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In-Divide – The Passengers

oshy_04012015_I_DividEh bien voilà, j’ai encore perdu à la courte paille et je suis condamné à rédiger la chronique de ce nouvel album des transalpins d’IN-DIVIDE. Vous connaissez maintenant notre amour pour cette scène en particulier, vous devinez donc que le jeu précédemment cité a été acharné. Mais on va dire qu’il s’agit là d’un clin d’œil du destin qui a voulu mettre sur mon chemin un groupe talentueux et prêt à bousculer les hiérarchies.

IN-DIVIDE est, vous l’aurez deviné, un groupe de punk hardcore né fin 2013 entre Gênes, Rome, Turin et Pescara à l’initiative du guitariste Beppe Platania (ex-IF I DIE TODAY). La scène le démangeait de plus en plus et il y a donc appelé trois amis pour se lancer dans une nouvelle aventure. Il s’est entouré de musiciens expérimentés en la personne d’Egidio et Francesco Cilli (chant et batterie, ex-STARTODAY) et Andrea Grasso (ex-SCREAMING EYES) à la basse. Les idées n’ont pas tardées à fuser et voici donc un premier album, The Passengers, récemment sorti chez This is Core.

J’ai enfoncé la touche play de ma chaine hifi plein de courage, en bon adepte de la méthode Coué, gardant à l’esprit qu’une bonne surprise s’avérait toujours possible. Un récent exemple avec le Welcame de RISE OF THE NORTHSTAR (chronique ici) qui a trouvé quelques grâces aux yeux de notre camarade. Eh bien… The Passengers n’est franchement pas mauvais. Sans être débordant d’enthousiasme, vous trouverez ici de quoi largement étancher une soudaine soif hardcore. Les italiens ne vont rien révolutionner mais offrent en pâture aux amateurs du genre neuf compositions solides et appliquées. Leurs influences européennes et surtout américaines sont évidentes mais l’énergie et l’agressivité déployées ici font plaisir à entendre. Nos amis ne font pas dans le subtil et le feutré, le mot d’ordre est de mettre tout à fond et de ne pas faire de quartier. Les paroles font également un constat sévère de quelques-uns des travers de notre société moderne avec ce côté contestataire et fédérateur propre à cette scène.

Il est de tradition sur la scène hardcore de proposer des chansons courtes, avec le plus d’impact possible, façon rouleau-compresseur. C’est bien le cas ici mais avec moins de vingt-trois minutes au compteur, peut-on légitimement parler d’album ? Alors oui, tout le monde me répond Reign in Blood de SLAYER avec ses vingt-neuf minutes au compteur. Peut-être mais dans tous les cas, les musiciens auraient pu se sortir les doigts du c… et pondre quelques compositions de plus (SLAYER inclus). En dehors de ce gros écueil, IN-DIVIDE a fait le boulot demandé, sans génie quand même et pourra ravir les coreux parmi nous.

Oshyrya (6,5/10)

 

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This Is Core / 2014 Tracklist (22:42 mn)

01. Decadence 02. The passengers 03. Fake lions 04. Behind the scenes 05. Noboby will divide us 06. Mistakes 07. Your envy in your ass 08. Change 09. Idiots will speak forever

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01. Parlons de cette aventure, the Sirens. Comment a débuté ce projet et qui en a été l’initiatrice ?

Anneke van Giersbergen: eh bien copié/collé de l’interview précédente (rires) !

Liv Kristine : Il y a de cela un an et demi j’ai rencontré Anneke lors d’un festival en République Tchèque dont je ne me souviens plus du nom. Assez bizarrement d’ailleurs ce n’était là que la deuxième fois que nous nous rencontrions même si nous sommes toutes les deux dans le business et en tournée avec nos groupes depuis bien longtemps. Je suis donc allé la voir dans les coulisses pour lui dire combien j’apprécie sa musique, son travail, sa voix. En discutant, je lui ai demandé si elle connaissait Kari qui est norvégienne comme moi et la conversation aidant, après l’échange de cinq ou six emails cette idée de proposer des concerts uniques ensembles a émergé.

AvG: les grandes dames du métal pour résumer (rires) !

 

02. Comment avez-vous construit la setlist ?

LK : Et chacune de nous a beaucoup de chansons à disposition…

Kari Rueslåtten: En réalité le processus de sélection s’est avéré très démocratique. Nous avions à choisir six chansons chacune partagées en deux parts égales : trois titres de nos carrières solos et trois chansons de nos anciens groupes métal. Et pour ma part comme une partie de mes chansons allaient s’avérer assez métal, je devais favoriser mes chansons en solo les plus rock pour ne pas créer de déséquilibre. Mais il ne fallait pas non plus que tout soit blanc ou noir donc les titres plus acoustiques avec simplement le piano et le violoncelle sont également proposées lors de cette tournée. Cela rend l’expérience spéciale et amusante aussi pour nous et pour le public.

LK : les gens sont finalement très attentifs, calmes quand le rythme baisse et beaucoup plus participatifs sur les chansons métal. J’ai le sentiment de créer l’événement via cette tournée car ce n’est pas souvent possible de rassembler ainsi l’histoire de près de sept groupes lors d’un concert. Laisse amène pour nous et pour le public un certain vertige…

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03. Et comment s’est faite la sélection des duos, qui allait chanter avec qui sur les chansons des autres ?

AvG : Chacune a pris le ou les chansons qu’elle préférerait dans le choix des autres : « J’aime beaucoup ce titre je voudrais pouvoir la chanter avec toi ». Parfois cela s’imposait de toute façon à nous, pour une chanson en particulier deux voix s’imposaient d’elles-mêmes. Et nous pouvions donc dire, « sur cette chanson j’imagine bien ta voix avec la mienne… ». Via l’échange de quelques emails tout était tranché et nous avions rapidement notre plan de bataille.

LK : nous n’avons pas eu besoin de faire des essais ou de nous échanger des fichiers. Nous avons toutes les trois beaucoup d’expérience maintenant et nous pouvons avoir une intuition assez précise de ce que cela donnera avec la voix de l’autre. Nous avons bien sûr travaillé chacune de notre côté en réécoutant très attentivement les chansons et nous étions fin prêtes lors de la première répétition en commun.

Nous avons la chance de donner ces concerts en étant accompagnées du groupe d’Anneke et ils avaient super bien bossés de leur côté et ils connaissaient toutes les chansons sur le bout des doigts. Nous avons donc pu venir au dernier moment, tout caler et apporter la touche finale. Avec le groupe tout le processus a été très naturel et doux.

 

04. En ce qui te concerne Liv, le choix de « Love Decay » un duo présent sur ton dernier disque solo (Vervain – chronique ici) était évident non ?

LK : oui c’est vrai mais il fallait s’assurer d’abord que la chanson pourrait plaire à Anneke et qu’elle se sentait à l’aise avec elle et voir comment marier nos voix.

 

05. Vous avez expliqué la répartition définie entre chansons solo et d’avec vos anciens groupes mais comment avez choisi au sein de l’importante discographie de vos anciens groupes ?

LK : J’ai pris deux chansons d’Aegis et une de Muzik. Pour moi, il était important de m’imaginer moi-même dans cette situation, sur scène tout en restant dans l’atmosphère et la démarche qui sous-tendent ce projet THE SIRENS. Il ne fallait pas déranger ou parasiter ce projet par un choix de chansons inapproprié. Donc deux critères : comment me représenter et représenter les sirènes ? Pas facile…

AvG : ce fut la même démarche pour moi et il faut bien sûr également prendre en compte et les chansons attendues, les favorites du public. Il nous fallait prendre nos plus grands hits mais surtout comme le disait Liv qu’ils prennent harmonieusement leur place dans l’ensemble. Si tu as une chanson très puissante et un peu folle mais qui fera tâche avec la setlist, il ne faut pas la proposer.

Par exemple, en mettant toutes nos envies en commun, nous nous sommes rendu comptes que nous avions trop de ballades programmées. Et c’est tentant d’aller dans cette direction là car nous avons un certain talent dans ce genre en particulier. Il s’agit de supers chansons, aimées du public, mais il a fallu en écarter certaines pour maintenir un bon rythme tout au long du concert et ne pas endormir les gens.

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06. Cette tournée, The Sirens, a été organisée en plusieurs temps. Une première partie en octobre puis la deuxième partie se termine ce soir à Paris puis une troisième partie outre-Atlantique. Avez-vous modifié certaines éléments entre octobre et maintenant ?

LK : En réalité nous n’avons pas eu besoin car nous avons su trouver la bonne alchimie dès le début et les premiers concerts d’octobre ont pu confirmer que nous avions fait les bons choix. Bien sûr nous avons dû l’adapter quand nous nous produisons dans le cadre d’un festival car notre temps de jeu se voit réduit. Mais les réactions du public ont été géniales jusqu’à présent et certains spectateurs sont venus nous voir plusieurs fois entre ces différentes parties de la tournée. Donc nous n'avons rien changé.

KR : Par contre ce soir, étant le dernier concert de l’année pour nous, si proche des fêtes, nous proposerons une surprise adaptée pour Noël. Nous l’avons déjà fait hier et cela a très bien fonctionné.

 

07. Via internet vous avez annoncé des dates de concerts en janvier en Amérique du Sud et lors des festivals pendant l’été. Espériez-vous aller si loin avec ce projet The Sirens ?

AvG : Dès que les premières vidéos sont apparues sur YouTube, cela a créé de très belles réactions en Amérique du Sud en particulier. Les gens nous connaissent individuellement mais en commun, The Sirens est un nouveau groupe. Donc les concerts passant, le public a compris notre démarche et les concerts sud-américains sont alors devenus une évidence. Et je dois bien dire que je trouve cela génial car le public là-bas est de grande qualité, des connaisseurs.

KR : Mais ce sera une première pour moi !

AvG : Et pour les festivals comme le Summerbreeze nous ferons des choix en favorisant les chansons les plus fortes avec des rythmes rapides. Tu as moins d’échange avec le public mais ce sera génial, c’est toujours une très belle expérience.

 

08. Dans ce cadre sud-américain, pensez-vous modifier le concert d’une façon ou d’une autre ?

LK : Non pas du tout, comme nos fans européens, ils ont le droit d’assister au même concert que ceux que nous venons de donner, avec les mêmes chansons.

AvG : Mais c’est vrai que le public réagi différemment en Amérique du Sud, ils connaissaient très bien les chansons et ils chantent très fort ! Le public aime les grandes émotions et c’est je crois au cœur de notre musique. En ce sens, les concerts à Paris sont également assez proches de cet esprit-là. Les réactions du public viennent directement du cœur et la musique est si appréciée ici. C’est assez proche de ce que nous pouvons expérimenter en Amérique du Sud.

 

09. Pensez-vous déjà à l’avenir de The Sirens, lui donner une suite après les concerts déjà programmés en 2015 ?

LK : Le processus est lancé et nous avons déjà quelques éléments à partager. J’ai une chanson, Anneke a aussi une chanson et je peux te donner un scoop, Kari viendra aussi avec une chanson en janvier pour la tournée sud-américaine. Donc tout doucement les choses prennent corps. Nous partagerons ces chansons sur internet pour que tout le monde puisse en profiter. Faire un album live est un projet lourd et dispendieux, tu sais, nous n’avons pas de label derrière nous pour The Sirens. Il faut que cela reste amusant. Il faut conserver l’esprit !

AvG : franchement sur scène c’est un bonheur donc nous ne voulons pas aller trop loin

KR : oui ces chansons rentrent en harmonie les unes avec les autres, nous prenons du public au même titre que le public. Cela passe par un échange, une communion et une énergie commune.

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10. Nous sommes à quelques jours de Noël. Quelle est l’importance de cette célébration pour vous et quel souvenir conservez-vous de cette période des fêtes ?

KR : En ce qui me concerne Noël est une période dédiée à la famille, au moins une fois dans l’année être tous ensembles et se retrouver. Pouvoir mettre en œuvre les traditions recèle également une grande importance à mes yeux. Chacun sait ce qu’il doit faire et son rôle.

LK : et nous nous faisions toute à l’heure la réflexion toutes les trois, c’est très agréable d’être à Paris à ce moment de l’année avec toutes ces décorations. Nous sommes allées à Montmartre pour y prendre un café, c’est véritablement un privilège.

 

 

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Nos remerciements à Claudia et Mona (Napalm Records) ainsi qu'à Paul Simons. 

Midnight Masses – Departures

oshy_04012015_Midnig_MassTout est fait pour me plaire sur ce disque. Avant même d’avoir enfourné la galette dans mon lecteur, j’ai envie d’aimer, d’adorer ce disque et d’en faire le numéro un de ma playlist favorite de 2014. Je trouve par exemple la pochette totalement hypnotisante avec cette forme complexe et sombre et ce halo de lumière tout autour. J’ai une imagination débordante et je suis déjà en train de construire des scénarios de science-fiction délirants. Mais la réalité reprend rapidement le dessus et elle fait elle aussi envie.

L’aventure MIDNIGHT MASSES a débuté en 2008 et a pris la forme d’une tentative de catharsis pour son chanteur Autry Fulbright. Projet collectif débridé avec des musiciens très changeants, le projet accouche d’un premier EP, Rapture, Ready, I Gazed At The Body, en 2009. Depuis plus trop de nouvelles même si deux de ses membres ne se tournaient pas les pouces au sein de …AND YOU WILL KNOW US BY THE TRAIL OF DEAD. Jason Reece en est l’un des membres fondateurs et Fulbright les a rejoints à partir de 2011 (album Tao of the Dead). Après cinq ans de silence discographique, revoilà les MIDNIGHT MASSES avec une formation (un peu) resserrée à quatre membre ce qui n’empêche pas ici des contributions d’une dizaine d’autres musiciens.

Retour sur Terre dès le début du disque avec chansons subtiles d’une grande sensibilité. De nombreux genres se voient ici intelligemment mêlés au sein de ce rock évolutif, protéiforme aux influences autant psychédéliques, krautrock qu’électro. Les musiciens ne se sont fixés aucune limite et laissent leurs cœurs et leurs âmes mener les débats. Le groupe s’est regroupé au sein du Sonic Ranch pour immortaliser ces chansons, un hommage au père disparu de Fulbright ainsi qu’à leur ami Gerrard Smith, bassiste des TV ON THE RADIO, emporté en 2011 par un cancer des poumons. Une certaine tristesse, une nostalgie et une grande mélancolie s’exprime à travers cet album, en particulier des titres fort émotionnellement comme un « Am I A Nomad? » qui n’est pas sans me rappeler les britanniques d’ARCHIVE. Departures repose sur un équilibre délicat, un effort collectif qui a accouché d’une horlogerie très fine. Presque chaque chanson apporte une ambiance particulière comme le récit du quotidien d’un voyageur. Fulbright a fait le choix de vivre une vie nomade, constamment sur les routes, écrivant sans cesse des chansons et cela se ressent ici très nettement.

A l’image de sa pochette énigmatique, Departures constituera un défi pour chaque auditeur qui prendra le temps de s’y intéresser. Ce disque ne se laissera pas facilement dévoilé mais l’effort sera récompensé par la découverte de chansons d’une rare émotion. Tout n’est pas génial, chaque composition ouvrant un nouveau champ des possibles. Mais les membres de MIDNIGHT MASSES y auront investi beaucoup d’eux-mêmes. Cette démarche à elle seule force le respect.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Superball – Century Media / 2014

Tracklist (47:54 mn) 01. Golden Age 02. Am I A Nomad? 03. All Goes Black 04. Broken Mirror 05. Departures 06. Clap Your Hands 07. Everywhere Is NowHere 08. If I Knew 09. Hollywood Death Forever 10. Be Still 11. There Goes Our Man