Alors que NIGHTWISH change de chanteuse avec une grande régularité, son ancienne égérie, Tarja Turunen continue tranquillement son petit bonhomme de chemin de son côté. Vu de France, nous pourrions avoir l’impression que la carrière de la jolie finlandaise marque le pas et pourtant celle-ci écume les scènes du monde entier et semble avoir su fidéliser une solide base de fan. Comme son titre le suggère, ce concert a été enregistré le 27 mars 2011 au cours du What Lies Beneath World Tour au Luna Park de Buenos Aires en Argentine. Récemment les américains de DREAM THEATER ont également profité de la ferveur du public local immortaliser au même endroit un de leur concert.
Le disque est le troisième opus live de la finlandaise. Ce concert a eu lieu avant la publication de Colours in the Dark et contient donc presque essentiellement des extraits des albums My Winter Storm et What Lies Beneath. Bien sûr les interprétations s’avèrent solides et assez fidèles, aucune raison ici d’être déçus ou dépaysés si vous aimez ces chansons. Tarja est en voix et assure avec talent toutes les parties de chant. Elle bénéficie également d’une grosse production et donc sur le fond pas grand-chose à redire. Malheureusement pour elle, les deux points d’orgue de ce concert restent les deux reprises de tube de son précédent groupe « Stargazer » et « Wishmaster ». Les compositions solo de la chanteuse ne sont quand même pas du même niveau même si un titre comme « I Walk Alone » tient bien la route. Un medley de tubes internationaux s’avère assez amusant même si BON JOVI en version lyrique laisse perplexe. Côté son, rien à redire si ce n’est souvent un public trop présent. Beaucoup penseront avoir affaire à un bootleg de très bonne qualité. Cela vient peut-être de la drôle de démarche adoptée pour accoucher de ce disque. En effet Luna Park Ride a été filmé par les fans au stade avant que la piste son ne soit mixée par Tim Palmer à partir des enregistrements réalisés par le Luna Park. Votre serviteur n’a pas vu les images mais nous avons de quoi nous inquiéter du côté patchwork de vidéos non-professionnelles.
En dehors de ces défauts loin d’être anodins, le timing même de la sortie de ce live est bizarre, il renvoie à une époque désormais révolue et s’inscrit avant la sortie du meilleur opus de la finlandaise, Colours in the Dark. Comprenne qui pourra en dehors du besoin d’occuper le terrain avant les prochaines sorties discographiques. La version DVD et Blu-ray se justifie sans doute, plus ne serait-ce que pour les 70 minutes de bonus présentant différentes performances certaines plus récentes. Cela sent d’ailleurs comme une stratégie pour éviter les critiques sur le fond. La démarche s’avère quand même être bizarre… N’ayant pas vu les images ne feront pas de commentaire. Pour la partie audio uniquement, seuls les fans transis trouveront ici leur bonheur.
Oshyrya (06/10)
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earMUSIC / 2015 Tracklist (68:23 mn) 01. Dark Star 02. My Little Phoenix 03. The Crying Moon 04. I Walk Alone 05. Falling Awake 06. Signos (Soda Stereo cover) 07. Little Lies 08. Underneath 09. Stargazers 10. Ciaran’s Well 11. In For A Kill 12. Where Were You Last Night – Heaven Is A Place On Earth – Livin’On A Prayer 13. Die Alive 14. Until My Last Breath 15. Wishmaster
A la lecture de leur site internet et de leur biographie, il est évident que les Suédois ne STERBHAUS ne manquent vraiment pas d’ambition. Il qualifie leur musique du très modeste « Swedish Blackened Thrash/Death » et affirme leur ambition de proposer une synthèse de quatre grands courants métal : Thrash, Death, Black et Heavy Metal. Rien que ça ! Le groupe n’est pas ici à son premier méfait avec New Level of Malevolence. Le projet est né vers 2007 et accouche les années suivantes de deux démos. Après moult péripéties et changements de personnel, STERBHAUS entre dans les studios Abyss de Peter Tägtgren afin d’enregistrer leur véritable premier opus, Angels for Breakfast…. And God for Lunch.
Comme on peut le voir, le groupe instille une certaine dose d’humour dans leur démarche et cela reste rafraichissant au moment où tant de groupes prennent cela beaucoup trop au sérieux. Musicalement le résultat est loin d’être fou fou. Oui des éléments des genres cités ci-dessus sont bien présents au niveau du chant extrême ou des gimmicks de certains riffs mais le quartet peine vraiment à proposer des compositions racées et accrocheuses. La lassitude pointe rapidement le bout de son nez même si quelques passages ou breaks pourront vous faire sortir de la torpeur. Parfois amusant, le mélange des styles fini par desservir STERBHAUS par ce côté patchwork. New Level of Malevolence est un disque hétérogène, un patchwork pas toujours très heureux. Les chansons affichent une durée comprise entre deux et six minutes et oscillent entre le moyen et le pas franchement réussi. Cela reste plus qu’écoutable mais malgré de nombreuses écoutes, aucun charme n’apparait.
Les membres du quatuor ne sont pas des manchots, en plus de la basse Hammarström éructe bien comme il faut mais le soufflé retombe toujours assez rapidement. La pochette brillante et colorée signé de Gyula Havancsak fait son petit effet en attirant l’œil mais malheureusement plumage et ramage ne sont pas à l’unisson. STERBHAUS annonce monts et merveilles mais la réalité est plus cruelle. New Level of Malevolence ne casse vraiment pas trois pattes à un canard.
Oshyrya (5,5/10)
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Black Lodge – Killhead Productions – Sound Pollution / 2015
Tracklist (46:14 mn) 01. Grudgeholder + Hatemonger 02. El Giftus Satanus 03. Necrostabbing the Corpsefinder 04. Bloodbarf 05. Crossed and Pissed and Devoured 06. New Level of Malevolence 07. Baby Jee and the 3 Stalkers 08. The King of the Red 09. It Came from the Brain 10. The Grand Theology
Il serait juste de dire que la sortie de cet album des Suédois de MASTER MASSIVE est une belle preuve de persévérance. En effet, le groupe est né en 1993 sous l’impulsion du guitariste Jan Strandh. Avec ses petits camarades, il ressent rapidement l’envie de sortir des sentiers battus et d’enregistrer un opéra heavy métal. Mais ce projet, titré The Pendulum, ne verra finalement le jour que vingt-deux ans plus tard, en 2015. Les raisons de cet état de fait restent assez obscures et un nombre forcément conséquent de musiciens ont participé à un moment ou un autre à cette aventure. Espérons que le projet n’ait pas eu à en pâtir.
Les albums concepts, les opéras heavy métal, ne manquent pas, d’un vénérable OPERATION MINDCRIME de QUEENRYCHE au plus récent AVANTASIA de Tobias Sammet. L’exercice est particulièrement complexe et casse-gueule puiqu’il faut à la fois parvenir à composer des musiques attrayantes, une histoire solide, parvenir à coordonner les nombreux intervenants… Et cerise sur la gâteau ici, malgré tous les contacts dont disposaient MASTER MASSIVE, il fallait parvenir à boucler ce projet avec un budget forcément assez contraint.
Alors ce The Pendulum, une bonne pioche ? Et bien non pas vraiment. Le disque est assez long avec pas moins de dix-sept au compteur et l’auditeur aura franchement de quoi s’ennuyer sur la longueur. Le niveau général est plus que correct, les musiciens proposent de belles prestations dans l’ensemble manque dramatiquement de relief. Les compositions prises individuellement peinent à convaincre. En dehors de quelques traits de lumière, The Pendulum apparait monotone et terne. Il manque cette attractivité, ce supplément d’âme qui permet de s’enthousiasmer pour un album. Les bonnes surprises comme « Dear Aadham » ou « Sovereign Power » ne suffisent pas nous tenir en haleine. Sans vouloir être méprisant, les différents invités s’avèrent être des seconds couteaux et certains rencontrent quelques difficultés à se mettre au niveau. The Pendulum est un disque correct mais nous sommes loin de la maestria d’un SHADOWGALLERY période Tyranny ou d’un AYREON période Universal Migrator, histoire de prendre deux autres projets assez similaires à la démarche des Suédois. Nous sommes plus proche du Consortium Project de Ian Parry qui en dehors du premier opus a eu bien des difficultés à nous convaincre.
A l’image de sa pochette pas très avenante malgré les couleurs bien criardes utilisées, The Pendulum des Suédois de MASTER MASSIVE rate la cible et vogue la plupart du temps sur des flots peu engageants. L’effort et le travail fourni sont plus que respectables mais la mayonnaise ne prend jamais vraiment à quelques rares exceptions près. Tout ça pour ça, quelle déception !
Oshyrya (05/10)
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ViciSolum / 2015
Tracklist (70:43 mn) 01. The Pendulum 02. Time out of Mind 03. Aadham You Will Not Stand Alone 04. Four Dreams 05. The Monastery 06. I Am the Prior 07. Eye of Silence 08. Dear Aadham 09. Sovereign Power 10. The Media Palace 11. The One Chosen by the Gods 12. Hymn to Yellowhawk 13. Wishing Well 14. Broken Hearts 15. Dark Prophecy 16. Showdown 17. Elegy