Les britanniques de FURYON viennent se rappeler à notre bon souvenir après trois ans de silence discographique depuis la sortie de la précèdent et premier opus, Gravitas (chronique ici). Et ils ont la politesse de s’inviter chez nous avec un petit cadeau sous le bras, un deuxième album titré Lost Salvation. Il aurait été franchement impoli de leur part de venir les mains vides.
On ne change pas une équipe et une formule gagnante et les britanniques se présentent à nous cette année en grande forme avec toujours toute cette rage et cette énergie communicative. Mais n’imaginer devoir faire face à une agression incontrôlée, FURYON sait manier avec subtilité la carotte et le bâton, l’agressivité des riffs de guitares et les passages plus mélodieux. L’étiquette rock/métal que se plait à utiliser le groupe n’est pas usurpée tant l’approche rock, rock alternatif se voit ici habilement illustrée tout en adoptant un ton plus lourd et agressif. Le talent est indéniable et ces nouvelles chansons possèdent un charme certain. De grosses responsabilités reposent encore une fois sur les épaules de Matt Mitchell qui, derrière son micro, se doit d’insuffler un supplément de vie à ces chansons. Autant les instruments tissent autour de lui de solides tapisseries autant la chanson prend son envol grâce à sa performance emprunte d’une grande conviction et d’une belle variété. Ce côté criard parfois lassant sur Gravitas est un peu moins prononcé même si les montées dans les aigus ne sont parfois pas des plus heureuses. FURYON aura également condensé son propos en offrant des chansons calibrées autour des quatre minutes. Ils ont auront gagné en concision et éviteront de se perdre dans certaines digression inutiles. Il n’y a que « Scapegoat » qui dépasse les six minutes mais cette chanson lourde et puissante les mérite pour exprimer tout son potentiel.
Difficile de ne pas avoir l’impression que Lost Salvation est encore plus que son prédécesseur fait pour plaire au public américain et permettre au groupe de percer outre-Atlantique. En tout cas le potentiel aperçu avec Gravitas se voit confirmer ici, FURYON propose ici un travail sérieux et appliqué qui leur permet de remporter une nouvelle manche. La suite de leurs aventures des deux côtés de l’Atlantique s’avère passionnantes.
Oshyrya (7,5/10)
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Dream Records / 2015
Tracklist (44:45 mn) 01. All That I Have 02. Lost Salvation 03. These Four Walls (official video) 04. Scapegoat 05. Resurrect Me 06. Left It With The Gods 07. Good Sky 08. Dematerialize 09. What You Need 10. Wiseman
Bomber Music est un label britannique Indépendant fondé en 2002 à la signature d’un premier groupe, VANILLA POD. Il a désormais acquis un statut de leader dans la publication de musique alternative et travaillent au plus près de la scène underground afin de faire émerger les talents de demain. Afin de mieux se faire connaître en dehors de la perfide Albion, les voici qui propose cette compilation regroupant des titres des meilleurs éléments de son écurie comme THE SKINTS, RANDOM HAND et JAYA THE CAT.
Vous ne connaissez aucun de ces groupes et, je vous rassure, c’est bien normal. Sans préjuger de la qualité de ces chansons, il s’agit vraiment de groupes underground originaires d’outre-Manche. Et puis les rivages heavy métal restent quand même assez éloignés du propos de ce disque. Nous sommes ici en présence de groupes rock nourris de multiples influences, entre reggae, ska et punk. Cette variété est rafraichissante et la galette s’écoute franchement bien en fond sonore. N’espérez pas vraiment découvrir des trésors insoupçonnés, ces groupes s’avèrent dans leur grande majorité plutôt honorables mais cela reste une musique pas franchement innovante, le côté folklorique et classique britannique en plus. Et puis finalement, pourquoi pas si vous êtes un jour d’humeur joyeuse et aventureuse. Cette compilation est disponible sur les principaux sites de musique en ligne et vous coutera entre trois et quatre livres sterling. Pas de quoi se ruiner…
Oshyrya (5,5/10)
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Bomber Music / 2015
Track Listing: Tracklist (45:59 mn) 01. Jaya The Cat – Here Come The Drums 02. Random Hand – Anger Management 03. The Roughneck Riot – Ignorance Is Easy 04. Smokey Bastard – Wasteland 05. Versus You – When It All Goes Down 06. Sorry & The Sinatras – Valencia 07. Jesse James – Wake Up 08. Great Cynics – Back To Hackney 09. End Of Pipe – Jack 10. The Skints – Up Against The Wall 11. New Town Kings – Luna Rosa 12. The Smoking Hearts – Seatbelts 13. The Forum Walters – Rightswing 14. 7 Day Conspiracy – Berkshire Hunt
La Nouvelle-Zélande en fait forcément rêver beaucoup au sein de cette rédaction et parmi vous chers lecteurs. Ce pays concentre à la fois nos fantasmes concernant les pays lointains et un certain sentiment de familiarité face à cette culture anglo-saxonne assez britannique dans l'identité (voilà comment se mettre à dos nos rares lecteurs issus de ce pays, Jonah Lomu si tu nous regardes…). Mais de tout cela, les néo-zélandais de THE JURY AND THE SAINTS se tapent royalement au moment de faire déferler sur nous leur rock punk endiablé via ce deuxième album éponyme. Mais l’aventure du « monstre rock d’Aoteoroa » comme ils aiment eux-mêmes se qualifier ne date pas d’aujourd’hui, ils ont déjà su se faire positivement remarqué des amateurs depuis sa création en 2009 à Auckland de l’initiative de Jesse (chant et guitares) et Rowan (batterie). Il faut déjà mettre à leur actif un premier opus, Daydreams, publié en 2010 et un EP, Revival, sorti en 2011. Le groupe a su progresser dans son pays d’abord année après année. Daydreams a atteint la quatrième place des chats néo-zélandais alors que Revival fera encore mieux en atteignant les sommets, la première place. Après bien des concerts en Océanie, les voici près à conquérir l’Europe avec l’aide du label SPV.
Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, l’habit fait le moine et THE JURY AND THE SAINTS trouve sa plénitude à travers un punk rock classique, endiablé, bourré d’énergie revendicatrice. N’espérez pas ici trouver des merveilles de technique, des compositions complexes et subtiles, le groupe va directement à l’essentiel en retirant toutes les fioritures inutiles. Ce disque propose douze chansons rapides et directes, trois minutes au compteur en moyenne pour un impact maximum. A défaut de vous impressionner, les néo-zélandais pourront réussir à vous donner un coup de pied au cul salvateur. Les refrains accrocheurs et fédérateurs s’enchaînent rapidement, cette musique taillée pour le live enchaine les salves d’adrénaline non sans humour. « Monday Morning » voit le groupe ralentir un peu le rythme mais ce n’est que pour mieux enfoncer la pédale d’accélérateur par la suite. Malgré leurs origines lointaines, le son et l’approche sonnent très nord-américain. Difficile de ne pas penser à GREEN DAY par exemple.
Très classique et loin d’être désagréable, ce deuxième album des compagnons du bout du monde livre la marchandise attendue. Il est dommage de n’avoir aucune surprise ni innovation à se mettre sous la dent histoire de combattre une certaine lassitude. Reste à voir THE JURY AND THE SAINTS sur scène histoire de vérifier le véritable potentiel de nos amis.
Oshyrya (06/10)
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SPV Recordings / 2015
Tracklist (40:39 mn) 01. Start Moving 02. Fever 03. Focus 04. Monday Morning 05. Freedom Fighter 06. Knocking On The Devils Door 07. City Lights 08. Bust The Radio 09. Last Time 10. Brand New 11. Last Mistake 12. Make Our Mark