Le monde aurait été bien triste si le mouvement punk n’avait pas existé. Mieux qu’une boite d’antidépresseur, l’écoute d’un album saura redonner le moral à un lapon dépressif et le remettre sur les bons rails. En cette fin d’année morose, l’arrivée de ce disque des américains de COUNTERPUNCH pourrait être exactement ce dont nous avions besoin.
Le groupe est né en 2004 à Chicago et compte actuellement en son sein Eric Hausser, Jared Rohde, Jim Margle (WE ARE THE UNION) & Brian Phee (BREAK THE SILENCE). Ils sont loin d’être ici à leur coup d’essai puiqu’ils peuvent fièrement afficher déjà trois albums sous le bras. Le petit dernier, Bruises, sort chez Cyber Tracks Records (label fondé et géré par El Hefe de NOFX). La recette du punk rock est d’une simplicité biblique mais elle a la capacité de créer des merveilles une fois qu’elle est appliquée avec talent. Les riffs se veulent immédiatement mémorisables, solidement soutenus par une section rythmique endiablée et les refrains doivent claquer d’entrée. Pas la peine d'en faire des tonnes et de multiplier les glaçages inutiles, en deux ou trois minutes la messe doit être dite. COUNTERPUNCH a eu l’occasion de beaucoup tourner tout au long de sa carrière et cela se sent. Ils font preuve d’un savoir-faire évident pour pondre des chansons solides à la chaîne. Avec ce supplément de soleil qui évoque immanquablement le soleil des campus californiens ou floridiens. Le label cite RAGE AGAINST THE MACHINE. Cette référence s’avère être un mystère pour moi, parlons plutôt de GREEN DAY voir THE OFFSPRING. L’album est court avec à peine un peu plus de trente minutes au compteur et il faut bien avouer que les chansons finissent par se ressembler sur le dernier tiers de l’album.
Américain jusqu’au bout des ongles sur le fond et le forme, très ancré dans le rock des années 90, Bruises ne révolutionnera pas votre paysage musical mais vous apportera un shot d’adrénaline.
Oshyrya (06/10)
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Cyber Tracks Records / 2014
Tracklist (33:16 mn) 01. Guardrails 02. Bruises 03. Young & Entitled 04. Heartstrings 05. No Man's Land 06. Destroyed By Lions 07. Blueprint 08. Clay Pigeon 09. Grinder 10. Peace Through Superior Firepower 11. Bonfire
Sans vouloir maladroitement paraphraser le Hamlet Shakespeare, il semble qu’il y ait quelque chose de cramoisi dans le Royaume de Russie. Voici sous nos yeux ébahis que se présente à nous le nouvel album des russes de CRIMSON BLUE, The Angelic Performance. Nos amis ne sont pas des débutants puisqu’ils ont déjà publié un premier opus, Innocence, en 2011.
Sous la forme d’un melting-pot mêlant à la fois Gothic Métal, Nu-Métal et Art Rock, le groupe se positionne dans la mouvance des EVANESCENCE et autres LACUNA COIL. Leur son se caractérise par une guitare et une basse huit cordes accordées très bas et une chanteuse soprano. Le tout donne une musique riche et épaisse, dans l’ensemble assez sombre et agressive tout en se voulant accessible et mélodique. Ces chansons ne transpirent la joie et se plaisent à tisser un paysage particulièrement lourd et inquiétant. Le propos est loin d’être simpliste et les russes développe des chansons aux structures complexes même si un grand soin a été pris pour maintenir toujours l’auditeur à flot à travers une ligne mélodique qui reste sans cesse à la surface.
Tout ce matériel est dense et il faudra de nombreuses écoutes pour en faire le tour. Ce jeu de contraste en une musique tranchante et un chant féminin mélodique s’avère plutôt réussi et pourrait parfois évoquer le travail d’un STREAM OF PASSION de Marcela Bovio. Les influences gothiques ajoute encore au charme de CRIMSON BLUE et rend l’expérience The Angelic Performance franchement agréable. Cette chape de plomb se voit régulièrement suspendue par quelques touches de douceur comme « 3rd Eye Close ». L’album se clôt sur un morceau de bravoure de plus de onze minutes, « Black Wings » qui n’aurait pas renié un TRISTANIA ou plus récemment un DIABULUS IN MUSICA avec quelques touches Nu-Métal ici et là au niveau des riffs. Les orchestrations sont particulièrement soignées et font des merveilles.
Venus de nulle part, sans crier gare, les russes de CRIMSON BLUE impressionnent très favorablement avec un second album réussi. Le talent et le savoir-faire sont évidents et ils sortent un peu des sentiers battus en mélangeant des influences pas si communes. Pas sûr malheureusement qu’ils parviennent à atteindre beaucoup de fans mais espérons que les efforts du groupe et de son label payent rapidement. Ils viennent d’achever une tournée en Europe Centrale aux côtés de TARJA TURUNEN. Nous n’avons aucun doute sur le fait qu’ils ont forcément étonné très favorablement plus d’un spectateur venus applaudir la belle finlandaise. Voici une belle découverte !
Oshyrya (08/10)
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My Kingdom Music / 2014
Tracklist (60:24 mn) 01. Locust 02. Dolores 03. 3rd Eye Close 04. Sacrifiction 05. Mechanical Madonna 06. Road To Oblivion 07. Lab II Yggdrasil 08. Dark Heart Of Mine 09. Tonalli 10. Black Wings
En ces temps de démesure, il est bon et salvateur de revenir parfois aux racines des choses et chercher une simplicité empreinte de pureté. Voilà mon état d’esprit à l’écoute de ce nouvel album des lorrains de GREENWICH CAVERN.
L’aventure a débuté loin de l’hexagone, de l’autre côté de l’Atlantique, dans un bar dénommé The Cavern, situé à Greenwich Village à New York. Walter Gallay et Eric Revel s’y rencontrent, papotent et décident d’unir leurs efforts artistiques au sein d’un projet musical commun. Ils partagent la même passion pour le rock des 70’s teinté de Blues (DEEP PURPLE, LED ZEPPELIN ou encore FREE). De retour chez nous, ils se mettent au travail et en compagnie d’autres camarades de jeu, enregistrent un premier album à tendance glam-funky, Other Side. Les concerts s’enchaînent, le groupe va muter en power-trio mais seul Eric Revel reste à la barre du bateau. En septembre 2012, le trio sort un double CD/DVD intitulé Travel et reprend ses séries de concerts. Le public français réagit très positivement et les dates à l’étranger se multiplient également. Bad Reputation qui les suit dès le début suggère de prendre un peu plus de temps à la composition d’un album plus bluesy et plus travaillé. Le trio s’attèle alors à l’écriture de Monkeys on Mountain.
Ne cherchez pas ici midi à quatorze heure, GREENWICH CAVERN va à l’essentiel et retire de ses musique toutes les fanfreluches inutiles. Deux guitares, une basse, une batterie et un chant grave à souhait, voici la recette du bonheur Made in Lorraine. Et il faut rapidement rendre les armes et avouer que ces messieurs ont un certain talent ou un talent certain pour pondre des titres de caractère mêlant langoureusement rock et blues. Les riffs claquent, les rythmes bastonnent et les refrains manquent rarement la cible. La testostérone coule à flot et les paroles très poétiques d’un « So Much Love » ne diront pas le contraire. Bien sûr cela fait bien cliché mais cela fait partie du trip power rock du groupe. Les chansons oscillent entre trois et quatre minutes et vont directement à l’essentiel. Pas la peine de réfléchir trop longtemps, les tripes mènent ici la danse, pas le cerveau.
Monkeys on Mountain ne changera pas la face du monde rock mais confirme écoute après écoute qu’il s’agit d’un travail sérieux à même de réveiller vos instincts rock les plus profondément enfouis. Il n’est pas désagréable de pouvoir ainsi débrancher et laisser son cerveau reptilien prendre le pouvoir.
Oshyrya (6,5/10)
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Bad Reputation / 2014
Tracklist (39:40 mn) 01. Devil’s Ride 02. So Much Love 03. Monkeys on Mountains 04. Groupie 05. No Reason 06. Nobody Knows 07. How to Die 08. Far 09. See You 10.Rockbox 11. Fuckin’ Bastard Rock’N’Roll