures. Le propos devient souvent alors bien plus sympathique et même le timbre éraillé et criard de Dirkschneider lasse moins. Seule la carrière solo de l’allemand se voir illustrer ici avec des extraits de ses grands albums surtout des débuts comme Animal House, Faceless World ou Solid sans que ne soit oublié non plus les quatre dernier opus. Profitant de la présence de l’orchestre, les compositions du répertoire classique parsèment le concert sans que les musiciens d’UDO n’interviennent. Cela amène de belles respirations et permettra à un plus large public de découvrir des merveilles comme ce "The Hall of the Mountain King" d’Edvard Brink. Dommage que "la Grande Porte de Kiev" de Mussorgsky jouée lors de ce concert ait été supprimée de l’album. Comme d’habitude lors de ces concerts exceptionnels, des guests interviennent. Ici c’est la reine Doro Pesch qui vient accompagner Dirkschneider sur « Dancing with An Angel » extrait de Man and Machine. Pas de surprise, cela passe bien, même si la chanson reste convenue et ne casse pas des briques.

Les albums live précédents d’UDO nous avaient largement laissé de marbre et il faut bien avouer que ce Navy Metal Night représente une expérience beaucoup plus agréable. La présence de l’orchestre casse le côté monotone des concerts des allemands et apportent une jolie originalité. Et cette expérience unique s’est finalement reproduite cette année au Wacken, cette fois-ci avec l’Orchestre des Forces armées allemande.

Oshyrya (07/10)

 

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AFM Records / 2015
CD 1:
Tracklist (49:10 mn) 01. Intro (Das Boot) 02. Das Boot 03. Future Land 04. Independence Day 05. Animal Instinct 06. The Hall Of The Mountain King 07. Heart Of Gold 08. Man And Machine 09. Dancing With An Angel (feat. Doro Pesch) 10. Faceless World
CD 2:
Tracklist (47:09 mn) 01. Ride 02. Days Of Hope And Glory 03. Cut Me Out 04. Trainride In Russia (Poezd Po Rossii) 05. Stillness Of Time 06. King Of Mean 07. Book Of Faith 08. Animal House

oshy_21082015_Diamo_DoAprès vingt-deux ans de carrière cette année, les Suédois de DIAMOND DOGS peuvent être légitimement considérés comme des vétérans de la scène rock scandinave. Et ils sont loin d’avoir chômé toutes ces années, publiant des disques avec une grande régularité. Pensez donc que ce Quitters & Complainers n’est pas moins que le dixième album. Ils ont droit à tout notre respect pour une telle longévité.

Le visuel de la pochette est assez original et un peu bizarre mais cela risque d’être la seule chose qui pourra vous surprendre sur ce disque. Le reste s’avère être d’un grand classicisme, un bon vieux rock and roll old school tel qu’il est pratiqué déjà depuis bien longtemps. Les Suédois ont su accumuler tellement d’expérience et de savoir-faire tout au long de ces années pour connaître toutes les ficelles du métier leur permettant de composer des chansons solides et professionnelles. J’aurais adoré écrire chansons accrocheuses mais malheureusement, c’est bien plus compliqué que cela. Oui effectivement, quelques riffs passent bien et quelques refrains claquent mais dans l’ensemble un fort sentiment d’ennui et une grande lassitude risque de rapidement s’emparer de l’auditeur. Sans démériter, les Suédois semblent avancer en pilote automatique et enchaîne les titres passe-partout oscillant entre le passable et le moyen. Nous étions en droit d’attendre beaucoup plus d’un groupe aussi installé, d’aussi expérimenté. Quitters & Complainers se traîne et peine à garder intact l’attention de l’auditeur. Autant comme fond sonore d’un bar enfumé très bien autant en journée à jeun, l »effet est bien moins convaincant. DIAMOND DOG laisse une impression vieillotte avec des chansons surannées que l’on a l’impression d’avoir déjà entendu des dizaines de fois. Tout n’est pas à rejeter, quelques passages passent mieux la rampe que d’autres mais dans l’ensemble ce dixième opus reste une déception. Les mauvaises langues diraient que pour compenser la qualité très perfectible de ce disque, un gros bonus a été ajouté sous la forme d’un second Cd bien touffu, un témoignage live du groupe sur scène à Bilbao. La prise de son s’avère très correct et les fans apprécieront ce bonus particulièrement généreux.

Sans doute DIAMOND DOGS est avant tout un groupe de scène qui donne sa pleine mesure une fois sur les planches. Dans des conditions live les chansons de ce Quitters & Complainers parviendront peut-être à prendre une autre dimension afin de susciter notre enthousiasme. En l’état, sur cd, le résultat n’est vraiment pas convaincant et laisse flotter une lourde odeur de naphtaline sur cette musique. Souvent je me sens trop vieux face à cette vague metalcore désespérante mais là, je me sens trop jeune.

Oshyrya (05/10)

 

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Livewire – Cargo Records / 2015

Tracklist (39:01 mn) 01. Runaway Romeo 02. Alright, Alright, Alright 03. Stop Barking Up The Wrong Tree 04. Broken 05. Silver Star Delight 06. Back To Babylon 07. Black Ribbons (For Magic) 08. Goodbye Troubled Soul 09. Rollercoaster 10. Out Of My Heart

Bonus CD ‘Let’s Have It – Live in Bilbao‘:
Tracklist (70:05 mn) 01. Bound To Ravage 02. Rush For Comfort 03. Every Little Crack 04. Goodbye Miss Jill 05. Autopilot 06. Lift It Up 07. Yesterday’s NYMPH 08. Honked 09. Raise A Holler 10. Brick Chase Bilbao (Jam) 11. Passing Through My Heart 12. Somebody Else’s Lord 13. On The Sunny Side Again 14. Sad To Say I’m Sorry 15. The Band 16. Wild Side Of Life 17. Don’t Turn Me Away 18. Not Guilty (Jam)

degreed – Dead But Not Forgotten

oshy_21082015_degreSans que ce soit forcément conscient mais il existe chez chaque artiste, et en particulier les musiciens, en eux l’espoir de marquer son époque et de rentrer dans une certaine forme de postérité. Etre reconnu de son vivant reste très important bien sûr ne serait-ce que pour vivre de son art mais résister au temps et survire à sa mort à travers sa musique, quelle plus belle réussite ? C’était al minute philosophie de comptoir de tonton Oshy mais cette idée m’a frappée alors que je découvrais la pochette et le titre du nouvel album des Suédois de DEGREED.

Le projet est né à Stockholm au début de l’année 2005. Avant même de publier leur premier opus, ils parviennent à tourner en Scandinavie et en Allemagne pris sous l’aile de groupes plus expérimentés. Ils partagent ainsi la scène de grands noms comme EUROPE ou TURBONEGRO. Après avoir engrangé une expérience et un précieux savoir-faire grâce à la scène, ils sautent dans le grand bainn discographique avec un premier disque Life, Love, Loss en 2010 et un second, We Don’t Belong en 2013. Les tournées s’enchainent et permettent de diffuser la musique des suédois à tous les fans européens de hard rock. La suite arrive cette année et s’appelle Dead But Not Forgotten.

A l’écoute de ce disque, composez des chansons à la fois bourrées d’énergie et accrocheuses ne semblent pas bien compliqué. Et pourtant cela nécessite un sacré talent et un solide savoir-faire. Dès la première chanson, « The Scam » tous les éléments du puzzle ne mettent parfaitement en place et l’auditeur amateur de pépite rock mélodique ne tardera pas à secouer la tête et taper du pied en rythme. Difficile de savoir si cela constitue logique de cette intense activité scénique inscrite dans les gênes du groupe depuis sa naissance, mais les brûlots super accrocheurs, d’une rare efficacité s’enchaînent rapidement sur Dead But Not Forgotten. Les refrains s’impriment presque immédiatement dans la tête et la musique hyper mélodique distille une énergie communicative. C’est un festival avec des chansons plus que recommandables comme « The Scan », « Better Safe Than Sorry » ou encore « Love Me, Love Me Not » ou « Face the Fact ». Le groupe semble prendre un plaisir fou et DEGREED parvient à distiller un sentiment très positif. Les thèmes abordés sont assez classique pour le rock mélodique, les relations sentimentales, les joies et les drames de la vie quotidienne. Les musiciens s’en donnent à cœur joie et font montre d’une belle maîtrise. En général, les chansons sont menées tambour battant, elles s’avèrent hyper mélodiques avec des claviers omniprésents aux côtés de la guitare. Oscillant entre trois et quatre minutes, les compositions s’avèrent directes et évitent de diluer inutilement le propos. Tout est limpide également au niveau du son et le chanteur Robin Ericsson, également en charge de la basse, réalise une très belle performance.

Avec Dead But Not Forgotten, les suédois de DEGREED réalisent presque un sans-faute. A l’exception de deux ou trois chansons plus classiques et un peu moins enthousiasmantes, l’album a de quoi faire frétiller tous les amateurs de jolies mélodie rock. Le défi n’était franchement pas simple mais il a été remporté haut la main. Voici la bande son parfaite de la reprise du boulot à la fin des congés d’été. Un bon moyen de conserver son énergie positive et afficher un large sourire.

Oshyrya (08/10)

 

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Sun Hill Production / 2015
Tracklist (53:53 mn) 01. The Scam 02. Face The Fact 03. Madness 04. Shame On Me 05. Better Safe Than Sorry 06. Love Me, Love Me Not 07. Drama 08. Kill Your Darlings 09. Touch Of Paradise 10. Forgive You 11. Start Again 12. Firefly 13. Final Ride 14. Turn Around, Don’t Back Down