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01. Nous avions eu l’occasion pour votre précédent opus de vous rencontrer également pour une interview. Donc quoi de neuf ces deux dernières années ?

Emmanuel Rousseau : Quoi de neuf ? Eh bien quelques concerts et surtout un nouvel album dans les bacs depuis quelques jours, Deadly Scenes. Cela représente un nouveau tournant pour nous car ce disque marque la fin de notre collaboration avec Arno Strobl, et donc nous ne sommes plus en configuration 6:33 et Arno Strobl, nous sommes passés en 6:33 solo. Nous avions rencontré Rorschach pendant l’enregistrement avec Arno de The Stench from the Swelling (a True Story), et donc depuis tout ce temps, il attendrait son heure, tapi dans l’ombre.

Et donc ce nouvel album revêt un caractère encore plus important pour nous car c’est le premier avec Rorschach au complet au chant. Le temps avait passé et il fallait passer à un nouveau chapitre. Cette transition a finalement été assez naturelle. Tu sais, dans l’histoire du groupe, il y a eu ce premier album dans l’histoire du groupe en 2011, avec déjà un autre chanteur qui nous a alors quitté peu de temps après. Et nous avons dû alors affronter une petite crise de panique en ayant plus de chanteur pour continuer à avancer, progresser sur scène ou en studio. Nous avions vraiment peur de ne pas trouver de chanteur et donc de rester immobile et de stagner.

Nous avons donc commencé à solliciter des chanteurs, à faire des auditions et en attendant, car nous pensions que cela allait prendre beaucoup de temps, nous avons recontacté Arno qui avait déjà contribué à un titre du premier album histoire d’assurer à court terme la vie du groupe. Ce ne devait être que pour un EP gratuit, Giggles, Garlands & Gallows, mais devant le plaisir que nous avons pris tous ensembles, cela a abouti finalement à mettre en boite tout un disque. Nous espérons désormais ne plus avoir rien à changer, un chanteur différent pour chaque album n’est pas un concept voulu mais a été une nécessité de par les difficultés que nous avons rencontrées.

C’est la vie d’un groupe. Dès que nous avons commencé l’enregistrement de The Stench from the Swelling (a True Story), nous savions qu’Arno allait ensuite voler vers d’autres horizons.

 

02. Si l’on revient un moment sur la période The Stench from the Swelling (a True Story). Que retiens-tu de cette époque ?

Moi ce qui m’a marqué c’est la rencontre avec Arno. C’est un peu bête à dire comme cela mais au moment de se retrouver pour enregistrer l’EP, nous ne nous étions jamais vu. Pour le featuring qu’il avait fait sur le premier, tout c’était passé par internet, via des échanges de fichier. Là pour l’EP, il est venu chez moi, dans le studio et nous avons fait connaissance à ce moment-là. Et ce fut vraiment une rencontre géniale. Artistiquement parlant nous avions beaucoup de points communs mais surtout humainement ce fut assez fort.

Je garde vraiment de cette période le plaisir de cette rencontre, l’enthousiasme de Niko et moi au moment de la découverte de ce qu’il avait préparé. Personnellement j’ai commencé à écouter finalement assez tard du métal et un des premiers albums de ce genre qui ait su vraiment me séduire reste le Viva la Vida de CARNIVAL IN COAL. Donc en travaillant avec lui j’ai l’impression d’avoir un peu bouclé la boucle et encore plus après quand j’ai intégré à la demande d’Arno sa reformation de CARNIVAL IN COAL pour assurer les claviers. On a fait entre dix et quinze concerts à jouer Viva la Vida en totalité et j’ai pris mon pied.

 

03. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement de Deadly Scenes ? Avez-vous changé votre façon de travailler par rapport à The Stench from the Swelling ?

L’enregistrement a été assez rapide l’air de rien, nous avons dû commencer à mettre cela en boite en décembre 2013 pour finir, et cela peut sembler long comme cela mais malheureusement nous ne pouvons pas faire que cela, en avril ou mai 2014. Ce n’est pas si énorme si l’on considère l’ampleur de la tâche à accomplir. Pour te donner un exemple, l’album doit comporter quelque chose comme 1800 pistes. Ce fut un gros travail d’équilibrage. Donc tout a été fait à la maison, nous avons tout mis en boite dans mon studio et j’ai assuré l’enregistrement et le mixage de l’album.

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04. Ce DIY relève de l’obligation financière ou de la démarche artistique ?

Les deux en fait car c’est une musique qui, de part sa nature, reste très personnelle, très pointue car nous avons une vision très précise de ce que nous avons envie de faire et de la façon doit cela doit sonner. Je pense vraiment que nous ne pourrions par gérer un producteur extérieur qui ajouterait forcément sa patte et cela ne nous conviendrait pas. Et je ne me vois pas m’amuser à filer à un mec mon paquet de deux cents pistes on lui disant, « vas-y amuses toi avec cela ! ». Nous avons une idée trop précise du résultat à obtenir. Déjà bosser avec un mixeur extérieur ce serait impossible et en plus ce n’est pas vraiment dans la philosophie.

Je pense vraiment pouvoir dire cela, dans ma démarche, je ne conçois pas de ne pas le mixer. Il n’y a qu’une chose que nous ne faisons pas et c’est le mastering. J'ai fait pourtant personnellement pour d’autres groupes que j’enregistre mais je leur précise bien à chaque fois que ce n’est pas ma spécialité, je le fais si je dois le faire. C’est là je pense la principale différence avec l’album précédent, entre temps j’ai travaillé, j’ai appris et donc j’ai progressé au niveau de mes aptitudes, mes skills en langage World of Warcraft. Autant pour The Stench from the Swelling (a True Story) je m’en suis chargé et avec le recul j’aurais mieux fait de le filer à quelqu’un d’autre.

Là, à la fin du mixage de Deadly Scenes, nous étions rincés et donc nous étions la tête dans le guidon à maquer de recul. Nous nous sommes alors dit que là se posait peut-être le bon moment de filer cela à quelqu’un d’extérieur qui aura une paire d’oreille neuve mais si cela me chagrinait un peu. Nous étions vraiment contents du mixage et nous voulions donc un mastering à la hauteur, le niveau mérité par ce disque. Donc c’est Bruno Gruel, d’Elektra Mastering, qui l’a pris en charge. Très satisfait car je retrouve mon mix. Il a été dans le même sens que moi en corrigeant ou en enjolivant ce qui devait l’être.

 

05. Comment se construit un morceau puis un album au sein de 6:33 ? Comme ce monstrueux patchwork peut-il prendre forme ?

Au niveau de la composition, Niko il a ce mode de fonctionnement qui est que, quand il commence à travailler sur un nouveau morceau, il y va à fond. Quand tu reçois le mp3 pour écouter, tu n’auras peut-être que vingt-cinq secondes de musique mais tu auras déjà tout. Ces vingt-cinq secondes comporteront déjà quatre-vingt pistes avec les chœurs, les synthés, les arrangements de guitares. La cohérence de cet ensemble touffu vient du fait que cela ne vient que du cerveau d’une seule personne.

Et au moment de l’enregistrer, nous travaillons vraiment par couche successive et pour le mixage c’est pareil, nous intégrons les éléments un par un. On commence toujours par la batterie puis on fait un bloc avec tous les pistes de synthés, il y a souvent énormément de pistes de claviers. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre tous ces claviers et on continue progressivement. Chaque élément est injecté et on voit ce qui se passe. Tout est enregistré indépendamment puis nous ajoutons ingrédient par ingrédient pour enrichir la recette.

 

06. Ne ressens-tu pas une certaine frustration à te dire qu’une partie de ce travail ne s’entend pas ? Que certaines pistes sont importantes et pourtant ne ont pu ou pas perçues par l’auditeur ?

Je ne ressens pas de frustration car au sein du groupe je me charge des aspects techniques de l’enregistrement et du mixage mais la création vient de Niko. Mon but est de rendre hommage à ce qu’il a créé en lui offrant le meilleur écrin. Moi je m’occupe de mettre en place et d’arranger des orchestrations symphoniques ou arrangements de cuivres. Mais 95% du travail est fait car Niko, même les claviers mais il ne pense pas en tant que claviériste mais en tant que compositeur. Il met des couches et s’il estime qu’il faut mettre ici juste une petite note, une petite merde mais qu’elle s’avère nécessaire, on le fait et ce ne l’empêche pas de dormir.

Ma seule contribution reste les batteries, c’est moi qui les compose de A à Z mais c’est tout. Au moment de l’enregistrement en studio je ne me pose pas toutes ces questions. Par contre, au moment de préparer le live, là je dois finement analyser ce que je dois jouer, ce que je mets dans le sampler… Lors de l’enregistrement, je pense en producteur pour dénicher les bons sons… mais pas en claviériste.

 

07. Tu l’as dit, Niko reste la force créatrice du groupe mais l’arrivée de Rorschach a-t-il modifié d’une façon ou d’une autre le son de 6:33 par rapport à la période Arno Strobl ?

En fait je ne suis pas sûr que Niko compose avec un chanteur en tête donc difficile pour moi de mesurer l’impact que peut avoir sur l’album le fait d’avoir su que Rorschach prenait le main à la place d’Arno. Je ne pense pas que cette donnée ne le bride ou ne l’influence particulièrement. Et Niko il est même allé beaucoup plus loin dans cet album, car dés fois il a envoyé des démos à Rorschach en ayant déjà posé dessus des petites lignes de chant, même du yaourt si besoin mais quand il avait des idées et qu’il pensait que ce serait bien et il les incluait dans sa démo. Parfois Rorschach a conservé l’idée de Niko et parfois il a proposé complétement autre chose.

Parfois même c’est la voix de Niko au final qui a été réenregistré mais elle s’adaptait alors mieux. Nous avons parfois abordé la chose comme un peu une comédie musicale donc la diversité des voix, la richesse des arrangements des chœurs… avaient une grande importance. Rorschach en fait énormément mais Niko en fait aussi beaucoup, une chanteuse est présente, une chorale de dix personnes, beaucoup d’harmonisations…

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08. Et parlant toujours de différence de dynamique entre Arno et Rorschach, pas d’impact sur le son du groupe mais et sur scène ? Arno est une grosse personnalité…

Rorschach est très très très à l’aise sur scène, il vient du milieu de la fusion, dans quotidien de tous les jours il fait des reprises dans les bars, il est quand même bien speed, une vraie pile électrique, il a pris un truc un jour quand il était petit et il n’est jamais redescendu depuis. Sur scène c’est une bombe atomique ce gars, et il a une énorme habitude de la scène par exemple dans les Guinness Tavern où tu n’as pas beaucoup de place et tu dois faire le show de 22h à 4 ou 5h du mat.

Donc tu lui donnes une scène un peu plus grande et 45 minutes ou une heure pour faire son show, c’est tranquille, c’est la récré pour lui. Il est super à l’aise et je le dis, pas parce qu’il s’agit du chanteur de mon groupe, mais Rorschach c’est un artiste qui mérite d’être vu sur scène. Vraiment impressionnant.

 

09. Tu le disais, on note des interventions de chant féminins et divers chœurs tout au long de l'album. Qui sont les intervenants ?

Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, il y a ici que très peu de samples nous avons fait appel, dans la majorité des cas à des intervenants extérieurs. Pour les parties de chœurs typées chant grégorien nous avons bien sûr utilisé des banques de sons mais pour le reste où il y a des textes, tout a été enregistré par nos soins en studio. Tu trouveras vraiment sur ce disque des tonnes de pistes de chant. Tout était maquetté, ils avaient tous leur témoin en mp3, en studio avec leur casque pas chez moi car c’est beaucoup trop petit mais dans le studio d’un ami qui bénéficie d’une grande salle pour faire cela.

Ils écoutaient le passage instrumental puis une démo avec juste la ligne de chant, en démo et on enregistre une prise, deux prises, trois prises puis ils écoutent une autre ligne de chant car le tout était harmonisé et c’est parti, enregistrement, une prise, deux prises, trois prises… Donc à la fin je réécoute tout, je fais du tri si besoin et surtout nous utilisons souvent plusieurs prises en même temps pour que tout soit en stéréo pour donner de l’ampleur, augmenter l’intensité.

 

10. Était-ce votre volonté dès le processus de composition de Deadly Scenes que d'incorporer et de mettre plus en avant ces éléments 70s qui étaient un peu moins présents sur vos précédentes réalisations ?

Oui, je ne sais pas vraiment. Je pense que ce devait-être le feeling du moment, encore une fois il n’y a rien de très calculé là-dedans. Cela devait sembler naturel au moment où cela a été fait. Et effectivement, je ne sais pas si tu fais référence à ce passage là mais moi je pense à particulier à ce passage dans « Deadly Scenes », vers la fin de la première partie, où tu seras confronté à un mélange très bizarre entre du YES et du DAFT PUNK. Difficile de savoir comment cela s’appréhende.

 

11. Cela peut sonner bien en studio mais être un cauchemar à reproduire sur scène non ?

En tout cas je peux dire que pour ce passage là, au niveau des batteries, j’étais alors dans une grande période YES, et je m’en suis beaucoup servi, période Close to the Edge et The Fragile pour trouver des breaks auxquels que je n’aurais pas pensé… J’ai quelques batteurs fétiches que j’utilise pour me ressourcer et trouver de nouvelles idées. Je ne suis finalement batteur que dans ma tête, tu me donnes une batterie et je ne sais pas en jouer. Mais tout reste composé note par note. Mais je vérifie quand même que cela reste possible physiquement, que ce pourrait être joué par un vrai batteur. Même dans le son, cela doit rester organique. C’est bizarre je sais, je n’ai pas envie d’avoir un vrai batteur dans le groupe et pourtant je veux que ma batterie programmée sonne de façon ultra-bluffante.

Oui sur scène nous utilisons beaucoup de samples, ne serait-ce que pour la batterie, mais nous ne voulons pas que cela revienne finalement à appuyer sur des boutons une fois sur les planches. On fait tout que le spectateur puisse vérifier que nous jouons bien et que si on lève les mains tout ne continue pas comme si de rien n’était. On est très soucieux de cela. Nous avons fait énormément marche arrière pour ce disque-là. Niko a tout composé mais moi j’ai eu un peu le rôle du filtre. Il m’a fait vraiment confiance là-dessus. Il me faisait tout écouter chaque fois qu’il composait un truc et parfois je disais « cette partie-là je la sens pas ». Alors il grognait un peu, retirerais la partie et repartait sur autre chose. Et puis deux jours après, il confirmait ma suggestion en trouvant que la partie modifiée sonnait mieux et lui convenait mieux.

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12. Le travail sur l'artwork est une nouvelle fois très réussi: à l'image de votre musique sophistiquée et décalée. Quel a été votre cahier des charges cette fois-ci ?

Et bien nous avons réutilisé la même équipe que pour le précédent, Vincent Petitjean de Dehn Sora. Nous lui avons donné un idée assez abstraite au départ, car il faut que tu partes d’une question pour construire l’identité d’un album. Cela peut paraitre un peu con mais notre question était de connaître le rôle de l’acquis et de l’inné, savoir si l’homme nait déjà pourri avec tous les mauvais instincts imaginables ou si la corruption vient du monde extérieur. Et c’est pourquoi il y a aussi le jeu de mot en anglais avec entre « Scenes » (scènes) et « Sins » (péchés). Donc on peut comprendre « scènes mortelles » ou « péchés mortels ».

Nous avons donc grosso modo cette idée là en, tête avec l’idée d’une poussette mais sans trop savoir comment agencer tout cela. Donc on a donné tout cela à Dehn Sora en lui disant que nous voulions conserver ce côté classieux, à la fois et élégant comme il sait si bien le faire avec un côté inquiétant à la Tim Burton, ou Famille Adams pas gore ou thrash. Et nous sommes très contents du résultat.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

Ce serait un titre de Michael Jackson, un artiste que j’adore et que j’ai beaucoup écouté, sans doute trop même. Mais je ne sais pas quel morceau, disons « Smooth Criminal ». Et j’ajoute aussi « Roundabout » de YES. Fais ton choix.

 

02. Premier album acheté ?

Thriller de Michael Jackson

 

03. Dernier album acheté ?

Le dernier MASTODON, Once More 'Round the Sun

 

04. Quel son ou bruit aimes-tu ?

L’eau qui bout

 

05. Quel son ou bruit détestes-tu ?

Le papier qui se déchire, cela me fait un truc dans le nez, très désagréable…

 

Tous nos remerciements à Roger WESSIER (Replica Promotion)

 

Chronique de l'album ici

Site internet

Devil’s Train – II

oshy_01032015_Devi_TraiPrendre du plaisir… Cette expression un peu galvaudée ces temps-ci devrait pouvoir s’appliquer à tous les groupes que vos humbles serviteurs chroniquent à longueur de page. Et pourtant, dans le music business contemporain, cet aspect semble être largement tombé aux oubliettes. Je me fais peut-être un film tout seul dans ma tête mais en dehors de cette volonté de prendre du plaisir, je ne vois pas d’autre justification pour l’existence de DEVIL’S TRAIN. Cela fait un peu image d’Epinal mais sinon pourquoi quatre musiciens aussi expérimentés se lanceraient ainsi dans cette aventure ?

Car rappelons aux deux du fond qui dorment que DEVIL’S TRAIN est né en 2012 par le sortie d’un premier album éponyme (chronique ici). Le groupe compte dans ses rangs des musiciens très expérimentés avec R.D. Liapakis (MYSTIC PROPHECY, VALLEY’S EVE), Lakis Ragazas (MYSTIC PROPHECY), Jörg Michael (Ex. RUNNING WILD, et STRATOVARIUS), Jari Kainulainen (MASTERPLAN Ex. STRATOVARIUS, EVERGREY). Ces deux derniers, en particulier, ont connu le pire et le meilleur, les sommets des charts et pourtant ils jouent ici une musique simple, accessible et jouissive sans faire spécialement preuve d’ambition. Ils aiment tout simplement ce hard-rock américain des années 80 des BADLANDS, TESLA et autres CINDERELLA. Cet album sobrement appelé II reprend la continuité exacte du premier opus et remet du charbon dans la chaudière de la locomotive. A l’image de la pochette gentiment kitsch, n’espérez ici rien d’autres qu’un hard rock endiablé, enrichi d’influences bluesy, voir stoner, qui donne envie de taper du pied et de secouer la tête en rythme.

DEVIL’S TRAIN fonce sur les routes le pied à fond sur l’accélérateur et ne s’accorde que peu de moments de repos. « Mr Jones » ralenti le rythme infernal mais cette chanson gagne autant en gouaille et en épaisseur qu’elle perd en rapidité. La touche stoner devient alors plus évidente et il faut saluer le savoir-faire du quatuor. Vu le CV fourni de ces messieurs, personne ne doute du fait qu’ils sont très capables d’enchainer les chansons rentre-dedans, séduisantes à souhait. Lakis Ragazas prend son pied à la guitare et il en fait des tonnes à travers des rythmiques et des soli assez bluffant. Liapakis possède quand même un bel organe dont il se sert efficacement et la section rythmique du STRATOVARIUS de la grande époque n’a plus rien à prouver. Tout est bien fini, très propre avec un son d’enfer, à la fois limpide et très puissant. Il faut bien dire que DEVIL’S TRAIN a su bien s’entourer. Autant R.D. Liapakis s’est occupé lui-même de produire l’album aux Prophecy Studios Empten, en Allemagne, autant le mixage reste l’œuvre de Fredrik Nordström que l’on ne présente plus aux Fredman Studios en Suède.

Je serais moins sévère que ma camarade Polochon, oui DEVIL’S TRAIN rend une copie quasi parfaite sur la forme mais il reste également tout à fait recommandable sur le fond. Rien de nouveau sous le soleil bien sûr mais douze nouvelles chansons bien foutues et une sympathique reprise (LED ZEPPELIN). DEVIL’S TRAIN revient aux bases du hard-rock made in USA et devrait pouvoir faire vibrer la fibre rock de plus d’un parmi nous.

Oshyrya (07/10)

 

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earMUSIC / 2015

Tracklist (50:46 mn) 01. Down on You 02. Hollywood Girl 03. Gimme Love 04. Mr. Jones 05. Can You Feel 06. Rock Forever 07. Let's Shake It 08. Girl Like You 09. Born to Be Wild 10. You and Me 11. Thunderstorm 12. Suffocated 13. Immigrant Song (Bonus Track)

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01. Peux-tu présenter à nos lecteurs CRIMSON BLUE ?

Ok, allons-y! Toute l’histoire a commencé en 2009. A l’origine, CRIMSON BLUE était un groupe progressif/art/machin qui se plaisait à jouer des choses assez étranges. Nous avons publié Iceland notre premier album démo. Après un premier changement du line-up, nous pris une option plus métal. Innocence est un bon exemple de ce qu’était le groupe à cette période. Après la sortie du disque et de d’une vidéo, nous avons encore changé de personnel. Et cela a encore une fois eu un impact sur notre son. Nous avons complexifié notre propos tout en étant plus mélodique que jamais. Avec les guitares accordées en E-low nous avons enregistré The Angelic Performance. Et encore un changement dramatique de line-up, eh oui l’histoire se répète. A chaque nouvelle période, un nouveau style.

Désormais nous travaillons sur des chansons qui semblent plus légères, plus électroniques, plus éthérées, d’une certaine manière. Maintenant que nous nous rentrés après la tournée européenne en compagnie de TARJA, nous avons hâte d’enregistrer de nouvelles chansons. Désormais CRIMSON BLUE se compose de

Dani Hellström – chant, claviers et paroles

Andrew Nova – guitares, production vocale

Lex Romano – guitares

Alex Verge – basse

Billy Nekhaev – batterie

Julia Mikhileva – pochette et photographie

Carol – inspiration et soutien

 

02. Quel est votre état d’esprit après la sortie de votre deuxième album, The Angelic Performance, quels sentiments dominent sur cette aventure avec le recul ?

Tu parles d’aventure mais je qualifierais cela plutôt de torture. Des années d’enregistrement, avec l’arrivée et de le départ de nombreuses personnes, j’ai dû faire face à pas mal de haine. Maintenant je m’occupe de la promo, j’essaye de faire découvrir notre musique à un maximum de gens et je trouve encore une fois de la haine. Quand je prends le temps d’écouter, je me dis à moi-même : "oh génial, enfin, cela sonne parfaitement art métal", j’aime les titres, l’idée et le design. Et quand le disque sort, les gens disent "Oh mon Dieu, aucune chance, je préfère aller écouter le nouvel album de WITHIN TEMPTATION". Et c’est pire. Mais je ne peux pas les blâmer, tellement de sorties, tous les mois, tous les jours.

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03. De ton point de vue, quelle seraient les évolutions les plus notables entre Innocence et The Angelic Performance ?

L’idée. Innocence était innocent. The Angelic Performance est sombre et provocateur. J’aurais aimé mettre plus de sang et de douleur dans ce travail mais cette chance reste encore à venir. En fait, notre deuxième album est plus conscient. Je savais exactement ce qu’il devait être, comme la majorité du groupe, des expériences personnelles destinées à ceux qui n’ont pas peur d’explorer leur côté sombre,. Nous avons appris à exprimer nos sentiments et pensées avec la musique. Je suppose qu’il s’agit là des différences majeures.

 

04. Que pouvez-vous nous dire des sessions d'enregistrement de The Angelic Performance ?

Je ne veux pas m’en souvenir. C’est un cauchemar que tu es heureux d’oublier. Tout ce que pouvait aller de travers est allé successivement de travers. Nous avons dû opérer un changement complet de line-up avec de nombreuses disputes et des conflits lors des phases de composition, nous avons dû réenregistrer la plupart des instrumentaux car nous avons fait face à de nombreux problèmes techniques. Nous avons eu des doutes, des peurs, des larmes, des drames, tout a eu lieu. Mais avec chaque titre mis en boite, nous approchions de plus en plus notre rêve. Et nous nous souvenons maintenant de ces mois avec presque un sourire. Cela a été un désastre mais également une sacrée entreprise.

 

05. Votre musique s’incarne dans une univers complexe avec différents styles mêlés. Peux-tu nous en dire plus sur votre philosophie musicale/artistique ?

Tout part de la beauté. Faire la musique s’apparente à ressentir la beauté et le traduire en sons. La beauté à travers différentes images, certaines douces et clames, d’autres te rendront fou. Des émotions, des visions, des connections entre ce que tu ressens et la façon que tu utilises pour l’exprimer. Voilà de quoi parle notre musique.

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06. Comment avez-vous travaillé l’aspect visuel comme la pochette avec l’artiste en charge de sa réalisation ?

Il s’agit d’une artiste merveilleuse qui travaille avec nous, Julia Mikhileva. Elle est simplement aussi dingue que nous tous. Elle se charge de la façon dont nous nous présentons au monde, les pochettes, photos, images lives. Nous collaborons avec elle depuis presque les débuts de l’aventure CRIMSON BLUE.

 

07. Quelles sont vos principals influences ?

Moi, moi-même, le djent et les lumières du nord.

 

08. Vous êtes récemment revenus d’une tournée en première partie de TARJA. Comment c’était ?

Cool, merci 🙂 Nous avons voyagé à travers l’Europe Centrale, en commençant par la Grèce en octobre pour finir en Finlande en Novembre. Presque trois semaines sur les routes, avec de nombreux concerts, un nouveau public chaque jour. L’expérience fut merveilleuse. Nous avons beaucoup appris en assurant ces concerts, chacun d’eux était différent et nous avons à chaque fois reçu beaucoup de chaleur et un soutien absolument étonnant un peu partout. A cause de quelques problèmes pour obtenir des visas, nous avons dû assurer un concert acoustique lors du premier tiers de la tournée et ce fut un vrai défi.

Nous n’étions pas sûr que cette idée allait fonctionner car TARJA propose une musique très heavy. Mais tout fut finalement parfait, le public chantait les chansons avec nous et nous nous sommes sentis heureux. Nous sommes revenus à un set électrique pour le reste de la tournée, en proposant un concert plus métal que jamais recevant beaucoup d’applaudissements d’énergie et de motivation pour continuer.

 

09. Que peux-tu nous dire de la scène metal russe ? En dehors d’ARKONA, je dois confesser mon ignorance…

Tu dois te repentir alors. Je plaisante… Notre scène commence seulement à essaimer en dehors de Russie. Il y a beaucoup de groupes cools qui n’existent pas pour les auditeurs européens. Mais nous espérons pour notre part atteindre les sommets des classements.

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10. Quels sont tes attentes et tes espoirs pour CRIMSON BLUE ? Pourrons-nous bientôt vous voir en Europe occidentale ?

Bien sûr que vous pourrez. En fait, tous nos rêves et nos espoirs ont tendance a devenir des réalités. Donc nous faisons très attention au moment de faire des plans sur l’avenir, nous faisons attention mais nous sommes prêts à partir.

 

Et enfin "Le Quizz De Metal Chroniques Quizz" pour terminer cette interview:

01. Quelle est votre chanson préférée (tous artistes, époques…) ?

"Spasm" (MESHUGGAH). "Enter Rain" (PAIN OF SALVATION). "Right in Two" (TOOL), fais ton choix.

 

02. Premier album acheté ?

Difficile de s’en, souvenir, je dirais The Power To Believe de KING CRIMSON

 

03. Dernier album acheté ?

Watershed d’OPETH

 

04. D’où est venue l’étincelle qui t’as donné envie de devenir musicien ?

L’astronomie

 

Tous nos remerciements à Francesco / My Kingdom Music

 

Chronique ce l'album ici

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