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oshy_08032015_Th_Midnigh_Gho_TraiL’histoire entourant la création du groupe THE MIDNIGHT GHOST TRAIN est loin d’être commune. Tout a commencé le 1er août 2007 alors qu’un certain John Goff était déclaré mort. Comme l’effet papillon si connu, cet événement enclencha une série d’évènements qui finirent par déboucher sur la création d’un nouveau groupe par Steve Moss, le meilleur ami de Goff. A travers sa musique, Moss tente de laisser une trace et de maintenir vivante la mémoire de son ami. Et l’aventure continue depuis ce temps-là et sept ans plus tard voici le power trio de retour avec un troisième album sous le bras, Cold Was The Ground.

Des débuts, Moss reste le seul rescapé et le seul capitaine de ce train fou lancé sur les routes principalement américaines. Ils n’auront pas ménagés leur peine toutes ces années, enchainant les tournées et les concerts partout où c’était possible. Il faut bien dire que par leur approche directe et sans concession, THE MIDNIGHT GHOST TRAIN a de solides arguments à faire valoir. Ce nouvel opus démarre de la meilleure façon, par une petite bombe stoner rock du titre de « Gladstone ». Toute la magie et la puissance séductrice des américains se voient ici résumées en presque quatre minutes. Prenez un riff pachydermique, lourd et épais, ajoutez lui une belle batterie, une basse groovante à souhait et le timbre de voix ultra masculin de Moss et vous obtenez un cocktail à la fois épicé et capiteux du meilleur effet. Ces bases rock classiques seront finement enrichies de touches sudistes, d’une pincette de blues et d’un son gras à en décorner les bœufs. Les différentes chansons évitent tout le superflu en allant directement à l’essentiel. Ne cherchez pas midi à quatorze heure, seul le heavy rock le plus pur vous sera ici proposé. Les mandales s’enchainent et l’auditeur en redemande. Le trio parvient à tisser un panorama subtil, entre lourdeur, ténèbres et colère sourde. L’intensité de ce Cold Was The Ground risque de filer la chair de poule à plus d’entre nous.

Chapeau bas pour la production ultra massive de ce disque qui colle parfaitement à la démarche et l’esprit des américains. THE MIDNIGHT GHOST TRAIN s’apparente à un rouleau-compresseur lancé à tout allure. Cachez les femmes et les enfants, les américains ne feront pas de quartier. Tous aux abris !

Oshyrya (7,5/10)

 

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Napalm Records / 2015

Tracklist (39:38 mn) 01. Along The Chasm 02. Gladstone 03. BC Trucker 04. Arvonia 05. One Last Shelter 06. The Canfield 07. Straight To The North 08. No. 227 09. The Little Sparrow 10. Twin Souls 11. Mantis

Oceans Ate Alaska – Lost Isles

oshy_08032015_Ocean_At_AlaskReconnaissons aux groupes de metalcore un vrai talent pour trouver des noms improbables mais d’une rare efficacité. Et cerise sur le gâteau, ils semblent apporter une attention très particulière à leurs visuels souvent très soignés et accrocheurs. Les britanniques d’OCEANS ATE ALASKA se conforment à ces deux règles avec un premier album, Lost Isles. Les anglais font référence au plus grand tsunami jamais enregistré (524 m de haut !), un « megatsunami » qui s’est produit en 1958 et a frappé Lituya Bay en Alaska. Un journal avait alors titré « Les océans ont mangé l’Alaska ». Originaire de Birmingham, le quintet est né en 2011. Ils franchissent rapidement les étapes pour signer après mloins d’un an d’existence avec Density Records en 2012. Avec ce label, ils publients deux EPs cette même année: Taming Lions et Into the Deep. Nous jetterons un voile pudique sur leur contribution à la compilation Punk Goes Pop 6 de leur nouveau label Fearless Records. Faire une reprise du « Drunk in Love » de BEYONCE ne peut être qu’une très mauvaise idée.

Malheureusement, mon enthousiasme sur la forme allait fondre comme neige au soleil devant le metalcore super cliché distillé par les anglais. Nous serons d’accord pour dire que nos amis savent générer un sacré boucan mais il sera ardu de retrouver ses petits dans cette tempête hétérogène construite sur tous les clichés du genre. Oui les riffs sont bourrins et saccadés à souhait, oui les musiciens font preuve d’une certaine maestria technique, oui le chanteur crache ses poumons à longueur de chansons mais une fois tout ça pris en compte, il ne reste pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les titres sont courts et s’apparentent à de belles mandales assénées les unes après les autres mais vous risquez de vite vous lasser à moins d’être particulièrement maso. Je me suis en tout rapidement fatigué tant OCEANS ATE ALASKA manque cruellement de personnalité et de caractère. Imiter, même avec un certain talent, les petits camarades ne suffit pas et Lost Isles tourne en rond sans pouvoir obtenir l’adhésion de l’auditeur. La lune de miel n’aura duré qu’un bref instant, à notre grande déception, le ramage des britanniques est loin d’être aussi prometteur que leur plumage. A moins d’être un adolescent en pleine crise de rébellion, passez votre chemin, vous gagnerez ainsi du temps et de l’argent.

Oshyrya (04/10)

 

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Fearless Records / 2015

Tracklist (44:18 mn) 01. Fourthirtytwo (Intro) 02. Blood Brothers 03. High Horse 04. Vultures and Sharks 05. Downsides 06. Floorboards 07. Linger 08. Equinox (Interlude) 09. Part of Something 10. Over the Edge 11. Entity 12. Lost Isles 13. Mirage

Stömb – The Grey

oshy_08032015_StomAvant de devoir rédiger à longueur d’année des chroniques, je ne me rendais pas compte à quel point il peut être rassurant et sécurisant de recevoir le énième nouvel album de tel groupe déjà bien connu et installé publié par tel label lui aussi déjà bien connu et installé. En effet, l’auditeur que nous sommes avant tout se retrouve alors en terrain connu et la chronique s’écrit souvent toute seule. L’album répond-t-il aux critères du groupe en question, montre-t-il une progression quelconque… Mais quand nous recevons le cd d’un petit label indépendant ou pire, en autoproduction, le mystère reste entier avant d’avoir enfourné la galette dans le lecteur. Et là le meilleur comme le pire peut sortir des enceintes et il nous faudra deux fois plus de temps et d’écoutes pout se forger une réelle opinion avant de coucher ces mots sur le papier.

Je me suis retrouvé dans cette situation en recevant chez moi ce The Grey des parisiens de STÖMB. L’objet est plutôt joli tout en restant mystérieux. Saluons l’effort réalisé par nos compatriotes pour proposer, sur la forme au moins, un disque attrayant via ce joli digipak. Ce disque prend la succession d’un premier EP, Fragment, sorti en avril 2013. Après un gros travail et histoire d’enfoncer le clou et de confirmer le potentiel dévoilé via l’EP, les parisiens s’en reviennent avec dix nouvelles compositions sous le bras. On ne vous ment pas sur la marchandise, la pochette de ce disque vous donnera une bonne idée sur le voyage qui vous attend au moment où vous prendrez votre courage à deux mians et que vous accepterez de vous immerger dans The Grey.

Les premières écoutes de cet album sont franchement bluffantes, STÖMB frappe très fort d’entrée et risque d’en scotcher plus d’un. Le quatuor fait preuve d’une maitrise et d’un savoir-faire très impressionnant. Le talent est évident et le groupe se fait un malin plaisir à tisser sous nos yeux ébahis une tapisserie sonore à la fois sombre, complexe et diablement séduisante. Alors oui il s‘agit d’un métal progressif très technique, virevoltant, mais l’exercice n’est pas du tout stérile. L’affiliation à la sphère djent semble évidente tant les parisiens font feu de tout bois avec une jolie maestria. L’ambiance est loin d’être joyeuse même si une certaine lumière apparait ici et là au bout du tunnel comme sur « Veins of Asphalt ». Beaucoup de fans fuient les albums instrumentaux de peur de s’ennuyer à cent sous de l’heure. Et il est difficile de leur donner tort tant cet exercice s’avère casse-gueule. Mais sur The Grey, STÖMB a su intelligemment éviter cet écueil en alternant les atmosphères, les rythmes et les ambiances. Malgré une durée totale de plus d’une heure, le disque passe avec naturel. L’auditeur sortira de cette écoute passablement secoué mais avec le sourire, prêt à replonger dans ce maelström.

Les influences sont assez évidentes et le quatuor ne s’en cache pas. Citons entre autres MESHUGGAH, TOOL et TESSERACT. Mais ces modèles ont été intelligemment digérés et réinterprétés pour accoucher d’un The Grey à la fois, riche, complexe et d’une effrayante efficacité. Si comme moi les circonvolutions stériles d’un PERIPHERY vous ennuyent eu plus au point, STÖMB saura vous rassurer et vous redonner un peu de foi dans cette scène djent plus portée sur l’auto-masturbation égoïste que sur le plaisir de l’auditeur. Un sacré disque !

Oshyrya (08/10)

 

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Autoproduction / 2015

Tracklist (68:56 mn) 01. The Complex 02. Rise from Nothing 03. Veins of Asphalt 04. Corrosion Juncture 05. The Crossing 06. Under the Grey 07. Terminal City 08. The New Coming 09. Genome Decline 10. Only an Echo