A en croire divers media, voici THE LAZYS, la dernière sensation rock venue du pays de nos amis les kangourous. Alors que les parrains du genre, AC/DC, sont en pleine tournée en ce moment même dans nos contrées. L’aventure a débuté en 2007 en Nouvelle-Galles du Sud. Avant d’entamer la conquête de l’Europe, les wallabies peuvent fièrement afficher un large ayant réussi à faire une belle sensation outre-Atlantique au Canada. Ils présentent déjà un joli palmarès avec trois EPs et un premier album, Prison Earth, publié en 2010. Ce disque éponyme s’avère être le premier mis en boite en dehors de l’Australie. Il a été enregistré principalement à Brooklyn.
La tracklist de cet album résume bien le propos: douze chansons pour moins de quarante minutes. La majorité des titres tournent autour des trois minutes, l’idée est vraiment de multiplier les chansons fortes, directes qui doivent obtenir l’adhésion de l’auditeur en quelques secondes, en quelques riffs et refrains accrocheurs. Le format très radiophonique n’est pas non plus un hasard alors que les australiens mettent le paquet sur le marché nord-américain. Musicalement parlant, rien à redire, la tradition est respectée à l’image de ce que propose un AIRBOURNE, tout se veut ici ramené au rock le plus simple et le plus traditionnel. Si tu ne sifflotes pas la mélodie, ne tapes pas du pied et ne secoues pas la tête, nos amis ont échoué dans leur quête artistique. Et disons que THE LAZYS montre un certain talent dans cette démarche, il est quasi impossible de faire preuve d’originalité mais certaines mélodies et refrains touchent franchement la cible. Je pense ici à un “Shake It Like You Mean It” mené pied au plancher ou encore “ Wild Heart Races” dans un registre plus posé et profond. L’ombre des géants du rock australien plane forcément sur THE LAZYS mais on fois cette donnée intégrée et acceptée, tout se passe pour le mieux à l’écoute de cet album.
On pourrait s’étonner de la longue période de silence discographique des australiens depuis Prison Earth. Et pourtant THE LAZYS a eu le courage de faire les choses posément, de ne pas brûler les étapes. Ils ont profité de s ces années pour multiplier les concerts et ainsi encore parfaire leur style et leur identité musicale. Amateurs du bush, vous avez ici la bande son parfaite de vos longues traversées des forêts, bois et broussailles du sud-ouest australien. L’avantage c’est que cela fonctionne tout aussi bien dans la jungle du périph’ parisien parmi les animaux sauvages à deux ou quatre roues.
Oshyrya (07/10)
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Bad Reputation / 2015
Tracklist (39:12 mn) 01.Show Me What You’re Made Of 02. Shake It Like You Mean It 03. Really Ready 04. Love Your Gun 05. All Fire Up 06. Let You Down 07. Howling Woman 08. Wild Heart Races 09. Hard Luck 10. Punk Come’n Get Me 11. Love Sick Boy 12. Anxiety
Il y a quelques mois de cela, nous avons eu l’opportunité de mettre la main et de chroniquer le nouvel album des italiens de FUROR GALLICO, Songs From The Earth (chronique ici). Ce fut une bonne surprise et son label, Scarlet Records, nous offre la possibilité de redécouvrir le premier opus éponyme sorti à l’origine en 2010. Toujours intéressant de voir les racines d’un groupe et mesurer son évolution en cinq ans de temps.
Lors de ma précédente chronique, je citais plusieurs fois les suisses d’ELUVEITIE et il serait franchement difficile de ne pas penser à ces derniers à l’écoute de cet album. Dès « Venti Di Imbolc », on se dit que les transalpins ont dû beaucoup écouter Slania (2008) et Evocation I – The Arcane Dominion (2009). Le mimétisme est assez frappant avec la touche d’originalité supplémentaire vient du chant parfois en italien pratiqué par FUROR GALLICO. Ce n’est pas si courant dans une musique qui évoque plus les contrées celtes, les iles britanniques ou encore la Gaule. Il faut quand même reconnaître que nos amis s’en sortent plutôt bien malgré cette ressemblance appuyés (touches folk très nombreuses, mélange entre les types de chants clair et hurlés…). Le sens de la mélodie et du refrain qui claque surprenne agréablement, le tout servi par un son puissant et une production limpide. Les orchestrations à l’aide d’instruments traditionnels sont légions et peuvent également invoquer sous nos yeux l’ombre d’un IN EXTREMO ou d’un SALTATIO MORTIS. Les compositions s’enchainent avec naturel et il faudrait faire preuve d’un manque flagrant de sensibilité pour ne pas régulièrement taper du pied et secouer la tête. Tout un chacun sentira bien que les transalpins ont fait un effort particulier pour varier les ambiances et les rythmes, parsemant le disque de courts interludes histoire de faire respirer (ou danser selon le cas) l’auditeur.
Avec ce disque, il n’est pas étonnant que FUROR GALLICO ait su impressionner l’agent d’ELUVEITIE. On peut penser que sans les multiples écueils qui ont freiné son évolution, les italiens auraient pu enchainer beaucoup plus rapidement un second album et surfer sur la vague celtique dans la vague des Suisses. Cinq années ressemblent à une éternité dans le petit monde de la musique.
Oshyrya (07/10)
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Scarlet Records / 2015
Tracklist (59:49 mn) 01. Intro 02. Venti Di Imbolc 03. Ancient Rites 04. Cathubodva 05. The Gods Have Returned 06. Golden Spiral 07. Curmisagios 08. Miracolous Child 09. Medhelan 10. Bright Eyes 11. La Caccia Morta 12. Banshee 13. The Glorious Dawn
Les amateurs de power métal symphonique ont forcément suivi les aventures des transalpins de SECRET SPHERE au début de la décennie 2000. Dans la foulée des LABYRINTH et VISION DIVINE, les italiens avaient su marquer les esprits en montrant un beau potentiel à travers ses deux premiers opus. La suite allait s’avérer un peu moins flamboyante et des une alternance de hauts et de bas forcément préjudiciable. Histoire peut-être de recapturer la magie des débuts, SECRET SPEHERE a pris la décision de réarranger et réenregistrer son deuxième album, A Time Never Come, publié à l’origine en 2001. Et puis le label de l’époque, Elevate Records, a disparu depuis bien longtemps. Assez bizarrement, les transalpins semblent avoir totalement occulté leur premier disque, Mistress of the Shadowlight (1999). Il s’agissait en effet d’une repompe en règle de leurs compatriotes de RHAPSODY qui cartonnaient alors et pourtant la qualité était vraiment au rendez-vous. L’album n’apparait même pas dans leur discographie officielle sur leur site internet.
Portrait Of A Dying Heart (chronique ici) s’était avéré être une sortie assez convaincante, et les curieux pouvaient se demander le chanteur actuel, Michele Luppi, allait s’approprier ces chansons. Roberto "Ramon" Messina est un très bon chanteur et sa succession ne sera pas simple. Sur la forme, la pochette a été entièrement redessinée par Nathalia Suellen (DARK MOOR, ALMAH). Le résultat est honnête mais il me semble moins convaincant que le visuel de l’édition originale. Le mixage quant à lui a été assuré par Simone Mularoni (DGM) aux Domination Studios. Sur la balance, cette version 2015 accuse environ quatre minutes de plus. A l’écoute, les différences sont nombreuses mais n’attendez pas non plus de révolution. Je dois bien avouer rester circonspect devant cette démarche. SONATA ARCTICA a tenté le pari récemment avec son cultisme Ecliptica (chronique ici), et le résultat s’est avéré être une déception. Rien de tel ici car A Time Never Come conserve toutes ses qualités mais l’impression que finalement ce coup de ravalement de façade quinze ans après ne se justifie que moyennement. Luppi est plutôt bin, il l’a déjà prouvé par le passé mais encore une fois Messina avait lui aussi super bien assuré à l’époque. Le titre le plus fort de l’album « Under The Flag Of Mary Read » reste très bon et l’approche plus mélodique et moins directe, rock de Luppi n’apporte pas une valeur ajoutée évidente. A ce jeu-là, tout le monde pourrait multiplier les versions alternatives, chaque chanteur apporte forcément un peu sa patte.
Avec le recul, je trouve que cette tendance à vouloir réenregistrer les disques du passé est un très mauvaise idée à moins que l’original ne souffre de grosses tares liées à un manque de moyen ou d’accès à certaines technologies à l’époque. Cela pourrait éventuellement être acceptable pour résoudre des problèmes de droits liés à d’anciens labels déraisonnables mais à part cela, la démarche ne peut mener qu’à la déception des fans. Et je ne suis pas sûr que cela puisse vraiment attirer à un groupe un nouveau public. Vieux con et nostalgique, je préfère l’original et je ne suis donc pas malheureux de le posséder dans ma collection. Sinon You tube reste mon ami. Si vous êtes fan, conserver précieusement votre exemplaire de l’époque.
Oshyrya (05/10)
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Scarlet Records / 2015
Tracklist (58:26 mn) 01. Gate Of Wisdom 02. Legend 03. Under The Flag Of Mary Read 04. The Brave 05. Emotions 06. Oblivion 07. Lady Of Silence 08. The Mistery Of Love 09. Paganini's Nightmare 10. Hamelin 11. Ascension 12. Dr. Faustus