RELOAD est un groupe Heavy Rock mélodique originaire de Grèce. L’aventure a débuté à Larissa à l’été 2012 autour de Teo Ross (ex-DIARY OF SECRETS), Tasos Lazaridis, Marianiki Toka (NORMAH), Kostas Tokas (POWER CRUE) et Elias Papadopoulos (ISOSPIN). Hotter than A Bullet s’avère être leur premier opus et ce disque a été mis en boite sous l’aile protectrice du musicien et producteur grec de renom Bob Katsionis (FIREWIND, OUTLOUD). La sortie dans leur pays d’origine de ce disque date d’un an mais désormais l’Europe entière va pouvoir en profiter.
Et il suffit d’écouter quelques fois ce Hotter than a Bullet pour affirmer avec conviction que nos amis hellènes possèdent de solides argument pour se faire connaître d’un large public. Ils sont expérimentés et connaissent sur le bout des doigts les grands classiques. A moins de tomber dans un mimétisme bête et méchant, les parrains hard-rock ont bien des leçons à donner aux jeunes groupes en devenir. RELOAD a puisé son inspiration chez les EUROPE, SCORPIONS, GOTTHARD, WHITESNAKE ou encore JADED HEART pour se forger un son et une identité. Ils ne proposent rien de bien révolutionnaires mais démontrent un solide talent pour pondre de jolis riffs et quelques refrains à même de faire mouche. Finalement la seule véritable petite déception réside au niveau de la performance de Kostas Tokas derrière le micro. Sa performance reste honorable mais il manque nettement de puissance pour ce genre heavy rock et sa voix un peu fluette ne sert pas efficacement les différentes compositions. Il donne beaucoup de lui-même mais la mayonnaise peine à prendre. Un chanteur plus puissant aurait pu emmener ces chansons à un niveau encore supérieur. Mais il serait injuste de le vouer aux gémonies, il doit lui aussi apprendre et continuer à progresser.
Hotter than a Bullet reste un album appliqué et sérieux qui affiche quelques beaux moments. Il manque quand même ce petit je-ne-sais-quoi, cette touche magique qui fait des groupes citées ci-dessus des références depuis des décennies. Aucune chanson n’émergent réellement de la masse et il reste un net goût d’inachevé dans la bouche à la fin de l’écoute. Mettons cela sur l’inexpérience et la jeunesse de ce groupe. Il faut déjà du courage et du talent pour composer, enregistrer et publier un premier opus. Nous leur laissons pour l’instant le bénéfice du doute et attendons la suite des événements pour nous forger une opinion plus définitive.
Oshyrya (5,5/10)
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ROAR Records / 2015
Tracklist (43:55 mn) 01.Give into the night 02. Superhero 03. Comeback 04. Longin’ for your love 05. Candle in the night 06. Alone 07. Higher 08. Prince of steel 09. Survive 10. Fight
Il est assez étonnant de constater le mimétisme conscient ou inconscient entre certains groupes pourtant déjà très expérimentés. Prenez l’exemple des suédois de THE STORYTELLER qui nous occupe aujourd’hui. Ce ne sont pas des perdreaux de l’année, l’aventure ayant débuté à la fin de la décennie 90 avec un premier opus publié en 2000. S’enchainent alors trois albums et un EP avant que tout s’arrête en 2006 de l’initiative de son leader L-G. Persson. Il faudra six ans de plus pour que l’envie revienne et qu’il décide de relancer la machine en 2013 avec Dark Legacy. Voici la suite sous la forme d’un nouvel album, le sixième, appelé Sacred Fire.
Donc les suédois ont de la bouteille et pourtant, au bout de deux minutes l’ombre des géants de la NWOBHM et en particulier de SAXON plane lourdement sur ce disque. La faute sans doute à L-G Persson lui-même dont le timbre de voix ressemble irrésistiblement à Peter 'Biff' Byford. Et comme THE STORYTELLER évolue dans une veine Power Métal pas si éloigné des standards des britanniques, la comparaison devient une évidence. Et THE STORYTELLER a des armes pour faire face à ce défi. Ils n’innovent pas du tout mais font preuve d’un savoir-faire certain pour proposer douze chansons archi-classiques mais plutôt solides. Les riffs claquent plutôt bien et les refrains se laissent apprécier avec une certaine satisfaction. Ajoutez à cela quelques jolis soli et des chœurs guerriers en veux-tu en voilà et vous obtenez un plat déjà gouté encore et encore mais qui reste gouteux sur la longueur. On se croirait revenu quelques années en arrière, THE STORYTELLER a repris son chemin, très ancré dans les années 90, là où il s’était arrêté en 2006. Les chansons sont travaillées et calibrées autour des quatre minutes pour faire leur petit effet, l’entreprise est menée pied au plancher et il faudra attendre « Coming Home » pour pouvoir prendre sa respiration. Le reste s’apparente à cavalcade Power Métal assuré avec la l’agressivité et la quantité de testostérone adéquate.
Si vous aimez SAXON ainsi que MANOWAR et tous ces classiques guerriers, vous risquez de vous y retrouver avec Sacred Fire. Le paysage vous semblera très très très familier et vous ne risquez pas de vous perdre. Les suédois ont emprunté les chemins balisés sans jamais faire preuve d’initiative ou d’audace. Un disque sympathique mais n’en attendez pas plus.
Oshyrya (06/10)
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Black Lodge / 2015
Tracklist (52:25 mn) 01. As I Die 02. One Last Stand 03. Sacred Fire 04. Ferryman 05. Serpent Eyes 06. Sons Of The North 07. In Search For Treasures, Stones And Gold 08. Coming Home 09. The Army Of Southerfell 10. Curse Of The Seven Seas 11. Let Your Spirit Fly 12. God Of War
Nos compatriotes d’ELTHARIA semblent prendre un malin plaisir à brouiller les cartes, à prendre des chemins de traverses pour atteindre leur destination. Dans nos sociétés modernes où tout le monde éprouve le besoin d’afficher des codes et des signes d’appartenance à tel ou tel groupe, pas sûr que nos amis ce soit vraiment simplifié la vie. Mais prenons les choses dans l’ordre. ELTHARIA est un groupe de Power Métal originaire de Grenoble fondé en 2001 par Jean-Yves Girard, Benjamin Nicolino et Laure Roussel-Girard sur les cendres d’AMALGAMATE. Après l'enregistrement d'une première démo, line-up d'ELTHARIA se complète avec l'arrivée de nouveaux membres et le groupe ainsi formé enregistre un premier album autoproduit en 2004, Legends of a Forgotten World. Il faudra alors une décennie et bien des péripéties pour que les Grenoblois accouchent d’une suite avec Innocent.
Je disais en introduction que le groupe surprend et cela dès le premier contact avec ce disque. Sur la forme d’abord, cette pochette énigmatique me laisse particulièrement perplexe. Si nous avions ici affaire au nouvel album des fêlés de WATAIN, cet os ensanglanté pourrait faire sens mais là, à priori, je reste circonspect. Avec la graphie complexe du logo, je pense que plus d’un fan de musique extrême risque d’écouter Innocent avant de comprendre son erreur. Car il n’est point question ici de Death ou de Black Métal, malgré sa décennie de silence discographique, ELTHARIA continue de distillé, dans la continuité de Legends of a Forgotten World, un Power Métal classique assez teuton dans l’esprit. Et le riff de la première chanson, « Third World War » ne risque pas de nous démentir tant nous serons nombreux à trouver que les ressemblances avec le « Eagle Fly Free » d’HELLOWEEN sont assez criantes. Bien sûr il y a pire comme référence mais cela gâche un peu le plaisir surtout que le titre prend par la suite un autre chemin. Abstraction faite de ce détail, Innocent prend rapidement son envol et offre un spectacle tout à fait honorable. Les musiciens savent de quoi ils parlent et offrent tous une solide prestation. Ils ont travaillé dur pendant trois ans pour atteindre ce résultat et ils récoltent maintenant les fruits de leur labeur.
Innocent voit le groupe évoluer vers un style plus agressif et moins progressif, dans lequel on peut noter l'évolution des différents membres du groupe qui ont pu encore parfaire leur technique et gagner de l’expérience grâce aux concerts assurés ces dernières années en première partie de groupes voisins (DYSLESIA, NIGHTMARE , REST IN PEACE…). Mention spéciale au chanteur qui tient solidement la baraque, au guitariste qui impressionne à travers ses soli et à l’ex-guitariste devenu batteur qui n’a pas à rougir de sa prestation. ELTHARIA ne s’est pas facilitée la tâche en faisant des choix étranges sur ce deuxième album. Espérons que cela ne leur nuira pas car Innocent vaut la peine d’être écouté et apprécié. Ils sont en tout cas de fiers représentants de la vivacité de la scène métal iséroise.
Oshyrya (07/10)
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Autoproduction / 2014
Tracklist (55:09 mn) 01. Third World War 02. Spite Still Remains 03. Innocent 04. My Own Justice 05. Would I Remember You 06. Blood Pollution 07. Dark Passenger 08. Faster than the Reaper 09. Black Hole 10. Sweet Madness 11. Keys of Underworld