Voici le retour des italiens d’EVERSIN avec un nouvel album sous le bras, Trinity: The Annihilation. Nous avions moyennement gouté le précédent méfait du quatuor, Tears On The Face Of God (chronique ici) qui avec son idée de nous proposer « le son de la guerre » nous avait en réalité plutôt cassé les oreilles. Et ce n’est pas fini puisque d’après le label, le nouvel album est le plus puissant et violent jamais publié par le groupe. Nous ne sommes pas sortis de l’auberge…
Oui ok votre serviteur n’est qu’un progueux sans âme et sans gonade mais j’ai beau essayer ces huit nouvelles compositions continuent à me laisser de marbre. Le propos d’EVERSIN s’avère bourrin, pas accrocheur pour un sou, les transalpins jouent la carte de l’agressivité pure et directe sans aucun grâce ni feeling. Les riffs restent massifs mais ne font preuve ni d’originalité ni d’un attrait particulièrement agréable. L’offensive de nos cages à miel débute dès la première seconde et se terminera qu’après quarante minutes d’un voyage déprimant au possible. Les chansons se ressemblent beaucoup et aucune innovation ou surprise ne viennent rompre cette monotonie. Bien sûr nous ne nous n’attendions pas à trouver une ballade au sein de ce maelstrom de violence mais une pointe de finesse et de subtilité à travers des breaks ou des changements de rythmes auraient été bienvenue. Seul « Chaosborn » parvient à s’extraire très légèrement de la masse avec quelques touches plus accrocheuses ici et là. Mentionnons la présence sur Trinity: The Annihilation de deux guests : James Rivera chanteur de HELSTAR et du guitariste Glen Alvelais (ex-FORBIDDEN et TESTAMENT). La prestation du premier s’avère assez énervante avec ces montées des montées dans les aigues assez peu esthétiques. Dernier point, la production générale de l’album est loin d’atteindre des sommets, on croirait attendre ces chansons depuis un aquarium et le son manque nettement de force et de clarté.
Le label recommande EVERSIN aux fans de SLAYER, ANNIHILATOR, DEATH ANGEL, TESTAMENT. Pas sûr que cette comparaison serve vraiment les transalpins tant ce disque semble être loin des standards de ces groupes de référence. Ils magnifient tous le violence de leur propos par un technicité et un son aigu de la chanson qui claque et déboite. Trinity: The Annihilation ne joue clairement pas dans la même division.
Oshyrya (05/10)
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My Kingdom Music / 2015
Tracklist (40:28 mn) 01. Flagellum Dei 02. Fire Walk With Me 03. Chaosborn 04. We Will Prevail 05. Crown Of Nails 06. Beneath The Atomic Sun 07. Litanies Of War 08. Trinity
Ce groupe italien CRAVING 4 COFFEINE pourrait, rien que sur son nom assez original, rassembler pas mal de monde derrière lui. Votre serviteur en premier, vue la quantité de café qu’il ingurgite chaque matin. Nous avons ici affaire à un du rock alternative /métal composé de Simone "Poca" Matteucci (guitare and chant) et Francesco "Anzwer" Spaggiari (batterie). Né en 2011, le projet prenait la forme d’un trio avant que le bassiste ne parte vers d’autres cieux, accaparé par d’autres projets. Mais loin de freiner les ambitions du duo restant, cet écueil a su, au contraire, débrider leur créativité et développer l’usage de sonorités électroniques pour donner vie à leur ambition. Un premier EP, 1st Craving, voit ainsi le jour en février 2013. Deux ans plus tard, arrive la suite de leurs aventures sous la forme de cet album, Disturbing the Neighborhood.
Enfin album, c’est un peu vite dit. CRAVING 4 COFFEINE livre ici huit chansons mais mises bout à bout cela ne représente que vingt-huit maigres minutes. Les titres proposés se veulent courts, directs et sans fioritures ni longueurs excessives. Des gros riffs tranchants déchirent les enceintes, supportés par la puissance de la batterie, et le chant grave de aidés Matteucci. Les transalpins injectent ici et là des touches électros histoire de renforcer les atmosphères et donne plus de corps et de consistance à leurs chansons. Reconnaissons que ces chansons sont souvent assez agréables et attrayantes et qu’elles s’enchainent facilement sans faute de goût ni temps mort. Mais cela n’empêche pas une certaine lassitude de s’installer avec l’impression d’écouter des variations d’une même recette. Cela fini par gâcher un peu le plaisir. Le son est correct, assez brut mais disons que CRAVING 4 COFFEINE a dû faire avec les moyens du bord et que cela reste tout à fait acceptable.
Evidemment, ce rock burné et solide possède effectivement un sacré potentiel pour secouer tout le voisinage. Il faut saluer le travail réalisé même si cela reste déjà maintes fois entendu et sans grande originalité. Mais nous avons déjà écouté bien pire, les transalpins sont sur la bonne voie.
Oshyrya (6,5/10)
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This is Core / 2015
Tracklist (27:56 mn) 01. No Compromise 4 02. Early Reflections 03. Say Goodbye 04. Payback 05. Portrait 06. Love Killer 07. Growing 08. Electr_1
Fiers membres de la très dynamique scène métal du Nord de l’Italie, en particulier en Lombardie, THE ERASED est né en 2007 à Milan. Cet EP, So Far, est loin d’être la première sortie des italiens qui comptent déjà à leur actif les albums Life is Pain Then We Die et The Image of the Beast. Le trio évolue depuis ses débuts dans une veine Cross-Over / métal assez surprenante et rafraichissante.
Le menu du jour reste assez limité avec une intro instrumentale et trois chansons à se mettre sous la dent. Avec « So Far » l’univers étrange du groupe apparait sous nos yeux, mélodies à tiroirs, rythmes syncopés, étranges et chant protéiforme de Roberto Genoni. Cela ne manque pas de panache et de charme mais tout le monde n’adhérera pas à cette démarche. La basse se fait super massive et très expressive, joli contrepoint des riffs de guitare et des frappes lourdes de la batterie. THE ERASED se joue des ambiances pour surprendre et tisser une tapisserie originale, à la fois sombre et lumineuse. « The Bottom of your Empty Soul » débute dans le calme avant de sombrer dans un drôle de chaos. L’ombre d’un SYSTEM OF A DOWN apparait parfois au loin… « The Belly Dancer » finira de brouiller les cartes laissant apparaitre, encore une fois, un maelstrom pas très simple à cerner.
La production parfois assez brute n’aide pas non plus à entrer dans l’univers des transalpins mais leur démarche artistique elle-même en laissera plus d’un sur le carreau. Mais les fan de cette école Cross-over ont l’estomac solide et feraient bien de laisser une chance à THE ERASED. Votre serviteur est, quant à lui, resté sur le quai.
Oshyrya (5,5/10)
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This is Core / 2015
Tracklist (14:47 mn) 01. Underwater 02. So Far 03. The Bottom of your Empty Soul 04. The Belly