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Deadline – Fire Inside

Image converted using ifftoanyA la lecture du titre de cet album et du nom des différentes chansons qui composent ce disque, nous pourrions aisément penser que les parisiens de DEADLINE aiment particulièrement jouer avec le feu. Mais, je vous rassure, ils l’assument très bien et vont tenter de prouver à tous qu’ils sont de fameux pyrotechniciens. Le projet DEADLINE est né en 2009 après bien des difficultés pour trouver les bons éléments à même de mener le groupe le plus loin possible. Ayant tapé dans l’œil du légendaire producteur américain Beau Hill, nos compatriotes travaillent dur pour donner corps à leur passion. Un premier EP, Heading West, est publié en février 2012 et permet à DEADLINE de présenter une solide carte de visite. Mais il fallait sauter le pas du premier disque, tâche menée à partir de la fin 2013 avec l’ingénieur du son Thierry Velly (Totem Studio). Et voici le résultat sous la forme de ce premier opus, Fire Inside.

Dans notre cas, la pyromanie peut s’avérer être une pulsion très positive si elle reste alimenter par la passion. Et il faut bien reconnaître que tout ici sent le bel ouvrage. Dans une veine hard rock très ancrée dans les années 70, avec ici et là des touches blues et heavy, DEADLINE tisse consciencieusement sa toile à travers onze compositions « couillues », épaisses, gorgées de feeling. Le groupe a fait bien attention à varier les plaisirs et les rythmes entre, par exemple, un « Fire Inside » lent et hypnotique et un « Like an Old Man » pour direct et accrocheur. Les parisiens sont fiers de leurs influences entre Slash, Doug Aldritch et Steve Vai pour les guitares et Robert Plant, David Coverdale et Ronnie James Dio pour le chant. Arnaud Restoueix qui officie derrière le micro a un timbre de voix assez particulier et utilise souvent un registre assez aigu, qui pourrait en hérisser certains. Mais en ayant, comme DEADLINE, du caractère et de la personnalité, vous risquez de ne laisser personne indifférent, en bien ou en mal. Une pointe d’accent est souvent assez perceptible sans que cela ne soit rédhibitoire. Techniquement parlant tout le monde est au point et chacun offre une solide prestation. La production du disque est elle-aussi au niveau même si le son sonne parfois un peu trop brut.

DEADLINE n’a pas l’ambition de révolutionner le paysage rock européenne mais le groupe signe avec Fire Inside une belle entrée sur scène. L’album s’adresse à tous les amateurs d’un hard rock classique nourri aux seins des seventies. La passion et le sérieux des français fait plaisir à entendre. La sortie de ce premier album annonce sans doute des concerts un peu partout, dès que de bonnes opportunités se présenteront à eux. N’hésitez pas si vous apercevez ce nom sur une affiche à côté de chez vous.

Oshyrya (6,5/10)

 

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Bad Reputation / 2014

Tracklist (56:17 mn) 01. The Fire 02. Fire Inside 03. Rock You 04. Teach Me Love 05 . Freedom Call 06. October 07. Like an Old Man 08. The Maverick 09. No Glory 10. Broken Parts 11. The Hunter 12. Broken Parts (Cello Mix)

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01. Pourquoi avez-vous décidé de revenir d’entre les morts après 18 ans de silence ?

Hr. General Cerastes: Salut, merci de tes questions et de ton intérêt pour MYSTICUM. Nous avons toujours su qu’à un moment ou un autre nous allions à nouveau nous réunir et produire Planet Satan. Et après une rencontre entre nous en 2011, nous avons décidé qu’il était temps de libérer la bête. Même si nous n’avons pas été actifs pendant une longue période, notre créativité a toujours tourné à différentes vitesses, souvent inconsciemment.

Donc après avoir pris la décision et après avoir mis à jour notre matériel et nos logiciels nous avons fait face à une vague d’idées et MYSTICUM a repris alors sa pleine mesure pour atteindre sa vitesse de croisière. Sans que la situation de la scène Black Métal ne nous intéresse plus que cela, nous sommes de retour avec le désir de proposer un métal digitalement fou et qui te prend directement à la gorge. Nous naviguons sous des bannières antireligieuses et anti-chrétiennes.

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02. In the Streams of Inferno est considéré par certains comme un disque culte. Qu’en penses-tu et est-ce important pour vous d’avoir une certaine reconnaissance ?

Eh bien, ce n’est pas notre rôle de nous décrire ou d’étiqueter nous-mêmes notre musique. C’est aux autres d’avoir une opinion. Nous reconnaissons cependant le fait que nous avons été les premiers à faire cohabiter les mondes du Black Métal et les sonorités synthétiques. Nous avons également été pionniers dans le fait d’industrialiser le rythme et donc nous avons été considérés comme faisant de Black Métal Industriel.

In the Streams of Inferno a suivi son propre chemin pour atteindre un statut culte car il s’agit d’un effort très puissant et original, sans rien d’autre de comparable. Etre si différent et ne pas avoir d’héritier l’a transformé en gemme cachée dans les abysses de la scène Black Métal. Il est bon de voir son art reconnu et apprécié. Mais le plus importantr pour nous est de rester 100% vrai avec MYSTICUM.

 

03. Que penses-tu de l’évolution de la scène Black Métal depuis 1996 ?

Après nos grands débuts en 1996, nous avons tiré notre révérence et quitté la scène. Nous étions déçus de la direction qu’elle prenait. Après certains événements qui se sont déroulés au milieu des années 90, le genre a été soudainement sous le feu des projecteurs et cela a résulté en une perte d’intégrité et de qualité. Avant cette vague, le scène Black Métal norvégienne était privée, fermée à l’extérieur. Et d’un coup toutes les portes se sont ouvertes et tout le monde a pu participer et s’amuser.

Etant plutôt des fondamentalistes, nous sommes partis. Donc nous n’avons regardé cela que de très loin et toutes les nouveautés ont échappé à notre radar. Donc honnêtement tout cela ne nous intéresse pas plus que cela et nous n’avons pas d’opinion franche.

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04. Comment résumerais-tu Planet Satan en trois mots et pourquoi ce choix ?

Millénaire – car In The Streams of Inferno a été le meilleur album du dernier millénaire et Planet Satan possède le même statut pour le présent (rires)

Dictatorial – car bientôt nous aurons fait la conquête du monde avec Planet Satan et nous serons les vos nouveaux maîtres.

Agenouillés – car tous s’agenouilleront devant les orateurs en écoutant et adorant Planet Satan.

 

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oshy_07112014_Steph_FortFranchement, Stéphan Forté a tout du gendre idéal. En plus d’être un individu tout simplement très sympathique, ouvert et conscient de ses réussites et de ses échecs, il reste avant tout, pour ce qui nous intéresse dans ses pages, un guitariste ultra doué techniquement. Ajoutez à cela un talent fou et vous avez un portrait assez fidèle de l'artiste. Profites Stéphan, je n’ai pas l’habitude ainsi de faire si souvent ce genre de « déclaration » !

Plus sérieusement, son groupe ADAGIO m’avait d’abord scotché avant de petit à petit me décevoir. Et son premier album solo The Shadows Compendium m’avait d’abord intrigué avant de me séduire. Et Dieu sait que je me suis tapé assez d’albums instrumentaux de guitaristes virtuoses (merci Lion Music) pour savoir que cet exercice est particulièrement casse-gueule et peut s’avérer rapidement chant comme la pluie. Et pourtant, le miracle semble se produire à nouveau, même ceux qui sont allergiques d’habitude à cet exercice pourraient ici trouver chaussures à leurs pieds.

Alors on ne va pas se mentir, si comme la moitié de la rédaction, les albums instrumentaux vous gonflent et que vous exécrez le métal néo-classique vous risquez de passer un moment douloureux. Mais si vous n'avez que ce serait-ce qu’une once de bon goût, jetez une oreille sur le deuxième album solo du père Forté, Enigma Opera Black. Et je vois déjà le froncement de sourcils des plus chagrins à l’écoute de l’introduction « Short Virtuosity Etude » qui semble d'entrée vouloir invoquer un Yngwie Malmsteen désormais plus mort que vivant (artistiquement parlant, il suffit d’écouter les derniers opus pour s’en convaincre). Forté le sait et s’en amuse avec ce premier court titre, presque cliché, dans une veine métal néo-classique. Mais le virtuose ne renie aucune de ses influences et vous trouverez tout au long du disque des touches de Malmsteen mais surtout des clins d’œil à Jason Becker ou encore Marty Friedman, en hommage à leur œuvre au sein de CACOPHONY ou MEGADETH pour ce dernier.

Sans surprise la musique virevolte dans tous les sens et même si la guitare est, bien sûr, mise à l’honneur, Forté aura bien œuvré pour offrir à son instrument un écrin de qualité à coup d’orchestrations inhabituelles parfois à priori dissonantes, et de touches électroniques. Le tout ressemble à une horlogerie très fine ou chaque élément a été finement pesé avant d’être délicatement intégré à l’ensemble. L’atmosphère générale s’avère très lourde et sombre, vous se sortirez pas de l’écoute d’Enigma Opera Black avec une humeur légère et guillerette. Le voyage s’annonce violent et implacable. Les différentes compositions s’enchaînent avec grâce, sans temps mort avant un « Pure » permettant enfin de respirer. Du côté de la technique, vous devinez que c’est la fête avec un musicien qui nous en fait voir de toutes les couleurs grâce à ses nouvelles guitares Ibanez. Il est étonnant de constater le type de sonorité que Forté parvient à extraire de ce bout de bois. Soulignons quelques-uns des invités présent sur ce disque : Marco Sfogli (JAMES LABRIE), Marty Friedman (ex-MEGADETH, CACOPHONY..) himself ou encore Paul Wardingham qui chacun aura su se fondre dans l’univers du français en apportant sa petite patte personnelle.

Vous l’aurez compris, votre serviteur est tombé encore une fois sous le charme de la musique de Forté après un The Shadows Compendium déjà franchement convaincant. Autre avantage d’Enigma Opera Black, il aura réussi l’exploit de me réconcilier en partie avec l’album Dominate d’ADAGIO (chnroique ) qui m’avait déplu par son virage sombre et plus extrême. Et pacane sur le sunday, il me semble que Stéphan Forté ait tout compris à l’évolution du music business en lançant son propre label et en adoptant une démarche innovante. Si vous voulez le soutenir et recevoir un échange un bien bel album faites un tour sur sa boutique (ici).

Oshyrya (8,5/10)

 

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Zeta Nemesis Records / 2014

Tracklist (46:03 mn) 01. Short Virtuosity Etude 02. Enigma Opera Black 03. Zeta Nemesis 04. Sector A: UNDEAD 05. Pure 06. Entering Sigma Scorpii 07. Praying Lord Bhairava at the Foot of Mount Kailash 08. Suspended Tears Into Space 09. Peace