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Dygitals – Dynamite

oshy_14062015_DygitaLes plus connaisseurs (terme poli pour ne pas dire les plus vieux hein) d’entre vous doivent déjà bien connaitre le nom de nos compatriotes de DYGITALS. En effet, le premier pas du groupe francilien date de février 1984 et ils ont les années suivantes, écumés toutes les salles de France et de Navarre. Malgré une solide carrière entre 1984 et 1990, il n’existait que peu de traces discographiques du groupe à l’exception de divers démos ou contributions à certaines compilations. Le groupe disparait en 1990 pour renaître de ses cendres en 2009 sous l’impulsion de Hervé Traisnel (chant) et Alain Clouet (batterie). Après bien du travail, un premier album, Avé, sort chez Brennus Music en octobre 2012. Les voici déjà de retour, motivés à l’idée de rattraper le temps perdu, avec Dynamite signé au sein du prestigieux label Mausoleum Records.

La pochette de ce disque a au moins l’avantage d’être claire et de fixer de suite l’ambition du groupe. DYGITALS ne fait pas dans la dentelle et assène un Hard-Rock/Heavy Metal racé et diablement efficace. Dans un style entre NWOBHM et heavy métal à l’allemande, le quintet n’amuse pas la galerie et enchainent à haute vélocité les différentes salves. Le savoir-faire est évident et montre un groupe au meilleur de sa forme. Tout le groupe agit comme un seul homme, au diapason avec des guitaristes, David Dugaro et Jean-Marc Lavayssiere tranchants et appliqués qui se voient efficacement soutenus par une section rythmique basse/batterie d’une rare précision. Cerise sur le gâteau, Hervé Traisnel a accepté la lourde charge d’insuffler une âme à cet ensemble et le bougre s’acquitte plutôt bien de sa tâche. Difficile ainsi de résister au groove et au feeling d’un « 30 Years of Rock », au chœur et au refrain fédérateur d’un « Dynamite ». Les compositions sont assez courtes et calibrées autour des trois/quatre minutes et écrivent ainsi de diluer excessivement le propos. Pas de fioritures ou de glaçage inutile ici, DYGITALS va à l’essentiel et ne cherche pas à masquer la réalité. Dans leur plus simple appareil, ça passe ou ça casse mais le risque était bien calculé. Les franciliens avaient confiance en leur talent et en leur potentiel. La production est bonne, le son est clair bien que parfois assez brut de décoffrage.

Le groupe DYGITALS a beau avoir bien de la bouteille et de l’expérience il fait montre d’une belle énergie et d’un solide enthousiasme. Comme si, après des années de galère au cours des années 80, les français voulaient vivre à fond leur passion sans s’inquiéter du lendemain. L’âge apporte souvent cette sagesse, ils ont tous déjà fait leur vie professionnelle et peuvent désormais ne penser qu’à prendre du plaisir. Sans révolutionner le genre, Dynamite s’avère être un album solide qui mérite sa place dans la discographie des amateurs de heavy métal made in France.

Oshyrya (07/10)

 

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Mausoleum Records / 2015

Tracklist 01. Dynamite 02. 30 Years Of Rock 03. No Speed Limit 04. Sin City 05. Everybody Knows 06. Will You Help Me 07. No Way Out 08. We Wanna Live Free 09. Don't Want To Let You Down 10. End Of The Story

Ten – Isla de Muerta

oshy_07062015_TeAvec l’arrivée de ce nouvel album, beaucoup vont avoir quelques raisons de se poser légitimement la question de savoir si Gary Hugues ne serait pas en train de confondre vitesse et précipitation. Après des hauts et des bas ces dernières années et de longues années de silence, voici que le britannique publient coup sur coup deux disques. En effet cet Isle de Muerta arrive moins d’un an après un Albion honnête et agréable (chronique ici) mais qui restait quand même assez éloigné des fastes d’antan. Il serait idiot de critiquer la créativité débordante de notre ami si la qualité est au rendez-vous.

Une impression de déjà-vu

Il suffit de voir la pochette et d’écouter les premières mesures de « Bucaneers » pour comprendre que TEN nous invite cette fois-ci à un voyage mythique au grand large en compagnie des pirates. Ce n’est pas au douzième album que le groupe allait changer de propos et d’orientation, les compositions se veulent toujours ultra-mélodiques et accessibles dans cette veine hard FM/AOR traditionnelle. Gary Hugues a fait preuve de sa maîtrise et de son talent depuis quelques décennies maintenant et plusieurs des chansons de cet album méritent le détour : « Dead Men Tell No Tales » ou « The Dragon And Saint George » montrent le visage d’un TEN en grande forme, racé et efficace à travers des refrains accrocheurs et une joli maîtrise technique. La paire de guitaristes Dann Rosingana et Steve Grocott s’en donnent à cœur joie et multiplient les passes d’armes. Darrel Treece-Birch derrière ses claviers n’est pas en reste et se mêlent régulièrement à ces joutes musicales. D’un autre côté, les britanniques pêchent invariablement pas un côté trop facile comme le prouve aisément le premier single, « Tell Me What to Do » trop évident, sucré au possible et d’un kitsch total. Dommage, car TEN excelle dans les titres grandiloquents et ambitieux. Dans son ensemble, Isla de Muerta tient la route mais comme d’habitude depuis plusieurs albums, l’enthousiasme des débuts se désagrège progressivement et cède la place à une certaine indifférence.

Le drame de Gary Hugues

Avec un marché du disque tendu et pléthorique, les groupes se doivent désormais d’occuper au maximum le terrain pour sans cesse se rappeler au bon souvenir des fans. C’est chose faite pour TEN qui publie deux albums en moins d’un an. Avec le recul, nous aurions pu avoir un très bon album si le meilleur des deux opus avait été rassemblé en un unique album contenant les chansons les plus convaincantes. Les britanniques auraient alors frappé un grand coup. Diluées ainsi l’impression finale est bien plus mitigée. Voici une belle illustration du drame artistique de Gary Hugues, il a souvent semblé favoriser la quantité à la qualité.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Rocktopia Records / 2015

Tracklist (64:09 mn) 01. (i) Buccaneers (Instrumental) (ii) Dead Men Tell No Tales 02. Tell Me What To Do 03. Acquiesce 04. This Love 05. The Dragon And Saint George 06. Intensify 07. (i) Karnak (Instrumental) (ii) The Valley Of The Kings 08. Revolution 09. Angel Of Darkness 10. The Last Pretender 11. We Can Be As One (European Bonus)

The Big Jazz Duo – Enemy

oshy_10062015_Th_Bi_JazNe vous fiez pas aux apparences, les italiens de THE BIG JAZZ DUO ne sont absolument pas ce qu’ils prétendent être. Pour résumer en quelques mots, il ne s’agit pas d’un duo mais d’un quintet originaire d’Alessandria en Italie et vous ne trouverez rien de jazz là-dedans mais plutôt neuf salves destructrices Deathcore/Death Metal. Quand je vous disais que l’habit ne faisait pas le moine dans ce cas-ci.

Le groupe est jeune puisque l’aventure n’a débuté qu’en 2013. Très rapidement, cette même année, les transalpins se font remarqués et signent avec Fire Was Born Records pour oublier un premier EP titré Of Imperishable Heroes. Cette belle carte de visite leur permet de multiplier les opportunités scéniques en compagnie de leurs camarades de BETRAYING THE MARTYRS ou encore SKYHARBOUR. Finalement, en 2015, ils franchissent le Rubicon et grave sur bande un premier album qui nous occupe aujourd’hui, Enemy.

Alors on ne va pas se mentir, THE BIG JAZZ DUO ne fait pas la dentelle, le subtil, le mélodieux et le doux. Dès les premières secondes de « Limbo » et pour la demi-heure qui suit, tout le monde aux abris devant la violence de l’offensive. Pour mes chastes oreilles, au moins l’épreuve reste courte avec neuf titres et à peine 30 minutes de sévices. Mais il serait malhonnête de ne pas remarquer que les italiens font preuve d’un savoir-faire certain pour pondre des riffs tranchants typés Death et que la section rythmique basse/batterie martèle comme si elle était damnée. Dans ce maelström de violence calculée une certaine complexité apparait, quelques orchestrations viennent apporter une épaisseur et ampleur supplémentaire aux chansons. Les atmosphères s’avèrent obscures, inquiétantes tout en conservant l’attrait et la séduction du plus profond obscure. Techniquement parlant rien à redire, chaque musicien assure une belle prestation et Thomas Franceschetti growle comme un chef.

Enemy n’est pas un album à mettre entre toutes les mains. Vous avez intérêt à avoir l’estomac bien accroché pour profiter au maximum des offensives italiennes. Malgré son approche extrême mais le disque reste soigné sur le fond mais aussi sur la forme avec un son puissant et clair rajoutant encore à l’efficacité de la déflagration. La joli pochette en plus ne gâche rien. A découvrir.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Fire Was Born Records / 2015

Tracklist (31:23 mn) 01. Limbo 02. The Shepherd 03. Descent 04. RavenHeart 05. All Those Who Wander Are Lost 06. The Hollow Sunset 07. Haunted 08. The Three Beggars 09. This Darkest Hour