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01. Nous nous étions vu en 2013 pour la sortie d’IRON MASK. Quoi de neuf depuis ?

Dushan : Un nouvel album ! Après la sortie d’IRON MASK nous avons pu donner quelques concerts mais finalement mais choisi de travailler très tôt sur ce nouvel opus de MAGIC KINGDOM. J’avais déjà pas mal d’idées sous la main au moment de la sortie de l’autre disque en 2013.

 

02. Comment te sens-tu à quelques semaines de la sortie de Savage Requiem ?

Je dois dire que je suis très content, les gens qui aiment l’album l’apprécie vraiment beaucoup, il n’y a pas de demi-mesure. Bien sûr nous ne pouvons pas plaire à tout le monde et certains n’apprécieront pas mais nous restons bien confiants et tous ceux que j’ai rencontrés aujourd’hui à travers cette journée promo ont été enthousiastes. Nous sommes restés fidèles à nos idées et à notre marque de fabrique. Mais tu ne sais jamais comment vont réagir les gens.

Quand je compose j’essaye toujours de faire au mieux et de donner mon meilleur mais il n’y a pas de recette miracle. Les chroniques publiées jusqu’à présent me poussent à l’optimisme. Avec l’expérience tu peux ressentir au sein d’un disque les chansons qui pourront avoir un bel impact et celles qui mettront plus de temps à être acceptées. Après avoir composé quelques titres speed, tu veux to poser et alterner avec un titre plus calme. Un album s’avère être, en réalité, un exercice d’équilibriste entre les ambiances et les rythmes. Il faut de la variété.

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03. Que peux-tu nous dire des sessions d'enregistrement de Savage Requiem ? Tu as enregistré dans quatre endroits différents ?

Oui le nouveau batteur étant anglais (Michael Brush), nous sommes allez là-bas pour mettre en boite les batteries à Birmingham. C’est un très bon musicien, il s’est préparé pendant six mois et était fin prêt au moment d’enregistrer. En deux jours tout était réglé. Nous sommes revenus en Belgique, entretemps j’ai finis mes guitares, la basse et les orchestrations. Le chanteur (Christian Palin) est venu de Finlande en Belgique et nous sommes tous partis en Italie pour enregistrer le chant.

J’ai confiance dans l’ingénieur son là-bas et nous avions déjà bossé avec lui sur le dernier IRON MASK. Et puis c’est un endroit super, près de la plage donc après le boulot tu peux en profiter. J’ai bien aimé cette façon de faire car rien ne remplace de voir le chanteur faire ses prises en face de toi. Tu juges ainsi mieux et te permet d’avoir encore plus d’énergie et de passion sur l’album au final. Je pense continuer à bosser de cette manière avec le même ingénieur son. Nous avons peut-être une possibilité d’obtenir la collaboration d’un orchestre du Sud de l’Italie pour enregistrer les orchestrations et donc cette perspective fait vraiment envie. On verra.

 

04. Tu nous disais en 2013 : « Cette fois-ci je présenterai huit ou neuf chansons plus de titre de trente minutes ultra-orchestré. J’espère proposer un bon album de speed symphonique ». Pari tenu ! Pourquoi était-ce important pour toi ne pas tomber dans la démesure d’un titre fleuve ?

L’album précédent de MAGIC KINGDOM était double avec un titre de trente minutes. J’étais alors aller au bout de cette idée et cela n’aurait eu que peu d’intérêt ici. Là je voulais revenir à la base et à des choses plus simples et directes. Cela ne présage pas de la suite car si je parviens à bosser avec un orchestre de nouvelles perspectives s’ouvriront alors à moi. Pour ce disque je voulais un disque proche de ceux des années 80 avec huit ou neuf morceaux pointus, soignés. Que le fan puisse avoir le plaisir de réécouter tous ces titres, tous très bons, encore et encore sans se lasser. Et il faut donc que ce ne soit pas trop long, que tu puisses l’écouter partout, dans ta voiture…

Et il était temps d’avoir un nouvel album de MAGIC KINGDOM, le dernier quand même de cinq ans ! Composer n’est jamais facile, cela peut-être aussi compliqué de proposer une chanson courte et attrayante qu’une longue pièce complexe. Tu ne cherches pas à atteindre les mêmes objectifs dans les deux cas. Pour les titres fleuves les orchestrations sont complexes, entremêlées et les couches doivent s’harmoniser entre elles. Dans les deux cas, je me lance un défi et je donne mon meilleur. Nous voulions ce disque direct, rentre-dedans, « in your face » malgré une dimension néo-classique très marquée.

 

05. Au niveau du chanteur, as-tu recontacté Olaf Hayer ?

Oui j’ai parfois de ses nouvelles mais là ce n’était pas possible. Il a eu des problèmes familiaux et donc ce n’était pas tant qu’il n’était pas disponible mais plutôt qu’il est un peu déconnecté. Pour l’instant je pense qu’il est en dehors de tout cela et cela fait longtemps qu’il ne fait pas de la musique professionnellement. Et moi je ne peux plus me permettre d’attendre encore cinq ans. J’avais envie d’un gars avec de la passion.

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06. Tu as presque changé de chanteur avec presque chaque album. Est-ce un besoin pour toi ?

Non ce n’est pas voulu, plutôt subi. Je veux désormais que le mec avec qui je bosserai en live, il soit sur le cd. Les gens finissent à la fin par avoir une mauvaise image du groupe car ce ne sont jamais les mêmes par rapport au disque qu’ils ont aimé. Je voulais revenir à l’esprit des débuts, une équipe soudée, ensemble, des frères qui jouent dans des grands clubs ou des petites salles. Mais avec certains gars ce n’était pas possible. Pareil pour IRON MASK.

 

07. Pourquoi avoir fait le choix de Christian Palin (ex-Adagio) comme chanteur ? Ce dernier ne semble pas très stable et Stéphan Forté n’avait à l’époque pas de mots assez durs contre lui. Cela s’est-il bien passé ?

Je ne sais pas, je le connais de réputation. Maintenant à l’époque Christian était fort jeune avec ADAGIO. Je pense que maintenant il est plus calme, il s’est assagi et je n’ai pas eu de mauvaise surprise jusqu’à présent. Il est calme, il écoute ce que je lui dis et l’enregistrement s’est bien passé. On verra ce qu’il nous réserve ne live. J’espère qui ne va pas trop déconner. C’est un mec qui a du cœur et vraiment un bon fond. Maintenant il peut toujours péter un plomb. Peut-être qu’il se soigne aussi (rires) ! Pour l’instant tout va bien.

 

08. Tu reviens avec régularité tous les 5 années avec un nouvel album de MAGIC KINGDOM sous le bras. Est-ce le délai idéal pour toi pour te ressourcer et retrouver l’inspiration ?

C’est le hasard car comme je te le disais le deuxième album était prêt à peine un an après le premier. Mais avec les problèmes légaux que nous avons eus il a pris du retard. Et puis l’album d’IRON MASK a vraiment bien fonctionné ensuite et donc on a joué partout. Il me faut aussi du temps pour composer mais ce sont principalement des aléas de la vie et du business qui explique ce délai assez long. Il était temps d’avoir un MAGIC KINGDOM après deux albums consécutifs d’IRON MASK. Je ne sais pas de quoi sera fait le futur, je me fixe le défi de bosser sur les deux projets en parallèle mais cela s’annonce ardu.

Il est important pour moi de vraiment séparer les deux projets car chacun évolue dans un style propre même si la famille s’avère être la même. IRON MASK est plus hard rock parfois FM alors que MAGIC KINGDOM prend une orientation plus speed et symphonique. Quand je compose je me fixe sur un genre et quand je compose pour IRON MASK je ne peux pas faire du MAGIC KINGDOM et inversement. Pour le prochain IRON MASK j’ai déjà une composition de prête et aussi le titre de l’album. On verra.

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09. Que peux-tu nous dire de la pochette, comment et pourquoi travailler avec Stan W Decker ? Est-ce important pour toi de maintenir une identité visuelle différente pour tes deux groupes (Genzoman pour IRON MASK) ?

Son nom ne le dit pas mais l’artiste pour MAGIC KINGDOM est français. Et oui il est important pour moi de bien séparer les deux univers visuels. Pour MAGIC KINGDOM notre mascotte est plutôt à chaque fois un dragon. Après deux albums d’IRON MASK ou j’ai collaboré avec Genzoman je voulais avoir quelqu’un d’autres pour MAGIC KINGDOM. Cela donne un souffle d’air frais et c’est une belle pochette. Je lui ai dit que je voulais un dragon qui explose une cathédrale et il est revenu avec cela. Nous l’avons alors retravaillé pour ajouter des anges par exemple. Difficile parfois de tout caser mais il a fait du très bon boulot.

 

10. Vous tournez régulièrement des clips. Quid de cet album ?

Oui c’est prévu et d’ailleurs c’est déjà mis en boite. Cela devrait bientôt arriver. Il s’agit de la chanson « Dragon Princess ». Nous avons fait à l’ancienne dans une tour du XIIIème siècle. Le tournage a eu lieu en décembre et nous avons gelé dans les environs de Bruxelles. Pas de fond vert mais un décor réel. Ce n’est pas la grande production hollywoodienne mais cela reste un beau produit.

11. Comme pour IRON MASK, tu as changé de label pour MAGIC KINGDOM laissant Limb Music pour passer chez AFM Rec. Décidemment ce sont tes nouveaux partenaires….

Avec Limb ce fut intéressant pour une certaine période du groupe mais finalement le label est devenu plus petit qu’avant, il investissait moins. Etant déjà chez AFM avec IRON MASK j’ai pris ma chance et heureusement ils ont accepté et nous ont aussi signés. Sinon je serais peut-être en train de chercher un label. Cela s’est fait vite, il avait apprécié notre collaboration sur IRON MASK, ils utilisent le même distributeur que Limb en Allemagne, Soulfood, et donc pouvaient avoir les chiffres pour juger en connaissance de cause. Ils avaient l’historique. Et ils nous ont autorisés à proposer nous-même une version collector très limitée dédié aux fans purs et durs. Tout est dispo sur mon site et notre page Facebook.

 

12. Qui s’est chargé des claviers sur cet album ? Tu avais fait appel à Philippe Giordana (FAIRYLAND) pour le précédent…

Non c’est moi qui m’en suis chargés, Christian aussi pour quelques petites parties ici et là. A l’origine Giordana devait aussi s’en chargé mais il a eu un accident et n’était plus disponible. Mais apparemment il va mieux, je le lui souhaite en tout cas. Je suis déjà intervenu en guest pour des groupes pas très connus, des solos par exemple. Quand j’ai le temps j’accepte avec plaisir.

 

13. Quelle est la suite ?

Pouvoir jouer le plus possible car nous aimons vraiment cet album-là. Pour moi, c’est vraiment un des tout meilleurs que j’ai pu proposer. Nous travaillons avec le label pour monter une tournée à l’automne avec d’autres groupes mais rien n’est encore gravé dans le marbre. Nous avons un line-up solide, celui qui apparait sur le disque et je suis confiant.

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

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Serpentine – Circle of Knives

oshy_03052015_SerpentiA la lecture de sa biographie, ont peut aisément affirmer que le groupe SERPENTINE a déjà côtoyé et écumé la scène AOR / rock mélodique britannique dans tous les sens sans que ce parcours ne soit un long fleuve tranquille. Tout commence en 2007 de la rencontre entre la claviériste Gareth David Noon, le bassiste Gareth Vanstone, le guitariste Chris Gould et le chanteur Tony Mills. Ce dernier était déjà bien connu des aficionados pour ses apparitions avec SHY et TNT. De cette collaboration nait un premier album, A Touch Of Heaven en 2010 puis Living & Dying in High Definition (chronique ici) l’année suivante. Après moult changement de chanteurs et de bassiste, SERPENTINE recrute Adam Payne derrière le micro et Owen Crawford à la basse. S’étant lié d’amitié avec Gary Hughes (TEN) lors d’une précédente tournée, ils décident d’enregistrer leur nouvel album, Circle of Knives, chez ce dernier au Doghouse Studio à Blackpool.

Depuis Living & Dying in High Definition, les britanniques n’ont pas changé le fusil d’épaule et continuent de s’épanouir dans une veine AOR / Hard FM loin d’être désagréable. Très typé années 80, ces chansons donnent la part belle aux claviers qui restent très présents tout au long du disque aux côté des guitares. Votre serviteur aime cela surtout quand ils sont intelligemment utilisés pour donner encore plus de rythme et une touche mélodique supplémentaire aux diverses chansons. SERPENTINE ne révolutionne pas le genre mais reconnaissons qu’ils font preuve d’un solide savoir-faire dans le genre. Histoire de plaire à l’amateur indécis, les britanniques ont positionné d’entrée leurs compositions les plus fortes puisque Circle of Knives s’ouvre avec un « Season of the Witch » puis un « La Tragedienne » tous les deux franchement convaincants, rapides et accrocheurs à souhait. Mis ainsi dans de bonnes conditions, en confiance, tout un chacun pourra apprécier le reste de l’album qui se déploie avec naturel, sans faute de goût ni anicroches. Les ressemblances avec le TEN de Gary Hugues sont légions, pas étonnant qu’ils se soient tous bien entendus. Rien à redire du côté de la production et pourtant tout aurait pu rapidement mal tourner. SERPENTINE avait sollicité les services de Neil Kernon pour mixer le disque mais rapidement le résultat ne correspondait pas à l’attente du groupe. Finalement, Sheena Sear qui s’était déjà chargé de la production et du mixage des deux précédents opus, est appelé à la rescousse et finalise le travail.

Les tournées de SERPENTINE aux côté de CRASHDIET puis TEN semblent avoir été fructueuses pour les britanniques qui signent ici un bel album. Ils ont encore gagné en expérience et ont su ainsi éviter de renouveler les écueils du passé. Circle of Knives est plus homogène que son prédécesseur et surtout il tient la longueur. Tout n’est pas génial mais le groupe n’est pas retombé dans la facilité après des premières chansons tonitruantes. Joli coup, messieurs.

Oshyrya (7,5/10)

 

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AOR Heaven / 2015

Tracklist (53:53 mn) 01. Season of the Witch 02. La Tragedienne 03. Forever 04. The Hardest Fall 05. Bleed 06. Where Does Your Heart Beat Now? 07. Bound By The Strings of Discord 08. Circle Of Knives 09. Such A Long Way Down 10. Suicide Days

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01. Pouvez-vous présenter le groupe et ses membres ? Pourquoi avoir changé de nom pour passer de SNAKEBITE à STONEGHOST ?

Jason: Alors moi je suis Jason Smith le chanteur et voici Cris Finniss à la batterie. Manque ici avec nous Jamie Nash à la basse et Andrew Matthews notre guitariste. Le nom de SNAKEBITE date déjà de bien longtemps. A l’époque j’avais 15 ans et je fréquentais pas mal les bars. Je ne sais pas si vous buvez cela en France mais en Grande-Bretagne il s’agit d’un cocktail fait à base de bière, cidre et un peu de cassis. Et je te pris de croire que je ne buvais que cela à l’époque. Et j’avais donc 15 ans, assis dans un bar et alors que je cherchais le nom d’un groupe, ce cocktail s’est imposé à moi.

Cris: Et je te prie de croire que c’est difficile de se faire connaître et se faire remarquer quand tu t’appelles SNAKEBITE car ce nom s’avère beaucoup trop commun. Le label nous a même dit qu’ils ne nous auraient pas signés si nous avions conservé ce nom. Si tu tapes « Snakebite » dans un moteur de recherche sur internet tu as des dizaines de milliers de réponses et nous ne serions jamais apparus parmi les premiers. La leçon que nous avons apprise et de ne pas choisir le nom d’une boisson pour ton groupe, mauvaise idée.

Jason: Changer était aussi un moyen pour nous de grandir et de sortir de cette adolescence. Nous avions vieillis nous avions des responsabilités familiales, il nous fallait gagner notre vie et voir si nous pouvions vivre de cette activité artistique. Donc nous nous sommes dits, nous ne décollions pas vraiment avec SNAKEBITE, asseyons une dernière chose, changeons de nom, redémarrons l’aventure et alors nous saurons si nous avons un avenir dans ce business. Nous avons mis tous les atouts de notre côté en bossant avec un très bon producteur et le sort en était jeté.

 

02. Le nom est-il une référence à ce système de surveillance global entre USA, UK, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande ?

Jason : (rires), si nous avions des cerveaux fonctionnels, nous aurions pu délibérément choisir ce nom pour faire référence et dénoncer ce type de systèmes. Mais en toute honnêteté, il s’agit là d’un pur hasard. C’est tout d’abord le nom le plus cool que nous avons pu trouver et le seul qui ne semblait déjà associé à aucun autre groupe.

Cris : En réalité le nom d’un groupe n’est finalement qu’une étiquette pour la musique que propose ton groupe. Donc il fallait que cela sonne bien, nous n’avons pas cherché midi à quatorze heure pour trouver un nom très symbolique avec beaucoup de sens caché.

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03. Votre second album sort en avril, quel est votre sentiment vis à vis de cette nouvelle aventure ?

Jason : La situation est plus compliquée que cela. Ce qui sort en avril c’est bien notre premier album mais cette fois-ci réédité par notre nouveau label. Mais notre sentiment est un peu fou. Jusqu’à présent tous les retours ont été positifs. Bien sûr nous sommes nerveux, en particulier aujourd’hui car nous n’avons jamais ait cela, nous produire en live à la télévision (Une dose de métal sur l’Enorme TV). Devoir interpréter dans les conditions du direct ne m’inquiète pas, nous en avons l’habitude et nous sommes performants mais ajouter à cela la vidéo complique les choses. Tu peux alors être scruté pour tous les détails. L’expérience fut très intéressante et enrichissante et si l’avenir tourne dans notre sens nous pourrions bien nous prêter souvent à ce type d’exercice.

Cris : Et nous faisons cette première en France, à Paris, au sein de la seule émission métal dans le paysage audiovisuel national s’avère extraordinaire pour nous. C’est une grande fierté pour nous.

Jason : Malgré mes inquiétudes, nous n’aurions jamais refusé de faire cette émission et d’apparaître ainsi en vidéo mais ce fut une première pour nous et la nervosité entre nous a atteint des sommets. Ce stress peut te galvaniser et te pousser à donner une prestation encore meilleure ou il peut te paralyser. C’est très différents de la scène devant un public car les gens en face de toi s’investissent et il y a un échange d’énergie, tu peux t’appuyer sur les réactions ou le regard des gens. C’est la première fois que nous sommes sous les lumières d’un show TV donc pour nous cela représente vraiment une belle étape de notre carrière. Une fois l’image enregistrée elle ne t’appartient plus et donc il y a parfois de quoi devenir un peu parano…

 

04. De votre point de vue, quelles sont les évolutions majeures entre Created from Nothing et New Age of Old Ways ?

Jason : Avant, avec SNAKEBITE, nous faisions d’énormes efforts pour sonner comme ci ou pour sonner comme ça. Nous voulions sonner métal, nous voulions donner aux gens ce qu’ils avaient envie d’entendre. Mais au bout d’un moment tu te rends compte que cela ne fonctionne pas ainsi. Tu grandis, tu gagnes en maturité. Avec New Age of Old Ways nous avons arrêté d’agir avec cette mentalité et nous avons composé ce que nous voulions, en nous disant que si le résultat contenait la passion et l’énergie que nous sommes capables d’y insuffler, les fans seraient heureux. Nous avons décidé simplement d’être honnêtes, d’être nous-mêmes en arrêtant de nous prendre la tête. Si j’avais l’envie de mettre un putain de chœur de gospel sur tel ou tel refrain et bien je le faisais. Qui aurait le droit de nous dire il faut ceci ou cela alors que nous sommes les compositeurs et les paroliers de nos chansons ? Et nous n’avons pas eu peur de mettre beaucoup de diversité dans notre musique. Nous avions peur que les gens nous reproche cette approche éclectique mais en réalité ce fut l’inverse, cela a joué pour nous. Ensuite certains aimeront d’autres pas et ce n’est pas si grave. Certains nous ont dit qu’ils détestaient l’album sauf une chanson (rires) !

Criss : De mon point de vue, beaucoup de groupes contemporains que l’on peut écouter actuellement sur les ondes suivent des tendances qui sont sensés plaire aux gens. Si un groupe dans un genre rencontre le succès, d’autre vont tenter de copier la même recette. JE ne pense que nous ayons peur de la réaction des gens, de savoir s’ils aimeront ou pas. Si cela ne leur plait pas, que peux-tu y faire ? Il faut d’abord que nous soyons heureux et fiers nous-mêmes du résultat et ensuite, espérons, les fans. Nous sommes un groupe de métal, du rock n’roll si tu veux et nous ne voulons pas être coincés dans une boite disant groupe hardcore. Nous composons ce que nous voulons composer.

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05. Vous avez travaillé avec un producteur très expérimenté, Russ Russell (NAPALM DEATH, EVILE, DIMMU BORGIR…). Comment cela s’est-il passé et qu’avez-vous appris ?

Jason : Ce fut une très belle expérience et pour être transparent cela n’a pas été forcément notre choix, nous avons fait confiance à notre manager qui nous a conseiller de bosser avec lui. Il nous a dit que si voulions maximiser nos chances pour cette dernière tentative, c’était la bonne personne qui allait faire un super boulot. Et nous avons fait confiance, nous voulions simplement pouvoir jouer notre musique pas perdre du temps à chercher le bon producteur. Et ce fut un choix sage car Russ parvient à te faire sortir le meilleur de toi. Sans agressivité ni malice, il te pousse dans tes derniers retranchements. Avant d’entrer en studio pour enregistrer mon chant j’étais au milieu de ma période SOUNDGARDEN avec un Chris Cornell au sommet de son art. Et donc en studio j’ai essayé un peu de copier ce dernier sur mes prises de chant.

Et Russ m’a vite calmé et ramené à la réalité, me demandant d’utiliser l’ensemble de ma voix, pas que mes notes les plus hautes mais aussi profiter de mon registre plus grave. Et je le remercie pour cela car désormais je connais ma zone de confort vocale et les erreurs que je peux facilement commettre. Je sais où je peux être le plus performant. Russ te donne son opinion te propose de faire les choses d’une autre façon mais si tu ne veux rien entendre il fera comme tu le souhaites, même s’il pense que tu as tort. Il discute beaucoup, tente d’orienter les choses mais il n’impose rien. Et si tu restes sur ton idée il fera de son mieux pour que celle-ci sonne du mieux possible.

 

06. Comment se passe le chimie dans le groupe pour composer ? Le compromis reste la règle ou un des membres du groupe impose son choix ?

Jason : Nous discutons beaucoup entre nous dans notre local dans de répétition, toutes les semaines jusqu’à ce que tout le monde soit heureux et fiers du résultat. Bien sûr cela amène des disputes, parfois épiques, mais cela ne dure pas. En fois la solution trouvé, nous restons meilleurs amis et après quinze minutes nous allons tous boire une bière ensemble. Nous crevons l’abcès immédiatement. Et c’est grâce à ce fonctionnement, parfois long et compliqué, que nous avons pu progresser et atteindre notre statut actuel.

 

07. A propos des paroles, pensez-vous avoir par ce biais un devoir moral ou social en tant qu’artiste, dénoncé telle chose ou tel évènements ?

Jason : Tu ne trouveras pas un message unique comme un fil conducteur sur la totalité de cet album. Chaque titre raconte sa propre histoire et véhicule donc certains sentiments, certaines leçons. Cette variété est importante à mes yeux, je ne voudrais pas diffuser qu’un message unique. Sur une chanson comme « Let Sleeping Beasts Lie » je regrette un peu le temps où le monde recelait encore bien des mystères et les histoires, superstitions que se créaient les gens pour vivre dans ce monde. Comme à l’époque médiévale par exemple. Actuellement, et de plus en plus, nous ne découvrons plus rien sur notre planète et au contraire nous allons explorer Mars ou l’espace en général. Une certaine magie a disparu.

Par contre, « Faceless Ghost » s’avère être un titre beaucoup plus personnel, où je fais part de mes peurs et de l’insécurité que je ressentais alors car j’allais être père et que j’allais avoir encore plus de responsabilités. Finalement ce fut une bénédiction car j’ai été obligé de faire le point sur ma vie, savoir ce que je voulais faire et le chemin que je devais alors emprunter. Je pesais le pour et le contre quant à ma présence au sein de STONEGHOST, savoir si le groupe devait ou pas faire partie de mon futur. Mon engagement devait être total ou cela ne valait pas la peine.

Criss : Au niveau des paroles bien sûr nous en discutons entre nous mais Jason garde la décision finale pour cet aspect-là. Mais pour répondre à ta question, j’écoute moi-même des groupes qui ont su me faire apprendre certaine chose mais ce n’est pas notre responsabilité d’enseigner quoi que ce soit aux gens. Nous ne pouvons qu’exprimer ce que nous pensons de telle ou telle réalité. Et si quelqu’un peut progresser à l’écoute des paroles de Jason, ce n’est pas une mauvaise chose. Il est naturel que celui qui chante soit en charge des paroles et puisse ainsi croire en ce qu’il chante.

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08. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette ?

Jason : Je suis l’auteur de l’ensemble des visuels de l’album et par chance notre label Mascot a accepté que je me charge de cet aspect-là. Nous avons un control complet au niveau créatif. En fait j’ai redessiné la pochette pour cette réédition. Ces chansons ont déjà environ un et demi et à l’époque j’avais effectivement proposé cette tête de Méduse. Quand Mascot nous a approchés pour rééditer le disque, nous avons dit ok mais je voulais refaire la pochette. En tant qu’artiste, tu deviens rapidement sensible à tous les détails et ce premier dessin réalisé dix-huit mois plus tôt ne me convenait plus.

Entretemps j’étais devenu meilleur, avec plus de technique et je voulais utiliser ces progrès. En fait la pochette n’est en réalité qu’un petit morceau d’un dessin beaucoup plus grand et tu pourras voir la scène complète en dépliant l’album une fois celui-ci sorti. Le dessin complet est assez grand, il m’a fallu un mois pour en venir à bout. Tout a été fait aux crayons. Je l’ai fait encadrer et il est exposé chez moi.

 

09. Que pensez-vous de la scène britannique ?

Criss : La situation est difficile et il me semble que vous gérez cela bien mieux sur le continent. En Allemagne le public aime la musique métal et donc les groupes sont soutenus et les catégories ou les étiquettes ont moins d’importance. Il est fatiguant d’être constamment rangé dans un tiroir et de ne pas pouvoir en sortir. Nous faisons du rock, avec l’assurance de passer un bon moment, avec beaucoup d’énergie à partager. Donc écoutes, profites et bourres-toi la gueule, tu auras passé une bonne soirée.

Jason : L’avantage outre-Manche c’est que, quand le public t’aime, ils deviennent vraiment dingues. Sinon ils te regardent poliment et rien ne se passe. Quand nous avons fait le Wacken, les gens ne nous connaissaient pas et pourtant ils se sont investis dans notre concert, sautaient partout et ce fut un super concert.

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Et enfin "Le Quizz de Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est ta chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Jason : “In The Woods Somewhere” d’HOZIER

Criss : impossible à dire.

 

02. Premier album rock acheté ?

Jason : Cowboys from Hell de PANTERA

Criss : The End Of All Things To Come de MUDVAYNE

 

03. Dernier album acheté ?

Jason : le dernier Ozzy

Criss : AMERICAN HEAD CHARGE, le dernier EP, Shoot, je crois

 

04. L’étincelle qui a créé ta volonté d’être un artiste ?

Jason : Régulièrement Roadrunner proposait un DVD de ses groupes. Et je me souviens d’un clip de TYPE OF NEGATIVE « Black N°1 » très impressionnant ! Cela m’a donné envie avec cette voix si grave…

Criss : MUDVAYNE sans aucun doute, leur DVD

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l’album ici

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