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Sticky Boys – Make Art

oshy_07112014_Stick_BoyNos compatriotes de STICKY BOYS avaient créé une belle sensation rock à la sortie de leur précèdent opus au titre évocateur de This Is Rock’n’Roll (chronique ici). Difficile de croire que cette musique qui semblait venir tout droit des plaines australiennes avait été composée et enregistrée chez nous. En plus, le trio s’avérait être particulièrement sympathique et n’avait pas froid aux yeux en multipliant les événements pour se faire connaître et remarquer. Mais après l’éclat il fallait pouvoir confirmer. Voici le défi relevé par nos courageux gaillards avec ce nouveau disque.

Alors la recette est simple, elle a déjà largement fait ses preuves depuis des décennies et donc les STICKY BOYS remettent le couvert avec les mêmes ingrédients : des riffs bien costauds, des mélodies hyper accrocheuses et des refrains qui doivent faire mouche immédiatement et être repris en chœur au bout de deux minutes. Dans ce genre hard rock si un mec bourré ne peut pas retenir et beugler à tue-tête tes chansons c’est que tu as bien raté ton coup. On se rassure de suite, Alex, J.-B. et Tom n’ont rien perdu de leur talent et ils débutent directement le pied à fond sur l’accélérateur avec un « Mary Christmas » de bon aloi. Le voyage s’annonce chahuté mais sacrément jouissif. STICKY BOYS n’aime pas tourner en rond et va directement à l’essentiel. Chacune des nouvelles chansons proposées ici tournent autour des trois ou quatre minutes, sans chantilly ni fioriture inutile : chant, basse, guitare et batterie, tout est bien là et s’avère largement suffisant pour mettre une sacrée ambiance. Le travail sur les chœurs à trois voix porte ses fruits et l’envie de hurler les refrains montent rapidement. A part un léger accent, tout va bien de ce côté-là.

Les plus tristes diront que Make Art n’apporte rien de bien nouveau sous le soleil face aux parrains australiens. Ce n'est pas faux mais STICKY BOYS cherche simplement à se faire plaisir, à prendre son pied et à injecter une dose massive d’énergie à son public. Vous ne trouverez donc pas ici de tubes intemporels qui traverseront les siècles mais de bonnes chansons, bien foutues, qui donnent envie de faire la fête. En ces temps déprimés, une cure de rock est peut-être le meilleur remède face aux galères du quotidien. Je regrette la pochette un peu moins flamboyante que la précédente mais tout un concept se cache derrière ce visuel et ce titre. Du travail bien fait, ni plus ni moins.

Oshyrya (7,5/10)

 

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Listenable Records / 2014

Tracklist (37:36 mn) 01. Mary Christmas 02. Bad Reputation 03. High Power Thunder 04. Mrs Psycho 05. Uncle Rock 06. Party Time 07. The Future In Your Hands 08. Love On The Line 09. The Game Is Over 10. Juicy Lucy 11. Make Art

oshy_06112014_Lunati_SouDisons-le une fois pour toute, RIVERSIDE est un groupe génial, des musiciens ultra talentueux et intelligents qui délivrent disque après disque une musique à la fois belle, complexe et métissé. Tout à fait au niveau de ses concurrents anglo-saxons la scène progressive d’Europe de l’Est fait souffler un vent de fraicheur face à certains vieux dinosaures qui tournent sérieusement en rond (YES pour n’en citer qu’un). Pour vous en convaincre je vous conseille de jeter une oreille sur Anno Domini High Definition (chronique ici) ou encore Shrine Of New Generation Slaves (chronique ) pour vous en convaincre.

Pourquoi je vous parle des Polonais de RIVERSIDE ? Et car le maître à penser qui se cache derrière le projet qui nous occupe aujourd’hui, LUNATIC SOUL, n’est autre que le chanteur et bassiste Mariusz Duda. Et depuis 2008, entre deux albums de son groupe principal, il couche sur bandes ses inspirations, ses envies et il les offre en pâture aux fans. Walking on a Flashlight Beam est déjà le quatrième chapitre pour LUNATIC SOUL après Lunatic Soul (2008), Lunatic Soul II (2010) et Impressions (2011). Mais ne vous méprenez pas, vous ne trouverez pas ici de chutes de studio ou d’idées rejetées pour RIVERSIDE. Comme l’affirme Duda lui-même, « ma musique nait à partir de fragments non-identifiés, LUNATIC SOUL est une illustration musicale de toutes mes périodes de transition ». Il ne faut donc pas s’attendre ici à des chansons construites sur une structure canonique, tout ici est ambiance, atmosphère avec de longues plages instrumentales et quelques voix essaimées ici ou là.

Mais on retrouve ici toute la beauté et le charme de la musique que propose depuis des années RIVERSIDE. Les plus chagrins taxeront cette musique d’intellectuelle, élitiste voir pompeuse mais ce serait, je crois, passé à côté de l’essentiel. Ici l’émotion prime et chaque nouvelle chanson semble avoir été composée par un artiste honnête, qui ouvre son cœur et laisse avant tout parler ses émotions. La musique est subtile, délicate, fragile mais si on prend le temps, elle laissera découvrir bien des beautés. Duda se met à nu et il a bien des choses à exprimer. Difficile de ne pas penser au travail de Steven Wilson (), au dernier ANATHEMA (ici) ou encore à la collaboration de Steve Hogarth et Richard Barbieri (encore ). Les claviers et les sonorités électroniques sont mis à l’honneur mais encore une fois une grande subtilité est à l’œuvre. Les rythmes s’avèrent être envoutants (« Gutter » ou encore « Cold ») et l’auditeur s’immerge progressivement dans une atmosphère assez mélancolique qui laisse quand même apparaître ici et là quelques touches de lumières.

Il faut savoir parfois s’incliner devant le talent et Mariusz Duda n’en manque pas avec RIVERSIDE ou comme ici en solo. Il a assuré tous les instruments sauf la batterie prise en charge par Wawrzyniec Dramowicz et le résultat risque d’en éblouir plus d’un. Avec calme et douceur, LUNATIC SOUL parle, s’adresse directement à l’âme et rend l’auditeur un peu moins idiot émotionnellement parlant. J’utilise ce mot pour la quatre ou la cinquième fois mais tant pis. C’est tout simplement… beau.

Oshyrya (08/10)

 

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Kscope / 2014

Tracklist (63:48 mn) 01. Shutting Out the Sun 02. Cold 03. Gutter 04. Stars Sellotaped 05. The Fear Within 06. Treehouse 07. Pygmalion's Ladder 08. Sky Drawn in Crayon 09. Walking on a Flashlight Beam

oshy_05112014_MastcastNous allions presque commencer à nous inquiéter ne voyant rien venir de la part des italiens de MASTERCASTLE. A part une exception en 2012, les transalpins nous avaient habitué à sortir un nouvel album chaque année. Nous voici rassurer alors que sort dans les bacs Enfer [De La Bibliothèque Nationale] non pas chez Lion Music mais cette fois chez Scarlet Records. Signalons un nouveau changement de line-up toujours au niveau de la batterie, Francesco La Rosa (EXTREMA) ayant remplacé John Macaluso. Mais l’essentiel est sauf car Giorgia Gueglio et Pier Gonella n’ont l’intention de lâcher de sitôt la barre du navire.

Les italiens ont soufflé le chaud et le froid ces dernières années. Faisant toujours preuve d’un talent certain et de belles qualités techniques, ils avaient souvent tendance à tomber dans la facilité et à jouer petit bras. Premier progrès, la pochette bien que sobre ressemble enfin à quelque chose face aux errements de Dangerous Diamonds et On Fire (chronique ici). Au niveau musical, la recette n’a pas changée depuis les débuts du groupe, voici encore une fois un heavy-métal typée néo-classique sui fait la part belle aux mélodies, aux prouesses guitaristiques de Pier Gonella (NECRODEATH) et au chant de Giorgia Gueglio. Cette dernière est loin d’être la plus douée de sa génération mais elle continue de progresser et offre ici une bonne prestation dans un registre rock mêem si certaines maladresses persistent au niveau de l’accent ou la maîtrise de certaines montées dans les aigus. Je continue cependant à chercher le titre imparable et très fédérateur comme un « Another Flower » sur Dangerous Diamonds. Les compositions tiennent la route mais un certain ennui pointe rapidement le bout de son nez. Ne me demander pas trop la raison de ce titre en français, ce n’est pas la première fois que le groupe utilise notre langue pour le titre d’une chanson. Si j’ai bien compris, ce disque est construit thématiquement autour des différents visages et aspects de la censure.

Il serait malhonnête de ne pas mentionner les progrès notables ont été fait pour rendre les titres plus accrocheurs et éviter l’écueil de la simple démonstration technique. La présence en guest d’Andrea De Paoli (LABYRINTH, VISION DIVINE) fait forcément plaisir à mon petit cœur de fan de speed mélodique transalpin mais à moins d’être, comme votre serviteur, tombé dedans quand vous étiez petit, vous risquez de votre vous ennuyer à l’écoute de Enfer [De La Bibliothèque Nationale]. Il manque encore une fois ce petit supplément d’âme qui permettrait à MASTERCASTLE de franchir un palier sur la scène européenne.

Oshyrya (06/10)

 

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Scarlet Records / 2014

Tracklist (40:23 mn) 01. The Castle 02. Let Me Out 03. Naked 04. Pirates 05. Enfer 06. Straight To The Bones 07. Throne Of Time 08. Behind The Veil 09. Venice 10. Coming Bach