Nous aimerions pouvoir afficher sur notre visage le même air de satisfaction que le démon qui apparaît sur la pochette de ce nouvel album des suédois de BLOODBOUND mais à force nous avons bien compris qu’il ne fallait malheureusement pas attendre trop de ce groupe. Loin de nous l'idée de les dénigrer, après tout, ils font ce qu’ils aiment et ce que leurs fans veulent mais la musique proposée parait tellement clichée et déjà entendu des milliers de fois qu’il ne faut attendre de nous en enthousiasme débordant.
L’efficacité suédoise n’est pas un cliché dans le petit monde du heavy-métal. BLOODBOUND peut rivaliser aisément avec les allemands au sein de cette croisade pour la défense d’un power métal authentique, loin d’être désagréable. « Satanic Panic » ouvre les hostilités et surprend par son impact et, osons le dire, sa subtilité. Oui bien sûr les riffs rapides et tranchants sont bien au rendez-vous, accompagnés de rythmiques pachydermiques et de soli ravageurs mais les suédois s’avèrent bien meilleurs quand ils réussissent à intelligemment intégrer nappes de claviers et des chœurs virils pour donner encore plus de corps et d’épaisseur à leur musique. Et cette première chanson surprend agréablement bien et enterre d’entrée certains ténors comme les bien palots compatriotes d’HAMMERFALL. La recette reste la même mais l’enthousiasme et la vigueur de BLOODBOUND tranche avec l’apathie de leurs rivaux. Patrik Johansson fait le boulot et fait oublier album après album son prédécesseur Urban Breed. Stormborn se veut plus grandiloquent et emphatique que jamais « Iron Throne » débute pied au plancher et évoque aussi bien HELLOWEEN qu’ACCEPT ou JUDAS PRIEST (surtout avec les montées dans les aigus de Johansson). L’option vers une approche plus mélodique et accessible engagée depuis Unholy Cross (chronique ici) se voit encore plus conforter ici. Le premier single choisi « Stormborn » persiste et signe dans cette veine et cristallise le choix des suédois.
Sans brutaliser son public, BLOODBOUND évolue par petits pas et devrait ainsi pouvoir toucher un public plus large. Comme quoi il ne faut jamais désespérer et penser à l’avance que la messe est dite. Sans rejoindre totalement Joakim Brodén, chanteur de SABATON, qui a fait des déclarations dithyrambiques à propos de ses compatriotes, il faut souligner que BLOODBOUND se bonifie avec le temps.
Oshyrya (07/10)
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AFM Records / 2014
Tracklist (51:05 mn) 01. Bloodtale 02. Satanic Panic 03. Iron Throne 04. Nightmares From The Grave 05. Stormborn 06. We Raise The Dead 07. Made Of Steel 08. Blood Of My Blood 09. When The Kingdom Will Fall 10. Seven Hells 11. When All Lights Fail
Il y a franchement de quoi regarder avec circonspection le visuel de cet album des franciliens de WIZZÖ. Jouer avec les clichés peut avoir du bon mais je doute franchement du bien fondé de cette démarche ici. Il n’y a pas mort d’homme mais entre la pochette pas très maligne et la vue, au dos, des cinq musiciens affichant chacun avec conviction un doigt d’honneur, il y a de quoi refroidir même les plus enthousiastes. Nous sommes tous d’accord pour dire que tout cela relève de l’anecdotique mais il faudra m’expliquer. Surtout que musicalement parlant, nos compatriotes ont quelques solides arguments à faire valoir avec ce premier album, Real Hot Stuff. Espérons que ces choix de visuels ne les desservent pas outre mesure.
Nos amis ont construit leur culture rock auprès des plus grands et réinterprète à leur manière un hard-rock très typé années 80. Ils n’ont pas cherché midi à quatorze heure et sont allez au plus simple, au plus efficace à coups de riffs sympathiques, de belles rythmiques et de refrains accrocheurs comme sur la chanson éponyme. Tout est fait pour maximiser l’impact sur scène, l’énergie et la motivation affichées font plaisir à entendre. Just Jim s’en sort avec les honneurs derrière le micro avec un bon accent et beaucoup de conviction. Sur la longueur on notera quelques maladresses avec des chansons qui finissent par se ressembler. Sans démériter il manque également ce je-ne-sais-quoi qui permettrait à WIZZÖ de s’extraire de la masse. L’impression d’avoir déjà entendu ces chansons ou leurs variations reste tenace. Le groupe a travaillé avant tout pour se faire plaisir et cette démarche là reste tout à fait louable. Saluons aussi la bonne production de Real Hot Stuff avec un son clair et énergique pas si éloigné des standards européens. Un coup de chapeau au batteur Lion DNF qui s‘est chargé de l’enregistrement ainsi que du mixage et du mastering au Swamp Studio.
Face à nos voisins nous faisons souvent les timides mais la France regorge pourtant de nombreux groupes rock de qualité. WIZZÖ fait partie de ces nouveaux venus prometteurs. Ils ne manquent pas de talent et de savoir-faire. En sortant des clichés et mettant en avant une personnalité plus affirmée, ils pourraient alors en surprendre plus d’un.
Oshyrya (6,5/10)
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Autoproduction – Ellie Promotion / 2014
Tracklist (43:50 mn) 01. Dr Destroyer 02. One Night Stand 03. Hot Rod 04. Real Hot Stuff 05. Hellraiser 06. I Do What I Want 07. Dirty Legs 08. Doesn't Matter 09. Teasing The Devil 10. The Pleasure Is To Play
Histoire de raconter ma vie, nous sommes un jour de fête, je viens de ma taper deux albums français autoproduits pas folichons du tout et voici que qu’arrive sur la pile des albums très en retard en chroniquer le nouvel opus des FRANTIC MACHINE. Vous devinez mon peu d’enthousiasme même si la pochette plutôt assez pro aurait tendance à allégé mes envies actuelles de meurtre. Honte à moi, malgré plus d’une décennie d’existence et un premier album, The Beginning, déjà à leur tableau de chasse, les parisiens me sont totalement inconnus. Nous allons tout de suite réparer cette inculture en nous intéressant de près à ce Peace of Mind.
Ecoute après écoute, FRANTIC MACHINE accumule les bons points. La production est plutôt solide avec un son à la fois clair et puissant. Alors que « Peace of Mind » le titre éponyme qui ouvre cet album démarre tout doucement, magie se produit au moment du refrain avec cette petite mélodie inattendue et entêtante. Autant The Beginning montrait un visage orienté heavy thrash autant Peace of Mind se veut plus varié plus mélodique. En élargissant ainsi leur palette sonore, les parisiens ont trouvé la bonne recette à même de pouvoir vibrer le plus grand nombre. Les claviers sont assez judicieusement utilisés pour contrebalancer l’agressivité des guitares et la lourdeur des rythmiques. Le chanteur n’est pas le plus doué jamais entendu mais il compense quelques maladresses au niveau de l’accent par exemple par une belle conviction. « No Freedom » montre un FRANTIC MACHINE un peu moins subtil mais force est de constater que dans ce registre thrash plus immédiat, le groupe montre également quelques beaux arguments.
Sur la durée Peace of Mind reste une expérience intéressante offrant à l’auditeur un voyage tout sauf monotone. Les ambiances et les atmosphères varient beaucoup et évitent ainsi l’écueil de la lassitude. FRANTIC MACHINE en surprendra plus d’un agréablement, il n’en fallait pas plus pour faire mon bonheur en ce jour férié.
Oshyrya (07/10)
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Autoproduction – Ellie Promotion / 2014
Tracklist (59:43 mn) 01. Peace Of Mind 02. To You 03. No Freedom 04. My Needs 05. Liar 06. Face To Face 07. Family Virus 08. Brother 09. The Other Me 10. Broken History 11. Fantasy